II
ajoute : que, vis-à-vis le sens commun, la richesse sociale se compose exclusivement de la richesse collective; et, qu'il faut être fou, pour donner le nom de richesse nationale à la somme des richesses individuelles. Il en résulte clairement, dit-il : que, plus la richesse collective est faible, plus la société est pauvre, quand même tout appartiendrait à un seul, et que le globe appartiendrait à cet un seul; et que, par contre, plus la richesse collective est grande, plus la société est riche; quand même les richesses de chacun ne consisteraient : que, dans leur part dans la richesse collective; et, dans ce que celte société leur donnerait pour se procurer de la richesse individuelle par leur travail, sur lequel jamais rien ne serait prélevé. C'est, je le répète, une assertion de Tauteur. Elle me paraît assez spécieuse pour devoir être examinée.
Le passage suivant, toujours de Bonald, parait avoir été écrit par un socialiste pur. Est-ce que Bonald serait un des premiers inventeurs du socialisme rationnel? Ce que Colins m'écrit n'est pas plus radical. Et, cependant : Bonald est bien un homme d'ordre, s'il «n fut jamais !
c — Si, dit-il, l'on s'obstinait à considérer la richesse des a particuliers comme formant la richesse d'une nation, il « faudrait au moins que tous les individus participassent « à cette richesse, comme ils contribuent tous sans excep- <K tion à former le corps de la nation. Si les partisans de la a démocratie pure, conséquents à leurs principes, pensent a qu'il n'y aurait pas de volonté générale là où un seul ci- « toyen serait privé du droit de manifester sa volonté parti- € culière, il est encore plus vrai qu'il ne saurait y avoir de € richesse nationale partout où une partie nombreuse de la c nation est dans un état d'extrême indigence. »
— Ainsi, selon Bonald, le paupérisme doit être anéanti et non pas soulagé. Et, CoUns prétend prouver : que, le paupérisme peut seulement se trouver anéanti par l'entrée du sol à la propriété collective; et, encore quand celte entrée
— ♦osest rendue possible par ranéanti^semeat 4e rigQQrasoe ^ ciale. Tout cela mérite d'être pris en considération.
Mais, en yoici bien d'une autre. Si le passage suivant n'était pas signé Bonald, à qui donc pourrait-on l'attribuer?
«*-* L'usage des choses communes, dit«il, temples, eaux, « bois, pâturages, constitue proprement la commune. En « effet, il n'y a pas de commune, là où il n'y a pas commu* < nauté de jouissances. »
— Ici, il me paraît entendre Colins s'écrier : « Essayez c donc d'avoir communauté rationnelle de jouissance ayant « que le sol puisse appartenir à la propriété collective par c l'anéantissement de l'ignorance sociale et du monopole de « l'instruction pour les forts! » En vérité, et je le répète, tout cela mérite considération.
J'ai probablement lu vingt fois ce passage, et jamais je n'ai pensé qu'il eût un rapport nécessaire à l'entrée du sol à la propriété collective. C'est, que cette entrée est le renversement complet de l'ancienne société; et, peut seulement avoltr lieu, selon Colins, lorsque l'anarchie l'aura fait reconnaître, socialement, être devenue absolument nécessaire.
Maintenant, consultons les économistes. Ce sont eux surtout, conservateurs par essence, qui doivent défendre la société existant depuis l'origine du monde. (Or, cette société, quant au matériel, consiste exclusivement, selon Colins, dans l'aliénation du sol à un ou à plusieurs individus*
Nous avons déjà vu : que Malthus et Rossi sont de l'avis de Colins, voyons les autres.
« — La terre, dit J. B. Say, est un vaste atelier, divisé « en une foule de compartiments propres à diverses produc-' « tiens. La nature a fait présent gratuitement à l'homme de « ce vaste atelier ; mais certains hommes entre tous s'en sont « EMPARÉS et ont dit : à moi ce compartiment^ à mùi cet « autre; ce qui en sortira sera ma propriété eosclusm..^ ou tt ne saurait disconvenir que le propriétaire fonder ffa^ute
c personnellement rien à Vulilité annuellement produite « dans nnpays. »
— Voilà, qui est aussi formel que possible. C'est, comme si J. B. Say avait dit : le sol doit appartenir à la propriété collective; car, les propriétaires du soi ne sont utiles à rien. Ici , Colins dirait : qu'ils sont nécessaires à l'existence de Tordre, tant que Texamen peut être comprimé; et, nécessaires à* Texistence du désordre, quand la compression n'est plus possible.
