‹ Qu'est-ce que la science sociale? (volume 4)Chapitre 49 sur 120 · SOCIALISME · texte numérisé non relu

SOCIALISME

« -^Le socialisme, dit M. de Girardin, a deux acceptions : « Pris dans sa mauvaise aecq^tion , le mot socialisme si- « gnifie : la guerre des pauvres contre les riches; la lutte « du travail contre le capital; l'égal partage des terrps ou « bien le retour exclusif du sol à l'État par voie d'expro- € priation violente ou d'appropriation, fiscale j le pillage or- « ganisé; le relâchement du lien des familles; le despotisme « du nombre; le régime de la terreur; le bannissement de « la confiance; l'anéantissement du crédit; la désorganisa- « lion du travail; l'aggravation de la misère. »

{Idem, n^ xni, p. 6.)

— Avant d'arriver au bon socialisme, selon M. de Girardin, analysons ce qu'il dit éire le mauvais; et voyons : si, ce n'est point, assez souvent, celui que M. de Girardin préconise.

— La guerre des pauvres contre les riches.

— ElabUssez la dcaoçfatip, ^usî ^% l? prgtgftd % 4(^

Girardin, et le résultat inévitable sera la guerre des pauvres contre les riches; ou plutôt , la spoliation des riches par les pauvres. Faites attention, je vous prie, que ce n*est point sur ma propre autorité que je TafArme, c'est sur celle d'Aristote. Et , dans un temps , contredire Aristote à Paris , c'était mériter la corde.

— la lutte du travail contre le capital.

— Quant à ce point, je le donne comme l'essence du bon socialisme^ du seul socialisme compatible avec l'ordre. Vouloir concilier le travail et le capital , c'est vouloir concilier la vie et la mort, l'esclavage et la liberté. Or, la domination du capital, c'est l'esclavage du travail, c'est le paupérisme croissant comme la richesse ; et la domination du travail, c'est l'esclavage du capital et l'anéantissement du paupérisme. Voyez les Théories générales.

— régal partage des terres ou bien le retour exclusif du sol à l'État par voie d'expropriation violente...

— S'il plaît à M. de Girardin de donner le nom de socialisme à toutes les folies et à tous les crimes , nul doute que le socialisme ne soit alors une folie et un crrme.

— ... Ou d'appropriation fiscale.

— Ces trois mots sont dirigés contre moi , qui ai toujours dit à M. de Girardin : que le sol, sous peine d'anarchie continuellement croissante, devait entrer à la propriété collective : sans faire tort à qui que ce soit ; et, en faisant le bien de tous. Pour les preuves : voyez les Théories géné^ raies.

— Le pillage organisé.

— La voie la plus courte, pour arriver au pillage organisé : est l'absence de religion; l'absence de famille; et la réglementation du salaire, prônées par M. de Girardin.

— Le relâchement du lien des familles.

— Le relâchement du lien des familles , c'est l'abseDçe de mariage civil, conseilté {lar M. de Girardin.

— Le despotisme du nombre.

— Le despotisme du nombre, c'est la souveraineté du peuple, acclamée par M. de Girardin.

— Le régime de la terreur.

— * Le régime de la terreur est la conséquence nécessaire de la doctrine de M. de Girardin : quV/ faut à tout régime nouveau pour éclore le nid de la dictature.

— Le bannissement de la confiance.

— Ayez donc de la confiance : avec Tabsence de religion; l'absence de mariage; la réglementation du salaire; le despotisme du nombre, etc., etc. ; le tout : couvé par la force dans le nid de la dictature !

— L'anéantissement du crédit.

— Ceci est une répétition du bannissement de la confianoe.

— L'aggravation de la misère.

— L'aggravation de la misère, c'est tout ce que nous venons de citer, couronné : par la réglementation du salaire, dont le maximum est la conséquence inévitable.

Arrivons au bon socialisme, selon M. de Girardin.

« — Pris, dit-il, dans sa bonne acception, le mot socia- « lisme signifie : la société idéalisée; la science appliquée au « gouvernement; l'administration élevée à la hauteur du pre- « mier des arts; la recherche constante, à Ist suite d'Henri IV « et de Napoléon, de Sully et de Turgot, de tous les moyens c propres à améliorer le sort du peuple, à élever le niveau t de sou intelligence et de sa moralité; l'accord du travail « et du capital; l'abolition de l'ignorance, qui entretient « l'antagonisme; la suppression des causes qui perpétuent le « paupérisme; la constitution du crédit; la réforme de l'im- « pôt; la multiplication de la propriété; la réalité de la faft mille; l'organisation de la commune; l'épuration de la « démocratie; la consolidation de la paix; la tendance à « l'unité^* la force désarmée par la raison; la concurrence

« remplacée par rémulaliori *; l^àvêheinent de la publicité; le è culte du génie ^, le progrès continu; inviolabilité 9è la « justice ; le régime, enfin, à*approchant le plus près dé IHdêfe « que se font les hommes du règne de DlEU sur la terre. »

(Us 5S1, n^ XIII, p. 7.)

