M. THIERS
LA PROPRIÉTÉ, LA SOCIf.TË ACTUELLE
rr LA SOCIÉTÉ FUTURE.
(S.ii«.)
« Il M'r AriA AitounreicT iccrif PAmi oi « aucun mendiant paimi vurs, afin que 1« Sei- « in>^ur ▼u^v Di«'a voun bi-nïMe dann la teui « qu'il doit vous utieb n pom^e^^sioii. »
DKiTiaoiioM, Ch. XV. V. 4.
« Il y a toujoun eu des pauvres jusqu'ici ; la « terre promise est celle de la Societk ru- « Tvii. » GoLus, Cowimenfcrfrf .
« — Je n*8i pas dit encore, continue M. Thiers, toutes
• les fonctions de la richesse dans la sociêlé. Elle a un autre « rùlo Elle seule peut fournir des capitaux au génie in-
• ventif......
— Cest vrai, Monsieur, clic seule peut le faire dans une foririé qui n'a rien que ce qu'elle prend sur le travail des masses, pour le donner aux riches , doul te \t^\t\\ coiivsXftk
m^ntf^ir f/rn m^m^ masses sous le joug : parce que, comme ity fhi )'; ifhuoji dos économistes, les épargnes des riches fi^fffit f^uttuWT k fto Caire aux dépens du pauvre. Les riches v^ib |f'!ijvf;nl iloiic fournir alors des capitaux au génie infcuUt. MîHH- l'oriHls jiifniiH fail'' Non. Fulton et tant d'autres lu^nf niort^ d;tnH Ifi rniV^rn. Si vous voulez le martyrologe des (ir/'hU'-i d«; riiidmtri'f, M. Julmnl vous le présentera. Ce que \ttii t it'ht'f\ font, «l;iiis 1» ho<:i/îl«'' nclur^lle, sauf les exceptions, ^Vfti <îX(iloil/îr Uî ithiUu yiiii'tïA plulùt le prolétaire Rcmy, l'insmUnriU'. \st pi^drulluntl II m faut même pas leur en vouloir : ijini *\nt'. k nipital domino, il est impossible que cela t^tii ittiiit'iwutt. Main, i\nii\u\ h; travail domine; quand le sol «p|i.'iriM'ni a la propriélécolliîclivo, ainsi que les capitaux acquit par l<f:){/éM<':ralioMM pasH^'^trs, moins ce qui en reste entre l«^. rnaiiin d^^^ individus jiour qm^ la consommation et la prodiirtion ^.oi<;nl toujours au maximum possible des circon- Man4:<'ï)) t*i loujourri au moins dix fois plus considérables Hii't*\U*^ uti lii Mint h présent; oh! alors, il n'y a plus besoin Aitii lU'Ut'^ pour v<Miir i^n aide au ^'énie inventif; la société a iHïtttt foiïi plu» do richesses qu'il no lui en faut pour pouvoir Ut faire. Kl, hoy<»z tranquillol il n'y aura plus alors : ni uioidéniie des scienc<^s physitiuos assii^z sotte pour méconiiniln; Fulton ; ni ucadémie dos sciences morales assez inepte pour II» pohil reconnaître : que, Tincomprcssibilité de l'examen Qi le paupérisme sont aussi incompatibles avec l'exis- U»iiee de Tordre, que réln; avec le néant.
Vax avons-nous llui avec la richesse? que M. Thiers nous aceuM de no pus vouloir souffrir; et, que lui seul veut détruire : car, rien comme ranarchie, n'est destructeur de la riehesse; el, personne, plus que M. Thiers, n'est révolutionnaire, nVst ftunrchlque : puisqu'il veut conserver l'exislenee du paupérisme, à une époque où celte même exislencc est anarchique par essence; en avons-nous fini, répétonsnous, avec la richesse? Non, 11 lui reste, dit-il, un dernier oelui dti oousorver aux rlolies la Jouissance de voir des
û—Lfi rtolM, dil-*ll^ quitte ms palais pour aller visiter € la ehaimière du paune, bravant la saleté, la maladte
< eoDtagiause, et quand il a dèoouvcri celle jouissance nou- € velte il s'y passionne, il la saroore
€ Vottsauries,continue-t-il,sUpprini(>(easup«
€ primant le paupérisme) la plus douce, la plus charmante,
• la plus graeteuse des vertus de l'humanité! Triste réfor*^ « mateur, eoii# mrrtr gâtéfmwre de Dieu, en la voulant € reloudter. Lalsses-nous, je vous en prie, laissez-nous le m cœur humain tel que Dieu nous Ta Aili. «
— Oui, laissez le paupérisme et ses Ineffables horreurs, pour que ces quelques centaines d'opulents qui, selon les calculs de M. Thiers, existent sur trente-six millions d'habitants, puisseut se délecter de tant de souffrances dont ils sont exempts : parce que, selon J. B. Say, ils ont fait leurs épargnes sur les trente-cinq millions d'âmes qu'ils exploitent.
Kous venons de parler de quelques centaines d'opulents, au profit desquels M. Thiers veut conserver les infamies, dont pariait dernièrement IL Pelletan dans un feuilleton de la Presse; voici te passage en question :
m^. . . • Penumit^ dit ML Tliiers, n'a compté tes for- « tunes dans une société; mais dans ua État comme b France « oè Ton suppose douze millions de familles, eu comptent
< trois individus par fimilte, on sait qu'il existe deux mil* ^ lions de flimilles qui ont à peine le néeessairef souvent « MtMK KM aoilT f AiTAM} siz millions qui ont le oéees- « saift, trote ouUions qui ont l'aisance, prés d'un million « qui onl un comaMaoemeot d'opulenet, ei tout au plus
• itM on Iroîi em t o mee qui possèdent l'oputenoe elle- 41 même. »
— Psrmeltes, Monsieur, que Je rectifle id une erreur de ealcuK
Chez ka riches, diet œu qui ont rhlsanee, la (hmilte moyenne peut être de trote individus; mais, chez le pauvre qui souvent n'a pas te oéeeaaaire; et,cbeiedu&q!a\%\a%\ïvtX
DéeeflBaire; quand lui, sa femme et ses enfiDla se portent bien, la famille moyenne n'est pas de trois individus, mais de sii. Et, il faut que cela soit, car à trois individus, il n*y aurait qu'un enfant pour remplacer le père et la mère. Alors le monde finirait bientôt. C'est pour cela que H. dfi Rambuteau, voulant cacher celte différence, fixait officiellement à la Chambre des députés, en parlant au nom du ministère, le chiffre de la famille moyenne à quatre et demi individus.
Nous allons vous prouver que le chiffre de la famille moyenne du pauvre est au moins six. Écoutez et remarquez : que ce qui va suivre est affirmé par une commission, nommée par une société de riches, ou tout au moins de personnes dans Taisance :
c — La Société de Saint-Tincent-de-Paul, de Lille, avait c chargé une commission de faire une enquête sur la situac tion de deux cents familles pauvres, prises au hasard c parmi celles qui sont sous le patronage de cette société, c Voici quelques résultats que nous extrayons du rapport c de la commission rédigé par M. Kneau, médecin distin- « gué de cette ville, et récemment publié (1843).
c La population de ces deux cents familles s'élève à douze « cent douze individus.
c Sur ces douze cent douze personnes, cinq cent quatrec vingt-seize seulement sont des travailleurs; ce sont eux qui « pourvoient aux besoins de tous.
c Ces travailleurs gagnent par an tout au plus six cents c francs, tandis qu'il en faudrait au moins neuf cent soixante- « deux pour leur procurer à eux et à leurs familles, le strict « nécessaire. Le déficit sur le nécessaire est donc de trois < cent soixante-deux francs par an.
< Un tiers de cette population est affecté de maladies c chroniques, la plupart incurables. Sur cent chefs de fac mille, soixante-trois en sont atteints, et près de la moitié • des mères est affectée des mêmes maladies.
c Les quartiers qu'hubitent ces douze cent douze indivi-
« dus paoTres, sont généraleroeDt de véritables quartiers in- < fects et putrides. M. Bineau les nomme ëloquemment la c petite Irlande de Lille. Leurs habitations ne sont bien soo- • vent que des cloaques d'impureté, de puanteur, sans air c ni lumière. Il arrive, pour un grHûi nombre, que la paille c sur laquelle ils couchent, n'est pas seulement renouvelée c tous les ans ; elle est humide, pourrie, fétide, comme la c paillasse qui la recouvre. »
{Journal la Réforme, 8 décembre 1843.)
— Dernièrement, M. Blanqui a fait un tableau de la misère du riche, devant lequel celui-ci est à peine (lerceptible. Vous y voyez que sur vingt et un mille nouveaux nés, vingt mille sept cents périssent avant Tige de cinq ans. Ai-je besoin de vous faire remarquer, que dans le rapport de M. Bineau, la famille moyenne du pauvre se trouve composée de 6,06 individus.
Voici qui concerne encore la durée de la vie : «—Ainsi, dit M. Pelletan,sur mille soixante-dix-huit ou- « vriers {feuilleton de la Presse du 30 décembre 4849), « enrôlés dans les filatures, mille cinquante-six ne peuvent « atteindre leur quarantième année. Ils passent à peu près « devant leur métier le temps de filer leur suaire. A quel « siècle de barbarie faut-il remonter par la pensée, pour m- « trouver sur on espace donné une pareille tuerie? »
Voyez, du reste, ce feuilleton, dont Tensemble fait frissonner d*borrear, et doit faire rougir quiconque ne souffre pas.
Cest pour délecter les ridies que H. Tbiers veut conser^ ver une pareille société.
M. Tbiers termine ce chapitre, en affirmant que le peuple est moins indigent qu'il ne l'était il y a plusieurs siècles. A cela je réponds : que tous les économistes sont d'accord pour reconnaître : que le paupérisme et la richesse cro^f^ent sur deux lignes partllèies; qu'il est impossible de tiM^er dans la société du uV siècle^ une misèfe MomA o^^jy^
M* Blampii a tracée, tableau qu'il a dû adoucir eu aa qualité de représeniaot du bourgeoisismej et que ceux qui maiiitenaut portent des sabots, sout plus malheureux, vu leur développement d'intelligence, que ne Télai^^t ceux qui alora étaient obligés d'aller pieds nus.
La chapitre xii a pour titre : Du wai fonimnêtU du droit de proprUti. Il s'agit de prouver : Qu'il réiulte d$ tout et cm précède, que le travail est le vrai fondement du droit d$ propriM.
Ceci est aussi vrai que possible; «eulement c'est incomplet. Il aurait fallu dire : qu'il résulte de tout ce qui précède, que le travail et le sol sont la source, et par conséquent les vrais fondements du droit de propriété. D'où il aurait fallu conclure : que ceux qui sont privés de sol, ou de ce qui le représente, sont également privés du droit de propriété, et peuvent seulement posséder ce qu'il plaît aux propriélairea de leur donner»
Au lieu de cela, M. Thiers a groupé des paroles avec le même talent qu'il sait grouper les cbiffires.
Du reste, rendons justice à qui le mérite : H. Thiers a parfaitement vu : comment, la propriété doit être organisée, pour qu'elle soit ordonnée à la justice et non à la force. C'est précisément pour qu'elle le soit, comme M. Thiers dit qu'elle doit l'être, que nous sommes socialistes. Nous sommes môme enchantés d'avoir à notre tête un homme aussi capable que l'auteur du nouveau traité de la propriété.
« — La convenance, dit-il, sous le rapport de l'équité, de <c laisser à l'homme le fruit de son travail, l'intérêt, soiw le <c rapport de l'utilité sociale, que le travail soit actif, énertf gique, infini, doivent évidemment lui en faire garantir les « produits, et la société est tout aussi fondée à proclamer la « propriété comme un droit, qu'elle, etc. »
.^^Prenez garde, Monsieur! il ne s'agit pas de droit, id; H g'effit't d'organisation pour cause dfuHUlé socialo. Nras m MfoM pea encore a^i y a on daoit, ayant une sanelion «iiUi
4W la fMt», iiisqne-li, il D*y a de droit possible: que la force, «Mqièe du uoa d*uB droit dérivant excluaiveoMut de la nécessité de Tordre.
La soeiélA, dites-vous, a intérêt que le travail soit actif, énergique, infini. CVst irès-vrai. Mais, tant que le droit ne peut être examiné, sons peine de mort sociale, le travail ne peut élre aclir, énergique, infini, que^i les masses sont empédiées de l'examiner; et cela, tant que l'examen n'est point étveêu ineompressible, ne peut être socialement obtenu : que par la cospiète exploiuitiou des masses au profit du plus petit nombre possible des forts. Vous eomprenes alors pourquoi réquité, c'est-A-dire, la nécessité de conserver la vie à la soeiélé, ne permet pas de laisser aux massas le fruit de leur travail, ni de leur en garantir les produits. C'est pour cette raison que mille cinquante-six individus sur mille soixante-dix-huit, doivent avoir filé leur suaire avant leur quarantième année. Mais, du moment que Texamcn devient incompressible, vous concevez que les mille soixante-dix-huit individus, que les pères de vingt et un milleenfants, etc., etc., ne sont point excessivement contents. Si, alors, on s'obsti- ■tit i leur dire : que le monde oe peut exister que de eette manière; ils répondraient peui*étre, aoit : mais, alors, pour qse rèquilè existe : ekacm son leur; et il sertit possible que M. Tbiers flkt obligé d'aller filer dans une atmosphère plus que tropi ca le. Vous eoneevez, monsieur Tbiers, quelle effroysble aurebie il en résulterait. Il fsut alors que la propriété soit orgiBisée absolument eomma vous le dites; et, voilà pourquoi MUS sommes aussi soeialistea que vous. Fort heureusement, cette organisation est plus tÈCi\e h établir que ne pourrait l'être une loi sur la liberté de la presse ou sur la liberté de renseignement; un seul tour de scrutin en ferait l'aRaire. Maiiileiiant que nous avons M. Tbiers, et la nécessité sociale pour coadjuteurs, nous pouvons être parfaiteoMit Uranquilles s« le résultat.
M, J'aurais bien eaux peliles rsauirques i Cure, peut-être sréMgmlVB peu do mon bol, par conaéqoeut légémMnt
épisodiqoes. Mais, les épisodes délasseoL Et les beaux Joars qae M. Thiers nous promet, font désirer de ne mourir que de vieillesse.
M. Thiers a résumé son livre dans la ligne suivante :
c — A chacun pour le traoaU, à cause du travail, dame la « mesure du travail. >
— Certes, c'est admirable de justice ; et nous félicitons M. Tbiers d'être entré aussi fkranchement dans la voie du Seigneur. Seulement, nous craignons qu'il ne reste quelque léger scrupule sur la conscience de l'illustrepubliciste. Pour être irréprochablement juste, il aurait fallu dire : que ce résumé appartient à Saint-Simon, à Fourier, à Pierre Leroux, i Louis Blanc, à Proudhon, et peut-être à etc., M. Thiers compris.
M. Thiers ajoute :
« — On peut donc le dire dogmatiquement (car il est c permis d'être dogmatique après avoir démontré), le fondec ment indestructible du droit de propriété, c'est le travail. >
— * C'est ici que va se placer notre seconde remarque que nous soumettons au socialisme de M. Thiers.
En justice absolue, le fondement indestructible du droit de propriété c'est le travail. Mais, en justice relative à l'ignorance, pendant laquelle la force est le seul critérium possible de la justice, le fondement de la propriété est exclusivement la force. Ce fondement, qui a été le seul possible jusqu'à présent, se trouve maintenant pulvérisé par l'examen; il faut donc que la propriété, relative à la justice absolue, devienne désormais la base de l'ordre : c'est ce que veut H. Thiers; et, ce que nous voulons avec lui. Maintenant encore une légère remarque. Dogme et démonstration réelle sont incompatibles : une vérité démontrée cesse d'être dogmatique, c C'est c la profonde ignorance, dit La Bruyère, cité par le die- « Uonnaire, qui inspire le ton dogmatique. » c Les dogmes t sont multiples et changeants, dit eneore le dîotîonoaire. •
Or rien B*6tl tamuaUe oonuie la ▼érilé déoMmtrée. Ce que Bon en disons est aealeaieot pour que H. Tbiers se délie de est anoar da dogme qu'il a réoennient contracté. C*est une maladie dangereuse pour un philosophe; elle conduit a« BysUcisme. Si M. Thiers, i rimitation de Newton, allait tnir par présenter à rAcadémie des sciences morales et politiques, un commentaire de TÂpocalypse! Cela pourrait l'empêcher de continuer l'histoire du Cansi^at $t de f Empire.
Le chapitre xiii a pour titre : Ih la jMrucripiùm. Il s'agit de démontrer : ^ire ti la fraude et la eiolenee eoni quelque^ foie Forifine de la propriété, la tramewmtian pendant quel^ fwes années, $ou$ des leis régulières, lui rend le caractère respectable et sacré de la propriété fondée sur le traeail.
Pour être exact, et puisque jusqu'à présent, la propriété n'a pu être fondée que sur l'exploitation du travail, il aurait hllu dire : c que si la (Iraude et la fiolence, en donnant ce € nomè œ qui est fait contre les lois existantes, sont quel-
• quefois l'origine de la propriété, la transmission pendant
• quelques années, sous les lois existantes, lui rend le ca- « raciére respectable et sacré de la propriété fondée sur les t lois.»
Cette petite erreur corrigée, et M. Thiers est trop raisonnable pour ne pas y consentir, tout ce qu'il dit de la prescription est irréprochable.
Le chapitre xiT a pour titre : De Veneakissement dee choses par Cextension de la propriété. Il s'agit de démontrer : que l'univers loin itétre envahi par Vextenskm croissante de la propriété, est au contraire c chaque
• jour plus approprié aux besoins de l'homme , plus aec cessible à son travail, et que la propriété civilise le monde « au lieu de t usurper. »
— Parfaitement dit, monsieur Thiers! irr6prochable,je ton amure. Mais^si la propriété civilise le monde, par l'excellente raison : que ctvilisation et humanité sont une seule et méaM chose; ai qu'abasMa de propriélé n'eat autre chose qu'ah-
siMedliHiaiiîlé; îl aeiaiiëfMtptSMQMehm; queeeiw ltfMOi¥aDi8êU0il dé propriétà n*6it pts BueotptîUe de hm Mllre TttiarohM, c'esMhdîre la barbam ao aein de la dvi* baatiOD. Suppoeeas par exeaiple t que l'on voulût rétablir Porganiaatîeii de propriété existaole avant 1789; el qa'oa voulût envoya le roturier M. Tbiers aux galères, paroe qu'il anrait toéaolt une perdrix, soit un Aûaan ; oroiU4l que œ aorait UA excalleiit moyen d'augamiter la dvilisalioa fhincanet Cest comme si, dans un quart de siècle, un nouveau H. TUers venait prétendra : qu'un excellent moyen d'activer la cîvili^ satîoD européenne, ce serait de ramener l'organisation relative à 4849 : où il mourrait dans la ville la plus ricbe du département le plus riebe de la France, vingt mille sept cents enfants sur vingt et un mille avant d'arriver à leur cinquième année; où sur mille soixaote-Hlix-buit ouvriers filateurs, mille cinqnante-six devaient avoir filé leur snaire avant leur qbarantièffle année.
Du resta^ ce cbapitre de M. Tbiers estun des plus longs de son ouvrage et mérita nn examen 2
nr.
m léterfwr a dernier nom (de propriété) m MI Mlle dMDnlnatffBttiiORUiv,e'ett0a- « ployer un langage ineiaci et oangeuuy. v
m tti arrélaift m ptntét mr la nomAri et tar s€« nppoili, on e»t frappé d'une i4ée générale qol mérite bien d'être approfondie.
Ceil que preupie tovitee les inttfttatlont el- Yilet ont été faites roua lis mopaiKTAïait.
On eel eArayé, en tejrant le eode des lois, de n'jr décon? rir partout qie le témoignage de cette Tèrité. On dirait qu'un petit nombre d'bommesy AMÉi tHiM paitacé la Tnit, ont toii des lois d'union et de garantie contre la mollHiide, comme Ils enraient mis des •bris dans les bois pour se défemlre dit bélès sauf âges. Cependant on ose le dire . après avoir étabU des Ms de propriété, de fiflttee, do liberté, on n'a presque rien Cait encore pour la classe la pins nombreuse des citojreai. Qn bow impniia tm lois de pmpriété? pourraieot-Us dire, uoos ne noisédons rien. Vos lob de JosOee? noos niiTons rtta à dél^i^ra. Yen Ma de UbeiU ? li M«s ne tnfaiUons pas, demain noos momv
« Les propriétaires et la classe de la aallMi qui Tit de son travail, lont des Dons et des •nitoaia eaM déteost q«l tHnat anniLi.
