SERA PUNI DE MORT
— Et cela pour avoir cru : que, la galette du pauvi^, valait l'hécatombe du riche.
C'est fâcheux que Platon n'ait point été canonisé. Si, ùu moins^ il avait été héaliûé. Vous voyez que je suis sans rancune : si Platon m'avait tenu, il m'aurait fait passer un vilain quart d'heure !
— CCQXII —
« -— À l'égard des autres, continue Platon, qui, devenus f semblables à des bêtes féroces, non-seulement ne recoii-
< naîtraient point i'existence des dieux, ou leur providence, « ou rinflexibilité de leur justice, mais, par mépris pour les « hommes, séduiraient la plupart des vivants, leur faisant « accroir%4u'ils savent évoquer lésâmes des morts, les assu-
< rant qu'il est en leur pouvoir de flécbir les dieux, comme « s'ils avaient le secret de les charmer par des sacrifices, des % raià&Efl et des enchantements... .... quiconque aura été
f aecusé et convaincu de ces crimes, sera condamné par le
< Juge^ en vertu de la loi, à la prison située au milieu des % terres ; aucune personne libre ne l'abordera en quelque a temps que ce soit : il recevra de la main des esclaves, ce que « les gardiens des lois auront réglé pour sa nourriture ;<et, « après sa mort, son cadavre sera jeté sans sépulture hors € des limites du territoire ; toute personne libre qui entre-
< prendra de l'ensevelir, pourra être poursuivie en justice à « titre d'impiété. »
— Voilà ce que c'est que de vouloir rivaliser avec le sacerdoce !
Si maintenant l'inquisition de Platon ne vous satisfait point, vous êtes peu raisonnable.
Vous concevez, en outre, qu'il ne s'agit point de se borner à instituer une inquisition. Toute institution doit elle-même avoir des bases. Vpici celles que Platon prouve, en mille endroits, être absolument nécessaires : bien entendu pour son époque; et, la nôtre ne vaut pas encore mieux. Je pourrais vous donner les preuves de Platon. Mais, j'aime à être
aussi bref que possible.
« — Soit, dit Platon, qu'on bâtisse une cité nouvelle, « soit qu'on en rétablisse une ancienne tombée en décadence, € il ne faut point, si l'on a du bon sens, qu'en ce qui ap- « parlient aux dieux, aux temples élevés dans la ville en « leur honneur, et à la consécration qui s'en doit faire sous « le nopk de quelque divinité ou de Quelque génie, on fasse
— ccxeii —
< aucune innovalion conlraire à ce qui aura été réglé par « Toracle de Delphes, de Dodone, de Jupiter-Ammon, ou «c par d'anciennes traditions, sur quelque fondement que « soient appuyées ces traditions, comme sur des apparitions « ou des inspirations. Dès qu'en conséquence de ces sortes « de croyances, il y a eu des sacrifices institués avec des ce- « rémonies, soit que ces cérémonies aient pris naissance <c dans le pays, soit qu'on les ait empruntées des Tyrrbé- « niens, de Chypre ou de quelque autre endroit; et que, sur « ces traditions, on a consacré certaines réponses des dieux, « 4rigé des statues^ des autels, des temples, et planté des « bois sacrés, il n'est pas permis au législateur d*y toucher