‹ Qu'est-ce que la science sociale?Chapitre 3 sur 36 · HT · texte numérisé non relu

HT

xn.

« Le Tieil ordre euro|>éen expire ; uos débat» a actueb paraîtront dcs,tà<'hef rvÈMiua au\ « >eu\ de b postérité, m

Chateaubiuxd.

m L'époque où nous entrons, est le chemin « |kar leifuel des t^éuérationn fatalement con- « damnées tirent L'Axat?f mo5Db i-n un

« MO!IDE 50UTKAC. » (idem.)

m Un État politique où de?» individuç ont des « millions de revenu, tandis que d*antreK infi iliTidu» meurent <k faim, peut-il subsister « quand la relijrion n'est plus là, awc s^s es- « pA^uces hors de ce monde, pour expli<iiier « Iv Kierifice? Il y a des enfants que leurs (t mère» allaitent à leurs mamelles flrtries, « Tiirtc d'une bouchée de pjin pour sustfnter « leurs expirants nourrissous ; il y a des fa- « milles dont les membres font rrduibt à »'eu- « tortiller ensemble pendant la nuit, faute de « couverture pour se réchauffe r. Gr lui-là voit « mûrir ses nombreux SiUous ; celui-ci ne « possédera que les sîi pieds de terr«.' prêtés « a sa tombe |»ar »uo |ia>s natal. Or. combien « six pieds de ti'rrt: peuvent-ils fournir d'épis « de ble â un mort ?

« A mesure que l'iustructioo descend dans « les cbsses inférieures, celles-ci décuuvreut « la plaie secn.te qui roufiv l'unlre social irrc- « uciEii. La trop ^raudc dispro|K>rtioti ilf« « conditions et des fortune»» a pu se sup(»orter « tant quVUe a été cachée ; mji« aussitôt « que cette disproportion a été ;;<0i'Tjlem'.-nt « t|»erçue, le coup murtcl a «'te {M>rti'. Re- « compose!, si vous le |»ouvei, le» fi«Mioii!« .iris- « tocrati<|ues.Essave2iie |»er^uader .lU |»aurrt>, « lorsqu'il saura bien lire et ne croira plus ; « lorsqu'il possédera la même instructiun que « vous ; essaye! de lui |H•^^ua'l^^ qu'il doit f e « soumettre a toutes le» privations, tindis que « uni voiMu |K»i^iM*i|e mille foi* 1.- superflu : un i

« OER^IÉBK BE!i^>t BcEt IL Vol !» l.F. FAI l»BA TI CB.

« Oiiaml la ^.ipeur sera |ierft cLunn* e ; « qiund, unie au lili-irraphe et aux rhi*m.n« ilf • fer, elle aura fait tlis|iai altre bit di>ttuce« ; « ce ne »erout p1usM'ul< m* ut les m.u*t lui.iltM>4 « qui vu;aircroiit,nui% encore les idér«n*n'lurs n a ru«a?e lie leurs aili«. (jtiand le^ barri* re« m fiscales tt Commerciales auront été alM»lii-4 « entre les diver» Ktat«, cfnume elles le s«Mit « •!«}& eoire le« province» duo méni» Ktal ;

que les hommes de 80 considèrent comme le premier ministre qui ait existé : Turgot.

« -— Je ne sache pas, dît H. Thiers, que les hommes aient « mission de se trouver du travailles uns aux autres. »

— Les hommes, c'est-à-dire la société, ont, avant tout, la mission de ne pas laisser périr la société. Tant que le paupérisme est nécessaire à rexislence de Tordre, ils doivent le conserver et ils le conservent. Lorsqu'il est devenu anarchique, ils doivent Tanéantir ; et, lorsque Tanarchie sera parvenue à un point suffisant pour qu'ils sentent la nécessité de l'ancanlir, ils l'anéantiront. Pas avant (1)1

flc — Chaque homme valide, dit M. Thiers, a mission de « s'occuper de lui-même, de se chercher un emploi, et je «c ne sache pas que ce soit & la société de lui en trouver un. »

— C'est parfaitement vrai. Mais, quand le paupérisme est nécessaire, la société, en aliénant le sol, l'empêche de s'oc* cuper de lui-même, et s'oppose à ce qu'il puisse travailler pour lui-même. Quand le paupérisme devient incompatible avec l'existence de l'ordre, la société fait entrer le sol à la propriété collective; après cela, tout homme valide se cherche et se trouve de l'emploi.

(1) Vouloir que les hommes qui^ par rintelligence et U propriété^ $« trouvent au sommet des affaires^ mettent en seconde ligne toute affaire soit de fortune, soit de famille, pour s'occuper de réorganiser radicalement la société; c'est vouloir : qu'un nouveau-né puisse prendre le sein de sa mère, avant que le besoin, résultant de son organisme, lui en fasse une nécessité. Eh bien! il u*y a que les maui résultant de Tanarchie qui poissent faire sentir, à ces individus, le besoin de cette même réorganisation radicale. Auparavant, tous les maux dont vous les menacez, sUls ne prennent le sein de la science, sont aussi inutiles : que le sein de la mère présenté au nouveau-oé, dont l'organisme est encore paralysé! L'anarchie est le galvanisme social.

~ Cest vrai, Monsieur; mois prenez garde! tous voilà sodiliste. Non pas même socialiste do la société actuelle ; Biis, socialiste de la société nouvelle, socialister ationncl.

• — SI rouvrier, dit M. Thiers, a droit à ce que l'Étal < loi fournisse du travail, ce doit élreun travail conforme à i W9 habitudes, è son genre de vie, h ses talents, un tra-

• nil qui ne IVxlcnue pas, qui ne le rende pas impropre è

• SOD méljer, un travail certain qui ne Toblige pas à s'expa-

• trier, qui ne le sépare pas de sa famille, qui ne fasse pas

• de sa femme une veuve, de ses enfants des orpiielins. •

— Bravissimo!.. Monsieur; vous voilà socialiste ratiwiDel. Avec le concours d'un talent comme le vôtre, la société sera bientôt sauvée. Voilà un demi-siécle que Je cherche Vielqu*un qui me vienne en aide. Merci, Monsieur, soyez le bienfenu. Eh bien! du moment que le sol appartient a la propriété collective, subordonnée à la connaissance du droit tàd| loul ce que vous demandez se fait : nécessairement et par le seul fait de Torg^anisation sociale ; comme maintenant le paupérisme existe nécessairement, par le seul fait de l'orliiiitiion actuelle de la propriété.

< «-» Il faut, ajoute M. Thiers, qu'il trouve en s'adressant • 10 gouvernement, un atelier tout prêt à le recevoir, une « fllature, une torgo, un métier à soie, une boutique de « chapelier. >

^ Il faut mieux que cela ; il faut qu'il trouve en outre un ■iDistére ot même une présidence, s'il est le plus capable. Eisuriout, sans même s'adresser au gouvernement. M. Thiers s'y connaît, et j'aurai peu de peine à faire son instruction.

« — Il y a plus, » ajoute M. Thiers.

— Ah ! li y a plus? Allons ! voyons ce plus.

€ — Il y a plus, dit-il, si le droit est, il est à tous les « instants, li est entier, aujourd'hui, hier, demain, aprës- « demain, en élé comme en hiver^ non pas quand il vous

« plaira de le déclarer en vigueur, mais quand il plaira à « l'ouvrier de l'invoquer. »

— Parfait ! Monsieur; il n'y a véritablement que vous qui compreniez ce que la société doit être. Vous prouvez parfaiiement que toutes ces choses doivent se faire : non par le fait des hommes ; mais par le seul fait du principe, par le seul fait de l'organisation sociale.

