‹ Qu'est-ce que la science sociale? (volume 4)Chapitre 108 sur 120 · A MONSIEUR MICHEL CHEVALIER · texte numérisé non relu

A MONSIEUR MICHEL CHEVALIER

« Pour TaTenir comme pour le présent, n l'existence de la société implique une reli-

n gion

«... lors même qu'elle ne serait pas indis- « pensable à la paix de la conscience et à « l'harmonie de la famille, il ne serait pas (f possible (le se passer d'elle. ' car elle est « AUSSI une NECESSITE POLITIQUE. On a OU ral- «f son de dire : que, si dieu n'existait pas, il

« FAUDRAIT l'inventer. »

M. Michel Chevalier.

« En présence deTincompressibil tédel'exa- « men, et de Tignoraoce sociale sur la réalité <c du droit, rendant le matérialisme prétendue- « ment scientifique ; vouloir baser la religion « sur une hypothèse, sur une invention non (c démontrée réalité, est une utopie à nulle « autre pareille, j» Colins, Commentoîre.

« En France aujourd'hui, dans les régions « des idées et presque dans la politique, les « systèmes socialistes régnent et gouvernent. « C'est un sénat assez confus Beaucoup de per « sonnes croient que ce qu'on cherche est pun remçnt et simplement la pierre philosophale* « Mais cette opinion n'est elle-même qu'une « réaction contre les exagérations de l'esprit « novateur, de même que la plupart des iuno- '« vations qui sont proposées ne sont rien de a plus qu'une protestation immodérée contre « des abus trop réels qu'offrait la société. U <f n'est pas permis de croire qu'un auss' grand « mouvement que relui qui ag te toulîe l'Europe « doive être sans quelque résultat. Un fait est « certain : la constitution sociale tout en-

« TIÉRE est en question CE£Z NOUS, ET PAK • (r NOUS ELLE l'EST DANS LE MONDE. Il s'agit de

« savoir quel est le meilleur parti à tirer deit « ressources de tous genres que possède la 80" « ciété, ressources morales, ressources ÎDtel- « lectuelles. ressources matérielle^, pour douer ner aux masses populaires, la plus forte ce proportion possible de bunbeur. Ne soyons « point effrayés de la grand ur des problèmes « qui sont posés et de la hardiesse avec laquelle « il» le sont. Ce iVst point en s*abaiidoiinaut à ce Teffroi qo^on fera quMs ne le soient point. Si et la discussion pour ou contre les d ffjrents a systi mt s est parfaitement libre, si la violence « Q*iBturvient pas avec ses fureurs hébétées, « tout ie passer» bi«D> et Tiseoe devra convea nir à tout le monde. La vérité triomphera, « car sous les auspices de la liberté^ elle est « mille fois plus forte que sous les so, hismes. « Il se dira beaucoup de foli s. Qu'importe! « Pourvu qu'on se borne à les dite et que le (( public ait la faculté de s ffler. »

M. Michel Chevalier. Mai 4848.

m II y a eu trois ordres avant 1789 ; il y avait « deoi clase^s avant le 24 février 4848 ; il ne « doit plot y avoir qu*uii ordre, qu'une classe. € Gctiii question duminecelle même de la forme « du gcoveniomeut, de toute la hauteur qui € aétvm uee constitution politique de la cons- « titutiou toeiale. »

M. Michel Chevalier. Mai 1848.

MoNsntm,

Nous avon$ le même bat : Tassociation uDiverselle. Mais, nous diflëroDS eomplétemeol sur les moyens d'y arriver.

Selou vous : la religion est esseulietlemenl la base de l'ordre; et, réconomte politique n^est que sa très-humble servante. Mou$ sommes d'accord à cet égard.

Mais, comme M. Louis Veuillot, vous voulez baser la re^ ligion sur la foi, sur la croyance, sur l'absence de démonstration incontestablement rationnelle. Pour être logique, TOUS devriez, comme M. Veuillot, vouloir une inquisilioué

J'affirme au contraire: qu'en présence de l'incompressibi'lité soeiale de l'examen, la religion qui, comme vous le dites, doit être commune, sous peine d'anarchie ; ne peut plus se

baser que gar la sdeoce réelle, sur une démoDsIratioa ren* doe ration neHemeul iiieoDteslable via-à*vis de tous et decbaeiio» J'affirme ea oaire : que, riaquisitioD, logriquemeot nécessaire dans votre sjrstème, est devenue Gomplétement illogique

en présence de rincompressibilité sociale de rexamen.

Selon vous : la liberté générale du commerce est l'expression de rassodiation universelle. Nous sommes d'accord à cet ^ard. .

Mais, vous voulez : que cette liberté soit compatible avec l'existence de nationalités, ayant pour essence des droits différents.

J'afflrme au contraire: que, la liberté commerciale est absolument impossible en pratique, avant que les nationalités soient anéanties : par rétablissement universel et scientifique du droit réel, basé sur la sanction religieuse; sanction rendue universellement commune: par sa démonstration rationnellement incontestable et socialement vulgarisée; vis-à-vis de tous et de chacun.

Selon vous : le crédit universel est aussi l'expression de l'associalion universelle. Nous sommes encore d'accord à cet égard.

Mais, vous voulez : que^ l'organisation du crédit serve de base à la stabilité de l'ordre, à l'anéantissement du paupérisme.

J'afûrme, au contraire : qu'en présence de l'incompressibilité sociale de l'examen, le crédit stable ne peut plus se baser : que sur la sl^ibilité de Tordre, stabilité rendue possible : par ranéaniissement préalable du paupérisme.

Je me résume :

J'affirme trois nécessités sociales actuelles :

r Baser la religion sur la science, et non plus sur la foi ;

2^ Anéantir les nationalités par la démonstration scientifique et b vulgarisation sociale de l'unité et de la réalité du droit ;

if" Baser l'établissement do crédit rationnel sur l'anéantis-

sèment réel du paupérisme: ce qui o^i orgaiûs^* le crédil des individus vis-à-vis de la société, et nonMser l'anéantissèment utopique du paepérisme : sur rorgamsatloa^ devenue également utopique, du crédit de la société vis-à-vis des individus.

Ces trois nécessités sociales^ que vous niez implicitement, j'expose les moyens d'y satisfaire dans trois*théories générales : sur lesquelles je vous interpelle ; ainsi que sur les questions sociales que j'y ai annexées.

COLmS.

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LETTRE

A MONSIEUR EMILE I)E (IIRARDIN '

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