On ne peut augmenter la part de ces der- Hefs^ qu'en trempant te vlgfluNse des autres, •i M l« ampéebMl dg a'éUMer.n
NiCKIB.
• — ToDte propriélô, dit M. TbierSi a donc pour origine « le travail. »
— Allons, alloDs,MoD$ieur ! ne nous prenez donc point si IMIement pour des nigauds. Il y a : travail relatif è la raison ; et travail relatif è la violence. L'emploi de la force eal «D travail; le voleur est un travailleur. Dites : toute proprtéiâ, lasJaliMwil BMaHei*i»€t toU qm te I/êêHm ^kmim
n*est pas nécessaire, a nécessairement la force pour origine. Ensuite, la nécessité sociale a inventé la prescription pour légitimer la force. C'est ce que vous avez prouvé, avec une admirable justesse, dans le précédent chapitre. Désormais, ayez donc la bonté de nous prendre pour des gens qui voient clair dans leurs affaires ; et, qui parlent assez clairement, pour que le dernier des prolétaires puisse comprendre ce qu'ils disent.
Voyons, Monsieur, jouons cartes sur table, il y va, je vous assure, de votre intérêt plus encore que du nôtre. Vous voulez défendre Taliénation du sol à des individus. Vous avez raison. Monsieur; cette aliénation est utile au développement de la civilisation ; elle est plus encore, elle est nécessaire à Texistence de l'humanité tant qu'elle est possible. Mais, vous voulez qu'elle soit éternellement possible. Voilà ce que nous contestons. Du reste, comme, entre une affirmation et une négation, il n'y aurait que le coup de poing pour juge, si la raison n'intervenait; comme, ni vous ni moi ne voulons du coup de poing; et, que tous les deux nous préférons la raison ; je vais vous laisser le choix des armes et du terrain; je vais écouter vos raisons; je suis persuadé que vous écouterez les nôtres. Le sens commun restera seul notre juge.
Votre première raison est, d'accepter la comparaison de Cicéron ; qui, assimile la terre à un théâtre, où tous les sièges seraient occupés. Puis, raillant le paupérisme, vous dites :
« — Les propriétaires de ce théâtre sont gens bien mal
< appris assurément de ne vous avoir pas réservé une place;
< mais en seriez-vous beaucoup plus heureux si le théâtre
< n'existait pas? >
-* Vraiment, Monsieur I vous imaginez-vous donc, que c'est le bourgeoisisme qui a créé le soi? PTexiitait pas, est très-joU!
« ~ il euste, oontionefr^aufti iloisie, J6.le aais^et eelt
€ TOMCMMUiBilaiiqiid je ooB|Mli8,c*esl le déplaisir de « saToîr que d'autres s'afliiiseot sans tous. »
— Croyei toqs, Monsieor, que celle raillerie soil de bon faftl : m-è-vis de gens dont mille cinqaanle-six sur mille soixanle-dii-lniil doiTenI atoir filé lenr suaire avani leur qnranliéme année; el dont fingt mille sept cents de leurs enliuits sur Tingl el un mille périssent de misère avant d*a- Toir accompli leur cinquième année? Croyez -vous même qu'elle soil prudente : lorsque ceux qui osent la proférer soni m irès-inAsM aùnorité?
€ — De pins, ajonteaE-vous, ils sont prêts à vous admettre, « mojenaani quelque service de votre part, peul-on les taxer « de trop d*exigence? »
— n s*agil de paupérisme, de Tespèce d'esclavage le plus aCroce que Plmmanité puisse soufTHr. Et voilà ce que vous appela quelque service?
« — Tous allei voir, continuest-vous, que celle réponse
< est exactement applicable à la propriété. »
— Ekbimil voyons, ce sera curieux.
c — Vous arrives, dites-vous, dans une société déjà fort € dviUsée, oà la terre est couverte, il est vrai, de proprié-
< laires, mais oà elle est fort bien cultivée, et produit ceni « fNS ce qu*eUe produisait dans i*origine; où les machines
< multipliées et variées à Tinfini ont rendu le travail mille « fois plus rapide, et ses produits mille fois plus abondants
< et moins coûteux ; où l'on a de quoi se nourrir, se vêtir, c assez pour taire vivre trente-six millions d'hommes au lieu € de quatre ou cinq : avouez que les générations qui vous c ont précédé ont été bien coupables envers vous, car il y a « sept ou huit siècles vous auriez eu pour toute chaussureun « aMireeau de cuir lié par des cordes, et vous avez des sou- « Uers qui metleni vos pieds à l'abri du froid, de rhuaûdilé
• 6t te aiilioas, vom nmim^ dio«, elo« GonvtMt q«e ee9
c c^nératioas voua ont ftdt bien do tort? •
— Croyez vous, Monsieur, que oe qua vous dites actatenemeut aux prolétaires, les nobles n*auraienl pu, avec autant de raison, le dire aux bourgeois? il s'agissait alors défaire participer le bourgeoîsisme à la propriété foncière ^ pourquoi donc ne voulez- vous point que rbumanitô tout eutièce y participe? Parce que celan*est pas possible, dites-vous. Si cette raison est bonne, il est inutile d*en donner d'autres. Et, si elle était bonne, vous ne raCTaibliriea point en en donnant d'autres mauvaises. J'aime, Monsieur, la raillerie tout autant qw VOUS) seulement, quand on remploie pour disMter, &esi dé^ un mauvais signe : soit pour la eavae; aoil pow Tifocat chargé de la défendre.
« «^ Mais, dil-on, ijoutez-vous, si je veux eullivec la « terre, ou si je veux &ler, il fout que j'emp^iuMia I» terre ou « le métier à filer. »
— Vous voudriez bien, n'est-il pas vrai, au mojen de ce tour de gobelet, faire confondre la propriété fonci^ avec la propriété mobiliaire, le sol avec le capital? Tout le bourgeoisisme est dans cette niysUlcationé liaiê fait &ÊOÊftè&, le capital domine le sol ; et, comme tout vient du sol, le propriétaire du capital est alors maître de quiconque se trouve privé do sol et de capital. Mais, lorsque, par suite des développements de l'intelligence et de la nècc^tté sociale, le sot appartient ft tous; lorsque, par suite de ootte richesse collective, l'éducation et l'instruction peuvent être te propre de tous; lorsque, par suite toujours de cette même richesse, tous peuvent être dotés en entrant dans la via Indlvlduette, et oda d'une dot qui augmente de génération en générattoo; alofs, l'homme propriétaire du sol, ne peut plus être Pesctave du capital ; c'est le capital au contraire qid se trouve resctave de l'homme, et le sert, comme maintenant le prolétaire est l'esclave du propriétaire du capItaU 11 n'y a point de raillerie ici; et, c'est clair comme le miroir de ta vérité»
Afriê wébr Jilé m peu de poadffB de perlinpinpio à pro* pM de 11 firopriété noMliaife, que tou Toudriez bien foir eenlMidye evee la propriéêé foDclèra) tous lyeotei :
c — n D*y a donc pas usurpa lion quant aux richesses mo- € biliaires qui n'existaient pas airant les générations dont on « se plaint et qui n*onl existé que par elles. Eu est-il autrec sent pour la terre, qu'elles n'ont pns créée, qu'elles ont c trouvfe gisante au soleil, et sur laquelle elles se sont éta- « blies, ce qui tous gène, vous dernier venu, car vous trouc vei les diaBips les plus fertiles occupés? c'est ce qui sera € hcileàéclairctr. »
—Tant mieux. Alors nous irons plus vite. Mais, j'ai bien peur : que vous ne soyez long ; et , de plus , que vous ne soyez pas clair.
€ — * La fmH&Od de la lerreétaDt, dîtea-vous, le seul moyeo « de hire eoBcamir les agenta natureb l'air, Teau, le aaleil, « à la fnéÊttioû des denrées aliaMOiairea, il y a, dit-on, oo- € copalîM fdMM/e de celte sorfiMe au profil de quelquesc ma al ta déâriaient de toos. »
«^ L^expression ghanle est ici singulièrement appliquée; MM vepoM bientAI rexpretsion ^omwÊode appliquée aMsi singtt l i èm MoL liais laissoM continuer M. Thiers«
« «— Je dirai d'abord aux inventeurs de l'objeeiion : com - € Mesl VMlev^Mus qu'on s*y prenne ai le seul moyet de eul- € tiver la terre est de s'y établir, de s'y fixer, de la couvrir de € travaux séculaires, de l'enclore et de l'interdire à tout vec nanU La Sociéli, s'il n'y a pas une autre manière d'enga* € ger des colons à se fixer sur le sol, est-elle bien coupable « de leur avoir accordé une pareille concession ? »
— La aodélél ce serait d^ une grande question de sa« ^•ir ra firi défléreociela aoolétè réelle, de ta société qui eo pTMd laMm. GTm aerail ue autre de savoir : ai, la aacièlè pMlaei agit. U qMSlion Meo^rtiqMcaH : «Il fliHail AMê^
— léguer 06 qu'elle dit réeUement, de oe que Icb pta t&tu ïm font din^. Mais, acceptoos ce que veut M. ' la nociété avait dit aux nobles : qu*dle élabliasail Vffur le droit de primogëniture sur le sol; parce que c^élait le seul moyen d*avoir de l'ordre. Pourquoi afa-roos \ i\n(i ce que la société avait établi? Et, pourquoi n*a mAme pas su prouver : que, la société avait menti; puîsqiic defmls il vous a été impossible d'avoir de l'ordre! quant h dlm : que, Taliénation du sol aux individus, est le seul îiwyN} poMiblo de voir les terres cultivées; vous convien- ArH qu'A vrX /ignnl, J. B. Say, le prince de l'économisme, lu priiico du bourgroislsmo, en savait autant que vous.
« — ' t«n lorro, dit-il, est un vaste atelier divisé en une ff fiitiln il«i nompnrllments propres à diverses productions. « t4$ mlur0 II fuit prêtent geatuitement à l'homme de ce Il Ptiêle utelier: mais, certains hommes entre tous, s'en sont « IcMI^AMRii» H ont dit; à moi ce compartiment, àmmeei I» mirpi vp(fiéi en ëortiraeera ma propriété ea^luiioe^ ....
# Mit M HAiirAlt discMinvnnir que le propriétaire foncier n'ait fitHiP ppraumnptlpment eikn <) l'utilité annuellement pro- « ilHtteiluneunpaye. • {Notes sur IXïcajuh).)
■■■ Vm Aph)» avoir alllnné que le service du propriétaire roiinlor ii'AjouItt NINN h l'utilité produite, il dit ailleurs :
« Non MirvifHi (du propriétaire) est commode pour lui,
* iHNiM iioiiN M saurions nous on passer.» {Des systèmes stÊT lu priuluplion territoriale.)
Il oui (Wiilniil que si la propriété est utile, si elle est intii^rotilo tk rtiliinniiilé, le propriétaire Test également; car il M'v N pft«i ilo propriMé sans propriétaire. Mais, le sol doit-il fi|i|iiii'litiiir nu proprliMairo collectif ou au propriétaire individuel i H, doll-ll appartenir tantôt à la propriété individuelle fi| I11MI6I A In propriété collective; puis, quand chacune de i^A (liMU rspécosde propriété doit- elle dominer socialement? VoilA (Ml qu'il aurait fallu dire pour être clair. Mais, remar-
4pti 00 que MM. Tbiera et J. B. Say pea?ent éDoncer de plus iMi poorappuyer la propriélé individuelle du sol 1 M. Thiers dit: qu'elle est jénante pour les non -propriétaires; et J. B. Say : qu'elle est commode pour les propriétaires. Quand, deux avoeats comme MM. Thiers et Say, n'ont rien de Biew à dire en faveur d'une cause; c'est qu'eux-mêmes h reeonnaissenl comme perdue.
il n'y a donc, chez M. Thiers, comme chez J. B. Say, fi*iiiie logomachie sur le moi propriétaire, lequel doil sigili- 1er: tantôt propriétaire individuel; et, tantôt propriétaire eoUectîf. Maintenant, admettons : que , la propriété foncière iidiTidiielle,8oit de nécessité sociale pour les commencements de sodélé. Â cet égard, nous avons donné des preuves qui ool échappé à MM. Thiers et Say. Faut-il, pour cela, que eeUe espèce de propriété soit éternellement la hase de Tordre? Noos avoDS prouvé le contraire; nous avons prouvé : que^ ■aioteiiaiit la propriété foncière doit appartenir à la propriélé eolleetive sous peine d'anarchie; et, que maintenant, cette dernière propriélé est devenue de nécessité sociale; comme la première l'était : tant que l'examen pouvait éUre sociale- ■eot comprimé.
« — Cest, il me semble, continue M. Thiers, une bonne « raison, ipiîs tout, quels nécessité. »
— Ob! oui, elle est excellente! elle passe même avant la justice absolue. Mais, c'est précisément, au nom de cette ■éme nécessité que, nous demandons l'entrée de la propriété fbncière à la propriété collective : non pas pour qu'elle puisse avoir lieu, puisqu'elle est nécessaire; mais, pour éviter rtoarcbie, que l'obstination à repousser cette propriété, aaaèoe ntcsasAimEiiEirT.
Maintenant, écoutons M. Thiers, avec toute l'attention possible. En vue de l'agonie de la société prête à périr; lui, son représentant, va faire ses derniers efforts pour essayer 4é 1» sauver.
« — .H jAi H est vrai , dit-lL la ressource qui consislorait
* è réserver h TÉtat seul la propriélé des terres; et, à ne les « donner qu*cn fermage, soit pour un temps, seil pour la « vie, à relui qui les cultiverait, c'est-à-dire à la mainmorte, « la mainmorte, restauration récente de nos sublimes In- « ventcurs! Faut-il donc répéter ce qu*ont dit tous les écono- « mistos du siècle dernier, que la mainmorte est un système « barbare, anU-agricolo,quela terre pour être bien cultivée « doit être unepropriété privée, qu'alors seulement l'bomme «c lui consacre ses soins, son temps, sa vie, s'il est ft la fois (t cul(ivateure(proprlétairc,sescapitauxau moins, s'il n'est te que propriétaire; que les terres de l'ancien clergé produire sent aujourd'hui seulement en impftt, presque tout ce «( qu'elles produisaient autrefois en fermage ; que de plus elles « nourrissent leur propriétaire et leur fermier; et qu'elles « présentent un spectacle d'activité extraordinaire , au lieu <t d'un spectacle de négligence et de langueur afDigeanl. »
•—- Nous vous avons, monsieur Thiers^ laissé grouper vos paroles. Voyons-en la valeur.
D'abord savcx-vous bien ce que c'est que la mainmorte? A celle expression le dictionnaire dit :
-«» S. F. État de ceux qui ne peuvent rendre les devoirs féodaux.
— Vous voyei que la mainmorte est une coUectiou spéciale d'hommes, et non une organisation de propriété. Quant aux terres qui nppnriienuent à la mainmorte, elles appartiennent i\ une collection |>arliculière, à un monopole, à un priviléfîe. Quels rapports d'iilentîlé y a-t-il : entre la généralité des individus et une collection d'individus; entre la totalité du sol et une partie du sol; entre le privilège et l'égalité f Quant aux économistes, c'est la dernière des autorités qUc vous devriez citer. Car, s*il n'y a pas de sottise qui n'ait été dite par quelque philosophe, selon Cicéron ; il est certain que si Cicéron eût vécu de nos jours , c'est du mot économiste qu'il se fût servi (1). Il est cependant vrai : que le système
(1) Nous lo rôpclous ; l'Empereor disait à Sainte-HdlèDC : qu*iiic aonar- <*bie, même rie granit, serait pulTéritée par les seules idées flét fcoftooiaes.
i«aiuBi"r(8b!t*tst birbiin^ot ciiili-agrirole. Mais, vous miriez M ijMlfr : qoe le plus barbare el le pins anlî-agricolc, api es b Bainoiorle, est le bourgeoislsme. Si vous tWoi agrieiiltear, Momieiir, vous rougiriez, en parcouranl la France, de %mt TéUC de noire agriculture; ol, j'ai prouvé : que cet état M pNl qH*eiDpirer, tant que le sol n'est point entre à la propriété oolleciive. La production, sous le système bourgeois, esta la production, sous le système rationnel, ce «lue la prodactioo, sous le système sauvage, est à la production sous le système de nuinmorte. Vous voyez : que, le mot production, dont les économistes font taiil dVlalage, ne nous effraie pas; crpendaut, nous le subordonnons constamment au mot con* semwmtian. Maintenant , continuez :
« — Mais supposez , dites-vous , cette vaslc mainmorte « rabrassaot twte la propriété en Fr.Hice »
— Eat-ee à dessein. Monsieur, que vous diies ioufe la propriété? Vous savez bien : que le sol ne conslihie qu*unlf partie de la propriêié. Mais, vous aimeriez : à idenlitîer le solaucjpilal; la propriété naturelle, à la propriélè artilicielli^ alors, le bourgeuisisme se trouverait établi sur une base iuébrauiâble. Le sol. Monsieur, n'est un instrument de travail qu'au figuré; te sol n'est pas seulement un outil (ei/f(e), il eaiXËCBttAiRE ; il osi le xiiie quâ non. Ne confondez jamais, s'il vous pinit, le tiécessaire avec Vutile. ContinuL*z :
c — Le sort, diles-vons, de celui qui veut se c>»n>;iererà • la coHore des champs en serait-il meilleur? Il serait cent c fois pire, car de libre qu*il est aiijoui*d'hui il serait esiMave. »
— Allons, Monsieur! bien ! Prouvez, el nous nous recon* n.-)Urriiis complètement vaincu. En allendaiit, peruietlez-nou5, a [»ro|»os de la liberté de nos prolétaires ayricolrs, de vous citer l'autorité d'un économiste, que, prokiblenieul, vous ne rtemeret pas. Ce sera un nouvel épisode qui pourra nous délasser d'une di!>cussion tant soit peu aride peul-étn'.
«—Dans les États du Sud (ÊiatsUnis d'^m* rii'ir), U
c moitié de la population, dit M. Michel Chevalier, y est c composée de prolétaires, dans toute l'acception du mot,
« C'EST-A-DIRE D'ESCLÀVES. »
{Lettres sur ^Amérique.)
— Voilà, nos prolétaires libres comme les nègres de la Virginie. Tâchez donc de vous accorder avec M. Michel Chevalier. Ce que vous appelez liberté, il l'appelle esclavage.
c — La bourgeoisie, dit-il encore, est responsable, de c mollié avec le gouvernement à qui appartient l'initiative c de tous les grands projets d'amélioration, de l'avancement
< de vingt-cinq millions de prolétaires agricoles. » (Idem.)
\ — Vingt-cinq millions de prolétaires agricoles , c'est-àdiie d* esclaves, sans compter ceux de l'industrie au sein de
la^iuelle Vous savez ! je ne le répéterai pas. Trouvez-vous
^ cela soit infiniment préférable à la mainmorte, qui au moins ne laissait pas périr vingt mille sept cents entants sur MÎDgl et un mille en cinq années?
'Te — lei même, dit encore M. Michel Chevalier, où Pouc vrier des villes et le cultivateur des champs, au lieu d'être « comme au Nord les souverains du pays, ne sont que des
< esclaves, il y a plus d'abondance, phis de confort maté- « riel, pour les classes laborieuses qu'il n'y en a chez nous.
< Aussi la population noire pullule-t-elle plus ici que ne le a fail chez nous, la population des campagnes. Notre paysan « fait autant d'enfants que le noir de la Caroline ou de « la Virginie, mais chez nous, la mort que la misère amène
< par^la main est àctite à repousser des bras qui vou-
< draient venir faire concurrence à ceux de leurs pères, et à « fermer pour toujours des bouches qui demandent du pain
< que leurs parents ne peuvent leur donner. » (/iam.)
^- Active I oui; v^ngt "mille sept cents sur vingt et un mille on cin^jinnées. C'est, effectivement, d'une effroyable activité! ' * .
- îl -
« Tout ce qu'on peut espérer dis bases ac* « TCBLLBS a été r*Ma»%é , et 1*od retombe to«- « jours dans la même uruière. Il faudiàit ■■- « FA lis LA kaEXCK, la placer sur un nouveau « piédestal, en retirer toutes les conséquences, « sauf à intercaler les anciens aperçus. »
Lapuci.