« — Eh bien! continue M. Thiers, comment ferez- « vous?.. »

-— Et là-dessus il prouve admirablement : que, tout cela est absolument impossible dans la société actuelle. Ah I socialistes qui voulez conserver celte même société, vous avez trouvé à qui parler; et M. Thiers vous malmène joliment! Merci, monsieur Thiers, que le bon Dieu vous en récompense !

« — Et d'où vient, continue VL Thiers, cette malheu- « rcuse contradiction entre le principe que vous voulez poser « cl l'application du même principe? >

^ D'où vient. Monsieur? De ce qu'elle et vous n'avez pas suffisamment étudié l'antinomie. Vous y auriez appris : que du blanc, c'est du noir ; et , que du noir, c'est du blanc : pourvu que l'on veuille donner au noir le nom de blanc; et, au blanc le nom de noir. M. Thiers n'est pas tout à fait de cet avis, quoique ce qu'il dit revienne à peu prés au même. El cependant, ajoute-t-il, je ne veux pas railler en matière aussi grave. Il a bien raison; il n'y avait pas, en effel, de quoi rire dans les journées de juin !

Après cela, à son tour, M. Thiers fait l'ulopisle. Il présente aussi son petit remède. Seulement, il rcgrelle de ne pouvoir faire des commandes de cachemires el de bijoux. Il oublie qu'en réchauffant le zèle des fidèles, on pourrait faire ces commandes pour les Noire-Dames de Lorelle. Mais je ne veux pas venir en aide à M. Thiers utopiste. Je le retiens pour moi, il m'appartient corps et âme; et je défendrai ma

propriété MfiMhif $1 rostro, dût M. Proudhoo m*accuser ëfél.

Le ebapitre x est intitulé : Du caractère général des sodabfff. Il 8*agit de démontrer : qne, les socialisUs, en réalité, êttâfuni autant la propriété que les communistes euxmêmes^ et ne s^ occupent que d'une petite partie du peuple; ii Me qui est agglomérée dans les villes.

O chapitre est le résumé du troisième livre. Nous allons le dooner en entier : parce qu'il est très-court ; parce que ms devons le donner pour étn^ juste; enfin, parce que I. Thiers étant, sans le savoir ni le vouloir, notre démonstnieor en cbef, nous devons surveiller ses conclusions : pour lie point laisser nos lecteurs s'égarer sur les pas d'un adcple, doat nnstniction n'est pas encore achevée.

• — Résumons ce qui précède, dit M. Thiers.

• Les socialistes, voulant se distinguer des communistes, « eoosidéfant même la qualification de communistes comme « 00 outrage, ont inventé ces trois choses :

• L'association ; < La réciprocité;

• Le droit au travail;

• L'association, qui consiste è réunir entre elles certaines

• daases d'ouvriers, pour spéculer sur un capital roiimi par

• l'État, ou formé de leurs économies, afin de leur procurer

• les bénéfices du maître, et de soutenir les prix que la con- « currence tend sans cesse à avilir;

• La réciprocité, qui, poursuivant un but opposé, décrète c le bon marché, le commande par une réduction arbitraire « de toutes les valeurs, substitue au numéraire un papier

• que délivrerait une banque d'écliangc, et dont l'avantage « serait de ne jamais se refuser, de ne jamais se faire

• payer à un taux usuraire comme l'or et l'argent;

• Enfin le droit au travail, qui affiche la prétention de

• bire cesser toute misère, en assuraut a tout le monde

• inoccupé un emploi immédiat de ses bras.

« J*ai prouvé (|ue le pt^mier de ces systèmes, l'associalion, procurail à quelques travailleurs privilégiés le moyen de spéculer aux dépens do tous les autres, si TÉtat était contraint à Tournir le capital, et les exposerait à se ruiner, si le capital était formé avec leurs économies ; qu'il supprimait dans Tindustrie, le seul vrai principe téritable, c'est-à-dire l'intérêt privé, qu'il y introduirait l'anarchie, et qu'il n'échappait à la ruine qu*en créant le monopole au proût de quelques industries, par la suppression de la concurrence ; qu'enfin en supposant qu'il Tût praticable, il ne s'occupait que de quelques classes d'ouvriers^ les classes agglomérées dans les grands ateliers, c J'ai prouvé que le second de ces systèmes, la réciprocité, contradictoire avec le premier) poursuivant le bon marché au lieu de la cherté, était tout aussi chimérique, car si on réussissait on ne ferait rien, tout le monde aurait perdu autant (}u'il aurait gagné; mais (}ii'on ne réussirait point parce tpie les valeurs sont de letlr nature insaisissables, qu'on atteindrait les unes, non les autres, et qu^on aurait ainsi frappé de spoliation le petit nombre de celles sur lesquelles on aurait agi ; que le nouveau papier substitué au numéraire, ou se donnerait à tout Venant et ne vaudrait Hen, ou, s'il ne se donnait qu'avec des précautions rassurantes, serait aussi enclin à se refuser, à se faire payer cher que te numéraire lui-même ; que ce moyen enfin, fût-il pratiqué, n^aiderait pas plus que le précédent la masse des ouvriers^ Ceux deà catnpa^nes surtout, demeurant forcéuiènt incotintis des banques qui délivreraient le papier.

« Quand au troisième système. J'ai prouvé que l'État ne pouvait reconnaître un droit Auquel il serait dans l'imposribilitè de satisfiiire, dont ^exercice serait ouvert dans quelques moments et pas dans tous, invocables par certaines dasses, et point par certaines autres ; que proclamer un droit fbrmel, c'était créer dans les grandes villes des ateliers nationaux indissolubles, constitntionnellement au-

Coritit i t'intiiifar, si oo voulait les dissoudre; que rËlat devait douner des secours abondants, mais ne pouvaii km davantage ( que cette troisiàme intervention, saOn, coBtte les autres, s'occupait de quelques ouvriers igfkNBérés et d'eui seulement.

m Le prenier caractère de ces divers systèmes est de se eMtrsdirs les uns les autres ; car Tun associe les ouvriers pour lutter contre le bon marché, Tautre, au contraire, VMt produire le bon marché par des lois; le dernier, excluant les deux premiers et allant droit au but, veut que r£lat paia i tant par jour l'ouvrier qui n'a pas d'ouvrage, M qui n'en trouve pas à son goût. Le second caractère de ces systèmes est d'être chimérique, contre nature, impraticable, car on conviendra qu'associer entre eux les Alaleurs, les tisserands, les forgerons, les mécaniciens, les aineoiB, qu'associer entre elles des associations, puis les MliMi elles-mêmes, que fixer par décret la valeur des ctoassy et avoir un numéraire de papier qui ne se reftise* nH jamais, ou enfin tenir constamment ouverts^ pour le de l'État, des ateliers où l'on rabriqueratt de la

, des cbftles, de la bijouterie, des aiguilles, etc., 411e iMt cela vaut bien la folie du communisme. Le troi*

caractère de ces systèmes, est de violer la propriété le communisme lui-même, de la violer gravement, car, prendre forges, usines, mines, pour les livrer à rasaociation, ce qui ne pourrait se Aiire qu'en les payant avec dea rentes discréditées par l'immensité de rémission, réduire à volonté toutes les valeurs, supprimer une partie des loyers, fermages, intérêts de capitaux, tenir ouverts aux dépens des contribuables des ateliers nationaux en rivalité avec les ateliers privés, élever d'une part et arbi^ irairement les salaires, de l'autre avilir les prix, c'est at* teindre la propriété de mille manières également cruelles, c'est la violer, la torturer, la détruire au lieu de l'abolir frauchement comme le communisme. Le quatrième caractère, c'est de ne rien faire pour le peuple entier, de s'oe-

« cuper exclusivement des villes ; et le cinquième enfin, c'est tf d'avoir constamment recours & un être commun, chargé tf de suffire à toutes les dépenses^ à toutes les inventions, i « toutes les fantaisies, le trésor de TÉtat, c'est-à-dire le <c trésor de tout le monde, et des pauvres encore plus que des « riches, car les riches, quelque durement qu'on les impose, « produisent peu, parce qu'ils ne sont pas nombreux, si peu « que leur ruine absolue n'enrichirait pas le budget.

