‹ Qu'est-ce que la science sociale? (volume 4)Chapitre 105 sur 120 · CATHOLICITÉ CHRÉTIENNE, PAR LA SUBSTITUTION DE · texte numérisé non relu

CATHOLICITÉ CHRÉTIENNE, PAR LA SUBSTITUTION DE

LA SCIENCE A LA FOI. Peut-étre cela mérite examen.

« Des sottises laites pur des i^cns habiles ; « des extravagances dites par des gcns:.d*esprit ;

« des crimes commis par d'honnêtes ^ens

« Yoilà les révolutions. » Bonald.

M. Dupont-Wbite parle de réglemeuter le commerce international. A cet égard, il me parait entendre Colins s'écrier:

« — Jamais idée plus folle est-elle passée par la tête d'un tt homme d'esprit? Comment! cette idée ne l'a-t-elle pas con- « duit à reconnaître : la nécessité d'une catholicité ration - « nelle; c'est-à-dire : de l'anéantissement des nationalités, a par l'anéantissement de l'ignorance sociale sur la réalité « du droit? C'est, qu'un homme d'esprit, et non de jugement, « ne peut s'imaginer qu'une chose éminemment simple puisse « être bonne. »

— Mais, ici, c'est seulement de l'entrée du sol à la propriété collective qu'il doit être question. Suivons M. Dupont- White sur ce terrain ; et, voyons ce que Colins pourrait lui répondre, dans les limites de ses prémisses.

« — Tous les économistes, dit M. Dupont -White, en « conviennent : l!appropriation de la terre a pour but sa plus « grande fécondité. »

— C'est vrai, répond Colins, tant que le sol peut rester aliéné. Mais, du moment que cette aliénation devient anarchique, l'entrée du sol à la propriété collective quadruple sa fertilité.

« — Si la société, continue M. Dupont-White , garantit « la jouissance du propriétaire, c'est pour encourager la cul- « turc et pour multiplier le^^ubftistances. »

— il8 —

— C'est encore vrai, répond Colins; lorsque le so\ peut et doit être aliéné. Mais, du moment que le sol doit eipeut entrer à la propriété collective : les jouissances de tous sont garanties; la culture est portée à son maximum d'utilité; et, les subsistances sont plus que décuplées.

« -^ La terre, continua M. Dupont-White, est un instru- « meut de production qui fut remis aux mains de quelques- <c uns; mais, dans l'intérêt de tous; et, pour le bien de la « communauté. »

— C'est toujours très-vrai , répond Colins. Aussi, te sol reste aliéné tant que cette aliénation est dans rintérél de tous et pour le bien de la communauté. Mais, du moment que le paupérisme, dont cette aliénation est la source, nécessaire, devient incompatible avec l'existence de Tordre; alors le sol entre à la propriété collective, dans l'intérêt de tous, pour le bien de la communauté; et^ sans faire tort à qui que ce soit.

Ici, M. Dupont-White met cinq citations dans une note. Voici ces citations, et les commentaires que Coiins, d'après ses prémisses, pourrait en faire.

Première citation.

Elle est deTurgot.

€ — Les terres, dit Turgot, ont été cultivées avant d'être « partagées. »

-*• Les ierres^ primitiffement, dirait Colins, n'ont jamais été partagées. Les lois ont consacré leur appropriation, dans une vue d'intérêt général. Tout partage ou toute répartition du sol est de beaucoup postérieur à l'appropriation.

a — La culture même, continue Turgot, ayant été le a seul motif du partage et de la loi qui assure à chacuo sa « propriété.»

~ C'est vrai, dirait Colins, Et, la plus grande culture possible devenue nécessaire; comme, aussi le seul moyen d'as^

surer à cbacun sa propriété ; seront les causes de rentrée du sol à la propriété collective.

Detixveme citation. •

Elle est de Bft^cier de La Rivière.

« '—Les hommes, dit Mercier de La Rivière, venant à se • iDuliipher^ les produclioQS gratuites el spontanées de la « terre sont bientôt devenues insuffisantes; et, ils ont été forc ces d'être cultivateurs. Alors^ il a fallu que les terres se « partageassent afin que chacun connût la portion qu'il « pourrait cultiver» »

— C'est très-vrai, dirait Colins. Et, sans le savoir, il en est résulté un autre bien; celui de donner naissance au pàu« PÉEiSHE : absolum^Hl nécessaire à l'existence de l'ordre, tant que le droit ne peut être examinipkr les masses sans causer l'anarchie. Mais^ une fois que'l'alléqatioa du sol ne peut plus empêcher les masses d'examiqfNT, l!aliénation du sol, ALORS, de base d'ordre qu'elle était, 0£yifiNr une source d'anarchie; et, c'est pour tarir cette source, que le sol doit entrer à la propriété collective. H est vrai, qu'ALOas, le droit doit pouvoir être démontré réel, pour qu'il puisse être examiné sans danger; sinon : l'entrée du sol 4 la propriété collective serait aussi anarchique, el plus encore, que son aliénation.