€ — Lni donnerail-on, dît M. Thicrs, la terre gratis sans qu'il payél un fermage? Quoi, une terre parfaitement aménagée, couferte de travaux séculaires, valant incomparablement plus que la terre en friche, serait donnée au même prix, G'esi-è-dire pour rien! El, en vertu de quelle préférence douneraii-on à Tun le beau vignoble des bords de Il Gironde, à l'autre les sables stériles des Landes? pivce qu'il serait le premier inscrit, par exemple, ou bien le plus habile, ou bien le militaire le plus brave? Quant au premier inscrit, il suffirait donc d'être le plus pressé I Quant au plus habile, ce serait Monsieur le maire qui en déciderait! Quantau militaire le plus brave, une pension inscrite to grand livre n'est-elle pas une récompense plus facile à proportionner au grade, à l'dge, aux services! Comment d'ailleus y aurait-il une classe à laquelle on fournirait gratis les instruments de son travail, tandis que toutes les autres seraient obligées de se les procurer à prix d*argentT Fournit-on au fliateur, au tisserand, au forgeron les éta- JMisaemeots dahs lesquels ils exercent leur industrie? L'i- •égalité serait Intalérable, et si l'État avait dans les mains tfUe Mie valeur qiie la propricié de toutes les terres améliorées; il devrait évidëinmenl, pour ne i»as éire lu^u^ile
« jusqu'à riuiquilé, la louer, comme il fait pour (outes les < propriétés qu'il possède? »
— C'esl par ici, Monsieur, qu'il aurait fallu commencer. Vous ignorez donc : que, donner à son adversaire de mauvaises armes, dont il ne veut nullement faire usage, c'est avouer qu'on a peur de celles qu'il possède? Oui, Monsieur^ l'Élal louera tout bonnement le soi. C'est, comme vous le dites, un moyen excessivement simple. Ceux-là seuls sont toujours bons.
c -^ Hais, alors, continuez-vous, quelle différence y au- € rall-il à éire fermier de l'État, ou bien d'èire fermier des € particuliers? Quel avantage y aurait-il à avoir changé « l'une de ces dépendances pour l'autre? Quel avantage ! On « va le juger. »
— Certes, Uonsieur, nous allons vous écouter avec la plus scrupuleuse attention. Permetles-nous seulement de vous expliquer et la différence et l'avantage.
La différence t c'est, que payer au propriétairo privé, c'est payer à un autre; et, que payer à l'État, quand l'Étal est composé de tous, ce qui à la vérité n'existe pas aous le bourgeoisi^me, c'est payer è soinnéme. Voua coneevei que la différence est déjà considérable.
Les avantages sont relatif : 1^ à la quantité des produits; 2* à Tavanfage que le producteur en retire.
La quantité de produits est relative : à la prodttetivité de la terre; aux connaissances du fermier.
Sous le bourgeoisisme, la terre n*a jamais la moitié des capitaux qui lui sont nécessaires : par Texcellente raison qu'ils rapportent plus dans l'industrie ou le commerce. Sous le bourgeoisisme, les maux causés è l'agriculture par le moroel* îemcnt, lo parcours, la vaine pâture, l'absence d'un systdme général d'irrigation, de chemins vicinaux, etc., sont absolumenlirrémédiables. La productivité de la terre se trouve donc incomparablement moindre sous le boufgeoisisme Une sous l'ordro rationnel. •. • '
&MIS le jnppori dMconnaîisances agricoles^dlcs sont toujours tu aioioiuiD possible des circonsiances sous le bour* gooisiiflie. Sous Tordre rationnel, elles sont toujours et aéeessairemeot au maximum possible des mêmes circonstances.
La quantité de produits est donc incomparablement plus grande, sous Tordre rationnel, qu'elle ne peut Têtre sous le bourgeoisisme. La différence à cet égard est du maximum an ainiBUB.
— Arrivons à Tavantage que le producteur retire du prodttîL
Sous le bourgeoisisme, le producteur n*a d'avantage à espérer que sous le rapport du capital qu'il possède : parce qu'alors le salaire de tout travail quelconque y est, néccssaireBeotf au minimum possible des circonstances. Aussi, tous ks fermiers ricbcs se retirent-ils, ou plutùt tâchent- ils de faire en sorte : que, leurs enfants puissent se retirer de Ta* griculture. C'est, qu'en effet, les capitaux valent inflniment plus dansnndustrie ou le commerce. Sous Tordre rationnel, an contraire, le salaire se trouve toujours au maximum possible des circonstances; et, dans ce cas, le bonheur de la vie agricole y attire avec autant d'attraction, qu'il y a maintenant de répulsion pour cette même vie , à cause des maux qui s'y trouvent attachés.
Haintenanl, monsieur Tbiers, vous avec le champ libre pour nous prouver : que, l'avantage eat en faveur du système bourgeois. ' ^
€ — Dana la société actuelle, dites-vous, ordonnée par la € naUire, non par les faux savants, le fermier se présente « au propriétaire et traite librement avec lui, il se base sur « le prix des denrées et offre un prix. Le propriétaire se € base sur le prix des immeubles et en exige un autre} ils € centeslent» finissent par se mettre d'accord, de manière c que Tun puisse retrouver le prix de son travail, l'autre € TinU^rèt de son capital. »
— Soif, aioosiairThiefs,no«s|NraiTiiiB¥WBdirei|«e la liberté o*esi pasiaul i fait aossigrasde de la pari da fenûar. NalV lai an»! est 00 capitaliste; i! n*j a de qoerelleseiitre en : que. Mît le plus ou le moins de part qaHs auront dansfeaL-
ploilatioD du prolétariat. Continuez :
€ — L'État, an contraire, dites-voos, étant propriétaire, « ? oici ce qui se passerait* »
-^ Voyons ce qui se passera. Nous sommes tout altoition.
c — N'ayant pas dans le fermage libre un étalon pour € Juger du produit des terres, il (l'État) en fixerait la rente € comme on fixe les appointements, au gré de la faction do- € minante. A une époque on dirait que ce n*est pas assez, à € une autre que c'est trop : les fermages varieraient ainsi à c l'égal des traitements, et comme il s'agirait d'une question c de laquelle dépendrait la vie de tous, la République serait < déchirée. »
— Vraiment, Monsieur! Alors, nous serions bien malheureux! et, mieux vaudrait rester sous le bourgeoisisme. liais, le bourgeoisisme nous conduit à une effroyable anarchie : car, voire co-bourgeois, M. Michel Chevalier, dit en propres termes :
« — Il y a un abîme entre le bourgeois d'une part, le c paysan et l'ouvrier de l'autre. Le bourgeois ne sent rien € do commun entre lui et le prolétaire, il est convenu de re» « garder ce dernier comme une machine que l'on loue, dont c^ou se sert et que l'on paie tout juste pendant le temps c qu'on en a besoin; de même aux yeux d'un grand nombre « de prolè|Mres> le bourgeois est un ennemi dont on n'accepte « la supériorité que parce qu'il est le plus fort. »
{WIressur l'Amérique.)
«» Vous conviendrei. Monteur, qu'une pareille situation ii*fst pas teaable. Et, s'il y a impossibilité d'en cbanger, noua aOons bientôt nous manger les uns les autres. Par pitié pour vous et pour iious^ permettez-moi d'examiner votre
— ir> —
gnmptmmi de ptroles, et de voir: s'il ne s*y sérail point gKtiè quelque légère erreur.
▼ou3 dites : que, rÉiat n'ayant pas dans le fermage libre m étalon pour Juger du prix des terres, il en fixerait, etc.
n paraît, Monsieur, que c'est en rêvant que vous aves groupé ces propositions. Comment ! le fermage se fait au plus bral offrant; et, il n'est pas libre? Comment, le prix des deorèes n'est pas un étalon alors comme A présent? Il faut être bien malade pour établir de pareils groupes; et nous •osmea véritablement inquiet sur l'état de votre santé.
• — Toutes ces inventions, continuez-vous, ne sont que « de vieilles erreurs des peuples, jugées depuis longtemps, « ely à jamais éprouvées pour avoir été essayées partielle- « ment, une fois, un moment. L'État propriétaire des terres c et les afTermaut à des particuliers est une institution • connue, éprouvée, dont Thisloirc romaino aussi bien que c rhtstoire des monarchies européennes enseignent le mé- € nie même aux enfants. »
— Le temps est passé. Monsieur, où, il suffisait d'af- •rmer, avec un ton de marquis, pour être cru sur parole. Miinlenaot, il faut prouver. Essayez donc de trouver, sur vos tablettes historiques, l'ombre d'un point du globe sur I, depuis que le globe est approprié, le sol ait appari: à rÉtat composé de tous; et non d'un seul ou de plusieurs! Si vous le trouvez, nous avons absolument tort. Essaye! même de trouver, dans l'Occident, un seul point où rttat, toqjours composé de plusieurs jusqu'à présent , ait affimué toutes les terres, même comme expérience. Vous ne le trouverez point : parce que les terres ont toujours, en MiorB de l'anarchie, appartenu : soit aux prêtres; soit aux Mbies; tant que l'examen a pu être comprimé; et qu'alors, il n'y aurait pas eu suffisamment de bourgeoia, c'est-à-dire d*ifllraocfais pour les louer. D'ailleurs, comme vous le dites fin bien, la location des terres, par l'Etat propriétaire, I n'est compote qne d'un on de plnalmt^ ««l t^\i
eflèi nuisible h la production. Mais, de ce que la liberté dt la presse et le développement de rintelligence soniesseulMlemenl source d'anarcbie, tant que rignorance existe ; Il ne faut pas en conclure : que, la liberté de la presse et les dé* veloppements de rintelligence, ne sont point essentieUement source d'ordre ; dès que Tignorance sociale est évanouie. Et , de ce que la location de toutes les terres par TËtat conh posé de un ou de plusieurs, est essentiellement une soiiroe de misère ; il ne faudrait pas en conclure : que la location de toutes les terres par TÉtat, réellement composé de tous, n'est pas la plus grande source possible de richesse.
Voulez-vous une preuve que, le système de Taliénation du sol, à un ou à plusieurs individus, est un système détestable; que, le système qui, en cinq années, condamne è mort, vingt mille sept cents nouveaux nés sur vingt et un mille, mérite le nom d'exécrable? M. Thiers va nous la donner.
« — Les nations de l'Europe, dit-il, n'ont pas encore c cultivé les unes le quart, les autres, le dixième de leur « territoire, et il n'y a pas la millième partie du globe qui € soit occupée. •
— Eh bien I Monsieur, quand le sol appartient réellement à tous et à chacun également, les développements de l'int^ ligence et la richesse de tous et de chacun sont toiyours et nécessairement, au maximum possible des circonstances.
Du reste, M. Thiers nousassure : que, l'humanité mourra avant d'avoir mis en culture même une ftdble partie du globe. Il aurait parfaitement raison : Si, le sol devait rester aliéné aux individus. Car, le paupérisme, qui résulte néoeesairement de cette aliénation, aurait soin de n'en laisser cultiver que la millième parlie, en forçant mille cinquantesix individus sur mille soixante-dix-huit d'avoir filé leur auaire avant leur quarantième année.
Nous pourrions» di reeli, reproeber à M* ThiMl mM le
pu tf oir méiBli le paupërismc, lorsqu'il était prteident da eil.
« — SI, dit-il, on pouvait imaginer un jour où toutes lei « parties du globe seraient habitées, l^omme obtiendrait « de la mémo surface, dix fois, cent fois, mille fois plus • qu'il D*en recueille aujourd^lmi. >
— Le France sa trouve, seioa lui, dans la position où ae IrMfemii ie (lobe, puisque tout le sol de la France est approprié. Alors pourquoi ne lui a-i-il point fait produire et coasomnier, non pas mille fois, mais seulement dix fois plus quVIle ne produit et ne consomme aujourd'hui? Cela est cependant trés-possible, et je dirai même très-facile : non point Qlopiquement; mais aussi pratiquement que possible.
M. Tbiers Iraite ensuite de soucis puérils les craintes sur rcicèa de population. Puérils n*est pas le mot. Tant que nea crainlaa ne aeront réfutées que par des considérationa d*ordre pbysiqne, il n*y aura de puéril que tes réfutationa. Nous démontrerons : que, de ce côté, il n'y a rien à craindre; Bats, nos démonstrations ne seront point puériles comme eeiies de M. Tbiers ; elles seront rationnellement Incontea»
Revenons à notre époque.
€ <— Ce n'esl pas, dit M. Tbiers, la surface qui manque, suis la surfMe couverte de constructions, de plantations, de ciôUires, de travaux d'appropriation. Or, ceci n*existe que lorsque des générations anlérieurea ont pris la peine de précéder les cultivateurs nouveaux
<— Si 31. Tbiers, avant d'écrire, s*était donné la peine d'aller faire un voyage aux États-Unis; il y aurait vu des provinces désertes il y a dix ans, et couvertes aujourd'hui éBetiiainwiloiia, de plan talions, de travaux d'appropriation fvi in^ieot envie aux sols défrichés depuis le déluge. El eili^ pMPqoeiT Parre que le ad s'y trouve encore à ^cn
près comme 8*il apparteoaU à la propriété collective : vu jla possibilité pour chacun, d*en avoir un acre pour un dollar payable en quatorze ans. Faites entrer le sol français è la propriété collective; et, la riche Amérique enviera elle-méoie, le développement intégral de notre richesse.
M. Thiers fait ensuite des assertions tellement contraires è la réalité des faits, que nous ne les trouvons pas même dignes d*élre réfutées. Nous le ferons, seulement, si M. Thiers nous y engage. Pour aujourd'hui nous aUoDS nous contenter de les énumérer.
c — 4^ Tous les jours les capitaux mobiliers sont plus c accessibles au travail.
« 2^ La part réservée aux cultivateurs augmente tous les « jours. »
— Nous prouverons quels part réservée au cultivateur était beaucoup plus grande au xv* siècle. Et nous espérons : que M. Thiers nous excitera à donner nos preuves.
c — Plus un pays est riche, dit*il, plus la journée 8*y € paie cher. »
— C'est le contraire qui est la vérité, là, où le sol est complètement aliéné. La journée de l'ouvrier n'est chère, aux États-Unis, que, parce que le sol y est encore libre.
Le paupérisme et la richesse, croissant sur deux lignes parallèles, lorsque le sol se trouvé complètement aliiné, est une de ces vérités qu'il n'est plus possible de chasser du domaine de la science.
c — Belle loi de la Providence, s'écrie H. Thiers, qui n'a c pas voulu que l'homme en restant sur cette terre et la cou* c vrant de ses sueurs, y fût plus malheureux à mesure qull « y travaillerait davantage. >
— C'est le contraire qui est la vérité; et, ce contraire est la loi de l'éternelle justice : car, si l'ignorance primitive établit nécessairement le despotlMie; ce même dÂqH>tisae
M fmi être anéanU : que, par raccroissement progressif ée h maèm des masses rendue progressivement plus poi- (, par le développement général des intelligences : Teiamen cesse de pouvoir être socialement com-
Le fut de M. Tbiers est toujours d'établir une proposition ptfticiilière; et d*en tirer une conclusion générale. C'est en cela; et m taisant passer le propre au figuré et le figuré au ^, consiste principalement Tart du sophiste. Fort t, fart du sophiste devient de jour en jour plus méprisable; et bientôt le sophiste se trouvera placé, dans IV piBKHi. au-dessous du joueur de gobelet. Celui-ci, au moins, est vtjle, il amuse.
• — La propriété mobiliaire, dit H. Thiers, si elle eût « fxisié seule au monde, aurait laissé le monde dans une « véritable barbarie. »
— M. Thiers a raison. Et il a raison pour aussi longtemps foe renaenpeat élre socialement comprimé. Mais, conclure de eette partiôdariié au général; c'est erreur ou mauvaise M; et, dans les deux cas, un sophisme.
« ^- le coocltts donc, s'écrie enfin M. Thiers en triom-
• phaieor, Je conclus donc en disant : sans la propriété mo-
• biliaire, il n'y aurait pas même de société ; sans la pro-
• priété immobiliaire, il n'y aurait pas de civilisation. »
— Ccat vrai. Pois il aurait bllu ajouter :
« Cette organisatioD de la propriété, dure nécessairea^nt :
• jtw|B'i ce que TexameD soit devenu socialement ioooaH « preamble. Après cela, il but : que le sol entre à la pro-
• priété collective, aous peine de mort sociale. •
Et alors, nous eussions été probablement d'accord avee I. TUen. Ifoyex quelle ISiible distance nous sépare I
tf I^ propriété nVst autre : qne , l'exprès- « sion du raisoBBemeat ; que, rappropriatioD c de la ricbeMe> par lo raisoDoenent »
Cours.
Le livre II est intitulé : Du comtuff iSM E.
Le chapitre i^' a pour titre : Du principe général du COMMUNISME. Il s'agit de prouver : que la discussion du communisme est, pour la propriété, ce que les mathématiciens appellent la prtuvepar l'absurde.
Vous allez, Monsieur, vous donner une efAroyable peine, et bien inutilement. En dehors .de l'automatisme, la propriété existe nécessairement ; parce que la propriété n'est autre : que l'expression du raisonnement; que l'appropriation de la richesse par le raisonnement.
Cette appropriation, ne fftt-ee que delà lumière, de l'air, de la place au soleil ou h l'abri, des aliments, etc., ne peut se faire : que sous une sanction sociale dérivant : soit de la force seule, soit d'un raisonnement dominant la force.
Voilà donc toute espèce de communisme possible, même le communisme prétendu absolu compris, devenu une organi* sation de propriété; et, par conséquent, tout communisme quelconque réduit à l'absurde. Il est véritablement pitoyable de s'arrêter sur de pareilles logomachies. Toutes les discussions sur la propriété et sur le communisme sont également absurdes. Ce qui est utile, ce qui est nécessaire, du moment qu'une organisation de propriété ne peut plus être imposée par une foi quelconque, ne peut plus servir de base àl'exis* tenoe de Tordre, ce serait de reconnaître, au moyen du rai-
: QOKLLE WÊT L'ORGANISATION! DE PROPRlItTÉ COSTATIILB ATEC CETT8 MÊME EXISTENCE DE L'OEDEE.
— < On a de noire lemps, dit M. Tliiers, imaginé beauc coup de commuDismes divers : communisme agricole, « coomunisnie industriel, etc. Je n*irai pas Jusqu'à ces dè- € t«ils]^car Je ne puis suivre le délire contemporain dans ses « diTBgttioDS infinies. »
-* Voyons» Monsieur, raisonnons avec calme. Quand nous nous serons jeté à la tête l*accusaUon de délire, la solur lion n'aura pas Ciil un seul pas. De quel c6té se trouve, |MiolifiM«#ii/« le véritable délire : du côté de celui qui propoio une cboao absurde, comme par exemple d'éteindre la ioMU M do oôté de celui qui veut maintenir un système sociol^ qui aélAun moyen d'ordre, et qui maintenant est devenu ino inépusiable source d'anarchie? Délire des deux cèléi, me dires-vous; d'accord I mais, vouloir éteindre le soleil ouélabUr le communisme août des projets peu dangoiMif poree qi'ils sont irréalisables. Vouloir, au contraire^ conserver une société réalisée et devenue source d'anarchie, esl bien autrement à craindre.
— a Ceat, eontinues^vous^ du principe méfâe de ce dé« c lira dont Jo vais n'occuper; c'est le communisme esaeo- « liel , absolo , qui constitue le fond de tous les commu-
• niamcf,el qui naît sur-le-champ, inévitablement tout en-
• lier, par le aeul fait de la méoation de LAPEOPmiÉTt. >
— Dire que la négation de la propriété, qui ne peut être attire que l'absenee de propriété ou l'automatisme, c'est le
lEnisme ou l'absence de propriété, c'est comme si voua \ que la négation de la lumière, c'est l'obscurité, absence da lomîèro. Seulement, vous oubliez, ou vous ne voulei pas «wt reseouvenir t que, la propriété collective du sol n'esl mnettenC ta négation de la propriété ; que c'en est, nu coû^ tnlfSf le eeUe efBrmtion compatible avec rexistenro de Tordra^ ea préaeiv^ do l'incompressibilité de rexameo.
Le chapitre fi a pour litre : De$ eondùioHt ifUmt4Mei eu cammuni^me. Il s*agit de prouver : que, le commuÊiiime entratne inévitablement, et sous tous les rapports, la me m commun.
Du moment que le communisme est absurde, il n'y a pour lui d'autre condition possible que d*étre absurde. Bnayex donc de donner une autre condition au néant I De {Hus, la vie en commun n'est nullement du communisme, en donnant au mot communisme Ibl valeur de négation de propriété. Dans un couvent de trappistes, par exemple, la propriété, au point de vue de la distribution, appartient au supérieur; au point de vue de l'élection du supérieur, elle appartient à tous ceux qui élisent; au point de vue de la société qui protège ce couvent, elle appartient è cette société. La négation de propriété est identique à la négation du raisonnement; c'est la rédaction à Tautomatisme, è l'absurde. Hais M. Tbiers s'est mis dans la tète de faire accepter comme identiques : la négation de la propriété; et l'affirmation de toute organisation de propriété autre que l'organisation bourgeoise. Delà ses mille et une logomachies.
