TITRE IV
Cette seconde époque, c'est-à-dire cette lutte : entre un ardre appo" rent qui ne peut plus exister ; et, un ordre réel qui n'est encore que pressenti; ce combat : entre un pouvoir chancelant et une opinion flottante; dure jusqu'à ce qu'une formule énonçant incontestablement : et la coordination des connaissances à la direction rationnelle des actions tant individuelles que sociales; et les moyens de faire harmoniser cette coordination avec l'état vicieux de la société; vienne à se produire, et à se faire admettre et reconnaître, par la généralité des individus : comme incontestable; et, comme devenue nêcessauus a
INEXISTENCE DE l'oRDRE.
La formule énonçant la direction incontestablement rationnelle des actions, d'où doit résulter l'évidence rationnelle de l'autorité incontestable, resje plus ou moins longtemps ignorée de l'humanité.
Néanmoins, après la naissance de la presse, et à mesure que celle-ci se généralise, cette formule apparaît nécessairement, et fait disparaître la seconde époque d'état puéril ou d'anarchie.
Car, les malheurs progressifs que l'état anarchique quasi-permanent produit^ finissent : par calmer les passions que le despotisme a dû exalter; et, par faire admettre, socialement, qu'il est absolument
' I* De coordonner les connaissances acquises à la direction rationnelle des actions; ou d'acquérir le complément de connaissances nécessaires; pour que cette coordination devienne possible;
2* D'exposer cette coordination de manière à ce qu'elle soit rendue rationnellement incontestable;
3* De mettre, enfin, chacun à même de se convaincre de l'incontestabilité de la coordination.
Ces nécessités, une fois socialement reconnues, l'unité de conviction indispensable à l'existence de l'ordre, et détruite par l'état anarchique dérivant de la presse, commence» chez la nation pour laquelle
le besoin d'ordre se fait le plus vivement sentir, à se rétablir ; par Tassentiment général sur rimpossibilité de voir Tordre exister au sein de la société, aussi longtemps que le monopole des développements de rintelligence, ou le despotisme, n'est point anéanti.
Cependant, pour assurer non seulement Texistence, mais encore la pei^istance de Tordre, il ne suffit pas que Tunité de conviction, relative à la coordination des connaissances à la direction incontestablement rationnelle des actions, se forme une seule fois, comme nous venons de le dire; car, les connaissances progressent continuellement, au moins celles qui se rapportent à la matière. Et, si la coordination de Tensemble des connaissances ne suit point une marche proportionnelle, de manière à ce que toutes pénètrent également dans les masses, avec la conviction de Texaclitude de la formule qui coordonne continuellement leur progrès. Tordre, quant à la matière au moinSy est exposé à ne plus avoir : la coordination des connaissances existantes incontestablement appliquées pour base; Tunité de conviction, dérivant de Tincontestabilité de la coordination reconnue par chacun, pour appui ; et Tanarchie redevient imminente.
Dès lors, pour que Tordre rationnellement établi puisse exister et persister, il faut :
4® Coordonner les connaissances existantes de manière à donner, in^ contestablement, la règle rationnelle des actions, tant individuelles que sociales, si les connaissances acquises sont déjà suffisantes à cet égard ;
Ou, dans le cas d'insuffisance, chercher à acquérir celles qui doivent compléter leur ensemble, pour que cette coordination soit possible;
2* Produire, relativement à la direction des actions incontestable* ment établie sur la coordination des connaissances, Tunité de conviction toujours nécessaire à Texistence de Tordre, en rendant la conception de Tincontestabilité de la coordination, socialement nécesfiltre, pour chaque individu;
3« Enfin, assurer la persistance dé Tordte par la perpétuité de Tunité de conviction : en maintenant cette même coordination des con* naissances au niveau de leurs progrès successifs; et, en continuant de ieûàve la cont:eption de Tincontestabilité de là coordination, sociale'' fhent nécessaire, pour chacun.
L'autorité qui résulte de Taccomplissement de ces conditions, est alors socialement inébranlable, comme étant perpétuellement la résultante de toutes les forces morales appliquées à la direction des actions; résultante représentée par l'ensemble des convictions, toutes nécessairement une : comme étant toutes établies sur la seule incon*^ teslabilité primitivement rationnelle à Thumanité ; et comme aboutissant toutes à la direction des actions, par enchaînement d'identités.
•Établir pratiquement cette autorité socialement inébranlable, par l'accomplissement des conditions que nous venons d'énoncer, tel est le problème social de notre époque.
hk SCIENCE) que nous allons exposer, va le résoudre.