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« sonne de ceux qui y sont mis ; une autre près du lieu où « certains magistrats doivent s'assembler de nuit, h laquelle « on donnera le nom de sophronistere (lieu de correction); « une troisième enfin située au milieu de la contrée, dans a un endroit désert et le plus sauvage qu'on pourra trouver, « qu'on nommera la prison du supplice : et que d'autre part « il y a en matière d'impiété trois sortes de délits, qui sont « ceux que nous venons de combattre, lesquels se divisant « chacun en deux espèces, font six en tout : il faut que les « juges apportent beaucoup d'attention au discernement des « fautes qui ont les dieux pour objet, parce qu'elles ne doi- « vent pas être punies également, ni de la même manière.
« Il se trouve en effet des bommes qui ne reconnaissent « point de dieux, mais qui ayant d'ailleurs un caractère na* a turellement ami de l'équité, ont de la baine pour les mé- <K cbants, et par une certaine horreur de l'injustice, sont in- « capables de se porter à des actions criminelles, fuyant la « compagnie des hommes pervers, et s'attachant aux gens c de bien. »
— Voilà une porte ouverte pour donner à l'inquisiteur droit de vie et de mort.
« — Il en est d'autres, continue Platon, qui, à la persua- € sion que tout est entièrement vide de dieux, joignent une « impuissance à modérer les passions qui les portent au « plaisir, ou les éloignent de la douleur, une mémoire excel- « lente et une grande pénétration d'esprit. Leur mate ladie commune est de ne point croire aux dieux ; mais les « premiers sont bien moins nuisibles à la société que les c seconds. »
— Il est évident : que, ceux qui ont une grande pénétration d'esprit reconnaîtront plutôt la stupiditéde rantropomorphisme que les idiots.
« — A la vérité, dit Platon, les premiers (les idiots) par- « leront des dieux avec beaucoup de licence, aussi bien que
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€ des sacrifices et des serments ; et comme ils raillent la « piété des autres, ils pourraient peut-être se faire des dis- « ciples, s'ils n'étaient arrêtés par aucun châtiment. Mais les c seconds étant dans les mêmes sentiments, et ayant d'ailleurs « beaucoup d'esprit, emploient la ruse et l'artifice pour sé- « daire. C'est d'eux que sortent les devins et tous les faiseurs « de prestiges. »
— Voyez-vous celte malice, afin de laisser aux prêtres le monopole des prestiges ?
c — Quelquefois aussi, continue Platon, les tyrans, les « orateurs, les généraux d'armées »
— Vous voyez: que, tout doit être soumis à l'inquisition.
c — Les espèces de cette seconde classe d'impies sont sans a nombre, dit Platon. »
— C'est croyable : puisque, selon lui, tout le monde est matérialiste.
c — Les crimes des derniers, dit-il, qui feignent une re- «^ c ligion qu'ils n'ont pas »
— Vous voyez qu'il ne suffit pas de ne pas être matérialiste; il faut encore ne pas eu être soupçonné ; et vous vous seriez ruiné en sacrifices que cela n'y ferait rien.
« -i- Le crime des derniers, dit Platon, mérite non-seule- € ment une, mais plusieubs morts. »
— Excusez du peu ! Saint-Dominique, au moins, n'en voulait qu'une.
« — Pour les premiers, ajoute Platon... »
— Pour les imbéciles, vous savez !
« — Il suffit d'employer la réprimande et la prîsop.» ^ « Pareillement, continue Platon, ceux qui pensent que les « dieux NÉGLIGENT Ics affaires humaines, sont de deux m. 19*