— c Ou il faut, dit-il, l'homme travaillant pour lui, pouc vant amasser le produit de son travail, le transmettre à ses c enfants ; l'homme existant ainsi, à ses risques et périls, c réussissant un peu, beaucoup, quelquefois pas du tout; c souvent, après avoir réusai, essuyant des malheurs impréc vus, tombant dans l'indigence et y précipitant ses en- •fants »
—Ainsi, il faut : que les enfants soient responsables des sottises ou des malheurs de leurs pères; qu'ils soient ignorants, voleurs ou assassins : parce qu'ils sont nés ici plutôt que là ; ou parce qu'ils auront été changés en nourrice? Vous ' avez raison. Monsieur, quand cette organisation est néce^ saire à l'existence de l'ordre; mais vous avez tort, quand œtte même organisation est devenue une inévitable source d'anarchie. . '
— « n dut, eontiniiez-Tous, tous ces accidents, ou abso- « loBeol le cootraire, c'est-a-dire point de riches et point « de pauvres; une société se chargeant du sort de chacun de « tes membres, ne permettant pas à Tindividu de travailler « pour lui, mais l'obligeant à travailler pour elle; en retour, « preaaDl rengagement de le nourrir, de le vêtir, de le lo- « getj de rélever, d*étre sa seule famille. Il faut, en un mot, « la propriété avec ses conséquences, ou le communisme « jMqo*i tes extrêmes limites. »
— Cesl-i-dire qu'il fkiut : le paupérisme croissant sur une ligiie parallèle à la richesse, ou l'absurde. Et cela, en pr6anoe de rincompressibilité de l'examen ! Dites-nous, Monficar, laqsd est le plus en délire : de vous, ou du commuiriMe abaolo, qui n'a jamais existé, pas même chez Platon T
c — Entre ces termes extrêmes, continue M. Thiers, il n'y € a pas de tenne moyen possible. Peu de mots sufBront pour « dèaMMtnr à quel point toutes ces conséquences se tien- € Mot par ma chaîne indissoluble. •
— AlkMm, Monsieur, nous sommes sor les bancs! Dé- ■Mirail
— Puiaqu'en effet, dites-vous, l'homme travaillant pour « fcii aiéme, et jouissant individuellement du résultat de son m travail, G'esî-è-dire l'bomme propriétaire, ne conviai m pas.— •
«— Qui vous a dit. Monsieur, que l'homme propriétaire, rbamme travaillant pour lui-même, etc., l'homme proprié» mira enfin, ne nous convenait pas? Cest vous, Monsieur, qui M voulei que quelques propriétaires et une immensité de prolétaires. Chez nous, il n'y aura pas de proléiaires, tout le I sera propriétaire; l'homme pourra devenir riche, mais ne pourra devenir pauvre. laquelle des deux so- , s'il vous plaît, est la plus capable de résister à Texamen ? Je conviens néanmoins : que, la vôtre était la seule lK>nne, m. ï
quand Texamen pouvait être comprimé. Mais oelle compression est-elle encore possible?
Après avoir supposé : que, la négation de Torganisation actuelle de la propriété, c'est la négation du tim et duMueii, M. Thiers a beau jeu pour démontrer : que, la négation sociale du tien et du mien conduit à l'absurde. Une pareille démonstration peut être acceptée par des niais. Pour qui donc M. Thiers nous prend-il?
Le chapitre m a pour titre : Du communisme par rapport au travaiL II s'agit de prouver : que U cowununisme éteint toute ardeur pour le travail.
C'est toujours la déduction de tout point absurde : qu'il n'y a de possible que l'organisation bourgeoise ou le communisme, c'est-à-dire la négation du tien et du mien. Nous passerions au chapitre suivant, s'il n'y avait ici des prppositions anarcbiques que nous devon» rcfutor.
« -— Pour exciter Thomme au travail, dit M. Thiers, il c faut lui montrer : PappAt du bien-être; poar l'exciter au c dévouement, il faut lui montrer la gloirs. »
— Non, Monsieur, il faut lui montrer le devoir. Mais, comme vous n'avez aucune sanction à donner au devoir, l'examen ayant pulvérisé celle qui dérivait de l'antropomorphisme, et, le panthéisme n'en ayant aucune, vous vous rejetez sur la gloire, en philosophe du xvin* siècle. Écoutez! ce que disait de la gloire, le héros de votre philosophie, écrivant à son mailrc :
< — > Il est très-vrai, dit Frédéric, qu'en examinant oe que < c'est que la gloire, elle se réduit à peu de chose. Être c jugé par des ignorants, et estimé par des imbéciles^; Mr c tendre prononcer son nom par une population qui ap- € prûuve, rejette, aime ou hait sans raison ; ce n'est pas « de quoi s'enorgueillir. Cependant que deviendraient les acc tlons vertueuses et louables si nous ne chérissions pas la •* gloire, » (A Voltaire, 3 janvier 4773.)
— ri —
« ^ Il 04t bien vrai, dil Cicéroii, que ({iiaiid los hommes « ft'accorderaianl unaDimement à louer les vertus d*uii mort, • ees kNiaoges font plus d'honneur à ceux qui les donnent, « qu'elles m servent à la félicité de celui qui en est l'objet. »
{Tusculanes, V. 16.)
— El, c'est sur la gloire que vous voulez baser le dévouement} c*edl*à*dire la vertu? c'est vous, Monsieur, qui cics en délire.
« .. Quoi, continuei-vous, Thonneur pour deux ou trois < planches de plus rabotées dans une journée, pour une « pièce de fer mieux limée. »
— Non, Monsieur, car, tout honneur qui n'est pas Texpre^ion du devoir accompli, n'est qu'une sottise, ou une friponnerie. Et, s'il est celte expression, l'assentiment des autres ne lui est pas nécessaire. L'injustice des autres, au contraire, sait même l'augmenter.
« «— Vow blasphémez, continuez-vous. L'honneur pour « a'Asi«s,Chabert, La Tour-d'Anvergne : le salaire, c'est-à* « dire la satisfaction de bien vivra, lui et ses entants, pour « celai qai a laborieusement travaillé, et de plus l'estime sll « est mg9 et probe, car il faut aussi des satisractions morales « à cet honnête ouvrier. »
— Vous imaginez-vous, Monsieur, que d'Assas, Cbaberf, La Tour-d* Auvergne, se seraient fait tuer, pour se faire sculpter eu marbre, s*ils s'étaient imaginé : n'être que des cha* rognes après leur mort? s'ils l'eussent fait, ils auraient été des sots. Si, vous croyez soutenir votre bourgeoisisme, en doouaut des os aux prolétaires, et des hochets aux soldats, vous vous trompez considérablement.
Dm reste, nous vous approuvons, quand vous dites ;
« — La flUMe du travail dont la société vit, ne s'oblieot « q«*en offIraDt an travailleur la certitude d'un aalaira malé- • riel. •
— Et, comme la domination du capital est devenue incapable de donner à l'ouvrier le salaire qui seul peut^ctuelle* ment le porter au travail; voilà, précisément, pourquoi nous voulons : que la domination sociale passe à Tintelligence.
c — A chacun suivant ses œuvres, dites-vous encore. »
— Très-bien, Monsieur, et nous|sommes charmé de vous voir ainsi venir à nous sans même vous en douter. Seulement, le juge des œuvres jusqu'à présent, a été la force, qui seule a été chargée de répartir ce produit; et, désormais, nous voulons : que le Juge soit exclusivement la raison.
Le chapitre ly a pour titre : D0 communisme par eàp- PORT À LÀ LIBERTÉ HUMAINE. Il s'agit de prouvcT : fue le communisme est la négation absolue de la liberté humaine.
^- Savez-vous, Monsieur, ce qui est la négation de la liberté? c'est l'emploi de l'expression liberté humame, expression impliquant : que, l'essence de l'humanité n'est pas exclusivement la liberté. Cette locution est un assentiment au panthéisme. Et, après s'en être servi, on se trouve forcé de baser la société ; sur des baïonnettes et des hochets.
Dans ce chapitre, vous critiquez admirablement k communisme. C'est, qu'il vous est bien facile de combattre des moulins à vent. Qui donc, Monsieur, veut du communisme? personne, pas même ceux qui disent en vouloir. U est peu honorable à vous, Monsieur, de vous attaquer aux enfants; ce sont des hommes qu'il faut prendre corps à corps. Ce n'est pas de communisme qu'il s'agit aujourd'hui, ainsi que vous aimeriez à le faire croire; c'est de pat^érisme. L'ordre peut- Il exister en face du paupérisme et de l'impossibilité sociale do comprimer l'examen ? voilà toute la question. Si vous dites oui, malgré la raison qui vous dit non, le temps, dernier juge de ceux qui récusent la raison, saura vous punir ou vousiéoompenaer. SI vous dites non, la question se réduit alors : à savoir comment U est possible d^anéantir le paupérisme. Et, réduite à oetle dernière expression, elle devient fiioile à rèfloudrei
tkfmiÊ quelque lenpe, vous êtes devena l'an des plus Ibrili wfttnnéd raDlropoaorphisme. Je vous préviens tque^ ; le dèiBBdei fort mal ; et, que vous serei trdSHUi vu eu ' de Rome. Que dira le saint office quand il lira la phrase faivanle:
« «— Pouvoir se tromper, pouvoir souffrir, mais pouvoir « le contraire aussi, voilà la liberté, voilà ce qui place l'homme
• au-dessus de ranimai gouverné par les instincts, mais au- « desMOS de cet être que nous nous efforçons de concevoir,
• eo lui retranchant toutes les imperfections de notre nature « bornée et que nous appelons Dieu. »
— Ainsi : ou Dieu est libre et peut se tromper, ce qui en Ait nn Dieu aussi sot qu'un homme; ou il ne peut se tromper, et c*est un animal bien au-dessous de l'homme. Parler ainsi, t'est prendre pour soinnéme, la mesure d'un um
Vons VOIS croyez. Monsieur, l'ennemi du communisme. Je puis vons assurer que vous en êtes le partisan le plus en- Ihansiaste. Vous rappelez-vous ces malheureux enfants que Ton élève avec les princes pour les punir des fautes de ces iemienT Le communisme est un de ces princes ; le socialisme, renbnl destiné aux corrections des fliutes qu'il n'a point comi; et, vous, le précepteur. A chaque soUise du commu- , e*cit le pauvre socialisme qui est fessé. Croyez-vous, r, que le bourgeoisisme s'en trouvera mieux T
Le dmpitre t, a pour titre : du communisiie pàu eap- IT A LA PAMiLLB. Il s'iigit de preuver : qu€ la propriilé ^imfÊÊmUêmtkt indissoUblemenl unies, qu'en déiruisani tune, h tmnmuniswêê déimil l'autre, et oMii les plus nobles sentie de téme kuwHune.
L'amb buxaike, est trés-Joli! sans doute. Monsieur, en connaissez d'autres. Bl, alors, pourquoi l'Ame d'un Viudrait-elle pas celle d'un homme? voudriez-vous : que, i'ime d'uo Australasien ne vaut
pn Fimt 4t Hfima? Mous savons que la prétendue science unhrersiMre Jdiraw : qu'il y a plus de distance de Newton an duriûir^esAssmlasiens^que de celui-ci au premier des aimnsft: et tgaVa vous exprimant ainsi, vous vous honores dVrre sB^^asL Mais, éles-vous bien sûr que ce ne soit point lu, BBierMir Iliomme à n'être lui-même qu'un animal, et faire ainsi tiieBpber votre prince le communisme, aux dépens du ^noialîSHie, qui lui, prétend et s'ofTIre de démontrer : que rbMme est plus qu'une bête?
Tms faites. Monsieur, un tableau charmant de la famille. 0«* précisément ce tableau que nous voulons relever. Exawiioz la famille actuelle, vous verrez qu'elle ressemble au «Mmunisme. Voyez au contraire la famille future; elle «si l'expression du socialisme. Est-ce par amour du commu* tisme que vous défendez ainsi la famille actuelle? il n'y a, «ikre nous, qu'une petite différence ; le bonheur et la noblesse que vous no voulez que pour quelques familles; nou^, nous laa voulons pour toutes. Utopie, dites-vous, que cette société tature! Alors! Monsieur nous vous renvoyons la balle; et BOUS disons : utopie, que l'existence de l'ordre par la permanence de la société actuelle 1
Pardon I si nous revenons encore sur l'impropriété de vos expressions. Vous parlez de famille humaine. Il y a donc des familles de chiens et des familles de chais? Eh bien! Monsieur, quoique socialiste, nous avons plus de respect pour la famille; et c'est exclusivement chez l'homme que nous la reconnaissons.
Il parait. Monsieur, que vous condamnez le divorce. Voilà, selon nous, l'empereur Napoléon !•*, devenu socialiste et destructeur de la famille. Est-ce de ce point de vue que vous en parlez dans l'histoire du Consulat et de l'Empire? il faut que vous ayez une adoration bien aveugle pour le communisme actuel I
Du reste, nous sommes. Monsieur, beaucoup plus près de nous entendre que vous ne le pensez. Otez de ce qui va suivre quelques expressions mal sonnantes comme sentant l'antro-
f ec le panIbèiaiBe, lesquels dégradent également lloBBniié, et nom serons parfaiiemcul d'acoonl.
• — Il faut, dites-vous, élever Thomme successivement
• de lui à sa funiille, de sa famille à sa patrie, de sa patrie h < Iliumanité. Appuyé sur ces degrés il peut s*élever, et il i sVIéve en crTol aux aiïcclions les plus hautes. *
"^ >'ous, par exemple, uous aurions dit : il s'élève u la connaissance de la justice, à lu conuaissanco de la vcriic. Hais, c*o$t là ce que vous avez voulu dire.
• — Il s*aimed*ubord, continuez-vous, puis en seperfecc tiennant, il aime sa femme, ses enfants plus quelui«méme.
• En 80 perfectionnant encore, il comprend que la prospérité
• de sa patrie est liée ù celle de sa famille, et il aime l'une « presque autant que Tautre. Vous pouvez ensuite le con- « duiro Jusqu'à Tnmour de Thumanité même, mais par les
• degrés de celte échelle divine, qui le fait monter de lui à la m famille, à la pairie, à l'humanité, à Dieu. »
.^Nous, par exemple, qui mettons toujours la réalité •a lieu de la personnilication, par rexcellenle raison que nous connaissons la vérité, nous eussions dit : à l'humanité, i rétenielle justice, à rétcrnelle raison.
« "^ Exiger, con(inu(»z-vous, qu'il aime le tout avant la « partie, l'humanité avant sa patrie, sa patrie avant sa fa- € mille, c'est se tromper grossièrement sur sa nature, sur le « rayon des forces physiques et morales qui le font mouc voir. Dites-lui d'aimer l'Europe avant la France, la France « avant la famille, de travailler pour les plus éloignés de € son cœur avant de travailler pour les plus rapprochés »
— Ceci est une répétition, mais n'importe.
€ — Et maître ridicule, continuez-vous, vous n'obtiendrez
• qu'une désobéissiince railleuse. Ce sera comme si vous « aviez fait tourner la lune direolenient autour du soleil, au € lieu de la faire tourner autour do I ) lerre d*abord rt à la
« suiH" de crtte-d aatoor da soleil, centre commim de son « existence ptenétaire. Eoun mot, rhommeélre borné. . . t (c\^ priaitivenent ignorant qu'il fallait dire), doit s'é- « l^\^ par degré jusqu'à ce tout dans lequel vous voulez le « Kmdre. . . » (il fallait dire jusqu'à la connaissance de la wVfiti^ à laquelle vous voulez que Thumanité se soumette). « Kn procédant ainsi il monte, tandis qu'en suivant la «^ marcbe opposée, il descend du tout à lui-même. Aveugle « ordonnateur des choses ! il fallait le faire monter, et au « contraire vous l'avez fait descendre ! >
— Prenez garde! Monsieur. Nous, nous voulons faire monter l'humanité : de l'antropomorphisme, de la foi, au réalisme, à la science ; et, du paupérisme à la richesse ; vous, Monsieur, vous la faites descendre : de l'antropomorphisme, de la foi, au panthéisme, au nihilisme; et du paupérisme à ranarchie. Lequel de nous, Monsieur, est l'aveugle ordonnateur des choses?
vn.
« Tippelle fodalisme rtUoooel, raoétotitM- « ment de loat paupérUme^ tant monl reUtIf « tm conoaissanctft, que matériel relatif am « ricbefflen. raffirme : que, ce loetalisaie eti « devenu nécessaire à reiitteoce de l'ordre ; « et, qu'il peut s'établir sans désordre. • CfJUNs, SoeiaiiMmê rmtiùmmêL
« En époque d'ignorance sociale, le soeia- « lisme n*est autre que la tendance Ters IV c néantissement du paupérisme. •
CouHf, Mtmuêerii,
m Le monde fera socialiste ou chrétien. Il « M sera pas uuaaL. »
M. L. ViiiLLOT, 34 janvier 4S54.
« On se demaodait : pourquoi en réalisaBi 9 toutes les anciennes superstitions monar- « chiques, on conservait encore un fanttee « de religion k laquelle presque personne b«
« croyait plus »
M. TBins, Histoire éê la Bévoiutiom.
« Selon messieurs Thiers et Veuillotle moodt « sera socialiste. » Cours, Commêmtairt,
m Vous croyies que l'extirpation tutali àm m paupérisme étatt poMible? moi aotsi, eli*ea € étais convaincu.
L'iamnn, Mémoriai éê SaUUê-HMmê.
• Selon l'Empereur, le monde sera tocte- « liste. » Cours, Cùwumêntaérê.
m Si vraie qa*titte doctrine paisse être, il m
< s*ensiilt pas que tous Taeeeptent tmmfrdiilu « ment. Elle rencontre dans les croyancet in- « cnlquées dès Tenfànce, dans les opinioM « reçues, dans Tinertia même des esprits qui € répugnent à l'effort nécessaire pour le d^ « placer, des obstacles desquels le temps seal € triomphe. » LAMmait.
€ Le sort commun de toute vérité nouvelle « qui surgit est d'eftmyer an lieu de séduire, « de blesaer au lieu de convaincre. C'est qu'elle « s'élance avec d'autant plus de force qu'elle « a été plus lonfrtemps comprimée; c'est m qu'ayant des obstacles à vaincre, il tat c qu'elle lutte et qu'elle renverse : Jusqu'à ea m que comprise et adoptée par la géoéraUlé,
< niM DivuiiT LA aaiB D'm roctil ohmb to-
c CUl. B LoOU-NAfOUOII BORAPAlTg.
Le Une ni traite du sodalisme.
Le chipitre i^ est intitolé : du socutna. Il s'agit de
démontrer : que les adversaires de la propriété, n^osant pas toujours la nier absolument, ont abouti, pour en corriger les effets, à divers systèmes, qui sont l* association, la
RÉCIPROCITÉ, le DROIT AU TRAVAIL.
— D'abord, il n*yo d'adversaire de la propriété qu'àCharcntOD. Ensuite, Tassociation, la réciprocité et le droit au travail ne composent le socialisme que si le paupérisme est anéanti, soit par leur ensemble, soit par Tun d'eux : car, en époque d'ignorance sociale, le socialisme n'est encore que la tendance vers l'anéantissement du paupérisme. M. Thiers dit : que, ni l'association, ni la réciprocité, ni le droit au travail, ne peuvent causer cet anéantissement. Alors, aucun d'eux n'est le socialisme.
Dans le cours de ce livre, M. Thiers nous donne partout le nom d'adversaires de la propriété. C'est erreur ou manque de bonne foi. Quand cette locution se présentera, il faudra donc la remplacer par celle d'adversaires de l'organisation actuelle de la propriété. Nous sommes, maintenant, ce que les bourgeois étaient avant 1789. Les nobles leur avaient dit : vous voulez détruire Torganisation féodale; l'organisation bourgeoise aura infiniment moins de durée. Les nobles avaient raison : mais ils avaient tort de vouloir résister aux bourgeois; comme les bourgeois ont tort de vouloir résister aux prolétaires.
