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Suivant Virchow, il se produirait entre ces deux bouts un tissu de granulations jeune se rapprochant du tissu conjonctif, et les fibres nerveuses se développeraient ultérieurement au sein de ce tissu et aux dépens de ses éléments. Nous ne craignons pas de nous élever contre une telle conception ; elle est en contradiction avec la spécificité des tissus. Les fibres nerveuses de la cicatrice sont produites par l’allongement des fibres sectionnées du nerf, dont les deux bouts vont à la rencontre l’un de l’autre et finissent par se rejoindre pour rétablir la continuité des tubes nerveux. C’est un processus analogue qui donne naissance aux prétendus névromes des moignons : consécutivement à la section des nerfs dans les amputations, les fibres nerveuses du bout central, qui persiste seul, ne trouvant plus le bout phériphérique du nerf, se pelotonnent sur ellesmêmes et arrivent à constituer, par leur entrecroisement, un feutrage plus ou moins épais. Ce sont encore des tuméfactions de ce genre qui se produisent à la suite des plaies des nerfs. Ces formations sont le résultat d’un travail cicatriciel combiné à un phénomène de régénération des tubes nerveux; on ne saurait les considérer comme de véritables tumeurs.
Les névromes douloureux ont été diversement interprétés. Les uns y voient des productions inflammatoires ; les autres en font des fibromes (Dupuytren) qui deviennent douloureux par suite de la compression qu'ils exercent sur les filets nerveux; d’autres enfin les rangent parmi les névromes parce qu’il y ont rencontré des fibres nerveuses (Descot, Monod).
Nous n'insisterons pas sur la discussion de ces
QU
opinions. Nous nous contenterons d'affirmer qu’il ne s’agit certainement pas de névromes, soit qu'on se trouve en présence de névrites, soit qu’il s'agisse de fibromes.
Il nous reste à parler d’une variété de tumeur qui a fait l’objet de nombreux travaux dans ces -dernières années, le névrome plexiforme. C’est une tumeur dans laquelle on trouve de gros cordons blancs intriqués elanastomosés entre eux, constituant un plexus inextricable, d’où le nom de névrome plexiforme. Ces cordons sont formés de faisceaux de fibres nerveuses le plus souvent altérées, et reliés entre eux par un stroma conjonctif. On s’est également abusé en voulant identifier le névrome plexiforme aux véritables néoplasies nerveuses dont nous avons entrepris ici l’étude histologique générale. Nous sommes fort surpris de le voir cité dans la thèse de Grall comme une variété des névromes vrais. Le névrome plexiforme, comme on le sait, est essentiellement constitué par des fibres nerveuses. En le rangeant dans les vrais névromes, le docteur Grall commet une erreur qu'il s'était empressé de relever en se refusant à admettre dans les névromes la néoformation de fibres nerveuses.
Le nevrome plexiforme a été souvent comparé aux anévrvsmes cirsoides ou aux tumeurs éléphantiasiques. Suivant Marie, qui en fait une affection congénitale et fréquemment hérédilaire, ce serait une variété de neuro-fibromatose, L'origine congénitale du névrome plexiforme est admise d’une façon à peu près unanime. Si l’on veut le considérer comme une tumeur véritable, alors qu'il s'agit d’une tumeur tératologique