‹ Qu'est-ce que la science sociale? (volume 4)Chapitre 69 sur 120 · JOURS IL T AURA DES PAUVRES · texte numérisé non relu

JOURS IL T AURA DES PAUVRES

— Ne vous réjouissez pas tant, Messieurs! Si, vous aviez raison, vous auriez prononcé votre arrêt de mort. Mais, ne craignez rien. Il suffit qu'une nation puissante, comme la France ou l'Angleterre, par exemple , s'organise conformément à la justice, après que l'ignorance sociale a été détruite : pour que le paupérisme soit aussi diminué que possible, relativement aux circ«>nstances ; et, que cet anéantissement de l'ignorance, chez une nation, finisse bieirtôt par anéantir les nationalités : sans qu'il soit besoin, à cet égard, de faire intervenir la force brutale.

C'est ici, maintenant, que doit se placer une observation bien importante. Les personnes timides, comme le sont toujours celles qui ne savent point juger les nécessités sociales^ et elles sont en immense majorité pendant l'époque d'ignorance, croient : qu'il est imprudent de parler d'anéantissement des nationalités, à une époque où le préjugé, relatif à la nécessité d'existence des nationalités, est encore aussi universellement répandu.

Imprudent ! Il fauchrait s'entendre sur l'application de cette expression. Il peut être imprudent de parler de l'agréable ou même de l'utile, quand en parler peut, par circonstance particulière, causer la mort d'un individu compris dans l'exception. Mais, il n'est jamais imprudent déparier du nécessaire immédiat, du nécessaire général, de ce, sans quoi, la société, c'est-à-dire tous les individus, doivent mourir. Estil imprudent ou nécessaire : de parler d'amputation à un malade dont un membre est gangrené?

Si, l'anéantissement des nationalités n'était pas absolu-

' méat nécessaire, pour que le paupérisme puisse être anéanti, j^accorderais : qu'il pourrait être imprudent d*en parler. Et, si Tanéantissement du paupérisme n'était pas devenu absolument nécessaire à l'existence de Tordre, à Texistence de rbumanilé, j'accorderais encore : qu'il pourrait y avoir imprudence de parler de l'anéantissement d^ nationalités. Mais, il n'en est pas ainsi. Où donc est l'imprudence?

L'imprudence, reprennent les timides, consiste en ce que : peu de personnes sont capables de vous comprendre, d'un point de vue aussi élevé.

Très-bien! Alors, est-ce pour que ce peu de personnes, capables de me comprendre et de s'instruire, restent encroûtées dans le préjugé, que vous voulez que je me taise? Vous ne voyez donc pas que si, par la publicité, une personne en instruit dix, dix en instruiront mille, et mille un million? En époque d'incompressibilité d'examen, il n'y a d'imprudence . qu'à taire la vérité; ou, qu'à la publier, sans moAtrer qu'elle est socialement nécessaire et qu'elle est vérité. J'aurai démontré. Le temps et la vérité feront le reste. Le temps a des ailes; et, la vérité est devenue socialement nécessaire.

Faites attention, du reste : qu'il ne s'agit point d'anéantir les nationalités au profit, ni même en l'honneur de l'une d'elles. Il s'agit de les unir toutes : dans le sein de l'humanité dont elles sont sorties ; et, de les unir sous le règne de la raison, hors duquel il n'y a qu'esclavage sous le règne des passions, source des patries différentes. La patrie de l'esclave est circonscrite par le fouet de son maître; la patrie de l'homme libre, c'est le globe. Et, socialement, il n'y a d'homme libre : que lorsque l'humanité est elle-même devenue libre, par son affranchissement du joug de l'ignorance.

Nous arrivons maintenant à la théorie générale de l'impôt. Nous serons clair comme cristal de roche. Toute philosophie, toute métaphysique, toute religion, toute organisation sociale, qui n'est point mise à la portée d'un enfant de dix ans bien élevé, ne peut être que du galimatias, plus ou moins fardé d'éloquence,

Seulement : nous ne sàyons être clairs que pour

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