‹ Qu'est-ce que la science sociale? (volume 4)Chapitre 79 sur 120 · QUI DEVRAIENT ÊTRE L* APANAGE DE TOUS · texte numérisé non relu

QUI DEVRAIENT ÊTRE L* APANAGE DE TOUS

Louts-NAPOLÉON BoiIAj^arte.

Vouloir : que, Téducalion et rinstruction des individus, soient relatives, en quoi que ce soit, au hasard de la naissance; el, prétendre à l'égalité de tous devant la justice sociale, devant Torganisation de la propriété, c'est une utopie à nulle autre pareille. Et, si Tégalilé sociale, Tégalité devant la justice, est devenue nécessaire à Texisteoce de l'ordre, de la paix, du bien-être unrversel; prétendre à oçt ordre, à cette paix, à ce bien-être, en laissant l'éducation et Tinstruotion des individus relatives au hasard de* la naissance, est une double utopie, pouvant seulement exister : chez la folie portée au dernier degré possible.

Les conservateurs, tant économistes que socialistes, de l'organisation actuelle, auront-ils la bonté de discuter sérieusement ce passage? Je préviens qu'il est capital : et pour le bien-étro social, qui est Vordre ; et pour le bien-être domestique, qui est \ç^ bonheur. Désormais, ho^s l'éducation et l'instruction données socialement à tous avec un égal soin, ordre social et bonheur domestique sont également des uiopies.

— Vouloir : que, la liberté sociale des individus, puisse exister en présence de Vinégalité sociale de ces mêmes individus, est une utopie de même force.

— Est-ce vrai, oui ou non? Répondez!

— Vouloir : que, l'égalité d'éducation et d'instruction puisse exister eu dehors d'une éducation et d'une instruction socialement données à tous indistinctement, comprenant : logement, nourriture, habillement, entretien, etc., est une autre utopie de même force.

— Est-ce vrai, oui ou non? Répondez!

— Vouloir : que, l'éducation et l'instruction relatives à l'égalité sociale, puissent être données dans l'état actuel des finances, ou dans tout état de. finances relatif à la société actuelle, est encore une utopie de même force.

-^Encore une fois, est-ce vrai, oui ou non ? Répondez !

— Hélas ! vous ne répondrez que par le silence. C'est la réponse ordiû$dre de l'ignorance aux abois, se réfugiant dans lemn de la vanité.

Vous êtes embarrassé de répondre sur des généralités. Voyons ! je vais particulariser.

Une famille, c'est-à-dire Thomme et la femme, n'ont point d'enfants. Une autre famille, c'est-à-dire l'homme et la femme, ont dix ou vingt enfants (1). Et vous voulez que, pour ces deux familles, l'égalité sociale existe : si la société ne se charge point complètement de l'entretien, de l'éducation et de l'instruction des enfants ! Utopie.

Un autre exemple : deux familles ont des enfants. La première fait de ses enfants des voleurs; la seconde en fait d'honnêtes gens. Et vous voulez que pour ces enfants Tégalité sociale existe ! Utopie.

Continuons !

L'état des finances pouvarit permettre l'éducation et l'instruction de tous, seules compatibles avec l'ordre, la paix et le bien-être universel, est donc exclusivement relatif : à celui qui permet l'entrée du sol à la propriété collective.

Qu'il nous soit permis d'ajouter un nouveau développem^t h cette pensée.

(4) En 4818^ j'ai connu en Belgique le docteur K., médecin eo«bef de TbÀpHal; d*A...* Sa femme a fait neuf enfants eu trois couches cpnsécutires*

Relativement :

A rignoranee sociale;

A rincompressibililé de Texamen;

Au paupérisme ;

A réducation et à Tinstruction ;

Et enfin aux finances; il existe un cercle vicieux que la société actuelle, la société relative à Taliénation du sol, est incapable de briser.

Voici ce cercle.

r® partie. — En présence de Vtgnorance sociale sur la réalité du droit, ignorance qui dure encore;

En présence de V incompressibilité de la presse dérivant de l'imprimerie, et des communications devenues inévitables entre les nationalités;

Le paupérisme doit être anéanti, ou l'humanité doit périr au sein de l'anarchie.

%^ partie. — Le paupérisme moral, ou l'ignorance, dont le paupérisme matériel est la conséquence nécessaire, ne peut être anéanti : que, par une éducation et une instruction socialement données a tous et à chacun, avec un égal soin.

— La société actuelle est absolument incapable :

Au moral, de donner une éducation et une instruction communes : parce qu'elle est ignorante ;

Au matériel, de subvenir aux dépenses que cette éduca-tion et cette instruction exigent.

départie. — La société actuelle ne peut donc anéantir ie paupérisme.

1 '® partie. — Et en présence, etc.

Tel est ce cercle.

Par la société nouvelle, permettant, par Tanéantissement de l'ignorance sociale, l'entrée du sol à la propriété collective, ce cercle est brisé comme verr«.

Ainsi^ du côté du développement d'une éducation et d'une instruction communes, devenues nécessaires à l'existence

de Tordre, de la paix, du bien-être universel, pas i^ombre d'une objection raisonnable contre rentrée du sol à la propriété collective.

Voyons maintenant les résultats.

Existence possible de la concurrence rationnelle substituée à la concurrence anarchique.

La concurrence rationnelle existe : lorsque tous les moyens de travail sont développés avec un égal soin par la société ; et, que le travail se trouve libre du joug de l'impôt. C'est ce qui a lieu : lorsque l'ignorance sociale se trouve anéantie ; et que, par suite, le sol peut appartenir à la propriété collective.

La concurrence anarchique, relative à la compressibililé de l'examen, succède à la concurrence despotique : lorsque, les moyens de travail, restant monopolisés, les prolétaires continuent de subir le joug et les entraves de l'impôt; et, que l'incompressibilité de l'examen empêche que cet esclavage reste compatible avec l'existence de l'ordre.

Sous la concurrence rationnelle, chaque enfant, devenu majeur, sortant des mains de la société collective, entre dans la société des individus, avec les développements de tous ses moyens, tant physiques que moraux ; riche :

De sa part inaliénable dans la richesse collective ;

Et d'une part aliénable résultant de sa dot sociale.

Cette richesse le met à même de concourir, dans la so* ciété des individus, avec l'incontestable conviction :

De toujours pouvoir travailler : la consommation générale étant au mammtm possible.

Et, d'avoir, pour l'aider dans son travail :

Le concours de tous les développements de riutelligence;

Le concours de la richesse naturelle;

Le Concours de la richesse acquise par les générations passées;

Et, là certitude que lé produit résultant de son travail, lui Appartiendra en totalité s car, alors, Vimpât pèse exclusive^ ménl sur la richesse.

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