La propriété foncière individuelle, base matérielle de la société actuelle, paraît : être devenue tellement anti-sociale aux yeux de J. B. Say; que, partout où elle apparaît sous ses yèuA, il cherche à Tatiaquer.
« — Les propriétés foncières sont, dit-il, les moins sac crées de toutes les propriétés. »
— Et, comme toute propriété est nécessairement ou sacrée ou sacrilège, Colins dirait : que, selon J. B. Say, toute pro* fiPUté foncière individuelle est devenue sacrilège. C'est une éirange proposition. Cependant, sous l'autorité de J. B. Say, elle mérite d'être examinée.
Ailleurs, J. B. Say dit encore :
« — La nature fait présent aux hommes du sol, et par A conséquent, du service productif que peut rendre le sol. »
— C'est même à Ricardo qu'il l'écrit; et, il devait y avoir réfléchi avant de parler ainsi. à cet économiste.
Dupont de Nemours est plus explicite encore.
« — Chez les nations neuves, que rien ne gêne, dit-il, et « chez les nations longtemps mal gouvernées qui en ont eu ' « (des impôts) et ont, par cette raison-là, beaucoup de mau- € vais impôts; leurs erreurs mêmes peuvent faciliter l'amélio- « ration de leur sort. Ce moyen est d'avoir ou de se donner « une constitution domaniale de finances qui pourvoie aux dè- € penses sociales sans attaquer les propriétés des citoyens. •
—- Ri, savez-vous ce que c'est, dit Colins, qu'une consli-
lutîon domaniale? C'est l'entrée, à la propriété collective, de la partie du sol nécessaire aux dépenses publiques. Ce qfli implique : que, si à cause des dépenses d'éducation, d'instruction, de secours, etc., les dépenses sociales doivent dépasser le revenu du sol; celui-ci, tout entier, doit entrer à la propriété collective.
Nous avons maintenant M. Blanqui, que Colins appelle son ennemi intime; M. Blanqui est le coryphée de l'économisme. Il serait curieux de savoir ce qu'il dit de la propriété collective du sol.
« — De tous les abus, dit M. Blanqui, les plus odieux, selon « moi, sont ceux de la propriété. »
— Hum ! hum ! si M. Blanqui tombait entre les maj^s des Cannibales, et qu'ils se préparassent à le faire rAtir, M. Blanqui trouverait-il que Tabus de le faire rôtir est moins odieux que celui de lui prendre sa montre et ses bottes?
« — Si les lois actuelles, continue M» Blanqui, règlent. « MAL l'usage de la propriété, nous pouvons les refaire, a Remaniez les lois qui règlent l'usage de la propriété. »
— Ici, me parait-il. Colins pourrait dire v « Il n'y a de possible que deux lois réglant l'usage de la propriété : par l'une, le sol est aliéné ; par l'autre, il appartient à la pcppriélé collective. Depuis l'origine sociale le sol est aliéné ; et, H l'est encore actuellement. M. Blanqui proclame : que, la loi actuelle, règle mal l'usage de la propriété. M. Blanqui se trouve donc partisan de l'entrée du sol à la propriété collective. Ce serait peu d'accord avec M. Blanqui lui-même : car, il me parait deviner : que, lui-même M. Blanqui a envoyé le publiciste Colins paitre ou brouter l'herbe des champs pour avoir osé lui dire : que le sol devait entrer à la propriété collective. On ne trouve partout que des hommes paraissant prendre • plaisir à se contredire. »
« L'usAGi des* choses eommnnes, Tnvuu,
« EAUX, BOIS, PATURAGES, COnstitue PROPRB-
« MENT la commune. En effet, il n'y a pu de « commune là où il n'y a pas communauté de a jouissance. » Bonald.
« Bi la éommune proprement dite n'est « autre aue Tagglomération sociale tout en- « tière, aont la ccimibune flgiirément dite, « n'est que l'unité numérique, ou plutôt que la ce fraction indivisible. »
GoiiNS, Commentaire.