« Lt bien de tous avec les moyens de tous ne se trouve « évidemment dans aucun de ces systèmes.

< De ce qui précède, il résulte que les socialistes, avec la « prétention de se s^rer des communistes, n'en violent

< pas moins le principe de la propriété, sont seulement plus « inconséquents et moins sincères, ne s'occupent en réalité « que d'une partie du peuple, non pas de la partie la plus c souffrante, mais de la plus agitée, de la plus agitable, et

< que parmi eux, enfin, les seuls qui fassent quelque chose

< de sérieux pour la classe dont ils s'occupent, sont ceux « qui, tout simplement, proposent delà payer & tant par jour, « comme l'avait imaginé M. de Robespierre, afin de l'avoir « à sa disposition. Les communistes sont de purs utopistes ; « les socialistes, qui ont la prétention d'être des esprits plus « pratiques, ne justifieraient à mon avis cette préten- « tion, qu'en s'a vouant factieux ; car je ne saurais définir au-

< trement la volonté de payer à tant par jour, pour ne rien « leur donner à faire, cent mille ouvriers à Paris, cinq à six « mille à Rouen, et un nombre proportionné à Lille, à Lyon, « à Marseille.

« Ou utopistes, ou factieux, voilà comment je définis les € philosophes, qui, pour ne pas s'appeler communistes, ont « imaginé de s'appeler socialistes. Je leur demande pardon « de cette manière de les définir, et je les supplie de croire t que dans mon jugement sur leurs systèmes, il n*entre pas c la moindre rancune contre leur personne, mais une in- « curable aversion pour la déraison orgueilleuse, stérile et a perturbatrice. >

— Voiii œ résQiië en entier. M. Thiers ne nous accusera point de Tavoir tronqué.

Ab point de Tue des bits, mis en regard de la société actorile, le résumé de M. Tbiers est inaltaquable, et Ton déni de la reconnaissance à M. Thiers pour avoir démontré : ^■e les iMtéfianx et les moyens présentés pour construire la société nouvelle, société nécessaire, sont mauvais. Mais ce €B quoi M. Tbiers a tort, c'est d'analyser les intentions. Il a, dit-il, une incurable aversion pour la déraison orgueilkaso^i siérile et perturbatrice. L'aversion c'est de la haine, cl il faut n'avoir, envers ceux qui se trompent, qu'une bienivillaBle pitié donnant naissance au désir de les tnstniire. ■• Tbiers serait-il satisfait s'il inspirait l'aversion, parce qu'il y a eo lui une déraison orgueilleuse et perturbatrice qui Teapéche de reconnaître : que, vouloir conserver, en préiciiee de l'incompressibilité de l'examen, une société où, de son aveu, deux millions de familles manquent souvent du nécessaire, est tout ce qu'il y a de plus perturbateur au monde? M. Thiers devrait avoir de la reconnaissance pour les socia* laies qui se trompent avec bonne intention, comme nous en vroos pour lui.

Examinons maintenant le résumé de M. Thiers au point éeToe de la société nouvelle dont la base matérielle est l'entrée ^ sol à la propriété collective, ainsi que des richesses acquises par les générations passées, moins la partie devant rester au sein des propriétés individuelles, pour que la conlomaiation et la production soient toujours au maximum possible des circonstances, le tout sans faire tort à qui que ce soit, et en faisant le bien de tous et de chacun.

La société nouvelle n'a ni maîtres ni ouvriers séparés en daases diverses. Pour elle tous les hommes sont des tra- ▼ailleors, des ouvriers ; pour elle tous les travailleurs sont des maîtres, des dominateurs du capital, des dominateurs de li matière.

La société nouvelle dit : que l'expression bon wunreké est

yide de sens tani qu'elle n'est point spécialisée, parce qu'elle est générique. Les marchandises sont toujours et nécessairement chères et à bon marché : chères au point de vue du capital, et à bon marché au point de vue du travail; chères au point de vue du travail, et alors à bon marché au point de vue du capital. Sous la société actuelle, les marchandises sont cbères, au point de vue du capital ; et à bon marché, au point de vue du travail. Cela arrive nécessairement, quand le sol est aliéné. Alors, les masses sont nécessairement exploitées. L'exploitation des masses étant devenue anarchique, la sooiété nouvelle veut : que les marchandises deviennent chères aa point de vue du travail; et à bon marché au point de vue du capital. Cela arrive nécessairement : quand le sol est entré k i^ propriété collective. Alors personne ne peut plus être exploité.

La société nouveUe n^émettra jamais de papiers, comme signe représentatif de numéraire, sans être certaine de donner de Tor à quiconque préférera Tor à son papier. Elle est certaine que son papier aura toujours un prix supérieur à sa valeur nominale.

Sous la société nouvelle, Texpression droit au travail, signifie : que la propriété est organisée de manière : que, le salaire est toujours au maximum possible des circonstances, et l'intérêt du capital au minimum ; que, toutes les intelligences sont développées avec un égal soin; que les besoins raisonnables y sont par conséquent aussi développés au maximum; que la consommation, par le maximum des salaires et des besoins, s*y trouve également au maximum ; que le maximum de consommation nécessite le maximum de production; ce qui donne du travail à tous et à chacun, dans le plus grand intérêt possible de tous et de chacun.

Maintenant parcourez toutes les critiques de M. Thiers. Vous verrez : que, toutes sont justes au point de vue de la sociélé actuelle ; et n'ont aucune force, au point de vue de la société nouvelle.

« — Lt bien de tou$, avec les moyens de tous, dit

• Jf . Tkiers, ne se trouve évidemment dans aucun des sys^

• tètnes proposés. »

— Cest vrai. Mais, le bien de (ous avec les moyens de Uiu>, se trouve évidemment : au sein de la société nouvelle.

xin.

« Il réffulle de ce qui précède : que i'impM « doit iMrc |iroportiooDcl à ce qu*OD gagoe oc

« CK Qll'ON POSSftDB. 9

M. Thiers^ de la Propriété, n Parfaitemeiii dit. En époque dl^orance « Kocialc, rimpdt doit être proportiottnel à d « Qi'oN GAGNE; c'est-à-dire frapper le travail « p\rlu!»iv«mtîiit. Quand Tignorancc' sociale ert a é\a»ouic, l'imiiôt est proportionnel à c« « gi *(m pt)ssKi>E, tant coIlectiTement quUndi- « \iduclk*moiit, c'est-à-dire frappe exclusifeu UK-ut la propriété. »

Colins^ Commentaire,

\a^ livre lY do Touvragc de M. Thiers a pour litre : de i/iMPÙT. Crsi ro livre que nous allons examiner.

Dans la (luh)rio générale de Timpôt, nous avons prouvé : qu'ausHl longtemps que le sol est aliéné, soit à un seul, soit à plusieui*s individus, Timpùt ftappe le travail, nécessaireniiMit, exclusivement; et, que du moment que le sol est entré A la propriélt^ eolk^elive, Timpùt frappe la richesse, nécessai- HMntMit, exclu^iveiiUMil. (ÀHle démonstration est claire, précise, incontestable. l>êsormais, pour parler clairement de Pimpftt, il faut ou raccepter ou la réfuter. Et penser à la réfuter, cVst |wnser à prouver : que, deux et deux font cinq.

