‹ Qu'est-ce que la danse?Chapitre 35 sur 52 · VARIÉTÉS ETHNIQUES DE LA DANSE · texte numérisé non relu

VARIÉTÉS ETHNIQUES DE LA DANSE

Ici c’est toute l’évolution de la Danse, à travers les

siècles et par toute la terre, qu'il s'agirait d'établir,

car la morphologie d’un art se confond en quelque

sorte avec son histoire.

Un tel objet sort doublement du programme pure-

ment esthétique que je me suis tracé; d’abord parce

que je n'ai jamais songé à écrire, dans ce court vo-

lume, une Histoire de la Danse, et, en second lieu, parce que je n’ai pas entrepris davantage une étude

technique des différentes danses connues. L'une d’ailleurs n'irait pas sans l’autre. L'histoire d’un art

c’est l'exposé de ses formes successives, à travers les âges et les civilisations, exposé forcément précis et

analytique, si l’on veut qu'il signifie quelque chose.

Pour la Danse, il est vrai, les auteurs se sont ordinairement contentés d'énumérer les noms des divertisse-

ments chorégaphiques propres à chaque groupe

4 ethnique, — et pour cause! Non seulement le plus

souvent ils eussent été incapables de réaliser person-

nellement la moindre des danses, dont ils fournissent les listes copieuses, mais encore parce qu'ils ignorent

tout, sauf leur titre, en ce qui concerne l’immense majorité d’entre elles.

. Dans quelle mesure les monuments figurés sont-ils

DIVERSES SORTES DE DANSES dm

SA ne or EST- CE que LA DANSE

. capables d. nous éclairer ou de nous no sur les ut danses qu'une tradition fidèle — existe-t-il seulement des traditions fidèles? — n’a pas transmise jusqu'à v

nous; c’est ce que je tenterai d'établir, dans mon cha-

pitre final, en jetant un bref coup d'œil synthétique sur l’histoire de l'humanité dansante. Et je remets à ce

moment le soin mélancolique de constater qu’en somme nous ne connaissons rien du passé d'un art, dont les créations se perdent si vite dans la nuit ds temps.

Alors aussi nous verrons que les formes de la Danse,

comme celles des autres arts, ne sont que ses appa-

rences fugilives et secondaires, que l” « esprit » seul

importe, même dans la plus charnelle des manifestations artistiques, et que lui seul, en dehors des modes

transitoires et des procédés de convention, se trans-

met, évolue et se développe, éternellement jeune, vivace et riche de possibilités sans fin.

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