‹ Qu'est-ce que la science sociale? (volume 4)Chapitre 55 sur 120 · UNITÉ · texte numérisé non relu

UNITÉ

«r — L*unité, dit M. de Girardin, est une loi future de l'é- « quilibre européen, sur laquelle il importe que la France « n'attende pas au dernier moment pour prendre son parti, « soit qu'elle veuille arrêter le mouvement, le ralentir ou Tac- « célérer. » {Les 52, n** vu, vm, p. 199.)

— L'équilibre est l'expression de la multiplicité. L'équilibre n'a d'unité que la mort, c'est-à-dire la neutralisation. Il n'y a d'unité vivante, d'unité sociale que l'unité rferfrotY; et, précisément, cette unité est incompatible : avec l'existence des nationalités.

« -^ Deux systèmes sont en présence, dit M. de Girardin : Tun qui aboutit à Vunité dans une assemblée; c'est le système que soutenaient Condorcet, Thuriot et Robespierre en 1793; c'est le système qu'a soutenu en novembre der- « nier M. Proudhou; l'autre qui aboutit à Vunilé dans un « homme; c'est notre système ; c'est celui que nous sou- « mettons à l'épreuve de la discussion. >

(Idem, n® xh, p. 5.)

— L'unité hors la vérité, qui seule est éternellenlent une; ou, hors un despotisme masqué de vérité, et socialement accepté comme vérité, n'est que l'anarchie, que le sophisme voudrait couvrir : du masque de l'unité.

a — Que le souverain s'appelle roi, dit M. de Girardin, ou 0 qu'il s'appelle peuple, plus nous y réfléchissons et plus < nous nous affermissons dans Vopinion que l'exercice de la « souveraineté en France, exige impérieusement que toute « l'autorité se résume dans un homme : roi héréditaire et « inviolable; ou président responsable.»

— Un roi inviolable ! Est-ce que la force ne les viole pas

continuellement. Elle est jolie la souveraineté que la force peut violer !

Un président responsable ! Elle est jolie l'autorité responsable ! Celui-là à qui est dû le compte est seul l'autorité.

M. deGirardin oublie donc, que, selon lui, la souveraineté du roi et la souveraineté du peuple sont également despotiques, et qu'il n'y a de différence que de la couronne à la casquette, et du manteau à la veste.

« — L'unité, dit M. de Girardin — Là est la condition de « force et de durée du pouvoir. » {Les 52, n® xii, p. 46.)

•— C'est vrai, Monsieur; et vieux comme terre. Mais, il fallait préciser l'espèce d'unité. Est-ce l'unité de poids et mesures? La condition de force et de durée du pouvoir, c'est l'unité dépensées, la communauté d'idées sur le droit* Mais, cette unité, cette communauté ne peut exister que par une foi, ou que par la science. En présence de l'incompressibilité de l'examen, cette unité n'est pas possible par la foi. En présence de l'ignorance sociale sur la réalité du droit, cette unité n'est pas encore possible par la science. Alors que voulez-vous?

Page 1