0 — De la nécessité de la eilture, continue Mercier de « La Rivière, a résulté la nécessité du partage des terres et a celle de Tinslilutiou de la propriété foncière. »

— Toujours vrai^ dirait Colins. Et, de la nécessité d*une plus grande culture et d'un plus grand produit, résultera la nécessité de faire entrer le sol à la propriété collective.

« — En général, continue Mercier de La Rivière, avant « qu'uue lerre puisse dire cultivée, il faut : qu'elle soit dé* % frichée; qu'elle soit préparée par une multitude de travaux m et de dépenses diverses qui marelienl à la suite de$ défri-

« cbenieaiai U fiut m^ «w let hMvmiê lé&mêtjmi

t rexploilalion soient coiislruils, pur coiiséquetil que cbaqun « premier ciillivaleur commence par avancer à la Icrre des « richesses mobiliaires dont il a la propriété : or, comme les c richesses mobiliaires incorporées, pour ainsi dire,dansles c u^rres, ne peuvent plus en élre séparées, il est sensible < que Ton ne peut se porter à faire ces dépenses que sous « lo condition de rester propriétaire de ces terres; sans cela, « In propriété mobiliaire de toutes les choses ainsi dépensées « serait perdue. »

— Toujours parraitement vrai, dirait Colins. Seulement, lorsque toutes les terres sont appropriées et cultivées pour le plus grand bien des propriétaires; il vient une époque où il faut qu'elles soient cultivées pour le plus grand bien de tous. Alors, la société se trouve obligée de faire entrer le sol à la |)ropriétê collective, sans néanmoins faire tort aux proprioiuires du sol ; et, en faisant généralement le bien de tous.

« — C'est le lieu de rappeler, dit M. White, que cet auteur, c au dire d'Adam Smith, est celui qui a le mieux rendu la t doctrine des physiocrates. »

— C'est vrai, dirait Colins. Mais, lés physiocrates n'avaient pas prévu : la nécessité de faire entrer le sol à la propriété collective; quoiqu'ils en eussent le pressentiment lorsqu'ils parlaient de la constitution domaniale.

Troisième citation.

Elle est de Storch.

a — C'est, dit Slorch, à la propriété que l'on doit les amé- « liorations qu'a reçues le sol ; et, par conséquent, tous les « progrès qu'ont faits V agriculture et l'exploitation des mines « Ces amélioralioî^s exigeaient beaucoup de travail et de « grandes dépenses; et personne ne serait tenté de faire ces « avances, si l'on n'avait la sûreté d'en recueillir les fruits. »

— Et, pourquoi ^ cic, dirait Colins, la société ne retirerait-elle pas ses avaiices sous la propriété collective? Si, une terre quelconque ne peut plus être /lar/tcu/i^emwï améliorée;

— 4il —

la société ia loue, sous la condition d'être maintenue à ce mdximumAeterixMté. Si, ellepeutétre/^ar/tcu/fèr^men/améliorée; le prix de location sera moindre, sous la condition de la porter au maximum de fertilité. Si, son état ne vaut pas une rente; et, peuts*améliorerparticulièrement; la société loue cette terre, non-seulement pour rien ; mais donne encore tant ait fermier pendant un certain nombre d'années ; toujours pour la porter au maximum Ae fertilité. Il en est de même pour les mines, etc. Est-ce que ia société aliène à porpétuité les canaux et les chemins de fer qu'on fait construire? Quant aux améliorations générales, comme voies de communications, dessèchements, défrichements, reboisements, amendements, irrigations, etc.; la société les fait facilement, alors. Ce n'est même qu'alors, qu'elle peut les faire généralement. Ainsi, par l'entrée du sol à la propriété collective, l'agriculture et l'exploitation des mines sont portées : au maximum possible de production ; et, ne peuvent l'être, que par cette entrée.

Quatrième citation.

Elle est de Sismondi.