INiHsons maintenant à l'examen du quatrième livre de M. Thiers.

Le chapitre T' est intitulé : De la fMniêre d'atteindre la piopriétépartimpâl. II s*agil de démontrer : quUI n'est pas traiqu0 les gouvemmimls aient eu pour vue principale, dans Ions les siècles, de décharger nne classe aux dépens des autres, et quUls ont eu pour but euentiel de prendre VarêetiU oA tV était plus facile de le trouver.

M. Thiers aurait dû dire : de le prendre, au liini de dire : de le ÊroMter.

Or, tiiit qu'il y a, socialenienl, des forts et des faibles, c'est chez les faibles qu'il est facile de prendre l'argent, et chez les forts que cela est difOcile. Il est vrai que, dans une parville époque les faibles n'ont pas d'argent. Alors les forts l'avaDceul, font travailler les faibles pour payer l'avance, et preoDeut eu outre, pour intêriH, le reste du produit; moins ce qui est nécessaire: pour que la misère ne tue point l'es* dave, si le maître en a besoin ; ou pour que les esclaves ne liiBseDt point par s'unir et se révolter.

ÊcootODs M. Thiers, et voyons si lui-même conflrmera ce que nous venons de dire:

« // n'y a pn$ trn sujet, s'écrie M. Thiers, sur lequel

• h science ÉcoNOMlQtE du temps, soit plus courte, plus

• fausse, qu^en matière dUmpôt. »

— M. Thiers a raison. C'est bien loyal à lui d'avouer que b préleodue science économique est fauss<' en matière dlnpôl, c'est-à-dire en toute matière : car la science éc^no- Mique u'est pas autre que la science de l'impôt. Nous imiterMS SCO exemple et nous dirons :

« // n'jf a pas un sujet sur lequel la science socialiste € ém ttiitps, soit plus courte, plus fausse qu'en matière m d'impôt. »

Voilà, de part et d'autre, Tignorance sociale loyalement rB00DDue,8urce qu'il y a de plus important, quant au matériel, eo fait de science sociale, la richesse sociale : car, le ■oDiant de l'impôt n'est pas autre chose que œtte même ricbesae : toute autre richesse étant individuelle.

Cette ignorance reconnue, voyons si du choc, entre M. Thiers et moi, pourra résulter (|uelquc lumière !

« — Les uns par kumanilé, dit M. Thiers, les autres par « pnitnce, ne songeaient qu'à une chose, à ménager le plus « graod nonbre, à le faire souffrir le moins possible, car m. 1

c toute souffrance épargnée (oûioi/ iwe reuowree pour de c noucemx impôU. »

— Merci, monsieur Tbiers! c*est précisément oc que nous venons de dire.

c — n ne faut pas croire, dit H. Tbiers, que tout est à c refaire en matière d'impôt. »

— Si, cependant, il n'y a pas un sujet sur lequel la science économique et socialiste soit plus fausse, il me parait que tout doit y être à refaire.

€ — Il ne faut pas croire, conlinue-l-il, qu'en tout refaîc sant on dédommagera le pauvre de sa pauvreté, on punira € le riche de sa richesse. Non : on bouleversera Tordre soc cial, et on rendra le pauvre plus pauvre, car il est toujours c le plus maltraité dans les révolutions. »

— Pas toujours cependant. Avant 1830, M. Thiers n'appartenait point aux quelques centaines dont il parle. Peutêtre même se trouvait-il dans les deux millions de familles parmi lesquelles j'ai actuellement l'honneur de compter. Peut-être aussi y avait-il des riches en 1830, qui maintenant n'ont pas de pain? Tachons de faire en sorte, qu'au moyen de l'impôt, il y ait toujours des riches ; mais plus de pauvres. Tâchons surtout qu'il n'y ait plus de révolution, car, qui sait? M. Thiers pourrait, peut-être, rentrer au sein des deux millions de familles dont il est sorti.

Le chapitre ii a pour titre : Du principe de l'impôt. Il s'agit de démontrer : que, Vimpôt doit atteindre lous les genres de revenus, ceux de la propriété comme ceux du travail.

— Eh bien ! Monsieur. L'impôt firappant et la richesse et le travail, c'est le pendant du mouvement perpétuel et de la quadrature du cercle. Quand l'impôt frappe une parcelle de rifâiesset il lui est absolument impossible de frapper le travail ;

quand il frappe une parcelle de travail, il lui est absolument iposiible de f^pper la richesse. Vous verrez. Monsieur, que

\ ikm éa même avis, saus doute à votre insu : car. Dieu nous nnle de jam.iis vous accuser de vouloir tricher.

Pour vous prouver notre bonne foi, nous allons commencer ptf TOUS rendre Justice. Oui, Monsieur :

« — Le soldat qui porte les armes, le magistrat qui juge, « I*adoiinistrateur qui pn'^side h ror;:anisatlou de tous ces € services, travaillent aussi utilement que celui qui Tait naître € le Mè, etc. »

— II o'y a en effet qu'une science aussi sotte que TtWîo- MMijae, qui puisse appeler ces gens des oisifs. Il n'y a fi'M ado de fautomatisme, là où il n'y a ni autorité, ni gNfienieBeDt, Di,etc., que ces gens-là ne travaillent point; ce «lors personne ne travaille, tous fonctionnent, et l'humawilé m tronve. anéantie.

« — Maintenant, ajoutez-vous, dans quelle proportion le « labonieur^ le tisserand, le maçon, W banquier, devront- € îb pnyer cet impôt destiné à KH:om|HMiser ceux qui por- « Intlesannes, jugent, administrent, gouvernent peureux?»

— Je vais vous le dire. Monsieur? Tant qu*il y a des forts d des fubles, socialemtfut, les forts avancent Timpùt, font aisuile travailler les faibles pour payer Tavance, et prennent co cotre pour intén^l, le reste du produit^ moins ce que j ai dit. iUors les travailleurs faibles paient tout, et les travail- Vmn forte rien. Car, comme vous le dites, chacun est travaiilefir. Oute répartition de l'impôt, se fait nécessairement

i, quelle que soit la forme de l'impôt, tant que le sol est Quand le sol est entn* à In propriété collective, aucun traviilleur ne paie, et Pimpôl se prélève exdusivt^ment sur la propriété. Cette répartition de l'impôt est alors aussi nécessaire, qoe Tétait auparavant celle sur le travail des faibles. Aprts avoir groupé des chiffres vous dites :

€ ^> L'impôt doit par consiM)nent être proportionné aux € facullrâ de chacun. »

— Non, Monsieur; Timpôt doit être proportionnel aux propriétés de chacun. Vous allez le dire.

c — Et par les facultés, ajoutez-vous, il faut entendre c non-seulement ce que chacun gagne, mais ce que chacun « possède. »

— Vous avez voulu dire ce que chacun a gagné. Sans cela ce serait la faculté de travailler, c'est-à-dire Tàme, que vous voudriez imposer. Et cerles, vous ne voulez pas que l'àme soit une propriété. Il est cependant vrai de dire : que, tant qu'il y a des forts et des faibles, ce sont les âmes des faibles qui paient, car, alors les faibles n'ont pas de propriété ; ou, n'ont que celle qu'on veut bien leur laisser pour travailler. Je conviens que c'était relativement juste, tant que c'était possible. Mais, maintenant^ cela devient impossible, c'est-àdire anarchique. C'est donc injuste : et relativement; et absolument.

