PARTIE PRATIQUE DU SYSTÈME DE GALL
Mais la partie de la philosophie de Gall, qui tient le plus immédiatement au bien-être social par tout ce qu'elle a d'applicable à la direction et à la répression des actions humaines , ce sont ses théories de la raison , du libre-arbitre et de la volonté. Je n'ai pas besoin de rappeler quelles solutions avait données, en ce genre, la philosophie du pur esprit. Raison, liberté, volonté absolues, telles étaient ses formules. L'attention regardait, la comparaison pesait, le jugement prononçait. Evidemment on ne pouvait pas se tromper, ou , si l'on se trompait, c'était volontairement et en pleine connaissance ; cela ne faisait pas l'objet d'un doute : bien que les auteurs de ces fausses et inconcevables affirmations fussent souvent les philosophes les plus fougueux , les plus passionnés , les moins libres, et néanmoins les plus volontaires , et que leurs ouvrages eussent pu servir de pendant au livre de Sénèque sur le mépris des richesses.
Une philosophie qui avait tenu compte de tous les motifs des déterminations humaines , soit intra , soit extra-cérébraux , qui surtout avait apprécié tous leurs degrés successifs d'irrésistibilité , et qui les avait exposés dans leur plénitude, mais tels (pie les donnent la nature et
l'observation; une telle philosophie ne pouvait comprendre, ne pouvait admettre d'aussi fausses théories. Son droit, bien plus son devoir , était de les renverser et de leur substituer la vérité, telle au moins qu'il nous est donné de la connaître sur ces matières difficiles, où l'homme, dans ce qu'il a de plus secret , est le sujet de sa propre observation.
Le mot de raison a, comme on l'a remarqué , des acceptions assez nombreuses et un peu différentes les unes des autres. Mais elles peuvent , en général , se ramener au pouvoir que possède l'homme de réfléchir sur tous ses états, sur tous ses actes intellectuels, quels qu'ils soient, de les comparer, de les peser, et de porter, sur leur résultante, un jugement qu'on a appelé, par excellence, jugement philosophique, C'est par ce jugement, lorsqu'il s'applique aux déterminations et aux actes qui en sont la suite , que la raison tient au côté moral ou affectif de l'intelligence humaine , c'est-àdire à la volonté.
La raison , d'après l'ancienne doctrine philosophique étant l'apanage exclusif de l'homme., comme l'instinct , c'est-à-dire la réunion des penchans et de quelques-uns des sentiniens de la phrénologie, était l'apanage exclusif des ani-