‹ Qu'est-ce que la science sociale? (volume 3)Chapitre 27 sur 97 · SANCTION SOQALE, ORDRE SOCIAL · texte numérisé non relu

SANCTION SOQALE, ORDRE SOCIAL

« Dans une constitution libre ^ les bons ei- « toyens sont détournés de s'opposer aox lois <( par la justice; les méchants doiyent Tètre a par la crainte. »

Dupont, Assembl. nat. Sodée. 4790.

« Par la justice? Oui : allez le demander à u Platon. Par la crainte du bourreau? Oui: « quand on est le plus faible. Toute sanction « sociale, non basée sur la sanction religieuse, « est un poignard dans la main des Mpons, « pour égorger les sots. »

Colins^ Commentaire,

Ce qu'il y a peut-être de plus ridicule, au sein du xix* siècle, de ce siècle qui renferme en soi tous les ridicules des siècles passés, lesquels ne sont que des enfantillages auprès des siens propres ; c'est de vouloir luer la sanction sociale, personnifléedanslebourreau, après avoir proclamé : que, la sanction religieuse est une chimère. Â cet égard, les matérialistes sont unanimes, tant les bravaches que les poltrons. Dès qu'ils sont parvenus à faire crier : à bas le bourreau! ils s'imaginent que la société est sauvée.

« — L'abolition de la peine de mort, dit le bon Ballanche, « est inévitable. Hâtons cette ère, qui sera dans les annales « de rhumanité une ère égale à celle de l'abolition des sa* « orifices humains. » {U Homme sans nom.)

— Excellent homme ! Si vous voulez tuer le bourreau , établissez la sanction religieuse sur le piédestal de la science.

— GLXXXIX —

Alors, vous n'aurez pas besoin de tuer le bourreau, il mourra.de sa belle mort; car^ il sera devenu complètement inutile. Jusqu'à présent, la société n'a pas encore porté la folie jusqu'à condamner les fous à la peine de mort. Eh bien ! sous la sanction religieuse scientifiquement vulgarisée, tout méchant est un fou.

— En parlant du bourreau, De Maistre dit :

tt — Otez du monde cet agent incompréhensible , dans c l'instant même , Tordre fait place au chaos , les trônes < s'abiment, et la société disparaît.

• {Soirées de Saint-Péterstourg.)

— - C'est clair comme le jour : pour aussi longtemps que la sanction religieuse n'est point scientifiquement établie. Mais, est-ce que des aveugles voient le jour?

Ce qu'il y à d'admirable, en fait de folie, c'est de vouloir abolir la peine de mort en matière politique et de la laisser subsister en matière civile. Est-ce que vouloir tuer la société D'est pas plus criminel que de vouloir tuer un homme? Mais, nous arrivons à la dernière période de l'ignorance; et, il faut que toutes les sottises soient successivement intronisées.

Je pourrais vous citer ici vingt plaidoyers, plus larmoyants les uns que les autres, en faveur de l'abolition de la peine le mort, avant l'établissement scientifique de la sanction relîgieuse, je vous en fais grâce, vous trouverez cela dans tons les romans.

J'aurais bien voulu vous donner aussi le magnifique plaidoyer de De Maistre en faveur du bourreau. Mais, plaidez ou ne plaidez pas, le bourreau est immortel, soit sur les places, soit dans les rues : tant que la sanction religieuse n'est point scientifiquement établie. Cela vous fait rire. Messieurs! Je suis enchanté de vous être bon à quelque chose.

Voulez-vous savoir ce que valent les abolitions de la peine l.e mort? Écoutez!

— cxcn —

c été qu'une réunion de bandits poussés par de eT4)ssiers a intérêts, et accessibles seulement h la crainte? Le plus « faible gouvernement aurait, de nos jours, bon marché d'un « tel péril : mais on demande aux peines d'agir, dans une « bien autre sphère, on veut qu'elles apprennent aux citoyens « qu'il est coupable de conspirer la chute de l'ordre établi, « de livrer sa patrie aux chances terribles des révolutions. « Eh bien ! qu'on sache que les peines n'ont de pouvoir « pour propager les idées qu'autant qu'elles les trouvent « déjà dans les esprits; qu'on ne se flatte pas qu'elles les « feront naître là où d'autres causes ne les auront pas déjà « semées »

— M. Guizot oublie : qu'en présence de l'Ignorance sociale sur la réalité du droit, et de l'incompressibilité de l'examen, il n'y a de bonne semence, pour semer les bonnes idées : que la démonstration, rationnellement incontestable, de la réalité de la sanction religieuse. Toute autre semence est anarchique.

« — Qu'on ne leur attribue point, continue M. Guizot, « une vertu qui ne saurait leur appartenir; elles ne font « point détester, comme criminel, ce qu'on regardait comme <c méritoire ; elles ne démontrent point la légitimité morale « du pouvoir; elles n'ont d'effet sur les croyances des peu- « pies, qu'autant qu'elles en découlent »

M. Guizot oublie : que toutes les croyances d'ordre ont été occises par l'examen, pour ne ressusciter jamais; qu'il n'existe plus que des croyances de désordre ; et, que c'est à la seule science, qu'il appartient de les détruire.