•^ C'est bien lonèf 1 Moi, je dis : que h bon iùûialismê^ c'est Vanéaniissemmt HmiÂfiLli û% pampémmêi Voyons si le bon socialisme de M. de Girardin vaut mieux I

-«- La société idéalisée.

4^ J'en demande pardon à H. de Girardin, mais ce com« nmicement est un peu galimatias.

— La science appliquée au gouvernement.

— Et quel est, je vous prie, le critérium de la science? la souveraineté du peuple , selon YOiiS« Et le résultat de la

science? L'dbsence de religion, de bien et de mal, de juste et d'injuste, de devoir et de droit; l'absenee de mariage; la réglementation du salaire, etc., etc. Sainte ignorance! placemoi donc à l'abri d'une pareille science : fût-ce même dans les abîmes de la foi !

— L'administration élevée à la hauteur du premier des arts.

— Il sera joli I l'artiste qui administrera, privé de règle et dé sanction ! Ce sera un artiste en anarchie, éclos dans le nid de la dictature.

— La recherche constante, à la suite d'Henri I Y et de Na-polSn, de Sully et de Turgof, de tous les moyens propres à améliorer le sort du peuple

*— Kt, pour cela, vous avez trouvé : qu'il fellait réglementer ie salaire. Le moyen est facile. C'est comme pour aller à ta lune : avoir une échelle assez longue.

— A élever le niveau de son intelligente el de

sa moralité.

— Sans doute, en lui disant : qu'il n'y a ni bien ni mal ; nr«justc ni injuste; ni devoir ni droit; que la religion est

inutile; et que le mariage edt nuisible, le hé v6u.^ conseille pis de mettre Vtttfe fortune en viager, hypothéquée sur une pareille moralité, même élevée k son maximum.

— raccord du travail et dii ôàpitaî.

— C*est, Je le répète : placer le diable et le bon Dieu, dans un même bénitier.

— rabolition de ^ignorance qui entretient l'antagonisme.

— En apprenant à tous : qu'il n'y a ni bien ni mal, ni justSni injuste, ni devoir ni droit ; que la religion est inutile; le mariage .une sottise; et que le tout consiste à réglementer le salaire : ce qui est tn chose la plus facile du monde.

— La suppression des causes qui perpétuent le paupérisme*

— Ce qui est très-facile, quand on ne les connaît pas; et quand on veut les annuler : par l'absence de religion, de mariage civil, et surtout par la réglementation du salaire : ce qui est une admirable invention!

— La constitution du crédit.

— n derà sans doute admirablement constitué, quand il reposera : sur l'absence de droit autre que la force ; et surtout sur la réglementation du salaire !

— La réforme de f impôt.

— Transformé en assurance, vous savez ! lequel portera le paupérisme au nec plus ultra possible.

— La multiplicafion de la propriété.

— Entre les mains des forts, sans doute ; et Tanéantissement de toute propriété chez les faibles.

— La réalité de la famille.

— En abolissant le mariage civil. Le moyen est ingénieux!

— Vorganisalion de la commune.

— Pour chacune et par elle-même? C'est l'anarchie nationale. Pour toutes et par la force? C'est le despotisme. L'ai* ternative est rassurantCr

— tA4 —

— Vépuratim de la démocratie.

, — * Probablement dans le nid de la dictature. Si elle en sort vierge, elle aura du bonheur.

— La consolidation de lapaix.

— Au sein des nationalités ! Ce sera un retour au paradis terrestre. Les agneaux et les loups dormiront sous un même abri.

-r La lendance à Vunili.

— Sous la souveraineté du peuple, dont l'essence est la muUiplicilé. C'est le bon Dieu un etplmeurs de M. Copûn.

— La force désarmée par la raison.

— Quand, par Tabsence de toute religion, il n'y a de critérium que la force pour distinguer la bonne raison de la mauvaise. Ce sera là un vrai tour de force.

•^ La concurrence remplacée par l'émulation.

— Et cela : quand la force est le seul juge possible de la concurrence et de l'émulation.

-— L'avènement de lapublicité.

— En présemîc de l'ignorance sociale sur la réalité du droit. Nous verrons de belles choses ï

— Le triomphe de la vérité.

— Tant que la force resle seule susceptible de triompher ! Ce sera un nouveau tour de force.

— La chute de l'erreur.

— Et cela, en présence de la souveraineté des opinions,' toutes nécessairement des erreurs ou des préjugés. Ce tour de force ne le cédera à aucun autre.

— Le culte du génie.

— Interprété par la force. C'est Hercule faisant les Dieux avec sa massue.

— Le progrès continu.

— C'est -à-dire la perpétuité des révolutions. C'est consolant.

— Vinmolalilité de la justice.

— Là, où il n'y a ni bien ni mal, ni juste ni injuste. Il faut convenir que violer- là justic», serait aloi^ violer le néant. Et ce serait difficile.

— Le régime, enfin,'s'approchm\t leplttspris de l'idée que se fait l'homme du règne de Dieusur la (erre.

— Sans doute, après lui avoir appris : que, tout Dieu, tant pc^onnd qu'impersonnel, est une utopie complètement inutile. •

Eh bien! Monsieur; ce paradis de votre socialisme, n'est qu'un e^nfer. Abrenuntig.

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