« — Les adversaires de la propriété, dit M. Thiers, ne « l'ont pas tous attaquée directement. Plusieurs d'entre eux^ « n*osanl pas la nier d'une manière absolue^ se sont bornés à « chercher et à proposer les moyens de corriger ce qu'ils c appellent ses fâcheux effets, comme si une institution sainte « et sacrée, qui n'est autre chose que le développement libre, « ilUmité des facultés humaines, produisant ce qu*elles c peuvent produire, tantôt la richesse, tantôt la médiocrité, « tantôt l'indigence, exactement semblable, sous ce rapport, c à la végétation des forêts, dans lesquelles, à côté d'un c arbre faibl^ ou jeune, ou placé surua mauvais 0OI, l'on
t iTMve ifto aulre, moyen, beau ou superbe, comme si une
• insliluUou pareille, qui uVst que la nature, elle-même
• obéie et respectée, avait besoin d*e\cuses et do correciirs. t Au5$i ces correcteurs de la ProvidiMïce sont-ils arri\vs à i des «iècou vertes digues du but qu'ils se proposaient. »
—•Ce passage contient autant dVrreurs que de lignes. Nous allons eu relever une partie par ordre d'ênoneiation.
Ceux d'euire Kn» socialistes, qui n*osent pas nier la compiubilite de Tordre avec l'organisation actuelle de la propriciê, oui eu bien tort de se borucr à cluTchcr et à proposer ieSDO)ens de corriger ce qu*ils appellent les iïK-lieu\ eflels Je celle organisation. Cellt*-ci a pour consi^quenco nécessaire : rexistence du paup<'Tisme; et le socialisme n*a début que ranèantissement du paupérisme. Il fallait donc débuter par aOniier: que, Torganisation actuelle de la propriété, qui consiste dans Taliénation du sol à certaines familles, comme forganisation nobiliaire consistait dans Taliénalion du sol ùlùH de certaines familles, était devenue incompatible r l'fTiiiinee de rordre.
M. Thiers donne à la propriété le nom d*institution. La profridé n*e8( pas plus une institution que le raisonnement. Les lien sont essentiels à rhumanit«>. Mais, ce qui est une îusiituiion : c'est, toute organisation de propriété. GMIe qui se rapporte à l'aliénation du sol aux individus a élé sainte et sacri-e : tant qu'elle a été nécessaire à l'existence de l'ordre. Maïs, du moment qu'elle lui est devenue opposée, cettt* insiitttiîoo, de sainte ci sacrée qu'elle élait, est deveaue diabo- /îf «e et infâme.
M. Thiers, dans ce que nous venons de citer, se charge M nfta e de prouver implicitement, l'infamie actuelle de cette «ivfMiisatkMi.
« — Cette institution sainte et sacrée, dit-il, qui n'est autre € chose que le développement, etc. »
— Eh bieu ! cetle organisation : qui assimile les hommes dans la société, aux arbres dans les foréu; qui permet, que le
CCdttI
Id soi social, H tel MUe i
QU'IL iTter nxs pobwbif bk ooi
Quasi a l'épilbète de correcMr delà PiroiifeMey die a^ partienl i IL Thîers : qni féal coas c n e r mmt • de propriété, que la Profîdeiiee elle mfmt a < persetlaiit que TeuBeD derial socialeiam iMOBprcssMa.
Après aToir exposé, i sa Baniéfe, les Irais ^jsttaes qol, sdoD lui, composent ddosîYeaeDt le socialisée, il i
• — Teb sont les trois systèmes, qui, après le <
• a&nM^ se préseoteot aojoardlioî aox espérances de Thêr
• maoilé. Ils composeni dans soo entier cette scioice, phs « modérée en apparence, qni sons ce titre, afliKte de m6* « nager la propriété. »
— Cest l'organisation de la propriété qnil fillait dii«. Eh bien ! Monsieur, je suis socialiste et nullement communiste. Cependant, je me garderais bien de vouloir ménager rorganisation actuelle de la propriété. Je me Uite de dédaren qu'il fout qu'elle soit anéantie : sous peine de mort ao* ciale.
c — Je vais dans les chapitres suivants, continue M. Thiers, c examiner les trois systèmes, qu'elle a proposés, et prouver, € je l'espère, queVatsociation, Ihréc^rocité, \e droit au Irm- « t>ail, valent le communisme sous le rapport du principe el c ne le valent pas sous le rapport de la conséquence. »
— Prouvez, Monsieur, la vérité ne peut que gagner à être connue; ou plutôt, nous ne pouvons que gagner à connaître la vérité. En méme.tcmps que vous donnerez vos preuves, nous prouverons également : que, la société que vous voulez conserver, est devenue aussi anarchiqiie que le communisme; que tout ce qui en dérive, nous conduit à l'anarchie; et que, par conséquent, elle est absurde.
Lackipicre n a pour titre : Du sauf tances soeiales; il t^agil iTeiposar : pnUes sont les virilabUs sonfnmces loàilii OTJfUittcf tl serait désirable depourwir.
Tout 06 chapitre a pour but de prouver : que le paupérisflie est inbéreot à Torganisation sociale actuelle; et, que cette organisation est la seule possible. Et, comme en prémce de Tincompressibilité de Tcxamcn, Texistence du paupèrisoie est évidemment incompatible avec rexistcnce de Tordre, je dis : que, M. Thiers voulant corriger la Proviteoe, est le digne pendant des socialistes qui veulent mena- |tr Torganisation actuelle de la propriété. Je suis certain que H* Thiers sera mécontent de la comparaison ; mais, je puis raasarer que les socialistes dont je parle, n'en seront pas ptassaiislhits.
Le diapitre ni a pour titre : De f association et de son applkatifm ms diverses classes ouvrières ; il s'agit de prouver : fut r«ifOCiflNm est applicable seulement à quelques popu^ Imtùms ʧflomérées, qu*ellea été imaginée pour elles seules et $mse kmt m/luence.
Avant d'écouter M. Thiers, commençons par élucider la vatearde l'expression association. Car, se servir d'une I, avant de l'avoir parfaitement déterminée, ne peut I : qu'au galimatias, à la logomachie.
Toute association est : ou domestique ou sociale. Ainsi, anJogooDS toujours chaque espèce, dans le genre, sous peine de ptrler sans nous comprendre et sans être compris. C'est, •tort, ce qui se nomme du galimatias double.
Toate association, privée de sanction, est, pratiquement, me association utoptque : des mots et pas autre chose.
Ces! donc la sanction qui caractérise l'association?
Qo'est-ee qui peut exclusivement , sanctionner une assorialioQ particulière quelconque, une association domestique «loT
La sanetira sociale.
El, mainlanapt, quelle est la sanction d'une association
— ir> —
générale, renfermant toutes les associaiious domestiques ou particulières qu'elle embrasse?
La force soit bruiale, soit masquée d*un sophisme qui la fait socialement accepter comme raison; soit la raison réelle incontestablement démontrée, généralement acceptée comme toile, et dominant ainsi toute force brutale qui voudrait regimber contre la raison socialement reconnue.
Toute autre sanction sociale est impossible.
Faisons maintenant un pas de plus.
Tant que la raison réelle, incontestablement démontrée, ne peut encore être généralement acceptée, à cause de l'ignorance sociale; la seule sanction sociale possible est la force soit brutale, soit masquée d'un sophisme qui la fait généralement accepter comme raison.
Du moment que l'examen est devenu socialement incompressible, tout sophisme devient incapable de masquer la force brutale à un point suffisant pour faire accepter généra* lement la force comme raison.
Du moment que l'examen est devenu socialameat incompressible et que la raison réelle ne peut encore dominer, la seule sanction possible est donc la force brutale.
Un pas de plus encore.
La seule base possible d'ordre social est la sanction sociale^
Un dernier pas enfin.
Toute association domestique établie dans le but de renverser la sanction sociale, parce que celle-ci consiste exclusivement dans la force brutale, et que cette espèce de sanction est devenue impuissante, par conséquent anarchique; association qui cependant ne pourra encore présentera l'acceptation générale l'expression de la raison réelle incontestablement démontrée, sera essentiellement une association anarchique: non-seulement en ce qu'elle attaque la seule base d'ordre alors possible ; mais encore en ce qu'elle se trouvera elle-même dépourvue de toute sanction hors la force ' brutale, force devenue elle-même essentiellement anarchique,
en préaenee do rincompressibiliiô socùilo de l*cxamcn.
IhiS) da Bonent que la raison réell*', inconteslablement déaontrée, et socialomcnl occeptoc comme telle, est devenue iinclion sociale dominant nécessairement toute force soit brulaie, soit se prétendant raison sous un masque de sophisme, laula association domestique nécessairement faite alors sous la proleetion de cette sanction, devient harmonique par essence d'anarchique qu'elle était m^ressairement auparavant, qnand elle voulait s'opposera la force brutale.
En époque d*i;rnorance, le seul bien qui puisse n'*sulter ies associations ayant pour but de s*opposer k la force brutale, c*esf d*aufanonter l'anarchie , et de la porter le plus tôt poasible h un tel excès qu'elle fasse socialement sentir le besoin delà raison réelle incontestablement démontrée, besoin qui nous la fait socialement chercher, découvrir et accepter.
Après ces considérations, indispensables pour avoir des idées nettes sur les associations particulières ou domestiques soctalement considérées, laissons parler M. Tliiers:
c «« En présence de ces ouvriers des campagnes, dit -il,
■ dont la vie est dure, maisé^ale, de ces ouvriers des villes,
■ dont la vie, sans être aussi dure, est cruellement inégale,
■ on offre quoi? L'association entre ouvriers. Ils s*associe-
■ font, et alors ils ne se feront pas concurrence, et pour-
• font se procurer les capitaux qui l<Mir manquent. Ils s'ns- € soderont ! Lesqn«*ls d'abord, et combien? Ksi^^e que les « paysans pourront s'associer? Comprenez-vous, dans l'état « de division de notre sol, \o< paysans s'associant entre eux « pour faire valoir les terres? Comment s'y prendraient-ils? « Ces! à peine si dans les quatre cinquièmes du territoire
• uiio Simule famille peut vivre sur une fonni», et le plus son- « \riil le pa}>aii (|ui cullivi» est propriLlaire lui-même.
• L'association ici soniil donc impossible ou sans objet, c Dans los terres plus coasiihTables, où un fermier a cinq, « six ou huit valets de ferme, employés a labourer, à entrc- « tenir le bétail, h exécuter tous les genres de travaux agri-
coles , y aurait-il tssociitiaii entre œs anq, six ou hait tratiilleiirs? Od ooBpraid rassocsîatîoo entre plusieurs oeotaioes d'ouvriers, on conçoit qoe le nombre étant alors le BolUpUcateor des avantages qu'on peut retirer du sy^ lèine, s'il y en a quelques-uns i espérer, on puisse obtenir certains résultats. Mais l'association entre cinq, six ou huit associés, que donnenil^ieT Et puis il but des capitaux considérables lorsqu'il s'agit d'une terre qui eaploîs sept ou huit valets de ferme; il but des instruments aratoires, des dievaux, des troupeaux, des engrais, un fmds de roulement enfin dans cette industrie ooaune ^as touln les autres, et il n'est pas rare de vmr une krme <pii se loue dix, douie mille francs, exiger un capital d'exploitation de soixante i quatre-vingt mille (Irancs. Qm fournira le capital de toutes ces entreprises agricoles? Senhoe l'État qui sera diargéd'en |NX>curer à tout le BMmdet Dans les vignobles de Champagne, de Bourgogne, de Bordeaux, où un champ vaut quelquefois un ou deux millions , oà Ton a jusqu'à trois, quatre, cinq récoltes accumulées, où le plus souvent on laisse les vins vieillir, et où Ton tpéeiÊU autant et (dus gue l'on ne cultive, des joumaliera associés lienmt-ils mtr îffnÊlntittn?¥n Inir^ipptrrîint mf mr Irrrounnif roucif mic^ssaires, obtiendront-ils de l'État le prêt d'un capital de trois ou quatre cent mille francs, ou d'un banquier le crédit indispensable pour suffire i de telles avances? D'abord la solvabiliié d'un fermier est l'une de ses qualités principales, ou plutôt UL peincipale, foroera-l<m la confiance du propriétaire en bveur d'une association d'ouvriers qui ne présentera aucune responsabilité? Sera-ce encore l'État qui, après avoir fourni le capital, fournira la caution?»
— Arrêtons-nous ici un instant pour ne point embrasser à la fois une trop grande partie de l'ouvrage de M. Thieis. Commençons d'abord par dire : que, du point de vuelle la société actuelle, dont l'essenœ est l'aliénation du sol è des
indMita», dont le paupérisme et rignorenee générale sont lei eoMéqnenoes nécessaires, les objections de M. Thiers sont irrèAitabies. Il faut être : ou entêté, ou ignorant pour ae point lai dire : vous avez complètement raison. Mais, en esl-il de même du point de vue de la propriété nouvelle, de la loeîélé : où le sol appartient à la propriété collcclive, ainsi ^ les capitaux amassés par les générations passe es, moins la partie restée entre les mains des individus, pour que la prodoctioD et la consommation soient toujours au maximum possible des circonstances; où les connaissances sont don* oèet à tous, avec un égal soin, parce que l'instruction D^estplus relative à telle ou telle naissance, mais à toute naissance au sein de Thumanité; où la spéculation, c'est-à-dire nmérét du capital, est nécessairement au plus bas possible, tandis que le salaire ou la valeur du travail est toujours et partout au maximum possible; où la solvabilité n*esi plus la première des qualités vis-à-vis du créancier, ce qui est néeessalrement sous la domination du capital ; mais bien la probité , ce qui est nécessairement sous la domination du travail? En est-il de même, répétons-nous? Nous afQrmons
non; et nous allons le démontrer. Nous reprendrons,
Ile, les objections de M. Thiers.
in.
— Bo-
vin.
« Tant que la force est le seul soaTeraia. le é lenl juge posKiblë àii sèih d'ulie natioiluHS « quelconque^ vouloir établir des aseociâlkMM c domestiques, ayant pour but de renTerself à la souteràlùeté &é ta tbret, à fldd éftèqul « où la souTerainelé de la raison n'est pas en» « core possible, è^t mH ttoftls à hullô antre « pireiUf* » . , , .
CoLiHs^ Ihéorie générale des , AêiiMatiaHê pâHkhd4êr9i*
Le sol entré à la propriété coUeolive, divisé selon les te* soins des populations^ des localités^ eto^i etc.^ se Iroufa loué au plus otft^nt et dernier enohérisseurt Toujours le sol se trouve au plus haut point possible de fertilité, ou c'est une des conditions du bail de Ty porter et toujours de l'y naibteniré Le plus haut point de fertilité arrive toujours le plus Idt possible; les capitaux, et les talents^ ainsi que les déboucbés^ ne manquent jamais à Tagriculture : parce que les capîtaui viennent de l'État, les talents et les débouchés de la plus grande instruction et de la plus grande consommation possible de tous.
Il est évident : que, toutes les exploitations, grandes ou petites, selon les besoins, sont louées avec les instruments aratoires et les accessoires qui leur sont nécessaires. Reste le fonds de roulement ; nous allons en parler, après avoir dit un mot de la grandeur des exploitations.
Les TRÈs-grandes exploitations agricoles sont plus utiles à la spéculation qu*à l'agriculture. La spéculation toujours utile, quand elle est bien faite, sous la domination du capital, se trouve au minimum possible sous la domination du travail. Les plus grandes exploitations de cette époque, se mesurent donc au plus grand produit brut possible : pourvu encore que ces plus grandes exploitations soient en harmonie
\ population préttrant s'adonner^ pour raison de loca- Mé, fle«, plutôt à nndusirie qu*à la petite agriculture.
Les grinict exploilttioos ae louent, soit à dea aaaoeialions, aoit à des individus. Le fonds de roulcmeni protient : soit de la dot sociale; soit d'une richesse héritée ou acquise; soit fti crMit social, dont le capital n'est plus le résullat de TexpMtalion des masses, ainsi que cela se trouve avoir lieu néttasaireineilt sous Tancienne société. H. Thiers demandera fcnt^-étre, eomment la spéculation peut être réduite au mini- IMM possible de valeur. Le voici : sous la Société actuelle, le coflutteree se trouve exclusivement aux mains des individus; M les marchandises s*y vendent à la consommation, kmjflan su plus grand bénéfice possible du capital. Sous la flOcMé souvelle, l'État, c*est-i-dire la société elle-même, hit eoDcarrence au commerce, de manière : que les produits solefit toujours an plus bas prix possible, quant au capital. Le McD-Are de tous À dé chacun exige encore : que la consomflsHon soit toujours au maximum possible des circonslsDocs. De plus longues explications me sembleraient injurieuses pour riBielligeooe de IL Thiers.
Put-étre, cependant, M. Thiers s'étonnere-t-il que l'Étal faire dédit à la probité; et, encore, sous des condid^intelligenco qui puissent rendre le prêt avantageux : d, I Tindividu qui reçoit; et, à tous qui avancent. Je le toocois. La probité^ maintenant, n'a de sanction que la ruine el le ridicule. Sous la société uouvelle, au contraire, l'astuce si Is mauvaise foi n'ont de sanction ; que la ruine ou la pitié dsos cette vie; et U certitude d'une expiation harmonique dans noe autre vie.
« .. Plus tard, continue M. Thiers, je dirai quelques « Mots du r61e sssigné à l'État dans les diverses combinaia aoM, suis sn stiendsnt. Je prie de remarquer que c'est « iMjMrs lui qui est le dm$$ in machina, le espitaliste inè- « pnîssble fouroisasat les cspitaux, supportant les pertes, « psrsDt i tous les socideuts, suppléant à tout ce qui
« manque, chargé enfin de résoudre toutes les difficultés.
< Nous additionnerons quand il sera temps, les charges et « bénéfices, et nous verrons si le commerce qu'on lui destine « est de nature à durer. »
— Pour la société actuelle, où TÉtat se constitue des forts, H. Thiers a parfaitement raison. Vouloir que TÉtat, composé de queiques-uns dont les autres sont les esclaves, ce qui existe nécessairement, tant que le sol reste aliéné; vouloir, dis-je, que cet État traite les esclaves comme des maîtres, c'est absolument en faire un deus in machmà. Hais, quand l'État est composé de tous; quand l'État est réellement le capitaliste inépuisable, parce que chacun travaille pour lui en même temps que pour soi-même; l'État a tous les avantages possibles, et ne supporte que des pertes insignifiantes, ainsi que le fait une assurance bien entendue. Sous la société nouvelle, le deus in machina est partout le Dieu réel, réternelle raison dirigeant toigours les actions de tous et de chacun.
« — Je n'ai pas fait mention, ajoute M. Thiers, d'une « foule de difficultés plus insolubles les unes que les « autres. Je n'ai pas parlé des bois, par exemple, où il n*y a a ni fermier comme en Brie, ni journalier travaillant pour « le compte du propriétaire, comme à Bordeaux, et où il y
< a tous les ans, soit un vingtième, soit un trentième des « arbres à abattre, sans autre travail que celui de garde, € d'abattage et de transport. Comprenez-vous pour les bois « un mode quelconque d'association; c'est pourtant une
< part considérable du sol, et, en y cgoutant la vigne, le € quart jiu moins du produit total de notre territoire. »
— M. Thiers a raison. Les bois ne peuvent être exploités p^r des associations domestiques sous la domination du tra- 1^ ; et ne pourraient être exploités que par des associations «te capitaux sous la domination du capital. Mais les bois, sous
société nouvelle, restent au soin de l'Éiat, comme à pré-
ml) m géûèral; ataf que l'Étal alors se conpoae de tous, et ipfteQtseuleflieDt de quelques-uns.
« — Ainsi, continue M. Thiers (car je passe tout ce qui
• ert inutile ou en notre faveur), Tassociation est inapplî-
• etbie à l'agriculture, c'est-à-dire à vingt-quatre millions « de tnfaîlleurs en France. Quoi ! du premier coup, il faut « aellre hors du système la plus grande, la plus intéressante < pirliode la population, la plus constamment souffrante! « Ce système est donc fait pour quelques-uns, exclusivement « ponr eux. Poursuivez cet examen, et vous en serez encore « phn convaincu. »
— M. Tbiers a raison. Il aurait dû dire : que le système aélè Mi par un fortbonnéte homme, avec les meilleures inlanlioni possibles; mais, qui a eu le malbeur de se tromper. Ce système aura été utile : il aura causé bien des maux; aito «s maux étaient nécessaires. Ce système a forcé M. Thiers d'écrire son ouvrage, autre système autant basé sur li force que celui des associations domestiques voulant doainer les individus. Et ce choc des systèmes, ou plutôt les Bunx qui en sont la suite, font sentir le besoin de vérité, li iMitciiercher, découvrir et accepter socialement.
