L.-N. Bonaparte, Idées napoléoniennea
J'eu suis bien fâché, mais Tauteur est dans l'erreur. La pensée de l'empereur était la monarchie universelle. On le lui a reproché mille fois.
Le génie de l'empereur avait compris : qu'en présence des communications inévitables des fractions humanitaires, l'ordre n*était possible que par l'unité. L'empereur avait également reconnu : que la domination universelle n'était possible que par la force ou que par la raison. Et, ne croyant point à îa possibilité de rétablir par la raison, il a voulu l'établir par la force. C'était une erreur. Il l'a expiée à Sainte-Hélène.
La première politique indiquée j^r l'auteur est celle 4eft fous;
la seconde, celle des lâches ; et la troisième; celle des utopistes. Il en est une quatrième oubliée, et la seule bonne tant qu'il y a des nationalités : c'est d'être le plus fort par toutes leâ forces possibles : force de ruse, force de fraude, d'hypocrisie, d'argent, de canons, etc. C'est celle qui a placé l'Angleterre à la tête do monde; et qui ne ferait que passer ailleurs, si la force pouvait encore régner longtemps.
Ce que je viens de dire, c'est Montesquieu, l'auteur favori de l'écrivain que j'examine, qui l'affirme.
Quant aux intérêts réellement communs entre les nations, il faut les placer à côté des intérêts cominuns entre nous et les habitants de la lune.
« V économie publique ^ dit J.-B. Say, embrasse les observa- « tions et les principes (1) qui ont rapport aux intéuêts d une « nation, considérée en pariicutier, et comme pouvant être op-
« POSÉS AUX INTÉRÊTS D'tîNE AUTRE NATION. »
Ainsi, des nations ont des intérêts opposés, et cette opposition n'a de sojution que par la force ! Dès lors, il faut être le plus fort ou le plus faible. Si l'empereur avait affranchi les serfs partout où il a été; s'il avait établi partout la liberté de la presse, le gou vernement constitutionnel, l'anarchie enfin, il n'aurait pas été le plus faible : et peut-être auraii-il eu le temps de reconnaître la nécessité de la vérité.
Des nationalités, des autonomies en contact, sont de l'anarchie. Je le répéterai jusqu'à satiété, et bien inutilement.
Beaucoup de sang sera versé avant d'arriver à reconnaître cette première vérité! Alors, que faire? Attendre. Pour qu'un enfant puisse procréer, il faut bien attendre qu'il soit adulte.
Toutes les erreurs de l'empereur ont leur source : dans la pensée suivante, extraite d'une de ses lettres au roi d'Angleterre, et citée par l'auteur :
« Le monde est assez grand pour que nos deux nations puisa sent y vivre, et la raison a assez de pui$saAce pour qu'on
(1 ) Les princtpea t tous sa^ei: ce qu'ite sont : €arr«l vient de vous le dire.
a trouve les moyens de tout concilier, si de part et d'autre on a a de la bonne volonté. »
Erreur ! erreur terrible ! Le monde, fût-il l'univers, n'est pas assez grand pour contenir deux souverains en paix dès quMls sonl en contact; et la raison n'a pas assez de puissance pour trouver les moyens de rendre Tabsurde raisonnable.
« Plus le monde se perfectionne, plus les barrières qui divî- « sent les hommes s'élargissent, plus il y a de pays que les même» « intérêts tendent à réunir. »
Cette union d'intérêts ne peut être : que Tanéantissemeot des nationalités.
a Dans l'enfance des sociétés, l'état de nature existait i'homme « â homme... »
Quand l'auteur parle d'après lui, il parle bien; mais, quand il pnrle d'après les autres, il est sûr de parler mal.
Ainsi, dans l'enfance des sociétés, les sociétés se composaient chacune d'un homme! Elles étaient jolies les sociétés!