II semble que , la nécessité de Mte entrer le sol à la propriété collective, se trouve actuellement dans Tair que nous respirons : chacun, à son insu ; et, presque toujours contre sa volonté ; proclame cette nécessité. Allez I demander à M. Quinet si le sol doit entrer à la propriété collective? Il vous dira peut-être : pour qui me prenez-vous? Maintenant, lisez le passage suivant :
— « L'islamisme, dit M. Quinet, a le premier commencé « à réaliser le principe d'égalité ; reste à voir ce qu'il a fait « de l'institution de la propriété. Si l'on conquiert le monde « dans un but spirituel pour le rendre à son maître légitima, a qu'en résulte-t-il ? Que toute terre,- occupée par la victoire, « appartient à Dieu seul ; que l'bomme en a seulement /'u- « sage et l'usufruit. Le mabométisme ne recule pas devant « cette conséquence; et si vous allez au fond du droit oriea- « (al sans vous laisser abuser par les apparences et les usur- « palions, vous trouvez ce fait extraordinaire que l'on com- « mence à découvrir et que chaque jour met de plus en plus « en lumière : à savoir que les terres conquises par les mu-
« sulmans n*0Qt point été à rorigine partagées ni tirées au « sort, comme cela est arrivé chez les Francs et les Barbares « de rOccident. Elles sont restées la propriété inaliénable, « de qui ? D'AHah , du Vivant, de rÉternel.
— La propriété foncière inaliénable ! Mais, c'est précisément là ce que dit Colins. Seulement, il ajoute : qu'en Orient cette inaliénabilité est apparente, et purement théorique. En pratique, dit -il, le sol y appartient partout à un seul; ce qui est Taliénation, au maximum de centralisation.
c — Quelle clarté, continue M. Quinet, ce résultat jette sur « rbistoire et la condition des personnes et des choses dans « l'Orient moderne ! Il s'ensuit que vous ne trouvez là réel^ c lement point de grands propriétaires fonciers...
— C'est vrai, dit Colins , il n'y en a, socialement, qu'un seul, le représentant de Dieu.
— « Que ceux qui se parent de ce nom, continue M. Qui- « net, ont usurpé un titre qu'on ne pouvait leur céder puis-t qu'il n'appartenait à personne; qu'ils ne sont que des dé- « positaires, des détenteurs des biens de l'Éternel.
a Le pacha d'Egypte vient de déposséder ses sujets. C'est « une fantaisie, dites-vous, une confiscation; d'accord. Mais quand une fantaisie dure depuis un millier d'années sans contestation, elle repose sur un fondement inébran^** t lable. Ce fondement vous venez de le voir : la terre étant € à DiËu, l'homme n'a que l'usufruit, sans le droit d'héré- « dite. Le calife qui lui dtc son domaine ne fait que rendre < à Allah ce qui n'a pas cessé d'appartenir à ^Uah. »
— Après avoir lu ce passage, ne pourrait-on poilit dire à M. Quinet : vous êtes partisan de l'enfrée du sol à la propriété collective?
Pour exprimer la propriété collective du sol , M. F. Vidal a inventé un mot : agrariarisme. Qu'importe le mot, Tessentiel est de s'entendre sur la chose.
« — L'agrariarisme aux Éfats-Unis! dit M. Vidal. Ah! « publicistes et économistes, votre science est en défaut : « Texpérience a démontré ce que valent vos théories incom- « plèles et purement négatives; les peuples qui s'étaient fiés « à vos promesses, sont obligés de chercher aujourd'hui leur a salut dans le remaniement complet de leurs institutions. »
— Voilà une première introduction ayant une forte odeur de propriété collective.
M. Vidal ajoute :
« — Au premier temps de Rome, la propriété (foncière) « était sociale et non point individuelle. Trois races distinctes « composaient la population de la ville naissante. Romulus « divisa le peuple en autant de tribus, et chaque tribu en dix « curies. Une partie des terres fut mise en réserve pour sub- « venir aux frais du culte, une autre pour faire face aux be- « soins de la république. — C'est le domaine, il est im- « prescriptible et inaliénable. »
— Voilà le sol tout entier appartenant à la propriété collective : dés que les besoins de la république l'exigeraient.
4t — Le surplus^ continue M. Vidal, fut partagé en trente c lots, et un lot ful^ assigné à chaque curie. C'est donc la « curie qui possède et non l'individu.
