‹ Qu'est-ce que la phrénologie?Chapitre 16 sur 56 · DK LA COMPRÉHENSION DUS SYST. DE PSYCH · texte numérisé non relu

DK LA COMPRÉHENSION DUS SYST. DE PSYCH

les sens, l'instinct d'un mollusque; une époque enfin où leur existence , toute végétative , était au-dessous de celle d'un infusoire ou d'un li-

thophyte ? Et pourtant toutes ces existences

ne font, dans chaque homme, qu'une seule et même existence : c'est la variété dans l unité , et dans une unité tellement une, qu'il n'est pas possible de dire où finit une de ces vies pour faire place à celle qui la suivra. Pour ce qui est de cette brutalité des passions que la métaphysique ex. cathedra voudrait bien rejeter de la psychologie , je lui demanderais enfin à elle-même si elle n'a jamais trébuché sur ses échasses philosophiques, pour retomber, de tout le poids de la matière , je ne dis pas dans les fumées encore quelque peu intelligentes de l'orgueil et d'une gloire désintéressée , dans les égaremens de l'ambition politique , dans les oripeaux des distinctions bourgeoises, mais dans la jouissance toute métallique de l'avarice , dans le gros rire des festins , dans d'autres voluptés plus passionnées encore et plus brutales ; et si toutes ces faiblesses de la nature humaine ne lui ont pas paru , comme au philosophe Reid , être assez souvent de vrais principes d'action, c'est-à-dire, des Jacu liés. Et, s'il en est ainsi , si la même intelligence

d'homme et même de philosophe trouve successivement et inséparablement en elle-même, outre l'époque des faits et des pouvoirs végétatifs , des époques de faits et de pouvoirs appétitifs, instinctifs, affectifs , moraux et intellectuels , si tel est , en effet, le cadre de la psychologie d'un seul homme, pourquoi ne pas rendre plus facile et plus sûre l'étude des faits qu'il contient en y joignant celle de la psychologie comparée des races humaines et des espèces animales , où l'on retrouvera les mêmes faits et les mêmes pouvoirs , se développant et se mélangeant successivement et dans le même ordre? Pourquoi ne pas joindre à cette étude celle des autres parties du champ d'observation de la psychologie ? celle surtout de la psychologie pathologique ou de la folie, sans laquelle , je ne crains pas de l'affirmer, il n'y a pas de système complet et irréprochable, pas d'intelligence des époques historiques les plus étonnantes et les plus fécondes.

Ai-je besoin de faire remarquer, du reste, que ces faits, en apparence si nombreux et si variés, qui composent le domaine de la psychologie , se réduisent, en définitive, à trois ou quatre ordres bien distincts, donl les rapports me semblent *inon dans fous leurs détails, au moins dans

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leur .<>énéralit<; , assez bien établis par L'état actuel de la science , pour qu'il n'y ait plus à y revenir. Ces faits seront toujours ou des sensa- (ions soitexternes, soit internes, ondes besoins, des appétits , c'est-à-dire des impulsions instinctives plus ou moins aveugles , ou des penclians, des senlimens , des aptitudes ayant déjà un certain caractère de moralité et de lucidité; ou enfin tous les faits intellectuels proprement dits, qui sont du domaine de l'attention , de la mémoire, de l'imagination , du jugement, etc. . . ; quatre séries de pbénomènes qu'on rattaclie communément à deux classes encore plus générales : faits moraux et volontaires , faits intellectuels et indifïerens à l'action, ou plus brièvement, volonté et entendement.

Qu'on étudie tant qu'on voudra la psychologie des animaux, celle des races ou des âges de l'homme, la psychologie des passions, ou des aptitudes diverses, la folie, etc., on n'y trouvera toujours que cela , que ces trois ou quatre ordres de faits ; rien de plus, mais rien de moins. Ce sont donc eux, en définitive, qui forment le domaine de la psychologie, et c'est à eux qu'il faut rapporter l'examen de la signification et de la valeur de ses systèmes sous le rapport de leur compréhension. Or, cet exa-

men , qui se réduira , en dernière analyse , à compter et peser les facultés réellement distinctes que ces systèmes admettent, et à discuter les rapports de toute sorte qu'ils établissent entr'elles , cet examen, dis-je, devra envisager: i° le côté actif et moral de l'intelligence, la volonté ; 2° son côté purement intellectuel , l'entendement ; 3° les rapports à établir entre ces deux côtés de l'intelligence,ou, si l'on veut, entre les facultés qui les représentent.

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