II
— 38+ — € — Et celui des ouvriers, » ajoute le professeur.
-^ C'est-à-dire encore l'intérêt de tous. Car homme, tra-^ vailleur, ouvrier, sont absolument synonymes. C'est toujours l'intérêt de tous.
Eh bien ! vouloir associer l'intérêt de quelques-uns, sél^^rément considérés, avec l'intérêt de tous, qui ne peut admettre d'intérêts séparés, c'est le rêve d'un insensé.
Vouloir associer, c'est-à-dire rendre égauK, le travail et le capital, c'est-à-dire l'homme et la matière, c'est vouloir associer, égaliser le bien et le mal. Dieu et le Diabie> Il faut, ^oi qu'en dise M. Michel Chevalier, que l'un ou l'autre domine; que tous les hommes dominent la richesse; ou que les possesseurs delà richesse dominent le reste des hommes; il fiut même désormais : que, le travail domipe le capital ; OU que, tous les deux périssent au sein de l'anarchie (1).
Il est malheureux de voir des hommes de mérite s'acharner après la quadrature du cercle et le mouvement perpétuel. Et, ce qu'il y a de plus malheureux, c'est qu'ils sont suivis dans l'abîme de la folie par cette immense majorité de moutonâ dé PanUrge : qui, s'imaginent conduire; ét^ ne font jamais que siilvre à la queue leii-leu.
« — La concorde, continue M. Michel Chevalier, se réta- « blirait dans l'industrie et dans la société, à l'aide d'une < drgatiiSâtlon intelligente des forces qui aujourd'hui se font « la guerre »
— Cette organisation est facile, dès que l'ignorance SQciale se trouve évanouie : il ne s'agit : que, de subordonner la matière à l'homme; le capital au travail. Et, cela existe nécessairement, sous la condition pré-indiquée, lorsque le sol est entré à la propriété collective. Cette solution est
(1) Lorsque^ dit aiUeurs M. Michel Chevalier^ deux forces concourent à une œuvre, il est indispensable que Tune des deux soit instituée directrice ; sinon elles deviennent divergentes et l'œuvre ne s'accomplit plus. Au lieu d'une production régulière et féconde, on a les péripéties stériles ou fatalefi d'un duel sans fin. (Lettres sur Vorganisation du travail, p. ^,)
unique. Vouloir associer l'iiitérét de quelques-ilhs à rinMfhlt de tous, c'est la même folie que celle : de vouloir associer un quart avec un entier ; en prétendant néanmoins que Vêû* semblé no soit qu'un entier.
« -^ L'ordre, continue M. le professeur, retiaîtràît sertis « les auspices d'une égBlité drgnniqUe, ^\xl seule aura la « puissance d'en finir avec l'égalité àttarchique. *
-— Cette phrase est un véritable galimatias. Voici ce qu'il aurait fallu dire :
L'égalité organique qui dérive d'une oi^anisâtion sociale conforme à la raisôri, esl celle qui ftilt éè)*8Jep lei^ faibles par les forts : tant que les faibles peuvent être écrasés ; et Tordre maintenu par la force. Cela est raisonnable alôts r parce qu'a/or^^ hors ces conditions, l'huMnité ne pbut exister. Cette égalité a existé jusqu'à l'époque où Telameii esl devenu incompressible. •
Qu3nd, par les développements de la pressé, l'ordre fié peut plus être maintenu par la .force; et, qu'il ne {iéut fincore être basé sur Id raisod, à cause de Pignorancé sociale; il n'y a de possible, qu'une égalité anarchique. Nous vîVÔflà au sein de cette noble égalité.
Quand, l'égalité ànàrchique a fait sentir, sociùlemeni, le besoin d'une égalité organique qui ne dérivé piu§ de la fordè; l'exploitation des faibles par les forts vient à s'évanouir, eu inème temps que l'ignorance sociale. C'est, seulement alors que peut exister l'égalité organique, au sein de laquelle personne n'est faible, personne n'est exploité,
« — Telle est, continue M. Michel Chevalier, la voie où H « faut entrer. Car il n'y a que des insensés qui poiârraient « choisir la première. »
{Cours d'économie politique; l^^ discours d'ouverture.)