« — La prétention de ne pas imposer le travail, serait, c dit M. Thicrs, aussi déraisonnable, que celle de ne pas imc poser la propriété. Tout ce qui est placé sous la protection « sociale, tout ce qui n'existe, comme la propriété, tout ce « qui ne s'accomplit, comme le travail, qu'à l'abri de cette « protection, lui doit une rétribution proportionnée. »

— Voilà, Monsieur, une pensée très-clairement exprimée. C'est très-rare chez ceux qui défendent une mauvaise cause; et je ne puis trop vous en remercier. Le travail, dites-vous, te fait sous la protection de la société. C'est vrai. Monsieur, et chacun personnellement, ipaiesaparl de protection. Vous voyez que c'est à la propriété de payer la part de la propriété. Si les Russes viennent nous attaquer, M. Rotschild tirera-t-il dix mille coups de fusil pendant que j'en tirerai un ? Ainsi que j'ai eu l'honneur de vous le dire : le travail paie tout, ou ne paie rien ; la propriété paie tout, ou ne paie rien. Vous-même le direz.

M. Thicrs a quelquefois de bien singulières idées.

« — Les premières conlribulions, dit-il, ayant eu pour « objel d'eolretenir les gens de guerre, il était naturel que « les seigneurs servant en personne, ne payassent pas TimpôL « Ib raoquiilaienl en nature. »

— Esl-ee que M. Thiers s'imagine que les vilains ne payaîeDi pas aussi de leur personne ; et cela sans armure, quand les seigneurs étaient bardés de fer? Les mauvaises euises sont obligées d'employer de bien mauvaises raisons !

Le chaptre m a pour titre : De la réparlition de Vimpôt. n s*agil de démontrer: que, lUmpôl doit ilre proportionnel 0t mon progressif .

Encore une porte ouverte enfoncée. L'impôt progressif est an de ces mille masques servant à cacher l'ignorance de een qui veulent se donner comme médecins de la société, et M sont que des charlatans ou des perroquets.

A propos de l'incertitude relative h la règle qui doit dominer cet impôt, M. Thiers dit :

c — Kous aimons mieux une régie quelque dure quelle c paisse être, mais une règle qui soit stable, fixe, et qui ne « noBS rende dépendants des vertus de personne. »

— Monsieur Thiers n'est pas difficile. Une régie stable, fixe, c'est, en époque d'ignorance, du despotisme par une foi so* dalenent acceptée. Hors cette régie, et pour aussi longtemps qnellgnorance dure, il n'y a de possible que l'anarchie. Mais, H. Thiers est un de ceux qui ont aidé à détruire la foi; et il ne veut point contribuer à détruire l'ignorance. Alors, qall souffre de sa faute. En dehors de la vérité inconleslablement démontrée et socialement accoptiH!, il n'y a plus de régie stable, de régie ttxe à espi^rer.

€ — Je demande, dit M. ThiiTS, bonté, bonté par- • faite pour le pauvn^, ri seulement jusiieo pour le rirlM% « mais justice enti II. »

— La bonté, Monsieur, n|ipai tu-ut ;iu d<»mîiiii'* do-nes-

— iM —

priélc, d'arriver au plus équitable des impôts. Quant au travail, il ne doit rien payer , sous peine de tout payer.

« — C'est, à quelques égards, continue M. Thiers, cet <c impôt presque unique que Vauban, l'Aristide de la mo- « narchie, voulait, etc. Cependant cet impôt est une chimère. »

— C'est vrai. Monsieur, sous la société actuelle : parce qu'un impôt équitable serait un impôt stupide : la société actuelle exigeant, sous peine de mort, l'exploitation des masses. Mais, voyons pourquoi, selon M. Thiers, cet impôt est une chimère. Nous affirmons, nous, que, sous la société nouvelle, rien n'est plus facile.

« — Car, dit-il, on ne peut pas connaître, d'une manière ■ parfaitement exacte, le revenu que chacun tire ou de ses c biens ou de son travail. »

— Dans la société nouvelle, le revenu n'est point la base de l'impôt, mais bien le capital servant à la production, et non à la jouissance. Car ce dernier capital ne doit jamais être frappé. La société future n'est faite, au contraire, que pour favoriser la consommation, c'est-à-dire la jouissance. En un mot : sous la société actuelle, c'est la consommation qui est frappée; sous la société future, c'est la production. Mais, diront les perroquets, frapper les productions, c'est empêcher le travail. Eh! malheureux perroquets! vous ignorez donc : que, frapper la production, quand le producteur ne peut être frappé, c'est frapper le produit. Vous ignorez donc : que, partout et toujours, la production est subordonnée à la consommation ; et que, du moment que le travailleur travaille librement et pour lui-même, la consommation est au maximum possible, et par conséquent la production. Dans la société actuelle, les propriétaires seuls consomment, et les prolétaires fonctionnent. Dans la société nouvelle, tous consommont, et la matière seule fonctionne.

« Il D*y aura absolument aucuL pauvre ni « aiicuu meodiant parmi vors, afin que le Sel- « pneur ton Dieu te hénisne tlau» cette terre

m QI'*IL METTRA EM TA POSSESSION. »

DECTÊlOlfOHS, XV, 4/

« La société est tenue de rendre la vie cou-

« MODE à TOUS. 9 DOSSUET.

* « La charité qui se traduit simplement par « l'aumùne, est, s'il est permis de s'exprimer « ainsi, une sorte de iégihe piotbcteui de la

« MISÉIB. » M. V0L0\(3II.

a Aucun pbn, pour secourir la pauvreté, « oc mérite attention, s'il ne tient à mettre « les |tauvres fn état de si passer de se- « corRs. » Ricardo.

« Je iKisc en fait qu'il y a une moitié du m |HMiple français dont ralimeutation n'est pai « Kufflsantv au gri* de l'hygiène. »

M. Michel Chevalier.

N Cn temps viendra où Ton ne concevra m plus qu'il fut un ordre social dans lequd ud « homme ctimptait un million de revenu^ « tandis qa*un autre homme n'avait pas de « quoi payer son dtuer. Un noble marquis et « un irrot propriétaire paraltroni des person- « nages fabuleux, des êtres de raison. »

Cbateai-rriard.

« J'ai voté avec la Chambre des députés un « crédit pour l'émancipation des noirs; mais « ne savei-vous pas que nos ouvriers rlamcs « sont aiAixocp noms HEiREn qve les hoirs « dont on a réglé l'émancipation ? et en vé- « nté, je comprends qu'on ait parlé d'exporter « des prolétaires français pour les substituer « aux noirs , puisque les amihiler a ces der- « HiERs, c'est leur donner une EXifTEHCS sr- « PERfEl'REà celle qu'ils trouvent «n France.»

M. BtRRTER.

« La Clause ouvrière ne |»osséde rien, U « faut la rvudre propiiétaire. •

Louis-Napoléoh.

« Elle D*a de nchense que ses bras, il faut fl douner a m^ liras un emploi utile pour « tous. 9 L«H*i»-NAPoLa<»v.

• FUE est ComiE t H PEt-PI I I)*ilotes ac mi- « UltX' n'iH PIIPLS DR STlâRIIIS d fAUt loi

« donner une place dans la société^ et atta-

et CHIR SES IirrÉRÉTS A CEl'X DU SOL. >»

Louis-Napoleoîi.

a Tous les maux énoncés ci-dessu$ dispa- « raisseat : dès qu*il est possible de faire en> « trer le sol à lapropriélé collective. »

Colins, Commentaire, « Il existe (en France) deux millions de fa- « milles qui ont à peine le nécessaire, el soc- « veut même ek sont privées, d Id. Thiers.

« C'est un pareil état de choses que M. Thiers « veut conserver, en voulant conserver une so- € ciété dont l'impôt actuel est Tcxpression. »

CouKs, Commentaire.

« — Les terres^ dll M. Thiers, sont difficiles à évaluer, »

— C'est vrai. Sous la société nouvelle, c'est complètement inutile : le sol appartient à la propriété collective. Quant aux évaluations mobiliaires relatives à l'impôt, elles sont alors : de la plus grande facilité, de la plus grande justice, et de la plus grande publicité.

