‹ Qu'est-ce que la science sociale? (volume 4)Chapitre 5 sur 120 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

(suite) SITUATION SOCIALE ACTUELLE.

(T Témoignage d*amitié^ de recooDaissance, « de profonde estime pour ses talents^ son ca- « ractère, ses intentions, sa probité ;

« Et, je le regrette, de complet dissenti- (c ment de doctrines.

« Puisse la discussion nous unir un jour « dams le sein de la vérité!

Colins, Socialisme rationnel^ 1«' vol.

Dédicace à M. É. de Girardin.

« Amicus plato, sed magis amica veritas.

Gic.

« Je suppose, je veux supposer :

« Que Dieu n'existe pas, ou que, s'il existe,**" « il est impossible à Thomme d'en démontrer « l'existence; ^

ta Que le monde existe par lui-même et par « lui seul;

« Que Thonmie n'a aucune faute originelle à « racheter;

m Qu'il porte avec lui la mémoire et la rai- <( son, comme la flamme porte avec elle la « clialeor et la clarté ;

« Qu'il ne revit que dans l'enfant qu'il pro- « crée;

« Qu'il est un animal doué de facultés qui (( lui sont propres, ou qu'il possède en germe (( et en développement à un puis haut degré < « que les autres êtres du i^nème règne f

« Ou*il ne doit doue {las s'attendre à recett ^oïT, dans une vie future, Ui récompense ou « le chàtimeot de sa conduite dans la vie pré- « sente;

<f Que le bien et le mal n*eiistent pas abso- « lument par eux-mi^mes, qu'ils n'existent que a nominalement^ relativement et arbitraire- « ment;

(c Qu'il n'existe absolument que des risques, « contre lesquels , l'homme obéissant à la loi « de conservation qui est en lui^ et commandant (( à la matière, cherche à s'assurer par tous (( les moyens dont il dispose. » *■

É. DE GlRARDIN, Polit, Ufliv., p. 5.

t- « Telle est la logique du matérialisme. Pour

« le matérialiste, droit et devoir sont, en effet, « des mots vides de sens, comme les mots a BIEN et MAL. Mais, cette logique est incoma PLÈTE et souvent fausse.

« Elle est incomplète. Il fallait ajouter :

« que, la raison réelle, la liberté réelle, exi-

« « géant une individualité réelle, éternelle, ab-

\ « solue, indépendante ; et, que cette individua-

« lité n'existant point chez l'homme ; il n'y a (( chez l'homme, que raison apparente, que li- « berté apparente ; et que, chez lui, tout s'y u fait NECESSAIREMENT comme au sein du monde « astronomique.

« Elle est fausse. Il ne fallait pas dire : « l'homme commande, l'homme cherche, « l'homme dispose. Pour commander, cher* « cher, disposer, il faut quelqu'un de réel; « chez l'homme matière, il n'y a quelqu'un n qu'en apparence, et il n'y a personne en « réaUté. colins. Commentaire.

« En aucun cas, pour aucun travail, et dans « aucune industrie, le taux légal du travail « ne pourra être au-des8bus de. . • . . . £. deGirardin, Polit, univ., p. 430.

' « Vouloir réglementer le salaire, est une ato-

(c pie pareille à celle de vouloir réglementer le '• « soleil. colins. Commentaire.

« Dès que la loi intervient (dans le mariage), « elle intervient sans droit, sans nécessité, (( sans utilité.

E. 1^ GiRARDiN, Polit, univer.^ p. 212.

« Vouloir abolir le mariage civil, équivaut « à la communauté des femmes de Platon.

colins, Commentaire.

Ainsi, le système social de M. de Girardin, c'est : l'absence de droit; l'absence dç sanction religieuse; l'absence d'autorité; l'absence de lois; l'absence de sanction civile; l'ab-

sence de liberté ; Tabsence de mariage civil ; et la réglementation du salaire. L'ordre, au sein d'un pareil système, ne peut y être, comme au sein du système astronomique, que le résultat de la fatalité, de la nécessité, de l'automatisme.

Avant d'arriver à l'examen de la politique universelle, résumé des travaux du publiciste que nous examinons, il sera utile de connaître comment M. de Girardin, comprend les principales expressions relatives à Tordre social; de savoir enfin quel est son dictionnaire. Nous le trouverons dans les différentes brochures qu'il a publiées sous les titres des 52 ; de l'abolition du salaire; de l'abolition de la misère, etc.; dont la Politique universelle, sauf ce qui concerne l'organisation de la famille, n'est, je le répète, que le résumé.

On a souvent reproché à M. de Girardin de varier d'opinion; c'est à tort. Toujours il aété.fldèleàson système de matérialisme, qui est celui de son éducation. Quand il s'en est écarté en apparence ; c'était une concession à ce que les matérialistes appellent : les préjugés de l'enfance sociale. C'était ainsi que Voltaire faisait de l'anthropomorphisme, sans jamais cesser d'être panthéiste.

^ Avons-nous l'espoir que, ce que nous allons écrire, mettra M. de Girardin sur la bonne voie? Hélas! non. Ce que dix années de conversation n'ont pu faire, ne sera point l'œuvre de quelques heures de lecture. Nous le déplorons : car, personne plus que M. de Girardin, ne serait apte à vulgariser la vérité.

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