« — Ce n'est pas sur un principe de justig^, dît Sismondi, c mais sur un principe d'autorité publique, que Vappro- « priafion de la terre est fondée. Ce n'est point un droit su- « périeur qu'ont eu les premiers occupants, mais c'est un « -droit qui leur a été accordé par la société, à raison de l'in- « térêt qu'elle trouve à augmenter ainsi les moyens de sub- « sislance en donnant celte garantie à leurs travaux : elle ne « peut forcer la terre à accorder tous ses fruits, qu'en ang- 0i mentant l'intérêt de celui qui les lui demande. »

— Parfaitement vrai, dirait Colins. C'est aussi, et exclusivement, par principe d'utilité publique; que, le sol entrera à la propriété collective. La société verra, qu'elle ne peut forcer la terre à accorder tous ses fruits, qu'en augmentant l'intérêt de tous ceux qui les lui demandent.

— iM —

Cinquième citation,

ElleestdeRossi.

« — • Si nous consentions, dit Rossi, à n'envisager la pro» « priété (foncière) que sous le point de vue économique, c pourrions^nous, de bonne foi, la mettre au nombre des « controverses sérieuses? Qui ne sait que la production ter« « riloriale serait à peu près nulle sans l'appropriation. »

— Toujours parfaitement vrai, dirait Colins. Mais, qui donc serait assez insensé, pour vouloir que la terre ne soit appropriée: ni parla société; ni par les individus? qui donc parle : de ramoner le sol h IVlat où il se trouve chez les sauvages; ou de Tabandonner au droit journalier du plus fort? Sous la propriété colleclive, le sol est approprié socialement; et, se trouve élevé au maximum possible de reriiliié et de productivit(^; en même temps que cette appropriation est base indestructible de Tordre. Cela se trouve-t-il plus mauvais, quand c'est possible, que de voir le sol approprié par quelques individus; et, donnant naissance au paupérisme, quand le paupérisme est devenu source essentiella d'anarobie?

— Ici M. Dupont- Wbite continue et dit :

« -^ Il faut en convenir, si tel est le droit, le fait n'y c( répond guère» *<- Quoi ! rbomme a perdu son droit naturel « sur le sol, il l'a perdu, dites*vous, ou plutôt il l'a échangé « contre la promesse d'une subsistance plus assurée, et, ce*a pendant, tous les progrés, toutes les inventions qui ajoute lent aux produits de la terre, le laisseraient aussi dénué, 'i aussi affamé qu'auparavant, n

— Comment aussi dénué, dirait Colins! Dites donc plus^

Les sauvages se tuent, mm ils ne meurent pas de faim.

a — A oe compte, continue M. Dupont^While, il aurait « fait un marché de dupe. »

— Ces marchés sociaux, dirait Colins, sont des utopies qui n'ont jamais existé ni ne peuvent exister. Les lois, sont

loiyours, ou fiaissent par deveDir, Texpressiou do» uécesailés sociales. En époque d'ignorance et de possibilité de comprimer l'examen, la nécessité sociale exige : que, le sol soit aliéné; et, partout le sol est aliéné. En époque de connaissance, le sol, nécessairement, appartient à la propriété collective. En époque d'ignorance sociale et d'impossibilité de comprimer l'examen : le sol ne peut plus : ni être aliéné aux individus; ni entrer à la propriété collective; sans causer l'anarchie.

Et, c'est précisément la nécessité sociale de sortir de cet état d'anarchie, alors inévitable, qui fait anéantir l'ignorance sociale : ce qui permet alors l'entrée du sol à la propriété collective.

« -*- La logique et l'humanité, continue M. Dupont* « While, répugnent à ce résultat. Si c'est au profit de tous a que la récolte fut garantie à la culture, le même principe « revendique dans des récoltes plus abondantes une part « plus considérable pour tous. »

— La logique et Thumanité, dirait Colins, ploient toujours et doivent ployer : devant les nécessités sociales. C'est, pour le bien de tous, que le sol a été aliéné : parce que l'ordre, première nécessité sociale, est le premier bien de tous; et, que l'ordre exigeait cette aliénation. C'est pour le bien de tous que le sol entrera ô la propriété collective : parce que celte entrée est devenue nécessaire à l'existence de Tordre; ol, que l'ordre est le suprême bien de tous.

Maintenant, peut-être serait-il bien de voir ce que disent, sur la propriété collective du sol, les écrivains que l'on appelle réactionnaires : parce qu'ils réagissent contre les utopies prétendues socialistes.

« — En prenant, dit M. Granier de Cassagnac, l'his- « toire à ses sources, avant qu'elles aient encore été remuées « et brouillées par les systèmes, nous avons trouvé les traces « nombreuses, profondes, flagrantes, irrécusables, de deux « classes d'hommes, nous ne disons pai ia deux raises, qui

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