« — Quant aux revenus des capitaux mobiliers, continue « M. Thiers, ils sont, la plupart du temps, ignorés ou insai- « sissables. »

— C'est vrai pour les revenus. Mais c'est faux pour les capitaux employée à la production, les seuls qui doivent être atteints.

« — On peut bien en flrapper quelques-uns, continue « H. Thiers, comme le$ rentes sur l'État et les créances hy- « polhécaires, parce que, etc. >

— Sous la société nouvelle, il n'y a plus: ni rentes sur TÉiat; ni créances hypothécaires sur le sol. L'État prête et n'emprunte pas« Si, celui qui prête devait payer, TÉtat devrait donc payer? Sous la société nouvelle, les créanciers ne paient pas. Comme vous le dites fort bien, Yintérél se rejetterait toujours sur l'emprunteur. Le capital prêté paie à la production. Et, ce que ce capital paie alors, le travailleur sait se le faire rembourser par le capitaliste, en lui donnant un plus

Mbie iitèrél. Riroe qu'alors : rintérêt se trouve toujours au ■JoiaiB possible, el le salaire au maximum possible.

Vous conviendrez. : que ce capiial industriel et com- MTcial, est toujours aussi à vue que les tours de Notre-Dame le sont à Paris. Où d'ailleurs trouvez-vous donc la difficulté 7 Sous la société nouvelle, il y a, en outre, une autre source 4e connaissance à cet égard, plus sûre que toutes les évaluatîoBS possibles; c'est, la déclaration d'honneur du propric* taire. Il est vrai que, sous la société actuelle, de pareilles déclarations ne seraient bonnes qu'au théâtre.

Maintenant, voulez-vous savoir sur quoi se base l'impôt iMHrvrt : le seul réel, sous la société actuelle ; le seul tmfosmUê, sous la société nouvelle; parce qu'il se prélève sur la oooaoamation ? Écoutez :

c — Supposez cependant, dit M. Thicrs, que cet impôt « chimérique, basc^ sur le revenu vrai de chacun, fût pos- € riWe, il y aurait encore un inconvénient grave, ce serait « de s*adres8er directement aux personnes, de leur deman- « de r à certain Jour de Tannée, tous les mois, tous les trois

• mois ou tous les six mois, le montant de leurs contribii- « tioDS, et de les prendre souvent au dépourvu, ce qui arrive

• parlicaliérement aux classes malaisées ordinairement peu « prévoj'antes »

— Peu prévoyantes est délicieux ! vous imaginez-vous que les huit millions de familles, qui, selon M. Thiers, n^ontpat ou u'ofi/ que le nécessaire, iront prendre sur ce nécessaire pour le donner au fisc. Pas si béte. Votre société les y force, eo les obligeant de travailler avant de manger. Aussi, le prince de l'économisme , dit- il : que, tom les ans une partie de la population doit mourir de besoin, menu au sein ée la nation la plus prospère.

c— > Lesgouvemements, continue M. Thiers, beaucoup plus « attentifs qu*on nr le croit h ména;;or la susceptibilité des « contribuables, ont tenu grand compU> de cet inconvénient, « et pour ce motif ont repoussé l'impôt direct autant qu'il a

« dépendu d*eux; et, plus ils ont en affaire à un pays riche, « plus ils ont eu recours à l'impôt indirect, que voici. »

— Aussi, plus un pays est riche^ quant aux propriétaires, plus il est pauvre, quant aux prolétaires. C'est, que du moment que Tesclavage et le servage domestiques sont abolis, Texploitation se fait par l'impôt ; et, que les prolétaires sont sur la voie de souffrir la plus grande exploitation possible. Il est vrai : que cet excès d'exploitation devient la source de l'affranchissement universel. C'est compensation.

« Cet impôt, dit M. Thiers, a un bien grand avantage sur « le premier, en se plaçant dans le prix même des choses. »

— Il a raison : dans ces prix, le salaire y est toujours au plus bas possible; et l'intérêt du capital, au plus haut possible. Il en est de même pour la société nouvelle, l'impôt s'y place aussi dans le prix dfô choses. Seulement, le salaire alors, s'y trouve toujours au plus haut possible; et l'intérêt du capital au plus bas. Entre les deux sociétés, il n'y a pas d'autre différence. Voyez, alors, quel peu de chemin il y a à faire pour passer de Tune à l'autre !

M. Thiers adore l'impôt indirect. Chacun prêche pour sa paroisse. La féodalité nobiliaire existait par Vimpôt direct sur l'esclave domestique; la féodalité bourgeoise existe par Timpdf indirect sur l'esclave collectif.

M. Thiers termine ce chapitre par un aveu naïf:

« — Les gouvernements, dit-il, ont été oppresseurs le « moins qu'ils ont pu; ils ont cherché à percevoir beaucoup c en faisant souffrir peu, parce que chaque souffrance épar- « gnée, était, comme je l'ai dit, une ressource économisée « pour de nouvelles créations d'impôt. •

— Ainsi, toutes les soufDraaces, c'est-à-dire, toutes les possibilités de souffHr, doivent rendre à l'impôt! C'est juste, et les gouvernements n'en sont pas coupables; ils ne sont jamais : que, l'expression nécessaire, inévitable, de l'organisatiou sociale oxistanie. Aussi, ne sont-ils coupables : que.

bnqolb résistent aveuglément à la nécessité sociale, exigeant Boe souTelle organisation.

Le chapitre t a pour titre : De la diffusion de timpôl. Il l'agil de démontnr : que, Nmpôt se répartit à l'infini, et l0d à se confondre, avec le prix des choses, au point que càëcnn en supporte sa part, non en raison de ce qu'il paie i tÊtat, mais en raison Je ce qu*il consomme (I ).

Voas le voyez, M. Thiers vous le dit, et il a raison, l'imfàij sous la société actuelle, se paie exclusivement sur la cMsownation. Et, comme ce que les riches paient, ils le repRuent sur Timpôt, prélevé exclusivement en leur fafMr; il s'ensuit : que, Timpôl est prélevé exclusivement sur ta eoDSomiiiation des pauvres. Puis, comme les pauvres ne pnTeDl consommer sans avoir payé, puisque l'impôt est OiBpris dans le prix des choses; il s'ensuit : que, ceux qui ■e peuvent le payer doivent mouÂ. Cest ce que dit le prince ém économistes, en afOrmant, que : tous les ans une partie de Im population doit mourir de besoin, même au sein de la notiom la plus prospère.

Au commencement de ce chapitre, M. Thiers dit :

« — Je vais rechercher laquelle de ces formes (de l'im- « pài) esl plut ou moins avantageuse au peuple, c't^st-à- « dire plus onéreuse au riche, plus légère au pauvre. Jr « iilk-site pas à déclarer que c'est la dernière qu'il faut pré-

« ti-rer Malheureusement il n'y a aucun impôt qui pré-

€ sente véritablement ce caractère. »

(1} Vou*i rt que l'un «Ict princes de rûconumitmc dit di;siin|>ôli sur la

• Tu«l iiB|M&l, «or les rbosos de roosommation tend à réduire, aa-dcssouf « dt rc •|u'ellc fti'rait siiJt rcU, U «luautitc de tniTail produrtif, m

AnAM Smith.

• Oo peut allîriiKr i|uc Ir» iiii|i6U sur Li ruDSf»min.iliufi »oiit le plus iaé* • ^Icsriil r^rtts de tous, el que , daijs les uaiioD» ou ils domiuciit les fa- « B-Ut» le plus iiMlIgeutcs s<iut sarnA^-s. » AbàU SaiTR.