« Rémus voulut rendre la propriété individuelle. Il lui en c coûta la vie. Mais l'aristocratie qui commençait déjà à se € constituer ne tarda point à venger la mort de son chef; A elle assassina Romulus en plein sénat , comme plus tard « ses descendants assassinèrent César, le champion de la c démocratie^ victorieuse ; puis, pour apaiser la colère du « peupl^, elle mit la victime au rang des Dieux. On connaît « la fable ingénieuse qui nous a été transmise par les histo- « riens du palriciat.
« Sous Numa, dit-il encore, la propriété, qui avait jusque- . « là appartenu indistinctement à la curie, fut partagée entre « les citoyens. De son règne date la propriété individuelle. »
— Après cela, H. Vidal cite le$ autorités américaiaes suivantes :
— « Je demande , dit M. W. Lions Mackensie , de quel droit on a mis en vente les terres publiques ; de quel droit on a ravi au peuple son héritage? Certes, ce n'est pas au nom des lois divines et de la religion, car « « la terre est à Dieu {Cor. X. 26). » « Le produit de la terre est à tous {BcckSi' Y. 9). » « La terre a été donnée à tous les enfants des hommes {Psd. IV). » « Le Dieu vivant qui i^ons donne toutes choses pour notre jouissance (1 . Timot. VI). » « Le pauvre a droit à la terre {Psal. XXXVII). »
« La terre ne sera point aliénée à perpétuité (Moïse), n Donnez-nous aujourd'hui noire pain quotidien (Math. VI).» Comment donc un homme religieux ose-l-il invoquer les bénédictions du ciel, tandis qu'il a abandonné deux milliards d'acres aux spéculateurs, au grand préjudice de ses pauvres compatriotes?.... L'iniquité de nos lois, la folie de
nos législateurs dépassent ma compréhension Ce n'est
pas non plus au nom des lois naturelles. » (L'auteur cile
Blakstone et les^ grands jurisconsultes de tous les pays et de
tous les temps).
— Puis M. Vidal cite M. de Wyr , rapporteur d'une Commission, disant :
« — Voulez-vous savoir ce qui arrivera si vous autorisez « le monopole de la terre dans cette république ? — Allez en c Europe, éludiez l'état de misère, d'épuisement et de dégra- « dation des populations ouvrières, à côté du faste opulent « d'une aristocratie oisive et débauchée.. .. Et n'oubliez pas « que le même sort vous est réservé si vous laissez l'aristo- « cratie territorinic prorulro racine dans ce pays.
« Le temps approche où les terres qui sont encore à notre « disposition, seront devenues à tout jamais des propriétés « privées. Nos descendants s'efforceront en vain de sesous-N < traire au salariat , à la triste condition de mercenaires. Il
« n'y aura point de champ qu'un capitaliste n'aura marqué (( de son sceau , où il n'ait planté sa borne ; et le sort des « générations futures ira toujours empirant. Nos neveux « liront l'histoire de leur patrie ; ils apprendront qu'il fut un « temps où leurs ancêtres auraient pu empêcher le monopole « de la terre, sàuyër le patrimoine de leurs enfants^
« ET LE TRANSMETTRE A LEUR POSTÉRITÉ. QtE DIRONT a NOS HÉRITIERS EN VOYANT QUE NOUS NE LEUR AYONS « TRANSMIS QUE LA MISÈRE ET LA SERVITUDE ? Si , au
« contraire, nous savons par nos efforts prévenir une telle « calamité, hos fils, A tout jamais, pourront vivre Aew- « reux, libres et riches sur la terre de leurs pères. »
— Ainsi, voilà le danger de l'aliénation du sol, qui, déjà se fait sentir aux États-Unis d'Amérique; où, cependant, il suffit généralement de faire quelques lieues, pour trouver du sol vierge à la disposition , pour ainsi dire, du premier occupant.
