‹ Qu'est-ce que la science sociale? (volume 4)Chapitre 46 sur 120 · RÉVOLUTIONS · texte numérisé non relu

RÉVOLUTIONS

« — Contre les révolutions^ dit ^. de Gjrardin, il n'y a « pas de constitutions. » {Idem, n® ly, p» 1 01 .)

-rr C'esi vrai. Mais, il vaudrait mieux dire : ce qui est bon contre les révolutions. C'e^J ce que je vai^ faire, jpt je pré- YiçWlI. de GIfardin (jjie mpn riÇf»è4e9§t unique.

Contre les révolutions, il n'y a qu'un remède possible : c'est la communauté d'idées sur le droit.

« — Cette fois encore, dit M. de Girardin, la routine Ta « emporté ; la routine, cette préface des révolutions. »

(1^*52, n* IV, p. 4 15-)

— Je vous demande pardon. Monsieur; rien n'est moins révolutionnaire que la routine. La préface des révolutions, c'est : l'examen , en présence de l'ignorance sociale sur la réalité du droit.

« — A chacun sa tâche, dit M. de Girardin. Celle que « nous nous sommes donnée n'est pas d'allumer les révolu- « tiens, mais, au contraire, de tout faire pour les prévenir. « Les révolutions sont des fleuves qui font payer trop chère- « ment, par d'immenses désastres et de longues guerres, le « peu de limon qu'ils laissent en se retirant après avoir dé- « bordé. Au jeu des révolutions, on sait ce qu'on y peut « perdre, on ne sait jamais ce qu'on y gagnera. Les États « les plus forts y risquent leur nationalité; les chefs les plus « prudents, comme les plus hardis, les individus les plus « obscurs, les moins inoffensifs, y jouent tous leur tête sur c un billot; les plus heureux sont ceux qui, par la fuite, par- « viennent à sauver ce dernier enjeu. Elles ne s'éteignent « qu'après qu'elles n'ont plus rien à consumer. Elles s'éteia gnent, on ne les éteint pas. » {Idem, n* vu, p. 163.)

— Très-bien! Mais, en présence de l'incompressibilité de l'examen, croyez-vous qu'il soit possible d'empêcher les révolutions, autrement que par l'établissement de l'ordre sur la démonstration de la réalité du droit et de son éternelle sanc* tion? — Oui, répondez-vous. — Alors, essayez I

« — La peur, dit M. de Girardin, est l'étoupe qui met le € feu à toutes les révolutions. »

(/dm, n'''x,xi, p. 166.)

— Je vous répèle que non , Monsieur. Ce qui, actuellement, met le feu aux révolutions, c'est l'examen. Eb bien!

essayez maintenant de comprimer Texamen ; et vous accolé* rerez le mouvement des révolutions.

Page 1