Li eritique de M. Tbiers est généralement juste. Mais, SM triomphe est fadie; et, il l'oublie trop facilement. Certes, fMloir composer la société d'agglomérations, d'associaliMi, iu lieu de la laisser ce qu'elle est par essence : en époque d'ignorance, l'association des familles fortes, exploitant les CuuUes bibles; en époque de connaissance, l'asiodition de toutes les familles, pour qu'aucune d'elles ne aoîl exploitée; c'est vouloir auéantir l'individualisme, c'esth-dire la société elle-même : car, là où la société n'est point eaaenliellement composée d'individualités, il n'y a plus exis- Imce sociale, mais un immense polipier. Si donc le systôuic qni vent détruire le paupérismeen conservant l'ancienne socièlè,e*es(-è-dire l'aliénation du sol, est absurde; le système dn IL Thiert qni ?eut conserver l'aocienue sociale, en pré-
Le chapitre nr a poor litre : Iht ewfiUi imn ir jfjfAt ée rtsâo CHl ûm. Il s'agii de pmnRer ; f«f if iw f ii n l 4$ tâumciêtm, s'il €$tfcmrm for fÊUit, #ff mpu t wm mt M^ki i
cmrkrs, al nn empUdmfniimt éê Imn éMmmim.
Bieo D'est plu mi, pov b aociélé tetneHe : para qw le eapital de l'État eonsisle eidnsiTefliefit : dans ee qiri est pris wat le travail; ce qoi rédait le salaire an point : qw, aeian le prince de rècaneniisBe, icm$ le$ ont wmpmrtk iê la populalian doit mourir de besoin m/aie mijem die In nnlion la plus protpir^. Mais sous la sociélé nonvelle, )e capital $om\ o'e« janws prélcTé sur le (rafaili et lowt^ les dépepses, sans exception ancone, sont toutes biles pour In bien de tous et de cbacun.
Nous pourrions borner Texamen de œ chapiti? k^q/i^ nops veooos de dire. Mais, écoutons M. Tbinrs; les objec«> lions qp'il pr^n(e, quoique justes pour la soc^té actqelle^ ont Im^ip (i*élre réfutées ; pour c# qui ootiçeme \% sociMé nouvelle,
« — Maintenant, dit-il, oublions tout ce qn'a d'excln* « sir, dès lors de peu populaire en réetlté, le système de « rassooiation entre ouvriers (c'est entre prolétaires qu'il « aurait fallu dire), esaminons^le en lui-même, et pour « sa valeur propre^ quelque restreinte que doive être son « application.
« Â en Juger par l'apparence, la pensée du système est on « ne peut pas plus bumaine, honnête et même tonchante. tf Voilà en effet de pauvres ouvriers qui travaillent du matin tf au soir pour gagner un salaire fixe, invariablement li- « mité, quel que soit le bénéfice résultant de leurs efforts, tt et qui procurent de larges profits soit à un entrepreneur, M soit à des actionnaires travaillant peu, ou ne travaillant tt pas du tout, éloignés du théfltre de ces rudes travaux, «( quelquefois ne l'ayant Jamais visité. Pourquoi les uns ont-
• ili â pM « taisiiil tut, et les ratres tant m lUstnl si
• pcaf»
— Pourquoii monsiev Thiers? Je vais tous le dire : c*esl parte <|iie le sol est sUéné : ce qui constitue la domioalioD du capiul. Que k sol appartieune à la propriété collective : et les a» cesseront d*aYoir si pep en faisant tant; et les autres iaat,eoCûsaQtaîpea«
« -p- Cest, dit M . Thiffs, qno reotrepreneur a du crédit
• Htm aalionDaiies des capitaui. Si les ouvriers avaient « l*ui 00 raatfo, ils poorraient spéeulêr pour leur propre « esapieol reeaeiUîr eux^iémes les bénéfices qa*ibi pro» « dHeotiaatnd. •
— Oai, nais, sous la société actuelle, les bénéfices se Amt sur le travaiL Dés lors, il fiut qu'il y ail des travailleurs aploilés Bécessairement; et plus il y en a d'exploités, ftas les bénéfices sont grands. Sous la société nouvelle, les héoéfleas se fsot sur le capital ; et plus il y a de capitaux dans Il soeiélé, plus il y a de produit avec le même travail, plus kl bénéfiees sont grands.
« — {Tesl-il pas plus simple alors, continue M. Tbiers, i d*iBeiier vers eux le crédit et les capitaux, et de les af- « francbir de cette dépendance, ou pour parler pleinement « la laogne do sujet, de la tyrannie du capital? Quel moyen,
• si 00 ne veut pas prendre les capitaux de force, comme < le propose francbemeut le communisme, quel moyen, « sinon d>n demander à qui en a, c*est-à-dire à TÉiat, et « de fournir ainsi a toute associalion d'ouvriers la faculté « de se constituer pour Texécution des grandes enU^rises?
• Kieo^ Je le répète, de plus honnête, de plus humain en « apparence, et en réalité de plus injuste, do plus inique, « de plus insensé. •
— C'est vrai. Monsieur, pour la société actuelle. Mais, poar la aodésé noufelle, rien do plus fiMdIe el do ptaa i
t — D'abord conUaue M. Tbîers, ces actionnaires, ne sont pas, il me semble, des monopoleurs bien impitoyables. Si le premier consacre sa vie, son argent, son crédit, à diriger, à soutenir une vaste entreprise, conçue par lui, tentée, poursuivie à ses risques et périls; si les seconds, après avoir amassé quelques économies, les risquent dans une opération hasardeuse, telle qu'un canal ou un chemin de fer, opération qui ne s'exécuterait pas sans leur concours, et qui absorbera, si elle ne réussit pas, les fonds qu'on lui aura consacra, il me semble que ni ces entrepreneurs, ni ces actionnaires, ne sont les sangsues de ces ouvriers, payés de gré à gré, souvent à des prix trois ou quatre fois supérieurs à ceux que reçoivent les paysans, assurés d'être payés dans tous les cas, soit que la spéculation ail été heureuse, soit qu'elle ne l'ait pas été, il n'y a pas là une si criante injustice. •
— C'est vrai. Monsieur pour la société actuelle. Hais,
sous la société nouvelle un canal et un chemin de fer se font fort bien sans entrepreneurs et sans capitalistes autres que l'État. Il est encore vrai : que, ni l'entrepreneur ni les actionnaires ne sont les sangsues de l'ouvrier ; mais l'organisation actuelle de la propriété est la cause : qu'au sein de la nation la plus prospère, une partie de la population doit tous les ans, mourir de besoin. El certes, cette exploitation, du moment qu'elle n'est plus nécessaire à l'existence de l'ordre, du moment même qu'elle est devenue essentiellement anar* chique, est une immense injustice sociale : quoique les individus puissent en être innocents.
« — Hais on veut, continue H. Thiers, que ces ouvriers « puissent, eux aussi, faire des bénéfices d'entrepreneurs ou « d'actionnaires. Si cela se peut justement, pratiquement, <c rien de mieux, rien de plus conforme aux désirs des hon- « nétes gens. »
— Les bénéfices de l'entrepreneur, Monsieur, sont relatifs : et à son travail, et à son capital. Sous la société ac-
ladlp, le bénéfice relatif au travail est au minimum possible; edn reiatifau capital, est au maximum. C'est le cootraire, aa«s la société nouvelle. Quant aux aclionDaires,leur bénéfioe est toujoars rdatif au capital. Ce bénèflee, sous la société actuelle, est toujours au maximum possible des circonstances; sous la société nouvelle au minimum.
« — Mais, continue M. Thiers, vous savez ce qu'il en est.
■ Toute opération commerciale ou industrielle suppose deux
s, un capital et une direction Il faut donc en
* temps le capital et la direction. Les trouvons-nous
i dans une association d'ouvriers? C'est ce qu'il s'agild'exa-
« Le capital, dans toute entreprise, doit être destiné à
• périr, si elle ne réussit pas
• Si donc le capital est destiné à périr en cas
• finsuceès, cas extrêmement vraisemblable, il faut qu'il
• ail en perspective des chances de bénéflces, et qu'elles « soient proportionnées aux chances de pertes, sans quoi « rindnstrie aérait ce qu'elle est trop souvent, un métier de « dope. »
— Id, Monsieur, vous avez, sans le vouloir, mis la cause poor Teffet et reflet pour la cause. Sous la société actuelle, ruiérét du capital étant toujours au plus haut possible des draHislanoes,les entreprises sont hasardeuses, parce qu'elles iflkmt de grandes chances de bénéQce considérable. Sous k société nouvelle, Tintérét du capital étant nécessairement ai minimum possible, parce que les salaires sont au maxi- ■nm possible, les associations de capitalistes sont extréme- Bfnt réservées; et les entreprises se font nécessairement par asAciations d'ouvriers qui peuvent perdre sur leur salaire parce qu'ils sont, je le répète, au maximum possible. Une pareille entreprise ne manque point du reste de capital : patte que tous les ouvriers sont capitalistes, et que d'ail- Icvs les capitalistes qui ne veulent point travailler au moyen de leva capiun, les apportent aux travailleurs, les prient
de les teirt vaiûir en leur aecordanl une part dans les béoé* flees. Il eu est alois, des eapitaux altant prier le traTail , cemne il en est maintenant pour les ouvriers allant prier le capital, ou plutôt le capllaliste de f ouloir bien les eB» ployer.
« — Vous voulez, continue M. Thiers, mettre les ou- « vriers h la place des entrepreneurs et capilQlislie : amt, f qui fournira le capital? les ouvriers? ils n*en ont pat. •
— Cest vrai. Et ils ne peuvent en avoir sans cesser d'êlre prolétaires.
« — A défaut d'ouvriers dit M. Thiers, seraî(>!eo des ))anques d^ prêts QrgAOi^ées dans cette intention? Mais toutes les banques qui ont fait de3 prêts mn enlr^rises industrielles, ^y \\çn de se borner à escompter des lettres dp cb^Pffe, ce qui constitue irn prêt, limité, & 6Purt terme, fr^qveinmept renouvelle, dont les qbaupcs se neqtralis^nt en se divisant, toutes ces banques QPt tPUrpé h mU parce que les entreprises industrielle présentant trop de risques, parce que le nombre de celles qui réussissant e^t trop peu considérable relativement au nombre de celles qui édieaent, et paroe qu'enfin o^est tout au plus si les bénéfices entiers de celles qui réussissent, peuvent corn* penser les pertes de celles qui échouent, et qu'en leur pré* tant on s'associe à toutes leurs pertes, sans s'associera tous leurs bénéfices. C'est ce qui explique comment toute banque, ou maison de banque qui s*est bornée à l*es-> compte subsiste et traverse les crises commerdales les plus difficiles , tandis que toute banque ou maison de banque qui a fiit des prêts aux entreprises industrielles, succombe à la première entreprise un peu grave. Et ce* pendant les banques qui ont agi de la sorte n'ont (lait que des prêts qui représentaient une très-petite partie du car pital des entreprises qu'elles voulaient secourir. Se figure^ l-OB ee que deviendrait une banque qui foumirait le capital entier d'un plus eu moins grand nombre d'entreprises
« îadKliidlesT EHe y périrait tfant peu, à moins qu'elle « ne cMUMDditll que des trés-lMiiDes entreprises, el qu'elle
• eAt la totaKié des bénéfices; nar, exposée à essuyer toutes ■ les pertes, étant, par le prêt entier du capital, Tentrcpre- « ncor loî-fliénie, n'ayant de moins que legouvemementde « rcntrepriae, elle devrait avoir toute la chance du gain, ou
• elle acoeplenit un rôle ruineux. Il en pourrait être autre-
• méat û on sopposaft que les bénéfices industriels fussent « Idifgll y efit des raasources pour rémunérer deux capi- « «m aa lien d'on, ce qui est feux, car s'il y avait des bé-
poor plus d'un capital la concurrence les aurait
■ bMiél tBBulés, ete.
« n n^a donc pas de quoi défrayer deux capitaux, etc. >
— Sons avons cité ce long passage de M. Thiers parce qu'il C9& admirable d'observation et de vérité* Il devrait être ctndiè par tous les organisateurs de crédit ayant la préten- UM d*aoteitir ou de soulager le paupérisme, en conservant la iûciélé actuelle, l'aliénation du sol aux individus. I^ rrMH de notre société est organisé aussi parfaitement qu'il f&â nue m point de vue du maintien de cette société. Taaioir y duiD^ la moindre des choses, voqloir innover oilBfCrest travailler esaentiellement à la détruire. Nous allons ■atslenaot laettre ce même passage en rapport a v^ la société asavclle.
« Tant que le malade a la gangrène, il en- « gendre la Termine. De même , aodsi long- « temps que la société sera livrée à une ioo- « KOMiB DB HÀSAtn, il est inéTîtable qa'il y « eût des exploiteitis et des ekploitbs, on « PAïAsiTiauet un padpéushb qui la rongtnt « d'une dent rivale. » P. J. Pioodhos.
« Tant que la Térité, rendue rationnellement a incontestable vis-à-Tis de tons et de chaenn, « n'existe point socialement; il ne peut j « avoir : que des économies de hasard. »
Gouns, CofmmkmUuin.
Pour la société actuelle, le crédit est organisé en (!&▼ enr du cafHtal. Vouloir l'organiser en faveur du travail, lorsque celui-ci, par suite de Torganisation de la propriété, est nécessairement exploité, ce n'est pas organiser le crédit, c'estle désorganiser.
Mais, lorsque le sol est entré à la propriété collective; lorsque, par le seul fait de l'organisation de la propriété, le travail ne peut plus être exploité, et qu'au contraire le capital est devenu l'esclave de rhomme, au lieu qu'auparavant le maître du capital était le maître de l'homme privé de capital; le crédit doit être organisé harmoniquement avec l'organisation de la propriété.
Maintenant, Je vais reprendre le passage de M. Thiers dans tout ce qu'il a d'essentiel.
D'abord l'Ëtat n'a nul besoin d'actionnaires pour faire soit un canal, soit un chemin de fer, soit un système général d'irrigation, de dessèchement, de défrichement, de reboisement, etc. L'État est plus riche à lui seul que tous les actionnaires pris ensemble, et il est le meilleur des entrepreneurs o celle ^iH>que. Il a, en outre, une armée, non plus
il wpoaée d'oimien parfUtenent iDstniits, Il orguiaèe, fomiée de tous les Jeunes gens qui, ' de 11 fie oollecliTe, consacrent trois années au bien de rÉiat, qui les a tons élefés, insiroits, logés, nourris avec a égal soin.
Voilà donc, pour les ouvrages publics, la banque et Peuinpmear parCûlemeot trouvés. Voyons ce qui en sera pour les ouvrages particuliers.
Les entreprises particulières sont ou agricoles ou indusiridles^ouoomBMrdales. « Danscesentreprises,dilM.Thiers» k capital est destiné i périr si elles ne réussissent pas. •
là alreprises particulières peuvent réussir ou manquer asMdna points de vue : le produit net, le produit bniL Le produit net est spéciatement relatif à la société actuelle; il se rapporte à la tpée^Jatiom du capital. Le produit brut se rapporte à la sociélé nouvelle, à rutilité, au travail. La spéculation partîGulîère peut se (aire sur le malheur public, le travail
la sodélé actuelle, le produit brut est toi^ours sacriSé au produit net, Tutilité à la spéculation, et les entrepriiaa, mi point de vue de la spéculation, peuvent manquer parfont, ce que dit M. Tbiers. Sous la société nouvelle, la ^pèfilalion, le produit net est toujours sacriflé au produit Irai; 08 pInlAt le produit brut est toujours lui-même le plus grand prodnit neL Vérifions ce que nous venons de dire.
Aguicultcib.
Tooles les terres sont immédiatement portées au maximum de fertilité possible, et appartiennent à la propriété collective. Qaelle spéâlation vouks-vous faire sur Tagriculture? Aucue n*est possible. H n*y a de vue alors à avoir de ce cAté qaerelalîveiMotan travail, au produit brut, le meilleur alors des pfiNlniu nais.
Industeie.
H n*y a pas d'industrie manulacluriére qui ne repoae sur
du sol. Toutes celles qui, par naiuroi sout raiiuei faoïe^ biliaires, apparlienncnt à rÉiaU Celles qui soBtconpléietteiit mobillaires n'ont besoiu que d'un capital toujours i la porlie deTouvrier, soit par la dot sociale, soit parle orédii social* Hors le commerce, cet ouvrier ne peut spéculer, il De pset que travailler.
ComtERCE.
C'est loi le sol de la. spéculation: Mais l'ÉUit ttàt eottdirrence ail oommerod) non pour spéculei*^ mal» polir doiifi<^ tous les produits possibles ati plus bas pMx possible (luiltit dll eapUal, quant à la spéeulëtloné Cette coneurrenee de l'État est la mort de la spëeulatioti et le triomphe déflultlf du tTarilil.
Poursuivons l'examen du raisonnement dé M. Tbicrs, excellent au point de vue de la société actuellA^ inapplicable à la société douvelle.
— c SI donc, dit M. Thiers, le capital est destiné à périr « en cas d'insuccès, il faut, etci... Sans quoi Vindustriêde- « rait, ce qu'elle est trop souvent, un métier de dupe. »
— - loi, M. Thiers se sert à tort de l'expresslott MwiMê; cVst tpiculalion qu'il flsillnit dire. La spéculatlod, en eflM, est toujours un métier deDUPis qtiand elle n*est pM M ttèlier de fripon. Et voilà pourquoi la société nouvelle, où lî n'y a ni dupe, ni fripon, anéantit la spéculation!
Arrivons au crédit à donner aux ouvriers.
Je répète : que, tout Ce qUé M. Thiers dit à cet égard est irrérutable au point de vue de la société aotuellèé
< «-^ Se ilgure-t-on, dit H. Thiérs, ce qilë détiendrait « Une banque qui fourhirsit le capital entier d^un plus du « moins grand noinbre (fentrépriiès ihduitrièUes. Elle jr « périrait aVànt peil, ft moins qu'elle fte commafiditSt que diè u très-bonnes entreprises et qu'elle eût la toiâliti des bénè- « flces. >
— Au lieu d'mlrepmu industrieUes, M« Thiers aurait dû
El M ipéeutattons, mtreprisca de dupes et*nuF02C8, oc peuvent eidsier sons la socîélé noarelle. flwnl m optUi» Il société ne le fournitpas pour être anéanti, die le loue pour travailler et il ne peut se perdre. Elle ne oaaflMDdile Mène que des entreprises qui ne peuvent manqocr de réuasîr ; car la consommation est toujours au maximum, la production toujours utile, el elle ne commandite que le travail. De plus, la société a tous les bénéfices de rentreprise : eu*, sous la société nouvelle, les intérêts individuels H les intérêts sociaux sont absolument les mémos. Ne voyez- VQW paiot : que, la richesse circule continuellement de la sociélè à Ions les individus, et non à quelques-uns; et de les individus, et non de quelques-uns, à la société?
c — n en pourrait être autrement, dit M. Thiers, si on • sopposait qne les bénéfices industriels fussent tels qu'il y « cAt éca reasonrces pour rémunérer deux capitaux au lieu « «ToB, €ei|ni est faux, car, etc. *
-^ 11. Tbiers a raison pour la société actuelle. Nous ne voulons point faire du sophisme et dire qu*un capital, dans la société noavelle, en rémunérera deux. Hais, si le béuéflce rémunère Tindivldu de sou travail cl le capital de son intériH ; la rhnunéhition des individus, faisant aussi la rémunéra lion iehi société ;voilà un bénéfice qui rémunère : non point deux etpitaox; mais les individus d*unc part, et la société d'une
Nous sommes persuadé que M. Thiers conviendra de la vérité d^ œ que nous affirmons pour la société nouvelle; wnie nous convenons de la vérité de ce qu'il affirme pour la société actuelle.
Voici une observation de M. Thiers, d'une sagesse peu •onmuue; et, qui étonnera singulièrement les ignorants et hs utopistes, oomme M. Thiers les appelle^ peut^tre avec un pn trop de dédain. Car M. Thiers est lui-même : un ignorant, fflativcBent i hi aodété nouvelle; et, un utopiste relativement i la conservation de la soeièlé actuelle. Quand on eM
pécheur^ U faulélre Biaèricordieiii. La aérérilèilMlBe alippartiefit qa*à la jaslioe étemelle.
