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| nou re encore insuffisant pour former | sslisté | complet, s il ne possède en plus une vertu qui dépasse l'intelligence, l’ardeur, la grâce même, s’il n'émane de lui, comme un effluve qui nous enveloppe, nous
pénétre, nous exalte.. Je songe, en ce moment, à une
jeune danseuse de théâtre, belle, vigoureuse, merveilleusementexercée, intelligente, suffisamment instruite,
riche d’une grâce incontestable {si l’on n'entend par là
que la flexible joliesse des mouvements et l’heureuse
continuité des courbes dans l’espace) et qui ne me touche aucunement. Pareille à une éclatante fleur sans
parfum, elle ravit mes yeux, sans atteindre mon âme; Je l’admire sans qu'elle m'entraîne jamais dans les régions enchantées où la raison chavire et où, grisé
d'odeurs, tout notre être se fond dans un anéantissement magique.
Homme ou femme, un grand danseur, disons mieux : un grand artiste, qu'il soit poète ou prosateur, sculp-
teur ou peintre, musicien, architecte même, doit pos- . séder ce don divin : le charme.
S 1l s’agit d'œuvres religieuses, qu'elles exhalent le parfum mystique de l’encens; d'œuvres martiales,
quelles sentent la poudre et le charnier; d'œuvres
érotiques, puisse le parfum des roses de Lahore les imprégner de son essence impérissable ! Mais qu’en tout cas, autour du thaumaturge, règne une atmosphère saturée d'émotion ; qu'il jaillisse de lui comme
D un rayonnement d'au delà !
Léa AN EN QU'EST-C cE Que La DANSE.
| Plus tard nous tâcherons de ae la cause pro. fonde de cet ensorcelant prestige, que la volonté ne “+ supplée point et que l’orgueil tue. Laissons, pour le
moment, planer un peu d'imprécision et de mystère sur les impondérables de la grâce et regardons, presque en dehors de leur art, le danseur ou la dan-
seuse, à peine nés d'hier, ériger la blancheur de leurs
beaux corps dans la brume du soir, qui tombe et les enveloppe déjà... Ils sont si intimement nos frères et nos sœurs, avec leurs organes pareils aux nôtres, avec ces muscles, avec cette chair, qui n'auront été, pour
nous, que des obstacles au progrès, que des causes de
maladies, de troubles et de chutes, et qui, pour eux, prophètes, apôtres et pontifes de leur art, quil une carrière éclatante et brève, leur auront servi à la fois de sources d'inspiration, de thèmes inspirateurs et d'instruments dociles, sensibles et inspirés ! Regardez-
les, ces belles jambes énergiques, ces bras harmo- F, ns
nieux et lisses parcourus de longs frissons, ces gorges délicates ou royales, étouffées de sanglots, ces torses frémissants et houleux, ces visages mobiles, tour à tour exaltés ou recueillis, crispés de souffrance ou illuminés de regards triomphants ! Aimons-les comme les. signes les plus éloquents, les plus variés, les plus hu-. mains de tout ce que nous ressentons, en ce monde, de douleur sous les coups du sort, d’enivrements amoureux ou de religieuse extase devant l’éternelle énigme de l'univers ! Et contemplons-les vite! car, à
peine se sont-ils épanouis à la claire intelligence de