‹ Qu'est-ce que la science sociale? (volume 4)Chapitre 48 sur 120 · SITUATION ACTUELLE · texte numérisé non relu

SITUATION ACTUELLE

« —Faute, dit M. de Girardin, d'idées justes, poursuivies « avec persévérance, présentées sous la forme qui sait con- « quérir la popularité, la France débordée par les faits, maîtri- « sée par les événements, ballottée par les incidents, abusée « par les mots, prenant l'ombre pour la proie, tourbillonne « dans le vide, tombe dans l'anachronisme, s'agite dans rince conséquence,s'amoindrit dans ledétail, s'égare dans l'expéc dient, s'épuise dans la prodigalité, se compromet dans l'in* « trigue, s'avilit dans la corruption. » {Idem,ïi^ i, p. i 1 0.)

— Parfait! Monsieur. Mais, le tableau que vous venez de^ faire, n'est pas celui de la France seulement; il est celui de toute société possible : en époque d'ignorance sociale sur la

réalHé du droit, mise eu présence de rincompressibilité de Texamea; et proportionnellement au développement de Texa-^ men. La situation s'empire à mesure que le besoin de vérité est plus près de se faire sentir 5 ou mieux, le besoin de vérité est plus près de se faire sentir, à mesure que la situation s'empire.

« — Plus, dit M. de Girardin,une situation est mauvaise < et plus il importe d'en sonder le fond; car,s'il est un moyen « d'échapper aux écueîls, c'est de les connaître. »

— C'est vrai. Mais, il faut prendre garde qu'un mirage trompeur ne fasse prendre des ports pour des écueilsj ou, ce qui çst pire, des écuells pour des ports. Et c'est ce que you5 faites, en ne reconnaissant pas la nécessité absolpe : du lien religieux ; du mariage civil ; et de la liberté du salaire.

9 — r II est temps, dit ailleurs M. de Girardin, grandement % temp$ que nous sortions des illusions, dos lieux commuas % et des ajournements, si nom voulons échapper à la déca*» % dence qui commence S nous envelopper de toutes paris « « Décadence politique; décadence industrielle; décadancQ « commerciale; décadence maritime; décadence littéraire. <K On peut dire de }a |Frane^ gtif^lh a déj^ toutes les exlré" « mités froides^ symptôme funeste et précurseur de la mort, « symptôme qui annonce que rbeupo de TagontA a aonaè. »

(/rfw, ft*iï, ?• 46.)

— Je vous le répète. Monsieur, ce n'est pas la France seule qui se trouve dans cet état ; c'est toute société possible, proportionnellement au développement de son examen, tant que l'ignorance sociale sur la réalité du droit n'est point anéantie. Quant h l'heure de l'agonie, elle n'est malheureusement pas encore arrivée, même pour la France : car, celle heure sera celle de la résurrection dans une société nouvelle, dépouillée de toute ignorance aur te droit.

« — Que le minisiérû dpîBcure ou <|5J*jl §g oiodifip ^ dit

« plus loin M. de Girardin, la France^ la pauvre France, « continuera de flotter sans direction au gré des çirconc stances, entre ces deux écueils : T^rbitraire, qui est Tanar- « çbie dyns le gouvernement^el Tanarcbie, qui est l'arbitraire « dans la multitude, » {Les 52, n^ ii, p. 30.)

— Bravissimo! Monsieur. C'est, qu'en époque d'ignorance sur la réalité du droit, il n'y a de possible : quQ l'arbitraire despotique ou que l'arbitraire anarcbique.

f ~ L'arbitraire ! toujours l'arbitraire I continue M* de c Girardin* Seulement, quand il est vêtu de baillons déc chirés, il s'appelle la liberté; et quand il porte l'uniforme « brodé, il s'appelle le pouvoir I »

•^ Vous le voyez, Monsieur; selon vous-même, il n'y a de possible pour notre époque : que despotisme; et anarchie. Lia première chose à faire ne serait-elle point de rechercher ta cause doi^lte alternative, jusqu'à présent inévitable?

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