J^ poorraM nvlliplier à l'ioflui le» riUliou^ a rvi e^rard. Je rco^oie k ce qu^j'ctt ai dit cft ciamioaBl M. E. «Je Girardiu.

— » C'est quelque diose d'en convenir, il eût été mieux de savoir : qu'il en est ainsi nécessairement, par le seul effet de l'organisation de la propriété. Sous la société nouvelle, faites tout ce que vous voulez, mettez des impôts directs, indirects, ou mixtes, toujours ils porteront sur la production et jamais sur la consommation : le tout aussi nécessairement; et, par le seul effet de la nouvelle organisation de propriété.

Pour corriger ce qu'il vient de dire, qu'aucune espèce d'impôt n'est légère au pauvre, M. Thiers ajoute :

« — L'impôt, en réalité le meilleur, même pour le pauvre, « est celui qui convient le mieux à la fortune générale de « l'État, fortune qui est celle du pauvre, beaucoup plus que « celle du riche. »

— Sans doute, c'est une contre-vérité que M. Thiers a voulu exprimer: car^ la fortune de l'État, tant qu'il y a des pauvres, appartient exclusivement aux riches. Vouloir démontrer une pareille vérité, après tout ce qui a été dit à cet égard, serait de la niaiserie. On ne démontre plus : que, la lumière est l'agent dans la daguerréotypie.

« — Quant à la manière dont l'impôt se répartit entre les € diverses classes, ce qu'on peut avancer de plus vrai, dit « M. Thiers, c'est, qu'il se répartit en proportion de ce que « chacun consomme, par la raison fort ignorée, j'en con- « viens, et fort peu comprise, que l'impôt se répercute à « l'infini, et de répercussions en répercussions devient en € définitive partie intégrante du prix des choses, etc. »

— M. Thiers a parfaitement raison, cette raison qui est la vraie, est fort ignorée et fort peu comprise. Mais, puisqu'il la connaît, elle aurait dft lui faire comprendre : que, l'impôt dans la société actuelle, frappe exclusivement sur les pauvres : puisque, les riches reprennent, et avec une effroyable usure, ce qu'ils ont avancé à l'impôt. Elle aurait dû lui faire comprendre également : que, du moment qu'il n'y a plus de pauvres, parce que le salaire est au plus haut possible; que,

— Ht —

que rimpôl, qui alors se trouve prélevé sur I a % 6C nèoessairement porté dans le prix des choses, ne fM plus gêner le travailleur; que, du moment que le montÊÊi de Timpôt est employé au bien de tous, et non plus au lien de quelques-uns ; Timpôl devient immédiatement: une Mfce générale de bienrétre pour les Iravailleun ; c*esl-àère : fimr tous, sam qu'il y ait l'ombre d'une exception

M. Tbiers, du reste, prouve avec une logique inconteshMe, ce qu*il appelle la diffusion de Timpôt, c'est-àën sa répercussion définitive sur la consommation. J'ai dit aiUcurs: que, sur certaine chose, il ne connaissait pas l'écmiomie politique. Je dois dire ici qu*à Tégard de Timpôt, il CM au-dessus de tous les économistes qui jusqu'à lui ont toit sur ce sujet. Je parle du fait, et non de son appréciate. En finissant ce chapitre, il dit avec infiniment de raison : « Hr Cimpôl foncier vous faites renchérir le pain et la « tknde du peuple. » Cest parfaitement vrai pour un nouvel \Êfbu Mais, si Timpot foncier actuel venait à être supprimé, le prix actuel du pain et de la viande n'eu baisserait pas d'un Mline. L*imp6l supprimé entrerait dans la poche du profriéuirc. Car, le salaire étant toujours au minimum possible ; la consommation n'en serait ni augmentée, ni diminue. Et, si par une cause quelconque, le prix des denrées voilt ft diminuer; le prix du salaire diminuerait d'autant; Cir, ainsi que Ta fort bien fait remarquer M. Michel Clieva- Her, le salaire, dans notre société, est toujours au minimum P^ble des circonstances. Ai-je besoin de dire : que, dans h société nouvelle, rien de pareil ne peut exister? Si nous Plions le démontrer maintenant, nos lecteurs nous reprorteraiont de les prendre pour des niais.

b* ( liapitre VI a pour titre : Du bien et du mal produit f^f timpôt. Il s'agit de «lémontrer : que, les modifications Ai système du impôts, les plus désirables dans l'intérêt des fkms taborieuseSj ne sont pas celles qui ont été les plus gé^ oralement proposées.

— Kîeû D'esl plus vrai. Toates les modifications de TimpM proposées jusqu'à préseat. De pourraient avoir pour résultats : qu'une plus grande exploitation des masses causant une révolution ; ou une révolution devant amener une plus grande exploitation encore.

c — On voit donc, dit M. Thiers, que le bien, le mal, ne c sont pas si faciles à faire et à éviter qu'on le pense, et € qu'en prenant la résolution de dégrever les impôts indi- < rects, de grever les impôts directs, on n'a pas plus assuré c Tamélioration du sort du pauvre, que l'aggravation du c sort du riche. »

— Voilà qui est, plus conforme à la vérité que toutes les révélations possibles. Il n'y a que deux espèces d'impôts possibles, et tous les deux sont les résultats nécessaires des deux seules organisations de propriété possibles. Sous la société actuelle, dérivant de l'aliénation du sol, l'impôt, nécessairement, de quelque manière que vous le transformiez, exploite les masses au profit des forts. Sous la société nouvelle, dérivant de l'entrée du sol, à la propriété collective, l'impôt, nécessairement, de quelque manière que vous le préleviez, n'exploite personne et fait le bonheur de tous et de chacun.

Dans ce chapitre, M. Thiers démontre avec une logique inconlestable : que, dans la société actuelle, il est impossible de loucher à un seul impôt, sans causer les plus grandes perturbations sociales. Je réponds à M. Thiers : qu'il est impossible de laisser l'impôt tel qu'il est sans causer les perturbations les plus inévitables. Que conclure de ces deux principes également vrais? que l'impôt actuel, c'est-à-dire la société actuelle, car lUmpét n*est que l'expression (fune société, doit être absolument anéanti.

Après cela M. Thiers igoute :

c — L'impôt indirect est de plus l'impôt des pays avancés € en civilisation, tandis que l'impôt direct est celui des pays € barbares. »

— C »l Irè^vrai. Le premier csl celui du despotisme ; le csl celui qui conduit à ranarcliie. Tous les deux i sar le travail; Timpèt de la liberté et de Tordre porle flrliridiesse.

Ge chapitre est très-utile à lire pour ceux qui sont en état ëeleconprendre. Nous croyons que celui qui pourrait le re- Ere ïïftc le plus d'utilité, serait H. Tiiiers lui-même. Il y im: que la vieille société est à bout, comme disait l'Emfnrntj qu'il aime à citer; et que, sous peine de mort sociale, k Mdèlê nouvelle, consistant : au moral dans l'anéantisse- ■al de rignorance sociale ; et au matériel dans rentrée du Ml à h propriété collective; doit désormais dominée le

a Ce n*c8t pas asseï de répéter que l*hnma- « Dite âTance^ il faut dire en Tertit de qoeito « loi elle avance. Parler d'un progrès, gam « déterminer son mode et sa loi. c'est ne « rien dire* » M. Goimii.

a Progresser vers où ? vers la perfection al^ < solue ou vers le mal absolu ? La perfection « sociale absolue, c'est Tordre absolu résnltaol « de la communauté absolue d'idées sur le dro|^ a et le devoir. Le mal social absolu, c'eti h- « narchie absolue, résultant de la négation aba solue de tout droit et de tout devoir autres « que ceux résultant de la force. Et^ en époque « d'ignorance sociale sur la réalité du droit et a d'incompressibilité de Texamen, il est im- « possible de progresser socialement, si ce « n'est vers le mal absolu^ vers l'anarcbie. » Colins, Commentaire:

« La perfection ne peut mesurer le petfec- • tionncment qu'autaot qu'on a déterminé le « type de cette perfection. » M. Cousni.