Mais, laissons continuer M. de Wyr, parlant des États-Unis :
« — Quand, dit-il, le gouvernement se constitua, la claSSô
« riche se défiait de la classe pauvre et la méprisait : la classe
« pauvre, d'un autre côté, était trop ignorante pour avoir
a conscience de ses droits. Que de modificatioas , en cela,
a se sont opérées avec le temps et le progrès de la civilisa-
« tion ! Mais une erreur fondamentale, empruntée au sys-
« tème monarchique et basée sur le principe de l'uisUrpalion,
« a persisté jusqu'à ce jour, et elle est encore la base de
« notre constitution sociale : cette erreur, c'est le MONO-
a POLE DE LA TERRE. »
— : Ici, Colins dirait : que, cette prétendue erreur est une vérité relative à l'ignorance sociale ; que, cette prétendue erreur est même, la seule base matérielle que la société puisse avoir, tant que l'examen reste compressible; que, c'est seulement quand l'examen est devenu incompressible, que l'aliénation du sol devient source d'anarchie; et, que cette source d'anarchie peut seulement se trouver tarie, au
profit de l^ordre, lorsque Tignorance sociale, sur la réalité du droit, se trouve scientifiquement anéantie. Cette explication, qui rend providentielles les différentes situations sociales, en les liant toutes à la justice éternelle, mérite d'être examinée.
Continuons la citation de M. de Wyr :
« — Dans le principe, dit-il, ce monopole n'offrait point c de grands inconvénients; aujourd'hui il prive, en réalité, « le pauvre des droits politiques conférés par la Constii tution.
c Comme ce tnonopôle a crû en intensité à mesure que la • société prospérait et se développait, il n'a point été consié déré, tout d'abord, comme un mal. Les funestes effets t qu'il produisait ont été attribués à d'autres causes; et la c société s'enfonçait de plus en phis dans l'erreur; et le t mal allait toujours empirant. »
— Ici, encore. Colins dirait : que, la progression continuelle du mal, due à l'incoinpressibilité de l'examen, est nécessaire, est providentielle, afin de rendre nécessaire l'a-
anéantissement de l'ignorance sociale.
« — Richesse et pauvreté, continue M* de Wyr; dettes et « intérêts rongeurs; procès et frais (^ justice; spéculation « et monopole; dépôts de mendicité pour les travailleurs qui « ont produit en leur vie cent fois plus qu'ils n'ont con^ « sommé; taudis que ceux qui n'ont jamais mis la main à « l'œuvre habitent des hôtels somptueux, des résidences « princières ; geôles et potences pour ceux que la nécessité a inexorable a poussés au mal, tandis que tant, d'ignobles « frtpons comptent parmi les grands propriétaires honorés
« et respectés Le riche devenant chaque jour plus riche,
« tandis que le pauvre devient toujours plus pauvre
«t Yoîlà les conséquences nécessaires du monopole. »
— C'est vrai, dirait Colins, Mais, ce monopole est indestructible, tant que l'ignorance sociale n'est point anéantie;
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« tive se paie à un prix de monopole, comment ses proc duilsen auraient-ils un autre? »
— C*est incontestable, dirait Colins; et, le monopole peut seulement disparaître : par rentrée du sol à la propriété collective.
< — Il y a, dit encore M. Dupont-White, une puissance, « une domination inhérente à la richesse. Si la nature fait c le plus fort, maître du plus faible, toute société fait celui « qui a, maître de celui qui n'a pas. »
t— C'est vrai, dirait Colins. Mais, une proposition, aussi peu développée, pourrait faire croire : qu'il n'y a de possible, en société, que des maîtres et des esclaves. La société^ au contraire, peut faire : que, tous aient, que, personne n'ait pas; et, que tous aient proportionnellement à leur mérite. Alors, il n'y a ni maîtres, ni esclaves, mais hiérarchie rationnelle. Il eût été bien de dire : quand et comment cette société est possible.
« — Les barbares, continue M. Dupont-White, les bar- • bares, qui se partagèrent le sol de l'Europe conquise, « n'avaient pas besoin de lois pour instituer des seigneurs et « des vassaux : le possesseur du sol était le souverain nécesc saire de ses habitants, qui devaient subir ses lois en mana géant son pain. Tout l'appareil des institutions féodales ne c fit que régulariser ce fait primitif de la conquête.
« Le jour où ces institutions périrent, la richesse n'y « perdit que des titres, des apparences oiseuses, des distinc- < tiens honorifiques; il lui resta cet ascendant inné qui ré- « side en elle, et qui peut se passer de sanction légale. »
— Alors, dirait Colins, le moins riche serait l'esclave nécessaire du plus riche. Je nie cette proposition. Quand, par Tanéanlissement de l'ignorance sociale, le sol peut entrer à la propriété collective, il y a toujours des plus ou moins riches, mais il n'y a plus d'esclaves.