« — * La commaDdite, dit M. Thiers, n'est raisonnaliie qrt 4 litre d*ciceptioo, de la part d'un capitaliste tiès-ride qn
< ne craint pas de perdre en faveur d'un individu très-cat pable et Irès-connu du capitaliste qui prête. Mais, si la ( « mandile est admissible, à titre d'exception, on ne « prend pas la commandite devenue le ftdt universel de 4 l'Induslrie, c'est-à-dire, une banque qui prélerail tout k « capilal de toutes les entreprises , qui courrait la dianee « tout entière, et qui n'aurait ni la direction, ni le bénéflea
< inlégral. >
— C'esl, Je le répéterai mille fois, de la plus grande jusiTHSC |)ourla société actuelle. Mais, ce qui est l'exception pour cette société, devient la généralité, pour la société nouvelle. La société est le capitaliste très-riebe; et, tous les individus, on état normal, sont très-capables et très-connus du capitaliste. On comprend, dès lors, la banque qui prête tout le capilal de toutes les entreprises : lorsque ces entreprises ne courent aucune chance de perle; lorsque la banque a la dircrlion générale par l'éducation et l'instruction; et qu'elle reçoit en outre le bénéflce intégral des entreprises, sans pour cela nuire en rien aux intérêts individuels.
« — Cette banque serait folle, dit M. Thiers, fondée par « des fous, et je défie qui que ce soit d'oser en proposer une <c fondée sur ce principe. »
— Pour la société actuelle, je passe condamnation. Mais, pour la société nouvelle, je prie M. Thiers de vouloir bîeii faire une exception en ma faveur.
Il y a tant d'esprit d'observation, tant de vérité dans oa que dit M. Thiers contre la commandite générale, que f ai du plaisir à le citer. J'ai encore du plaisir à le citer pour loi prouver le danger qu'il y a de conclure du particulier au gi* néraU M. Thiers a raison pour la société actuelle, mais il a tort pour la aooiélé nouvelle.
— an —
« *— A qoi, eoDtinue-t-îl, une telle spéculation serait-
• elle proposable? à l'État, à l'État seul, qu'on charge de I loot. Et à quel titre Ton chargerait -on? A
> de Gipittliste universel, obligé de perdre pour tout le « Bonde, et le pouvant parce qu'il est supposé riche comme « loot le iMHide. 9 « Or, je pose œtte simple question, l'Élat fournirait-il le
• cipilal de création pour toutes les industries ou pour un
• pelH Doabre? s'il le fournissait pour toutes, cela pourrait « devenir aoins injuste, en devenant plus absurde. Si, au
• cestnire, il ne le fournissait que pour quelques-unes, la « dN»e aérait d'une injustice criante, et, sans cesser d'être « absurde, le serait cependant un peu moins.
« CoDCoil-oo, en effet, l'État fournissant le capital de
• iMlei les spéculations, et ne spéculant pas lui-même? € Sons le rapport des risques, s'il le fournissait pour tous « les inviin de la terre, du commerce, des manufactures,
• le coM e r t a nt ne pourrait se plaindre au manufacturier, € le ■Mofaclarier au fermier, des dangers qu'ils se feraient
• cMrir les nos aux autres, puisque ce serait une vaste ré- « ciproctié; eC encore ceux qui exercent une profession peu « iMudenae, comme de cultiver la terre, auraient-ils lieu € deie plaindre d'être associés au sort de ceux qui envoient
• des vaisseaux dans l'Inde ou qui jouent a la bourse. Enfin i le risque étant généralisé, on pourrait retrouver une espèce
• de compensation, dés lors de justice dans son extrême « (Éaéralisatîon. Mais je demande si l'on n'aurait pas dés « cet instant consommé la plus souveraine des folies, celle « défaire spécclei tout le monde avec le capital d'autrui;
• H de supprimer cette garantie de l'intérêt personnel dans
• remploi des capitaux, garantie qui, toute grande qu elle
• leit, est à peine suflisante, puisque vous voyez chaque jour
• ks komiMS agissant avec leurs propres capiuux se ruiner,
• domMa, eDlrainès qu'ils sont par leur imagination. Que
• mrail-ee |JUs spéculaient avec les capitaux d'autrui? on « awiit doue, pour arriver à une espèce de justice, rencon-
< tré l'absurde, mais Tabsurde au delà des proporlious cen- « nues avant le lemps présent, puisqu'il ne s'agirait de rien « moins 5iue de supprimer la vigilance de l'intérél personnel « dans l'ensemble des travaux humains, et de faire spéoder « tous \&& entrepreneurs avec un capital qui étant à tous, ne « serait à personne. »
— II n'est rien à objecter contre ce passage, du point de vue de la société actuelle. Voyons ce qui en est pour la société nouvelle.
« -^ Concoit*on, en effet, l'État fonmissant le capital de c toutes les spéculations et ne spéculant pas lui-même, etc. »
— Dans la société nouvelle, toute spiculatUm^ en donnant à ce mot la valeur de travail relatif aux chances, se trouve anéantie. La société ne commandite point la spéculation, mais le travail donnant des produits certains : sauf des chances qui sont en dehors des prévisions, lesquelles sont soumises à l'assurance pour laquelle l'État fait concurrence aux individus, comme pour le commerce, afin d'annuler toutes les spéculations. Quant à la réciprocité, à la solidarité entre les individus, c'est une sottise qui ne peut être asse^ située. Il ne peut exister que solidarité sociale : entre les forts pour la société actuelle; entre tous sous la société nouvelle; pour exploiter les faibles, sous la société actuelle; pour que pe^ sonne ne soit exploité sous la société nouvelle. Et ces deux solidarités dérivent exclusivement des doux seules organisa* lions ]^ssiblea de la propriété.
soit la société nouvelle, quoique le capital soit fourni à tous par la société, non pour spéculer, mais pour travaiUer, la garantie de l'intérêt personnel n'en existe pas moins. Chacun peut perdre et son travail et sa dot sociale, et ce qui est plus, sa réputation de sagesse ou de probité. Quant à faire spéculer tous les entrepreneurs avec un capital qui étant 4 tous ne serait à personne, cela serait bon pour la n^^été actuelle. Mais, dans la sodélé nouvelle, le capital de tous appartient
— in —
I à dMctto ; et personne en réalité ne peut disposer que df son tnfoil, on du capital acquis par son travail dont il est loqjoors libre d'user, et môme d*abuscr, si l'homme sage Hiit libre de faire une sottise tant qu*il n'est pas fou. Quant an fous, la société en est tutrice.
Voict comnenl H. Tbiers termine ce chapitre.
«^*Oii l'État fournira le capital des industries fondées i sur lefrincipe de rasaoclatlon, et il y aura injustice à perà malM qa*iuie elaaae h? orisée de travailleurs spécule avec • Fargest de tons loi autres travailleurs de la ville et de la
€ On roB tâchera do former ce capital avec un prélèvement
• sur ht aalairea, et alors il y aura emploi le plus imprudent,
• le plot iabuDuin des économies des ouvriers. cbjvstiea intolérable dans le premier cas, imprudence
« borlNm dana le second , voilà comment je qualilie les « Moyens employés pour se procurer le capital, dans lesys-
• lé»c soî-disanl philantropique de rassocialion. »
— IL TUeiv ■ raison. Le système des associations, donné lat le paupérisme, ne soutient pas le plus
« Lm tbermidoriciit a Ict contre-rérolQ- « tiomiret se tronpaieDt qumd ils appetai«Bt « jjiAiCiUE, le régime qui tfalt précédé le m 9 ibemiidor: ce régime a^iit été «m «ttdar « tare épouraotable ; mais L*AiUBaui vnA « commeMé depnU que dea âictioiit, à ptl « prés d'égales forces, se combattaient, mm « que le goovememeDt fftt asses fort povr les « Taiocre. »
M. TmEis^ JETût. de la JRêoof.
« Aossi longtemps qa'û j amm des part»
« antagonistes et des classM hostUM, le po»- « Toir sera Instable, et Texistence de la nation « prédire. » P. 1. Pioumok.
r Ce sont les^ consenralevrs qui retiennent « la société à l'état réfolnUonnaire. »
Le chapitre y a pour titre : De la direetùm dei entreprises dans lesystème detassociatùm, il s'agit de démontrer: qs», fa direction des entreprises, dans le système de Passadatiomeet impossible, et tend à substituer au principe de l'intérêt personnel ^i convient seul à l'industrie privée, le principe de l'intérêt général gui n'est applicable gu'au gouvenœmmt du États.
Je me contente de dire ici : que, le principe de Ymtérêt général n*a jamais été applicable au gouvernement des Érats; mais, seulement le principe de Vintérêt des forts. A cdt près, H. Thiers a toujours raison pour la société actuelle; et, toi^ours tort pour la société future : où le principe de llntérét générafest toujours appliqué et toujours identique au principe de l'intérêt personnel. Maintenant, écoutons M. Thiers:
« — L'anarchie dans le corps politique est un grand mal, « dit«il, on la craint, on Tabhorre et on a raison. Avec Fa-
a l'y a plut ni ordre, ni sécurité , ni justice, ni m teoMadainislralion, ni sage ie, économni force publique, « si grandrar. Par elle les États se décomposent, se déshoiit et périssent. De César à Augustule, telle est leur IHNir noi surtout qui aime deux choses avec pas- I, te juatioe au dedans, la grandeur au dehors, Tanarf eatmi objet d'insurmontable aversion. »
-» Noos pensons comme M. Thiers. Quelquefois cepentel la deapotiame est plus haïssable encore que Tanarchie. Il panM, pif eiemple, que M. Thiers pensait ainsi en juillel 1830. Et nous pensons aussi comme M. Thiers pensait alors. Roas lui dirons même, qu'à son insu, sans doule, il est le ptas grand anarchiste qu'il y ait en Europe, par cela ■ime qoll est le plus ardent défenseur de la société anï; ot, qpe cette même société est actuellement anariparaaaaoce.
€ — Ihia, ajoute H. Thiers, si odieuse qu'elle soit dans le
• ooqiapoiitfque, elle est la maladie naturelle de ce corps. »
— Enwr, BODsiaur Thiers. Vous voilà de nouveau conau général. L'anarchie n'est inhérente au I que pendant l'ignorance sociale. Quand celle-ci m inNivo évanouie, comment voulez-vous qu'il y ait anarchie? Coal anaai impossible que de trouver un mensonge au «I doit vérité.
< «- Mais dans Tindustrie, continue le savant publiciste,
« co0praMi-vons Panarchie? ,. . . .
« Vous figurez-vous le pouvoir contesté, dis-
« plié, transmis des uns aux autres dans une manufacture?
• Vous figurez-vous le chef d'une usine élu par ses ouvriers, « loar à tour destitué par les paresseux ou porté par eux à
• la diraellon des ateliers? Vous figurez- vous ce président
• d'une République industrielle appuyé sur de semblables
• MmnotBj traçant équitablement la tâche de chacun, ré- « glant laa salaires sur l'assiduité ou l'aptiuide, înapinint
• confiance ûuk eapitaltoteB^ obtetoint dn crédit^ et rarloul € réalisant des économies f Vous figam-Toiis eet être chi^ « mérique, remplafant runilé^ la stiiie^ la vigilaMe de Pin- 1 térét personnel , dans la direcUoti d'une entreprise in-^ « dustrielleî Dans l'État on oonvoit que tons se mMeot des « sflkires publiques, ear elles sont les affliires de tiius.«»«. s
^ — Arrêtez , Monsieur! croye2-vous que les aflUres de la société générale soient moins complexes que celles d'Une société particulière? L'anathème que vous ?enes de Jeter, et aTCc raison, sur une sociéiô partieulièfe retombe sof la so« ciété générale, augmenté de toute la diffiérenctf qil etisie dans les difficultés de bien conduire Tune et raoïre. Du moment que, dans une société quelconque, rexaoMa y d^ vient incompressible) o'est4-dire que le despotisme y deneat incapable de maintenir Tordre ; et, que llgnorance prisidtife ne s'y trouve point anéantie; Tanarcbie s'y développe nèoes^ sainement, et avec d'autant plus de force et de rapidité que la société est plus nombreuse. Je dirai plus, Monsieur : quand même, dans ces sociétés grandes ou petites, générales ou particulières, vous parviendriei à y anéantir le paupérisme, STant d'aToir subordonné le bien-être de tous à une aanclion religieuse socialement acceptée, «omme rationnellement incontestable , vous ne ferles que fournir de nouveaux ali« ments à l'anarchie. Vous auriez jeté de l'buile ssr le feu. Mais abandonnons le terrain moral, et restons dans leosrole 0Uh tériel, au sein duquel vous nous avez placé.
— c Sans doute, ajoutez-vous, on voit quelquefois dee « actionnaires délibérant, mais une fois par année... etc. Un c pareil système n'est praticable que dans de très-graades « entreprises, etc. »
— Vous oubliez. Monsieur, que cette société parUenlière est appuyée sur la sanction sociale. Mais, sur quelle sanction votre société générale s'appuiera- t-elle : lorsque la force est devenue impuissante; et quels raison n'est pas encore connue? Pardon! Monsieur, me voilà encore sur le terrain
I; !• lâdMffBi de m plos voos y nuieiier. le sais que y ém eoHse iw des chtitons ardents.
iMiflor, fom sf et raison pour la société actuelle; la sociélé nouteile t l'ignorance de la société géhruHNûe; le droil n'y est plus sujet au scrutin ; il M ceoM de tMt; tous sont instruits et savent : qu'obéir à la nisoB que tous connaissent, c'est agir dans son propre iniéréi oomme dans celui de tous ; que les élections ne sont rrialîTCS qu'au choix des individus et de ce qui en dépend; que lesassodatioos domcsUques sont libres, et que les conditîMi en sont incontestablement conformes au droit. Dans eelle siUMtion, quelle difDcullé voulez-vous qu'il y ait pour élire vu chef dans une association où il est impossible qu'il y ail m dopes ni fripons, ni même de sots, sans qu'ils aient anasit&l pour curateurs tous ceux qui ne sont ui dupes ni MpoMT
Aprtsedla,M.Thiers discourt, avec beaucoup d'esprit, sur le ridteale de pareilles associations dans notre sociélé. IL TWert eM trop fort pour vouloir s'enorgueillir de ' de puérilités pareilles. Mais, si H. Thiers se moque des utopistes, il ne devrait pas oublier : que lui- ■Cne est on utopiste; et qu'il s'expose aux railleries ou plMôl i la pitié des membres de la société future.
• — Od aurait donc, dit-il, substitué, dans Tindustrie, des « adainistraleurs à des propriétaires, c'est-à-dire un ressort
• très-teible h un ressort énergique. La nécessité de l'œil du
• wmllre est un vieil adage qui est et restera éternellement
• vrai. »
—Oui, Monsieur, rcsil du maître, du despote, est nécessaire tMl que le despotisme et les esclaves sont possibles. Mais, fsl-ce è dire que le despotisme durera élemellement? Nul deoie que la monarchie absolue ne soit préférable h l'anarckM des Donarcfaies constitutionnelles, ou des ri'publiques npréaeolatives; mais, quand les monarchies absolues ne sont plm poaaibtes; quand roeil du maître est crevé; quand les
esclaves ont briiè leon fers; fauMI, pour cela : que Ti
chie soit éternelle, et qu'une administration, au sein d*étKS libres parTinstruction, obéissant volontairement à la raison, ne puisse être considérée comme infiniment préférable an règne du knout ou du bâton, soit au sein de l'État, soit aa sein d'associations industrielles, qui ne sont jamais forcées: puisque, rien n'empécbe les travailleurs de travailler isolément et pour leur compte particulier?
« — Savez-vous, continuel!. Thiers, ce que je conseille- « rais aux ouvriers? Ce serait de prendre leur argent ou celai « que l'État leur aurait prêté, et de le placer, non pas daos « la fabrique où ils seraient associés, mais dans celle quiap- « partiendrait à un maître absolu, dont le mérite et la pro- « bité leur seraient connus. »
— H. Tbiers a parfaitement raison pour la société actuelle. Mais, sait-il ce que je conseillerais aux capitalistes de la société nouvelle? Ce serait de ne pas associer leurs capitaux qui, associés par milliards, ne produiraient pas un centime, mais de les confier : soit à une association de travailleurs; soit à un travailleur; et le minimum de bénéfice qui leur en reviendra vaudra toujours mieux que rien du tout. Sous la société actuelle, le travailleur, il est vrai, est obligé d'aller présenter ses bras ou son intelligence aux capitalistes, qui en donnent le minimum possible. Sous la société nouvelle, c'est, au contraire, les capitalistes qui vont présenter leurs capitaux aux travailleurs, qui en donnent aussi le minimum possible. Ces deux espèces de bénéfice sont nécessaires et dépendent de l'organisation de la propriété.
Le chapitre vi est intitulé : Du travail à la tâche. Il s^agit de démontrer : que, par f abolition du marchandage, on a détruit le seul moyen^ pour les ouvriers, de participer aux Mnifices du capital.
Tout ce que dit H. Thiers, en faveur du marchandage, eat très-vrai ; mais il n'en est pas moins vrai : que, le marchandage est aussi un moyen d'exploitation. Il est encore vrai :
qw, MM» iioe orgattisaiioD de propriété, où rexploitation est iiéfitable, un BayeD d'exploilation, qui est en m^nie temps m Boyea d^émancipation pour quelques-uos, ne doit pas éliv absohiment condamné. Sous la société nouvelle, le tranil i 11 tàcbe ne sera jamais ni nuisible ni condamné. A propos du marchandage H. Thiers s'écrie :
« — Vous voulez une organisation du travail : en voilà une
• toute trouvée, toute faite, qui combine ensemble l'ouvrier « jame, l'ouvrier médiocre, l'ouvrier habile, et qui est tout
• à la fois on système d'éducation, de surveillance, de rému- « aènlion proportionnelle, au travail produit. Elle existait,
• et vous l'avez détruite? bienfaiteur des ouvriers , ap-
• plaodissez-vous de votre génie créateur ! »
— Allons , Monsieur, ne soyez point trop fier de votre S^ie conservateur. Oui, je vous l'accorderai, le marchandage, est un système de rémunération proportionnelle au travail produit, mais enclavé dans un système où le salaire al nécessairement au minimum possible des circonstances; et, la prèlention à conserver ce système est maintenant tout ce qu'il y a de plus anarchique au monde. Vous qui avec hirmir de l'anarchie, ayez donc pour voire génie conservateur une horreur également sincère.
« — On a détruit ce moyen, dites-vous, et pourquoi? « Piroe qu'il était, disait-on, Vexploitalim de f homme par
• tkomme. »
— Je conviens. Monsieur, que cette expression est ellipique. Il fallait dire: l'exploitation de l'homme privé de capital, par l'homme possesseur de capital. Mais, cette ellipse ne devait pas échapper à votre magnifique intelligence.
« — Comme s'il y avait un moyen quelconque, ajoutez* € vou5| de faire concourir les hommes les uns avec les autres, < sans qu'ils gagnassent les uns par les autres, le banquier
• par l'entrepreneur, l'entrepreneur par le naître ouvrier, le
€ maître ouvrier par rouvrier, rouvrier par le manœuvre, « tous par tous, mais tous suivant leur mérito à chacun. »
— Vous avez, Monsieur, un admirable talent pour groupe les propositions; et^ nous avons quelque talent pour les analyser. Vous placez le banquier en tête de la hiérarchie) le banquier, c'est-à-dire l'argent. Eh bien! Monsieur, quand l'argent se trouve le maître au lieu d*6(re Tesclave ; quand le banquier se trouve en tête, au lieu d'être à la queue; le salaire est au plus bas possible des circonstances ; et. Tintérêt du capital au plus haut possible aussi des circonstances. Ck)ncevez-vous, Monsieur, l'exploitation de l'homme par l'homme, c'est-à*dire par le possesseur du capital? Sous la société nouvelle , c'est l'intelligence, le travail, l'entrepreneur qui se trouvent en tête; et, alors, c'est l'argent ou la matière qui se trouve exploité par l'homme, c'est-à-dire par l'mtelligence.
M. Thiers est d'une adresse admirable : à relever toutes les bêtises du faux socialisme; et, surtout, à choisir les plus bouffonnes pour les présenter en holocauste sur l'autel du capital. Il ignore : qu'il rend, ainsi , au socialisme réel le plus grand des services. C'est un sarclage qu'il fait; il sépare l'ivraie du bon grain; et, notre moisson en sera plus précoce et plus abondante. Lui et M. Proudhon auront été les auxiliaires les plus utiles de la société nouvelle.
C'est surtout, à propos de l'association, que H. Thiers aime à déverser le ridicule sur le socialisme.