— La première voie. Monsieur, est celle d'insensés, vqjjs avez raison. Aussi, est-elle presque généralement suiviej efj
même actuellement par vous-même. Quant à la seconde que vous proposez, et que vous ne suivez pas actuellement, elle exige plusieurs grains de folie en sus de la première. Aussi, aucun homme d'État ne s'en occupe, si ce n'est pour la ridiculiser. Il faut cependant dire : que, tous ceux qui ne suivent point la première, suivent la seconde. Il est vrai que le charivari social existant, se trouve digne de ce parfait accord.
Encore une fois, il n'y a que deux espèces d'associations : générale; et particulière ou domestique.
Les associations particulières ou domestiqueaii autonomes ou ind^endantes de la sanction sociale, ne peuvent rien avoir de commun avec l'ordre social, si ce n'est pour le détruire.
Les associations particulières ou domestiques, soumises à la sanction sociale, font partie de l'organisation sociale. Et, si elles sont en opposition avec l'organisation sociale dont elles reçoivent la sanction, elles ne sont que des expressions d'anarchie.
Il n'est pas une seule association particulière, ayant reçu la sanction sociale depuis rincompressibililé sociale de l'examen, qui ne soit en opposition directe avec l'organisation sociale actuelle, sans même en excepter celle des jésuites. Tant mieux ! l'organisation sociale actuelle, devenue essentiellement anarchique, s'en écroulera plus vite. Ce qu'il y a de mieux encore, c'est que tous, conservateurs d'une part, révolutionnaires d'une autre, rivalisent à qui démolira avec le plus d'ardeur.
Allons! courage, Messieurs! faites des constitutions; organisez des associations particulières, soit de nations, soit de religions, soit de sectes, soit dé métiers, vous agissez providentiellement, et l'humanité vous remercie.
ÏV.
« Le salut de tous est dans l'harmonie so- « ciale etranéantissementde Tesprit de parti. »
Mirabeau.
« C'est vrai^ mais, vouloir anéantir, ou même « coaliser les partis^ tant que les opinions ne « sout point anéanties^ ou reléguées : soit à « Bedlam^ soit à Charenton; est une proposi- « tion digne de l'Académie des sciences morales « et politiques. » Colins, Commentaire.
« Tout homme de parti , voit dans un livre^ « ce qu'il veut y voir. » -Voltaire.
« Et, voilà pourquoi l'Académie des sciences « morales et politiques voit clairement la possi- « hilité de faire durer la société actuelle. »
Colins^ Commentaire,
« Oo peut attendre un acte de désintéresse- « ment sublime d'un homme vertueux, jamais « d'un parti en masse ; les partis ne sont ja- « mais magnanimes, ils n'abdiquent pas, on « les extirpe. Les actes héroïques viennent du « cœur et les partis n'ont pas de cœur. Ils n'ont « que des intérêts et des ambitions, un corps, <t c'est l'egoIsme immortel. »
M. DE Lamartine, Hist. des Gir», liv. VU, 7.
« C'est vrai : les partis n'abdiquent pas , on « les extirpe. Mais, croyez-vous : qu'il soit face cile et sans danger . de vouloir extirper le « parti socialiste ; qui, non-seulement comprend (( les masses ; mais aussi M. de Lamartine lui- « même, et toute l'Académie des sciences moc< raies et politiques, sans le savoir ni le voua LOIR. S'il est un seul membre de l'Académie « des sciences morales et politiques osant affir- « mer qu'il n'est pas socialiste, qu'il se nomme. « Et, s'il a écrit quatre lignes, je lui prouverai «* qu'il est dans l'erreur. »
Colins, Commentaire.
« Il faut que le but det partis soit vague, « comme les passions et les chimères de ceux a qui les composent. »
M. de Lamartine, td,, ch. XVIII.
« L'esprit de corps, principe social quand il <f en résulte le sacrifice de Vintérét individuel « à celui de cette société particulière, devient « anti-social quand il en résulte le sacrifice « des intérêts de la grande société, du public.» Jérémie Bentham, Tact, des asseniMéee législatives.
— abs —
« Les corps sont plus implacables que les in-
« diyidus^ parce qu'ils réunissent en eux plus
« de passions et qu'ils sont moins responsables . »
Chateaubriand^ Essai sur la littérature
anglaise.
(( Il est rare qu*un malade de corps refuse la « guôrison. Les malades d*esprit sont volontai- « rement ihcurables, et souvent prêts a tuer
a LE MÉDECIN. »
Dictionnaire de Boiste, article Guérison.