Cette doctrine de Colins me parait devoir être examinée.
« — C'est chose ancienne comme le mioude, continue « M. Dupont- White, que la prépondérance du rîcho^ que la « sujétion du pauvre. »
— Erreur, dirait Colins : il n*y a d'esclaves nés : que, du moment que le sol est complètement aliéné aux individus.
« — Le riche, continue M. Dupont- White, qui achète à « Tarti^n le produit de son travail, ou qui achète au servia teur son travail même, ne se propose pas, comme but e§- « scntiel de ce marché, un bénéfice d'argent. Or, tel est a l'objet unique et le fond même de la transaction qui inter- « vient entre le producteur et Touvrier, quand la richesse < d'une part, quand la pauvreté de l'autre se transforment « en agents de la production et traitent ensemble pour « concourir à cette œuvre, la domination du capital appâte ralt dans toute sa rigueur, dans toute sa crudité. »
— Colins dirait : qu'une pareille théorie^ donnée comme absolue, aurait pour conclusion : que, Iç paupérisme e&t inhérent à l'humanité. Selon lui, cette théorie est seulement vraie, lorsque, par l'aliénation du sol, le capital est dominateur. Quand le sol est entré à la propriété collective, ifest le travail qui est dominateur. Alors, c'est le travailleur qui domine; et le capitaliste qui est le suppliant.
a — C'est, continue M. Dupont-White, le triomphe 4e « ces grandes agglomérations où le maître et l'ouvrier so^t « étrangers l'un à l'autre, où le capital et le travail repré- « sentent deux forces abstraites et simples dont rien n'altère <K et ne complique les rappQrts nécessaires. »
T- Colins dirait encore ; le capital et le travail représentent deu^ forces ; et, qui plus est, de nature essentielle* ment opposée : le capital celle de la matière; le travail celle de rintelligence. Mais, le possesseur du capital, domine sent* lement le travailleur : lorsque le sol est aliéné.
« — Le pauvre, continue M. Dupont-White, y perd son « çAractère d'iiomme pour celui de machine à produirei de
€ matière à spéculation, et pour se classer parmi ces frais « généraux que le génie industriel s'évertue sans cesse à ré- « duire et à limiter. »
— C'est nécessairement vrai, dirait encore Colins, tant qu'il y a des pauvres ; et cela même devient incompatible avec l'existence de l'ordre en présence de l'incompressibilité de l'dxamen. Mais, nécessairement il n^y a plus de pauvres, quand le sol peut appartenir à la propriété collective. Cela se peut-il? et, quand cela se peut-il? Voilà ce qu'il fallait dire.
Il paraît que Colins s'offre de démontrer : que cela se peut, quand, et comment. Il me paraîtrait convenable de lui demander sa démonstration.
« — Telle est, continue M. Dupont- White, la tendance € delà richesse tournée vers la production, tendance qui se € convertit en fait, partout où la production est abandonnée « à ses instincts et délivrée de la surveillance de l'État. »
— S'il en était ainsi, dirait encore Colins, il n'y aurait de compatible avec l'ordre que le despotisme du pacha d'Egypte. Et, comme la durée d'un despotisme quelconque est devenue impossible, en présence de l'incompressibilité de l'examen; il en résulterait : que, désormais il n'y aurait de possible que l'anarchie. Il n'en est rien. Cette tendance de la richesse tournée vers la production est seulement réelle : lorsque le sol est aliéné. Dès, qu'il peut entrer à la propriété collective; la tendance de la richesse tournée vers la production, sans aucune surveillance de l'Etat et mise en pleine liberté, est d'être l'esclave des hommes, tous ouvriers, et ayant la raison seule pour maître. C'est seulement alors, que le caractère d'homme se trouve développé ; c'est seulement alors, que la matière est seule machine à produire; et, que les frais généraux lui sont exclusivement relatifs.
Il faut convenir ; que. Colins parle avec beaucoup d'aplomb. Peut-être serait-il bon d'examiner ; s'il est fou ; ou s*il ne l'est pas.
Je remarque que la tendance de la doctrine Colins est vers une catholicité rationnelle, rendue nécessaire : par le contact devenu inévitable des fractions humanitaires; et, par V anarchie résultant de la multiplicité des droits; dont leurs autonomies respectives sont l*expression. S\y cette catholicité était possible; je n*y verrais : que, là réalisation de la