‹ Qu'est-ce que la phrénologie?Chapitre 15 sur 56 · DE LA COMPRÉHENSION DES SYST. DE PSYCH · texte numérisé non relu

DE LA COMPRÉHENSION DES SYST. DE PSYCH

sous il n'y a que des plantes, dont l'observation rentre dans les attributions de la physique végétale ; au-dessus , des démons et des anges , et enfin l'esprit incréé , dont la considération était jadis du ressort de la théologie naturelle. Mais ce champ, ainsi limité, est encore bien assez large. Il l'est même tellement aux yeux des psychologistes purs qu'ils le restreignent des cinq sixièmes , et voudraient le borner à l'étude de l'homme caucasique , adulte , bien portant , éveillé , modérément repu , calme de passions, éclairé et même un peu philosophe. On peut , je crois , l'affirmer , sans crainte de se compromettre , ce cadre de recherches a donné tout ce qu'il pouvait donner et ne saurait plus mener à rien. Quant au champ réel d'observation embrassé aussi complètement que cela me parait possible , il comprendrait : i° la psychologie comparée des espèces animales ; 2° la psychologie comparée des races humaines ; 3° la psychologie comparée des âges de l'homme; 4° l'étude des besoins , des appétits , deé instincts , des affections, des passions, des vices , des vertus , des aptitudes naturelles /duraient, du génie ; 5° la psychologie de la veille et du sommeil , et des diverses espèces de somnambulisme; 6° la psychologie comparée des ma-

ladies , et surtout celle des maladies mentales, ou , plus brièvement , la psychologie pathologique.

Mais, j'ai hâte de le déclarer, qu'on ne s'imagine pas que je ne veuille admettre de système psychologique digne d'attention, que celui qui serait basé sur une compréhension aussi complète , aussi irréprochable de tous les faits de cette science; car, à ce comptelà , il n'y en aurait aucun qui eût ce mérite , et il faudrait tous les rejeter en masse , même ceux de Reid et de Gall . qui sont pourtant les plus complets et les plus avancés. Il ne me vient donc point à la pensée de nier la rectitude , l'excellence même des travaux psychologiques faits par des hommes qui étaient loin cependant d'avoir songé à embrasser tout le champ d'observation de la science sur laquelle ils écrivaient. Mais c'est qu'alors ces hommes , qui n'avaient travaillé , la plupart du tems , que sur un seul des difFérens ordres de faits que je viens d'énumérer, celui de l'homme adulte , n'ont tiré de cet ordre de faits que ce qu'il renferme , bien qu'il leur manquât , pour cela, le contrôle de tous les autres. Et c'est là une chose plus difficile qu'on ne pense : pour ne pas trébucher dans cette voie , il

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laul des appuis, or ce sont des appuis que les diverses séries de faits de la psychologie comparée.

Mais si j'accorde qu'il est à peu près impossible à un seul homme d'embrasser, d'un coup d'œil également éclairé , tout le champ d'observation de la psychologie , si j'accorde qu'on peut rencontrer vrai sans cette condition ; on devra m'accorder, en revanche, qu'un homme qoi aurait envisagé tout ce champ d'une vue égale , et apprécié les rapports d'importance de ses diverses parties , pourrait , mieux que tout autre, édifier un système des facultés mentales, vrai , complet , harmonique , et en déduire naturellement toutes les conséquences d'économie morale , soit domestiques, soit sociales, qui s y rattachent de plus ou moins près. Tout cela , sans doute, les médecins, les physiologistes n'auront pas de peine à en convenir ; mais il pourrait n'en pas être de même des métaphysiciens, il leur répugnera peut-être d'admettre que , pour connaître la conscieyice de l'homme , il faille étudier le sentiment presque contestable du polype , et qu'on doive , pour arriver aux actes de la volonté , partir des monvcmcjis microscopiques des i illusoires; et je crois, comme eux, qu'il y a, en efïèt, quelque

différence entre ces divers ordres de faits , et même qu'elle existe beaucoup plus haut encore dans l'échelle des animaux. Mon amour des paradoxes et de l'unité psychologique animale ne va pas jusqu'à tendre la main au Pongo comme à un frère , ni à voir presque une femme dans la Roussette menstruée de Java. Mais, si je ne crois pas que la psychologie du polype ou du singe soit identique à celle de l'homme , je ne pense pas néanmoins qu'il soit inutile , pour l'étude de la pensée , de remonter des uns à l'autre, malgré quelques ruptures dans la chaîne , et l'intervalle réellement assez grand qui sépare le Hottentot du Chimpansée ou de l'Orang.

A cet égara* , je demanderais à la mémoire tout intellectualisée des métaphysiciens , si elle ne leur rappelle rien des années de leur enfance , de ces années, toutes de besoins, d'appétits et de sentimens , où leur humanité réfléchissante était loin d'avoir commencé. Je demanderais à leur jugement de descendre encore plus bas , et d'examiner s'il n'y a pas eu une époque où leur sensibilité était à peu près aussi intellectuelle que celle du singe ou du carlin ; une époque encore où , dans le sein maternel , ils n'avaient pas même les besoins ,

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