RÉPUBLIQUES ET ROYAUTÉS NATIONALES
« — Pour renverser toute royauté qu'on voudra rétablir
« en France, dit H. de Girardin , on sera toujours deux c contre un.
< Ce n'est pas nous qui disons cela ; c'est l'histoire de 1 81 4 c à 4830, et de 1830 à 1848,
« Ouvrez-la ! » {Les 52, n** ii, p. 1 1 9.)
— C'est ouvert. Monsieur. Mais aussi, pour renverser toute république nationale on sera toujours dix contre un.-
V ordre et les nationalités sont devenus incompatibles.' Et, à cet égard, je dirai comme deMaistre, copiant Racine : Cet oracle est plus sûr que celui de Calchas.
€ — Il n'y a plus de possible — au moins de très-long- « temps — il n'y a plus de possible en France , dites-vous-le « bien, que la république.
c Que faut-il donc faire?
c II faut l'asseoir sur ses véritables fondements; il faut « que la république soit le gouvernement de la liberté par la c raison et de la force par l'unité.
c Cela est facile. » {Idem, p. 120.) .
— Facile !. En présence des nationalités ! Oui : comme de prendre un moineau bien portant, en lui mettant du sel sous la queue.
« — Comment, dit M. de Girardin, Seguin a-t-il perté^ « tienne l'œuvre de Papin? — En cherchant. Comment per- « fectionnera-t-on la forme républicaine appliquée au suf« « frage universel? En cherchant. Si on ne cherche pas, € comment trouvera-t-on ? » {Idem, n^ vi, p. 116.)
— Eh ! Monsieur^ depuis des milliers d'années on cherche la quadrature du cercle, surtout au mois de mai, dit M. Arago. Est-ce une raison pour que la quadrature du cercle soit trouvée?
Pour bien chercher, la première condition est de ne point prétendre trouver : une solution a l'absurde.
MVmidQVV, RATIONNEI.LE ET MONARCHIE ABSOLUE.
« — Ou la monarchie absolue, ou la république ration- « nelte! dit M. de Glrardin.
« Tout autre système mixte, bâtard, est Jugé et condamné « par rexpérience. » {Les 52, n* il, p. 50.)
— La monarchie absolue^ en présence de rincompressîbilîfé de Texamen!
La république rationnelle, en présence de Tignorance sociale sur la réalité du droit!
Prétendre trouver la solution de ces problèmes, c'est encore chercher la quadrature du cercle.
« -^ Nous l'avons dit, et nous le répélûwiS| ajouta ailleurs « M. de Girardin : il faut opter franchement eùtre la royauté if légitime eu la république rationnelle. »
— Vous voyez que ce n*est point au hasard que M. de Gifardin a établi sa proposition, et que c'est chez lui une idée arrêtée.
Et plus loin il ajoute :
« — Nous persislons donc à maintenir rallernatlve que « nous avons pfisée entre la république rationnelle et la mo- « narchie absolue. »
« — Dans une monarchie représentative, dit M. de Girar- « din, qu'est-ce que la royauté?
« Point d'illusions !
« Partout où la majorité est un droit qui s'exerce, la « royauté n'est plus qu'un nom qui survit.»
{Idetih u^ii, p. 92.)
•^ YpW8 auriez pi), Monsieur, dire ^égftlemen^ ; Tprire n'est plus qu'un nom qui survit.
L'ordre et les majorités c'est l'être et le néant.
« — Lp gQuvernpfuent représonlatif, dit M. de Girar^in, « estril oompatibld av^ régalité? C'est là une grande ques- « tion quQ deux épreuves sûlennçljes oqt déjà réspjue ijégaU- « vement en Prusse. » (les 52, n"" ii, p. §3.)
~ C'dst CQmme si vous demaafliej^ : ^ le faible , ^qs protection possible, peut être l'égal du fort?
fi — Chimère! chimère! s'écrie U, de Girar4in, que l'ps- « poir de rétablir une monarchie représentative 4Mrable. n
{Idem, p. 94.)
-^ Je fais écho, el je dis :
Chimère! chimère! que l'espoir d'établir une république ' reprégentalive durable.
L'ordre durable et la force brutale sont incompatibles : ea présence de rineompmsibiiité de l'examen. Or, le représen-'' tatif est l'expression de la force brutale, de i'ignoranoe 9ooial# sur la réalité du droit.
« — Hier, dit ailleurs M. de Girardin, nous posions cette « question : A quoi sert la royauté?
« Aujourd'hui, nous répondons : la royauté conslitullbn- « neilc sert à créer les résistances qui multiplient les révoluo lions. » (/rfem, p. H6.)
— Et les républiques constitutionnelles, s'il vous plaît, à quoi servent-elles : si ce n'est à produire le même résultat?