PARTIE PRATlQjDS 1)1 SYSTEM K DE GALL. IV
pour rendre compte d'affections et de pas sions qui , par leur nom anciennement connu , el par l'idée, véritablement très-claire , que tout le monde en a, pouvaient passer, et passaient de teins immémorial , pour des manifestations morales simples , la phrénologie , dis-je , est obligée d'avoir recours à un concours de facultés , dont la réalité n'est pas tellement bien établie qu'on ne pût en proposer un différent ; et cette circonstance peut s'ajouter à toutes celles qui prouvent combien est précaire et conjecturale l'analyse phrénologique des sentimens moraux et la distinction des facultés qu'ils supposent.
On remarquera ensuite que plusieurs de ces sentimens, qui sont loin d'être identiques , le doute , la crainte , le désespoir , par exemple , sont donnés comme de certaines affections d'une même faculté; et, si cela a lieu ainsi dans ce cas et dans plusieurs autres , pourquoi cela ne serait-il pas possible dans d'autres encore , et pourquoi le nombre des facultés n'irait-il pas ainsi diminuant et se réduisant, ce qui reproduirait , sous un autre point de vue , l'observation que je faisais tout à l'heure.
On remarquera, enfin, qu'il y a det> affections qui dépendent, tout à la fois , de l'action
d'un certain nombre de facultés et du manque d'action de plusieurs autres. Mais, s'il en est ainsi, on ne conçoit pas comment Spurzheim , de qui est cette opinion , a pu dire , contre Gall, qu'un sentiment, une passion, par exemple , la peur , qu'il regarde comme une certaine affection du sens de la circonspection , tandis que Gall la considère comme un défaut d'action de celui du courage, on ne conçoit pas que Spurzheim ait pu dire que du manque d'action des facultés il ne peut résulter aucun effet psychologique , puisque , de son propre aveu , le contraire a lieu dans certaines passions qu'il croit composées. Il y a là, au inoins dans les termes , une contradiction qui prouve de nouveau que l'établissement des facultés primordiales de la phrénologie , vraie en ce sens, que le sentiment est le fait primitif et générateur de l'intelligence , n'est plus , dans les applications de ce principe , et surtout dans celles qui ont trait aux facultés supérieures , qu'une distinction systématique , utile , indispensable , sans doute , au soulagement de l'esprit dans la considération de ces matières, mais qui ne saurait, comme tous les artifices de ce genre , prétendre à une précision invariable, non plus qu'à l'assentiment général.