‹ Qu'est-ce que la science sociale? (volume 3)Chapitre 89 sur 97 · IM · texte numérisé non relu

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La recherche des lois de Tordre physique et des lois de Tordre moral, recherche nécessaire à cause de Tignorance essentiellement primitive à toute humanité ; ainsi que la recherche de PappUoatioQ d« eei lois à Tordre tooial réel , c'est-è-^ire : à Tbàrmqnie entre les besoins moraux et les besoins physiques de tous et de chacun , procurent les connaissances constituant la science sociale.

TITRE n.

Dès Torigine des sociétés ^ une règle des actions^ tant individuelles que sociales, est indispensable à Texistence d*un ordre non physique ou nécessaire, mais moral ou libre.

C'est cette règle d'actions, on plutôt la samctiom lui servant de base, qui, socialement, prend le nom d'AuTORiTÉ.

Mais, une règle d'actions ne peut contribuer à la permanence d'un ordre non physique, si, généralement, elle n'est incontestée.

Car, le doute, relatif à la possibilité de contester ralionnellement la réalité de Tautorité sur laquelle cette règle se trouve établie, ou le scepticisme, ou encore le protestantisme contre Tautorité, est précisément : ce qui constitue Tétat d'anarchie.

De plus, une règle d'actions ne peut être Incontestée : que rationnel' lement; ou que, sentimentalement. Rt, à cause de Tignorance essentiellement primitive, inhérente à toute humanité possible, une r^e d'actions, dès Torigine des sociétés, ne peut, rationnellement, être incontestable.

Dès Torigine de toute humanité possible, k besoin d^ordre» mAcessite sociale, force donc la société d'établir une règle d'actions, qui soit : non point rationnellement, intellectuellement; mais sentimentalement, éducationnellement, organiquement incontestée. Cette règle se trouve établie par les minorités dont Tintelligence est le plus développée. Par le besoin d'ordre encore, ces minorités devaient ausii employer tous les moyens possibles pour établir cette règle : comme sentimentalement, éducationnellement, organiquement incontestable,

Maintenant, une règle d'actions, essentiellement basée sur un sentiment non rationnellement incontestable, ne peut rester incontestée; à PQoins que le sentiment, qui la soutient, ne soit lui-même appuyé: sur l'éducation , d'abord , qui modifie l'organisme; et ensuite j sur une instruction, elle-même toujours soumise à Téducation : l'instruction, en dehors de cette soumission, pouvant s'opposer aux tendance^ d'or^ Ifanisation, et même aux tendances d'éducatiou.

Pour que Tordre soit permanent au sein des sociétés; c'est-à dire : poui: que la règle, ou plutôt que les règles d'action$ restent sentimentalement ^ organiquement incontestées, les minorités qui, nécessairement, ont établi une règle dans chaque soeiété, se trouvent donc fois eées : de se réserver le monopole de Téducation et de l'instruction ; ou, le monopole complet des développements de Tintelligence^ le monopole complet de Tctablissement des opinions* L^emploî de ce mcmo-

pôle est alors eioliMlTement dirigé vers la permanence de Ifneontestabilité sentimentale de la règle^ dont ces mêmes minorités conservent une Interprétation arbitraire ; par le monopole de rétablissement des opinions. Elles s'attribuent ainsi la force morale ou Tautorité. Elles peuvent alors exploiter les masses. Ët^ dès qu^elles le peuvent^ elles le . font néoessairement; car^ le monopole de Tautorité conduit nécessairement à cette exploitation.

Le monopole des développements de Tintelligence^ de rétablissement des opinions^ devenant nécessairement le monopole de Tautorité, conduisant nécessairement à l'exploitation des masses^ forme uu ensemble vulgairement nommé despotisme.

Le despotisme, dès lors, est Tun des termes d'un premier rapport social, dont le second est V esclavage. Un ensemble de despotes et 4*esclaves se trouve ainsi être, nécessairement^ le premier état sociaT possible, pour toute première époque d'bumanité.

L'autorité despotique doit lutter, en efifet, dans chaque société, contre la nature inteÛecbteUe de chaque esclave qui le porte à examiner la règle d^aetions à laquelle il se trouve soumis. Et les différentes autorités despotiques doivent lutter contre les tendances intellectuelles des pays soumis à d'autres règles ; pour que les règles ne soient puiot réciproquement examinées en dehors des préjugés natiopaux; et, que les résultats de ces examens ne puissent se communiquer de nation à nation.

C'est donc : en faisant des esclaves, et en pervertissant la nature intellectuelle, chez les esclaves, au moyen d'une éducation et d'une instruction, se refusant à tout examen rationnel 3 et, en excitant des haines : non seulement entre les esclaves d'une même nation ] mais surtout, entre les nations soumises à des règles différentes, pour les empècherde communiquer entre elles ,* qu'il est possible^ aux minorités despotiques, de conserver Tautorité.

Ainsi, les moyens que le despotisme se trouve obligé d'employer pour établir et conserver le seul ordre sodal possible à cette première époque, peuvent se résumer dans les maximes : HÉci^Eii par la foi; et

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