C'est que l'auteur n'a pas reconnu : que l'état dit de natufis est une des ifïnonihrables absurdités dos prétendus philosophes. Hors la société, l'/iomm^ n'existe point. Nous parlerons de cela ailleurs. Si nous en parlions ici, on dirait que c'est trop scientifique. Et les enfants n'aiment pas le scientifique; ils aiment mieux le fait. Et le fait, socialement parlant, vous savez ce que c'est? La FORCE : tant que l'ignorance sociale n'est point anéantie, tant que les enfants sociaux ne sont point devenus adultes.
c( Puis, continue l'auteur, un intérêt commun réunit un petit « nombre d'individus... »
C'est le contraire qui est la vérité. Des intérêts non communs divisèrent la première société ou les premières sociétés. Mais c'est égal, laissons continuer :
a Qui renoncèrent à quelques-uns des droits naturels, afin
(( que la société leur garantit l'entière jouissance des^ autres. » '
Nous voilà jusqu'au cou daivs le contrat social. Il n'y a là-de^
dans : ni vrai ni vraisemblable. Mais l'auteur parle d'après les
autres. , \
« Alors, dit-il, se forma la tribu ou la peuplade, association
<; 4ibo^)^)es où Veut de i^atuj e ^i;^)ai^^^ oii .1^ loi remplaça « le droit du plus fort. »
„,Risun^ tmeiatis... Ce u'e^t point à l-anteur que ceci s'aâreaae, ipi^ j^)^ cbarmaats philosophes qui a»t iayenté ces théories. ^rç/^ quf^ le droit diviu a'est pas,^ drpit de la force, masquées de sophismes ? est-ce que le di^oit des majorités u'esl pas le droit â4 h f<)r-ce j>rutale? Kt dites-mpi doqc, philosophes ! amis de pas fp^sd'chm l €(wuais$e^-YOus m ^utre droit?
Maintenant, nous allons entrer da^s le vrai.
<' 4^ PluAf QOdUmm l'iauteur» h civilisatioo a fait de progrès^ plus « cette transformation s'est opérée sur une grande échelle, d ,^'#£^t Kriâv (tans les covimencements,^ cent esclaves pourrissaient un maître qui avait peu de besoins. Par le progrès de la QÎvili^tiont ils ont dû ep nourrir dix insatiables. 11 est joli, le progrès ! Laissez* les marcher, les amis du progrès. Celui-ci les Q(M)4uira au diable, c'esi-à dire à l'anarchie. Et c'est seulement alors qu'ils reconnaîtront le besoin de vérité, le besoin de stalaiilé.
« Oa se battait, continue l'auteur, d'abord de porte k «pprte, de colline à colline; puis l'esprit de conquête et l'esprit <x de défense ont formé des villes, des provinces, des États ; et^ iuj^isknffiv commun ayant réuni une grande partie de ces fracf Mons territoriales, les nations se formèrent. Alors, l'intérêt f; national wbra^sant tous les intérêts locaux et provinciaux, on a ne se battit plus que de peuple k peuple ; et chaque peuple» à C'^on tour, a'€3t prQmené tiiomphant sur le territoire de son « voisin, lorsqu'il a eu un grand homme à sa tête et une grande « «ause derrière lui, La commuu^, la ville, la province, ont donc, « lionne après l'autre, agrandi leur sphère sociale, et reculé les ff limites du cercle au delà duquel e^uste Tétat de nature* »
i £ncorel Ptous voila retombé à parler de nos pères les singes : éciïYant la généalogie que nou^ donge notie aipi Pierre Leroux, et ao«s Tautopité de Geoffroy-SaintrHilaire,^ .» « Cette tranaforoaatâoi» <Hmtinue l'auteurt s'est arrêtée à la « frontière de chaque pays, et c'est encore la force, et noq le
im prefids acte;) etr^quaud Tauiôur nou^ parlera de droit : soit «nu seiii à'me ndûoarchie, soit au seiu d*u.9a répul^lique^ jç lui dirai d'après lui -i G'e^t si«go^ 14» f^onciis » e'ç non i^ ^W^t