« — n est vrai, dit^il : que, le système n'est pas complet;
« que, je lui fais tort en lui refusant son complément , ta
« suppression de la concurrence. Si, en effet, l'industrie ne
« prospère pas, c'est , dit-on , parce que l'affreuse concur--
« rence qu'elle se fait à elle-même, la mUie, la réduit aux
< abois, l'obligée dévorer ses propres entrailles. L'associa-
« tion proposée, au contraire , ne doit pas avoir lieu des
« ouvrim^ aux ouvriers seulement, mais des associations
c d'cniTriers à d'autres associations, de manufacture à ma-
e, dModostrie à industrie, et probablement aussi < de nation à nation, de continent à continent , de l'Europe ■ irABérique, de l'Amérique à l*Inde ! Ce beau phénomène € m rtaUaemit-il aenlement de nation à nation, ce serait
• dijè pradîgien, et Je conviens qu'à ces conditions, l'en-
• trqirise la plus mal pounruc en capital, la plus mal dirigée, « la ptaa paretaensenant servie, pourrait vivre et très-bien « vivre, il solBrait d'avoir fixé le prix des produits en vertu « ém éMaiona do Tasaociation universelle.
« Je n'aurais pas traité de Tassocialion d'une manière e, al je n'avais pas examiné cette chance de faire oe système. Chance dernière, mais certaine si elle m se réalisait. Cest le devoir qui me reste à remplir et que je « RBplirai brièvement. J'ai peur cependant que, même avant
• loot fxaaMi, les gens de bon sens n'aient pas plus de con- I qne Je n'en ai moi-même dans cette chance extrême.
examinons avec une patience inaltérable, jusétranges des inventions. Il n'est pas dans le
• teapa oà noua vivons, une seule erreur à dédaigner. » — H. Thicrsa raison , l'abolition de la concurrence peut
rivaliaer avec l'abolition du salaire, de la monnaie, de l'autsrUé, da gouvernement et même du soleil. Hais, en fait dacracepUona hétéroclites, celle de vouloir consencr la sodlléaclnella, en présence de rincompressibilité de l'oxamn , n'aaC pu une da cellea qui soient le plus à dédaigner.
« Il y a des iMmuiies jaxU-poiét^ il ii*j a « pas de sniTiHERT commun, li ce n'est peat- « élre LA HADis da régime aoqael l'oofritr « est astreint »
11. Michel Ghbvauei, prêwtUr éUeaun d'ouveriwn dm C^un d'économie poHtiqmê.
« La misère publique est an grand fiit s6- « eial, partieaUer aux temps modernes, et qii « se manifeste de plus eh plus à mesure qw « la ciTilisation se répand. »
M. Blâxoui, Hût. de f écoii. poiU.
« La concurrenee illimitée, qui est rnniqae « loi de rindostrie, et qui rend les maîtres « EHinus les uns des AuraBS, les oblige sons « peine de banqueroute, c*est-à-dire de mort « ifedttstrieUe, à augmenter sans cesse la tâche « de TouTrier, en réduisaut n'Auriirr la rétrl- « bntion de l'ooité de tratail ; ce qu'en lan- « gage industriel on af^Ue, le prix de la « pièce. Elle a contraint TouTrier de regarder « son Tolsin comme un uval qui loi dispnin « son pain. Il semble que le génie de la guerre, tf repoussé par le bon sens des nations et d«s « gouremements, ait cherché à se ménager « dans l'industrie, un dernier asile, et qu'il y « ait provisoirement réussi, m
M. Michel Chetaues, premier dûeoure d'ouverture, etc.
« Dans la Gonstitation actuelle de Tindas- « trie, sous la loi de la concurrence illimitée, « on arriTe à l'effet contraire (l'utilité sodtfe « des machines). Les oufriers de Beightom « ont eu raison de dire : « Les machines qoi « deyraient être nos eselaTes, sont deveuMs « nos plus formidables concurrents.» Ils ont en « raison de les comparer à ce hohstib d'ime « légende allemande, qui, après aTOir reçu la « vie, ne l'employait qu*à persécuter celui qui « la lui avait donnée. »
(I6id., ibid.)
c Se plaindre de la guerre ou de la concur- « rence, tant que rignorance sociale, sur la « réalité du droit, n'est point anéantie ; c*est « se plaindre que la force doive régner, tant « que la raison ne peut le faire. Et, c*est bien « pire encore : quaikl la Torce ne peut plus ré- « gner; et, que là raison ne peut régner encore!» CouKS, Commentaire.
Le chapitre tu est intitulé : De la suppression de ta ron-
11 8*agil de démontrer : que, la eanewrrmce est la mnêiê lOÊriê améUaratùm éant le eorl des classes pawres, tips Im emieurretiee écartée, ilneresterait qnelemam^e esfnft iee mmriers associée, m détriment de ceë» fui ne h seraient pae.
knuLée discuter k coDcurrenoe, il conviendrait de dé-
toaiier la valeur de cette expression ; sinon : ce sera parler
lelicoooarrance, comme les aveugles parlent des couleurs.
n y a deu espèces possibles de concurrence : Tune entre
in teH pour exploiter les faibles; et entre les faibles pour
PMrmr se fûre exploiter, afin de ne pas mourir de misère ;
mfâ leur arrive nécessairement, s'ils n'ont le bonheur de
« lûre exploiter. Cette première espèce de concurrence
oisle nécessairement sous une organisation de propriété.
Il les faibles sont nécessairement exploités par les forts.
L'autre a Heu entre tous, dans le but de rivaliser d'efforts
pour le bien de tous et de chacun. Cette seconde espèce de
au critérium de mérite, existe nécessairement
F organisation de propriété où, néceuairement, per-
nne ne peul être exploité.
La piaîièreeqièce de concurrence existe nécessairement : le sol est aliéné aux individus; la seconde existe néit : lorsque le sol est entré à la propriété colhclîve.
Voilà qui est dair, précis et incontestable.
An lieu de parler de chaque espèce, M. Thiers se borne à parler du genre. Il tâche de nous prouver : que, la concurrenée est l'expression de h liberté. Il a raison. Mais l'escia- «ge est aussi une expression de liberté : car l'être libre peut ml être esclave. Y a-t-il jamais lieu, pour une bûche, à réclamer la librrtc? Triompher sur un pareil terrain est indigne de la force de M. Thiers. Qu'il fustige des verges du ridicule cou qui vtulent réduire l'humanité à l'automatisme, rien ée plus raisonnable; mais il vaudrait mieux chercher le ro* mUa que de perdre son temps à se moquer des sots.
« Il y t des bommes Jnxtft-pofét, il n'y a « pas de srarnuRT coHvuif, li ce n'est peat- « élre LA HAiHB da régime aoqael l'onfrier « eti astreint »
M. Michel Ghevauh^ premier dUteaur» d'ouveritir* dm Cêwn d^éeanomie politiq^.
« La miiftre publique est an grand fUt iô- « eial^ particolier aux temps modernes, et «iii « se manifeste de plus eh rms à mesure qant « la ciTilisation se répand. »
M. Blâxqdi, Mût. de réeam. peHt.
« La concurrence illimitée, qui est Tonique « loi de rindastrie> et qui rend les maltras « smoMis les uns des AuraBS, les oMige sous « peine de banqueroute^ c*est-à-dire de mort « industrielle^ à augmenter sans cesse latàebe « de TouTrier, en réduisant d'aotaiit la rétri- « buUon de Tuoité de tratail ; ce qu'en la»- « gage industriel on appelle^ le prix de la tt pièce. Elle a contraint TouTrier de regarder « son Toisin comme un uval qui loi disputa « son pain. Il semble que le génie de la guerre, a repoussé par le bon sens des nations et des « gouremements, ait cherché à se ménager « dans l'industrie, un dernier asile, et qu'il y « ait provisoirement réussi. »
M. Michel Cheyauee, prtmiêr diseomn d^auverturê, ele.
« Dans la Constitution actuelle de Tindas- « trie, sous la loi de la concurrence illimitée, « on arrive à Teffet contraire (l'utilité soctele « des machines). Les ouvriers de Beightom « ont eu raison de <Ûre : « Les madilnes qoi « devraient être nos esclaves, sont devenaes « nos plus formidables concurrents.» Ils ont eu « raison de les comparer à ce honstee d'une « légende allemande, qui, après avoir reçu la « vie, ne l'employait qu'à persécuter celui qui « la lui avait donnée. »
(Ibid,, UM,)
« Se plaindre de la guerre ou de la concur- « rence, tant que rigoorance sociale, sur la « réalité du droit, n'est point anéantie ; c*est « se plaindre que la force doive régner, tant « que la raison ne peut le faire. Et, c'est bien « pire encore : quand la Torce ne peut plus réc< gner; et, que là raison ne peut régner encore ! » GoLiKs, Commentaire.
Le chapitre yii esl intitulé : De la suppression de la con-
I Or, comoe e'ast sartoul au sein du galimatias que biapbisae aeintille, M. Thiere profite de cette obscurité, et il Mlle Têriliblemcnt : aux yeux de ceux qui ne sont point édttrêt par le fiambeau de la vérité.
IL Tbiers afArmc : que, les salaires vont en augmentantet le prix des marchandises en diminuant. Je ne réfute point de fMilles propositions; Je renvoie M. Thlers aux statistiques k consommation de vin, de viande ot de chaufTage pour la vIp de Piris. Le hit du paupérisme croissant sur une ligne imilèle à la richesse n'est plus, du reste, nié par les sannis de bonne foi.
Qiant aux machines, elles sont : des instruments d'exploi- MioD, tant que Torganisalion de la propriété existe au critérioB de la force; des instruments de richesse et de liberté, Imqoe Torganisation de la propriété peut exister au critériu de la raison.
M. Thiera se moque de la diminution des heures de travail par la rivokition de Février. C'est son droit : parce que toutes laaaoliiacs doivent être flagellées. Une nation n'est riche que Pif Texploilalion de ses prolétaires. Et, si demain le paupérme élaii anéanti, soit en France, soit en Angleterre; cl, pa les oommunieations commerciales ne fussent point inter- \\ la nation, où le paupérisme aurait été anéanti, de miaére le lendemain, ou ferait une efflroyablo lévolulion. Mais les nations, dont rintelligence est déjà défaltppêe, ne ae laissent point mourir faute d'une révolution ; 91^ d'un notre cAlé, il est impossible de pousser plus avant Toploiialion des masses, ni même de la maintenir au point où die se trouve. M. Thiers a-t*il un remède pour anéantir ces CMiiradictionsf Supposons même : que, tous ceux présentés jgaqu'à présent ne soient que panacées de chariatans, le mal en oisie-t-il moins; et faul-il le guérir sous peine de mort ancinleT Voilà œ à quoi M. Thiers devrait répondre, plutôt que et perdre son temps et de galvauder sa magnifique Intellitance à Cûie adntiUer des iophiamna au sein du galimaUna.
Le chapitre Tiii est intitulé : De la réciprocité. Il s*agit de prouver : que, h bon marché m saurait être produit par la lois, et que le numéraire ne pourrait être remplacé avec sécurité que par unpapier aussi difficile à obtenir que le numéraire mime.
Nous venons de parler du bon marché. Il ne dépend pas des lois, mais il dépend de la loi organique de la propriété. Quant au numéraire, il est triste de vivre, dans une époque, où une proposition aussi évidente que celle avancée par M. Thiers, a besoin de démonstration.
Dans tout ce chapitre, le mot bon marché s*y trouve une source continuelle de logomachie. Après ce que nous venons d*endire, tout ce que nous ajouterions ne ferait qu'obscurcir; la précision est une des conditions de la clarté. Mais laissons de c6té le bon marché, et abordons la critique que fiDût M. Thiers du citoyen Proudhon.
Dans une époque anarchique, ou de force brutale, chacun veut faire de la force et presque personne de la raison. Alors, chaque parti se complaît dans ses erreurs; tous ont pour ennemi commun la vérité, qui voudrait leur dessiller les yeux. Aussi, les ouvrages de M. Tbicrs ne sont lus que par les conservateurs; et les ouvrages du citoyen Proudhon ne sont lus que. par les révolutionnaires. Si ces ouvrages étaient réciproquement lus : on saurait, d'un côté, que la banque du peuple est la folie d'un homme d'inflniment d'esprit; et, d'un autre, que, la prétention de conserver la société actuelle est une autre folie bien digne de faire pendant à l'abolition du numéraire, de l'autorité, du gouvernement, et dérivant aussi d'un homme de beaucoup d'esprit. Si, à chaque folie nou* velle, tous les partis s'unissaient pour l'anéantir, après avoir reconnu la nécessité du remède, puisque la prétention. 4e conserver la société actuelle aurait été aussi reconnue comme folie ; il est évident : que, l'on arriverait au remède réel par le plus court chemin possible. A cet égard, nos voeux seront impuissants. L'excès d'anarchie peut seul faire sentir le be«
Ml de vérilé. C'est là aussi une loi du raisonnement; lais- Mi alors passer la justice étemelle.
( — Que veut-on, dit H. Tbiers, à propos de la réciprocité,
• (HM je réponde à ce système du réformateur le plus spirii tael du temps? En conscience, Je n'en sais rien et je n'oî
• jMais été plus emt>arrassé. Toutefois, je vais me comi ^er comme si tout ceci était sérieux, et présenter quel-
• qoes réOexions bien simples et bien incontestables. »
«*El,li-dessus, M. Thiers répond avec un calme et une iiieiqae qui lui font honneur. Le plus grand mérite de E Proudbon est le talent d'énoncer des folies inouïes, et de aïoir forcer les hommes supérieurs à lui répondre sans rire.
Après trois pages de réfutation^ M. Thiers ajoute :
c «— Ten ai déjà trop dit sur ce premier moyen d'assurer < leboQbeiir général. Quant au second, il est assez singulier
• ptVBMter qu'on lui consacre quelques lignes. >
— Les quelques lignes de M. Thiers, pour réfuter Tabo- Mioiide 11 monnaie et l'établissement de la banque d'échange, MC seor grandes pages. M. Proudhon doit en être bien flerl Oy a tout i parier que, s'il avait écrit une. thèse en faveur dellMiaculée conception, il n'aurait pas obtenu le même Mcéa. Et cependant ! !
Le chapitre ix est intitulé : Du draii au travail . Il s*n*;it k dèaootrer : que, l'obligation imposée à la société de foitrm ém Iratail aux ouvriers qui en manquent, ne saurait consUlner «A DftoiT.
Id le mot droit ne'st point à sa place, c'est devoir qu'il Cyiait dire. Mais, écartons les logomachies et établissons riumnent la question. Il >'8^Mt de savoir : si c'est un droit, pour les masses, d'rxiger que le paupérisme soit anéanti ; ou, li c'est un devoir, pour la société, de l'anéantir.
Nous allons résoudre cette question ea quelques Ii;n)es; et Bos quelques lignes ne seront point neuf grandes pa^^es.
Tant que l'igoorance sociale dure, c'est-à-dire tant qu'on m. C>
lie sait potni, au lieu de le croire, qu'il y t ua autrt droit que la force; 1 examen de ce qui est douiié comiBe droit doit élre comprimé : pour que Tordre, vie sociale, paisse persister. Pour comprimer Texamen d'un droit donné, deux choses sont nécessaires r la première, une force sufBsante pour fiiire accepter, au moyen de Téducalion dont on s'est rendu maître, et pour conserver, en soumettant Tinstruction à Têducation, un droit quelconque, masquant la force brutale protectrice d'un sophisme; la seconde, l'établissement du paupérisne, complément de la force, pour achever d'enlever aux masses toute possibilité d'examiner. L'existence du paupérisme est donc alors une des conditions absolument nécessaires au maintien du droit, au maintien de l'ordre, vie sociale. Or, comme tout ce qui est nécessaire à l'existeuce sociale esl de droit social, ce qui a été exprimé par satus populi Mima lex, le paupérisme, nécessaire alors à l'existence sociale, est évidemment de droit social.
Mais, il vient une époque où le développement de la presse rend toute force impuissante pour faire accepter, au moyen de l'éducation dont on s'est rendu mattre, et pour conserver, en soumettant l'instruction à l'éducation, un droit quelconque masquant la force brutale par un sophisme. Dès ce moment, le paupérisme devient également impuissant pour empêcher l'examen. De moyen d'ordre qu'il était, il devient une intarissable source de désordre ; et, la société doit alors : ou mourir, ou l'anéantir. Or, comme ce qui est nécessaire à la vie sociale est uécessairemeut de droit; l'anéantissement du paupérisme, subordonné à la démonstration incontestable du droit rèeli devient lBsalusp(^uli, Vultima l$x, le véritable droiU
Hiiatenânt, comment a été établi le paupérisme? ExclusifHMftl an aliénant le sol aui individus.
Et comment le paupérisme peut-il être anéanti? Exclusi-
■anl an tiisant outrer le sol à la propriété collecU ve.
M^ anployé neuf pages? Voilà, cependant, l'exposition aal| da la cauaa du nal et du remédet
IhiaiMitD^éooutoM N. Thiers.
• ^ La sociélé, dit-il, ne peut considérer comme un droit t b prétention qu*on élève contre elle; car, en premier lieu, ce
< D*est ptsun droit, et secondement, si elle la reconnaissait t comme droit, elle s'engagerait à y pourvoir dans une me- • sure qui dépasserait ses forces. >
—Je viens de démontrer :que, celte prétention est un droit; el, que la société peut le reconnaitre, sans pour cela s*enga- |ir,eBiiaeaDe manière, dans une mesure qui dépasserait ses forces.
là, ne craignons pas d*élrc long en suivant M. Thiers ; la jistice eiige que nous soyons très-attentirà tout ce qu'il lui plaira de nous dire. C*est lui qui est le maitre; et, quand le ■aitra sera battu, les écoliers, s'ils sont raisonnables, n'auraai pins rien i dire.
c Je tais, dit M. Thiers, démontrer brièvement ces di-
< v^TKS propositions. Qu'on m'écoute un instant, et on re-
< eonnallra que sous ce cri d'humanité, il n'y a pas autre
< diose que le cri des factions imitant la voix du malheur,
< afin de s'introduire dans le sein de la société désarmée, et
< de la bouleverser; qu'en un mot, il n'y a rien, rien, ou c les ateliers nationaux. »
— M. Thiers, eondilionnellemenl, a parfaitement raison. Ci, nous disons avec lui : en conservant la société acluello, il n'y a rira, absolument rien, que le paupérisme, ou les HHi^rs nationaux. Kudémontmntcetteproposition,M. Thiers nra rendu ft l'humanité le plus grand semcequi puisse lui être rendu eu époque d'ignorance. Une seule chose m'étonne : c^fst que nous verrons bientôt M. Thiers lui-mOme vouloir établir les ateliers nationaux. Il a donc reconnu que la société actuelle n'est plus possible; et, c'est par désespoir qu'il S4^ jette de Charibdc en Scylla. Au reste, ce n'est ni M. Thiers, ni M. Marie qui sont les inventeurs des ateliers nationaux; celui qui les a inventés pour la France, c'est celui
— Bique les hommes de 80 considèrent comme le premier ministre qui ait existé : Turgot.
« -— Je ne sache pas, dit H. Thiers, que les hommes aient « mission de se trouver du travailles uns aux autres. »
— Les hommes, c'est-à-dire la société, ont, avant tout, la mission de ne pas laisser périr la société. Tant que le paupérisme est nécessaire à rexisience de Tordre, ils doivent le conserver et ils le conservent. Lorsqu'il est devenu anarchique, ils doivent l'anéantir; et, lorsque l'anarchie sera parvenue à un point suffisant pour qu'ils sentent la nécessité de l'anéantir, ils l'anéantiront. Pas ayant (1)1
« — Chaque homme valide, dit M. Thiers, a mission de « s^occuper de lui-même, de se chercher un emploi, et je « ue sache pas que ce soit à la société de lui en trouver un. »
— C'est parfaitement vrai. Mais, quand le paupérisme est nécessaire, la société, en aliénant le sol, l'empêche de s'oc* cuper de lui-même, et s'oppose à ce qu'il puisse travailler pour lui-même. Quand le paupérisme devient incompatible avec l'existence de l'ordre, la société fait entrer le sol à la propriété collective; après cela, tout homme valide se cherche et se trouve de l'emploi.
(I) Vouloir (lue les hommes qui^ par rioteUigencc et la propriété^ se trouTcnt au sommet des affaires, mettent eo seconde ligne toute affaire soit de fortune, soit de famille, pour s'occuper de réorganiser radicalement la société ; c*est vouloir : qu'un nouTeau-né puisse prendre le sein de sa mère, avant que le besoin, résultant de son organisme, lui en fasse une nécessité. Eh bien! il n*y a qoe les maui résultant de Tanarchie qui puissent faire seotir, à ces individus, le besoin de cette même réorganisation radicale. Auparavant, tons les maux dont vous les menacei, s*ils ne prennent le sein de la •eieiice, sont aussi inutiles : que le sein de la mère prétenté au nouveau-né, doBi l'organisme est encore paralysé! L'anarchie est le galvanisme social.