‹ Qu'est-ce qu'un névromeChapitre 2 sur 24 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Parmi les tumeurs développées sur le trajet des nerfs, il en est une classe qui doit être soigneusement mise à part parce qu’elle est spéciale au tissu ner-

veux et qu'on ne peut la rencontrer en dehors des

organes constitutifs du système nerveux: nous voulons parler des névromes.

Les auteurs sont loin d’être d’accord sur ce qu’il faut entendre par « névrome ». Certains d’entre eux ont décrit Sous ce nom toutes les tumeurs qui prennent naissance aux dépens des organes nerveux centraux et périphériques, sans tenir aucun compte de la nature des éléments qui les constituent. Ils ont été conduits de la sorte aux confusions les plus étranges, rangeant ensemble les tumeurs les plus hétérogènes, si bien qu’on a décrit comme types de névromèës des productions qui ne devraient pas même être considéréescomme de véritables tumeurs. D’autres distinguent. des vrais névromes et des faux névromeés, et pour là plupart d’entre eux le vrai névrome serait constitué par”

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des fibres nerveuses de nouvelle formation. Il est une troisième catégorie d'auteurs, et des plus autorisés, qui contestent l’exislence même des névromes. Nous nous réservons de discuter plus loin ces différentes opinions après les avoir exposées plus en détail.

Nous avons eu l’occasion, durant nos études médicales, d'observer à la clinique de Monsieur le Professeur Poncet, un cas de névrome malin. L'examen histologique de la tumeur, fait par Monsieur le docteur Dor, lui a révélé les caractères qu’il assignait dans sa pensée aux névromes vrais, et comme cette observation n’a pas été le point de départ d’une interprétation, mais qu’elle est venue au contraire établir l’exactitude d’une conception préalable, nous commencerons aussi par exposer la conception pour ainsi dire schématique que l’on doit avoir des névromes et nous montrerons ensuite à quel point l’observation que nous avons recueillie est venue confirmer cette conception.

Au moment de mettre sous presse paraissait dans un journal allemand une observation analogue à la nôtre dont les planches sont suffisamment démonstratives, mais l’auteur n’ayant pas la notion théorique de ce que doit être un névrome vrai, publie son cas comme une rareté pathologique ; nous relèverons donc en particulier cette observation à la fin de notre travail pour montrer que des névromes vrais ont dû souvent passer pour d’autres tumeurs, et ce sera le contre-pied de ce que nous disons au début de notre thèse, à savoir. que bien souvent on a appelé névromes des tumeurs qui n’en sont pas. Nous reproduisons aussi à titre de document deux observations lyonnaises parues dans

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une thèse récente; l’auteur avait la même conception que nous, mais il à été moins bien servi par les circonstances, et les observations qu’il a publiées nous semblent moins démonstratives que la nôtre. Nous ferons connaître enfin une observation toute récente qui a été le point de départ d’une nouvelle théorie sur l’origine des névromes périphériques, laquelle est loin de contribuer à éclaircir la question.

Monsieur le Professeur Poncet a bien voulu nous indiquer le sujet de ce travail. Durant notre séjour à Lyon, nous avons pu apprécier les bénéfices que nous avions retirés des savantes lecons du maître. Il nous fait aujour- d'hui l’insigne honneur d'accepter la présidence de notre thèse; nous tenons à lui apporter ici l'hommage de notre plus respectueuse reconnaissance.

C’est sous la direction de Monsieur le docteur Dor, chef de laboratoire, que nous avons édifié notre thèse. Bien souvent nous avons dù recourir à ses précieux conseils ; il nous les a toujours prodigués avec la plus extrême bienveillance. Qu'il veuille bien recevoir l’expression de notre profonde gratitude pour tout l’intérèt qu’il nous a témoigné.

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