« — Et, continue M. Guizot, quand ces croyances sont « hostiles à l'aulorité, c'est par d'autres moyens que les « supplices que l'autorité peut réussir à les changer »

— Eh bien! M. Guizot a dirigé pendant longues années ce qu'on appelle si mal à propos Vautarité. Pourquoi •

CXClU —

IL Goizot n*a-(-il point changé lôs (croyances anarchiques to peuples?

< — Et tant, continue H. Guizot, qu'elles ne seront point « changées, les supplices, au lieu de les réformer, affirme- « ront leur empire. » {Idem.)

— C'est parfaitement vrai. En époque d'ignorance sur la réalité du droit, et d'incompressibilité de l'examen, il n'y a d'ordre possible que basé sur la force brutale s>et tout ordre exclusivement basé sur les baïonnettes est destiné ù périr. Hais, que cet ordre vienne à émousser les baïonnettes, et il périra un jour plus tôt. Si M. Guizot avait eu suffisamment de baïonnettes au 24 Février^ il serait sorti de Paris, par la porte de Londres, une année plus tard.

ORDRE SOGÂL.

^ « Point d'ordre social^ sans le sacrifice des « intérêts de chacun à Tintérèt de tous : car « ce sacrifice est sans iaison, c'est-à-dire ab- « SORDE^ quand c'est l'homme qui le demande tt à l'bonmie, parce qu'il ne peut rien offrir en « compensation^ et que ce sacrifice , qui n'est « autre que la vebtu^ serait é^idemmeot la «nttsiNCOMCByABLE Mlie^ s'ii n'existait une « SOCIÉTÉ plus excellente et plus durahle'oùU « recevra sa récompense. »

Lahbhnais.

« C'est dire : que^ hors la sanction religieuse, « tout ordre social est absolument impossible.

« Et, en présence de l'incompressibilité de « Texamen^ la sanction religieuse scibnti* « nous^ est la seule qui puisse être socialea ment acceptée. »

Colins, Commentaire.

Qu'est-ce que Tordre social , s'il vous plait? ne seraitil pas bon de le savoir, avant d*en parler? Allons au dictionnaire! et, voyons ce qu'il nousr chantera.

— dOTV —

« -«- ÛRDRE^ S. m. Arrangement^ di^oiiHon êêkm k

« rang. »

— Ainsi, dans l'ordre matériel, Il y a des rangs I Je croyais que tout ordre, tout arrangement, était relatif à un arran^ geur personnel ou impersonnel. Si, personnel, l*ordre est arbitraire, despotique; si, mpersçnnel^ il oat relatif à la raison, à la liberté. JL'ab^ençe d'ordre, c'est Vanarabipi et) en fait de société, l'anarchie, c'est la MOR?, qu plutôt i4'A^ GONIE. Allons! le dictionnaire est ua aot; et, l^'OaB&R Mcuï., c'est la VIE sociale.

Voyons, si moi-même je qe suis pa^ w aot ; 9t, si tout Iff monde pense comme le dictionnaire I

« — La vérité, dit un réformateur, est la PIERRE DE « TOUCHE à essayer un ordre social. »

— Bien ! Et où se trouve cette pierre de touche? La vè* rite est absolue ou elle n'est pas. Alors, ce n'est pas dans l'ordre physique, que se trouva oelte pierre de touche; car, dans l'ordre physique tout est relatif. Et y en a-t-il un autre? Jusqu'à réponse incon^testablement rationnelle à çetle demande, voilà la pierre de tâuche à tous les diables et ç^Qssi TQrdre social.

ff -^ Tout ordre, continue le réformateur, qui n'est pas c compatible avec la vérité est un ordre faux... qui peut « Hier cela 9. « qui?., tout le monde, hélas! en ce prodigieux « sièole do bon sens et de lumières! »

(V. CONdIDERÀNT.)

~ Et comment voulej-vous affirmer ou nier cette compa — tibiiité? Personne encore n'a répondu à cette question t qu'est-ce que h TÉRITé? pas même le Christ.

Allons! M. Considérant n'est pas plus lucide que le die^ tionnaire. Cherchons ailleurs !

« — - A cette époque de terreur, dit un économiste, oi^ la « force était le seul droit reconnu, on avait établi en pria-

1 «iB4 fidilP mai^iinfi iauée p^^r un hisioriea de la révolution « (M. Thier^), quç pour v^Q Éla< la justice ft'est quo h mih* €^eur ordre possible. »

(M. i)E Villeneuve-Bargemont.)

•«r Egt-ceque le pire ordre possible semt la justice? M. d§ Villeneuve-Bargemont n*aura rieu à reprocher au dictionnaire. Cherchons ailleurs!

K •?<* AuguaiQ (c'est le nom, dit Montesquieu, que la flat« 9 tari^ donna à Octave) établit i'oiU)a£, o-est-à-dire uni

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