<f L'état de l'esprit humain sera fixé, lors- « qu'il sera parvenu à la vérité. » AzaIs.

« En fait d'avenir, les prétendus esprits pro- « gressifs n'ont l'initutive sur rien »

Cbateaubriand.

« Le progrés, en ce qui concerne les insti- « tutions les plus anciennes de l'humanité : la « philosophie, la religion, l'Etat, est une né-

» CATION continue. » P.-J. PHOUDHON.

« Comment trouves-vous : et l'initiative et (c la déûnition? La négation est l'expression « de l'ignorance, elle dispense de preuves.

« L'affirmation est l'expression de la science, c( elle exige démonstration. »

Colins, Commentaire,

Le chapitre Yii et dernier est intitulé : Conclusion et du mal dans le monde. Il a pour objet de démontrer : qu'il y a dans le monde une portion de mal que les gouvernements doivent s*allacher à réparer, et qu'il y en a une autre inbé-

— lin —

mm 4 LA NâTUiB HUMAINE, qu^MCune perfectùm tmafÉMMff éoÊU Us fonMffieiMfi// ne saurait épargner aux

c — Il y a parloul des hommes sincères, je le reconnais,

• dît M. Thiers, et si parmi les philosophes socialistes, il y

• fo a de certains qui n*ont cherché qu'à se rendre popu-

• laifes, el à placer dans leurs mains le dangereux instrut aenl de la multitude, il en est d'autres que la vue des

• aaox répandus dans la société a vivement touchés, et qui

• Ml voulu y porter remède. Mais Tont-ils trouvé? >

— Adaellons, Monsieur, qu'ils ne Tonl pas trouvé. Mais, k Bal social en exisle-t-il moins; et surtout, un mal, le pnipMsne, qui doit être extirpé, radicalement extirpé, sous prise de mort sociale? Nous aussi, nous savons: qu'il est iei toonomistes de bonne foi; et d'autres de mauvaise foi. lab, est-il possible qu'un homme instruit et de bonne foi avoir la prétention de conserver le paupérisme, sans r, en présence de ^incompressibilité de IVxamen, um» iaarcbie qui doit anéantir : soit la société; soit le pau|Mv risse? Toilà une question que nous adressons à M. Thiers hû-fliéme.

c — Il y a quelques riches, continue M. Thiers, mais « em petit nombre, un peu plus de gens aisés, mais pas t beaneoup encore, enfin un uombre infini de gens, qui

• l'ont que le strict nécessaire, et beaucoup qui ne l'ont

• HAMfi PA0. Le peuple des campagnes, comme je l'ai déjà

• dit, se noorrit de seigle, de pommes de terre, de quelques

• léfuses, d'un peu de lard, mauge rarement de la viauiie,

• el travaille toute l'année par la pluie, le soleil ou la gelée.

• Le peuple des villes, moins constamment génê, a des mo- « nenta où son salaire double, et où il vit dans une sorte « d'abondance; il a même quelques-uns des plaisirs du

• ricbe, un habit de drap noir, du linge blanc, les spectacles

• de la ville, «'t pn'siiue toujours de la viande. Mais à peine

rimpnidentc industrie qui se disputait ses bras, en les payant cher, s'est-elle aperçue, de Texcès de produclioo, qu'elle s'arrête, cesse de l'employer , et il expie dans une misère affreuse el profonde, dans la faim, en un mot, dont le paysan est exempt, les quelques beaux jours qu'il a passes. La classe du fabricant, du commerçant, placée au* dessus de la classe ouvrière, s'arrête aussi, voit tous ses gains disparaître. Le riche ne perçoit plus le loyer de ses capitaux, et souffre comme les autres, sans compter quer, même dans les temps de prospérité, mille catastrophes viennent frapper tantôt ceux-ci, tantôt ceux-là, que l'indostriel, le commerçant, le fabricant, cédant à une aaibition imprudente, ont fait des faillites affreuses, qu'ils ont emporté dans leur chute ^ eux^ leur famille, beaucoup de serviteurs attachés à leur sort, commis, ouvriers, agents de tout genre, que le riche, qui leur avait prêté ses capi* taux, est entraîné dans la chute , qu'enfin ce riche luimême, sans catastrophes commerciales, livré à ses propres impulsions , dominé par ses vices ou trompé par de faux amis, tombe du faite de l'opulence, et finit quelquefois par l'exil, la prison, le suicide ou la misère. Voilà le monde avec la propriété, la famille et la liberté. >

— Oui, Monsieur, voilà le monde avec l'organisation actuelle de la propriété , de la famille et la liberté de commettre tous les crimes : pourvu que l'on soit assez adroit pour se mettre à l'abri du bourreau. Maintenant, Monsieur, je vous le demande à vous-même; j'en appelle à vos connaissances et à votre jugement; est-il possible: qu'une pareille société puisse exister, en ordre, en présence de l'incompressibilité DE l'exàhen? Vous le voyez, Monsieur, voilà que Yous-MÉME jetez anathème sur la propriété, la famille et la liberté : telles qu'elles sont comprises au sein de notre société expirante :

Maintenant, écoutons M. Thiers avec la plus scrupuleuse allentioii:

« — Voilà le Blonde, diuil, avec la propriété, la famille f M la libellé. Y voulez-vous opérer des chaugemenis, des i cètogieaeDts qui raméliorent suivant les évideoles lois

• A^la nilure humaine? oh! soyez le bienvenu, apportez- < nous vos lumières, vos inventions, nous les discute-

• ton. >

— Herci, Monsieur. Eh bien ! nous venons, nous voulons Êfènr des changements qui l'améliorent suivant les é viennes lois de la nature humaine, qui sont celles du raisoneiiL Nous serons le bienvenu, dites- vous. Alors, nous (ap|K>rterons nos lumières, nos inventions, afin que vous kl discoUez. Vous les discuterez, nous en sommes certain. Von oe voudrez point mentir : h vous-même; à vos conloiponins; et à la postérité. Ce que vous aurez à discuter m sinple et clairement énona\ Au moral : le droit est- I aèeessaire è Texistence de Tordre? La force brutale peutdk être la sanction du droit! En dehors de la force brutale, j a-l-il une autre sanction possible , que la sanction religieiise? En présence de Tincompressibililé de la presse, Tan- Iropomorphisme ou le panthéisme peuvent-ils servir de base i Mie sanction? Au matériel: le paupiTisme doit-il être loéanti, pour que Tordre, en présence de Tincompressibililé deTexamen, puisse exister? Le paupérisme a-t-il pour source iaêritable Taliénalion du sol aux individus? L'entrée du sol i la propriété collective anéantit-elle le paupérisme? Ai -je telle les moyens d'anéantir le paupérisme, c'est-à-dire : de faire entrer le sol à la propriété collective; sans faire tort iqui que ce soit; et, en faisant le bonheur de tous?

A ces questions, vous répondrez. Monsieur; car, vous en avez pris l'engagement sacré : et, devant les hommes et devant la justice éternelle. Mais, preuez-y (;arde? L'amourproi*rt' est un mauvais conseiller, tjuand on seseul iucapablt* denzpoadre par de bonues raisons, un ne veut (loinl avouer Sf^ loris; Ton sVIf^rce mcmc à croire qu*ou n'en a pas; a alun», même avec la meilleure foi iiossible: uon-seulement

on se tait; mais encore on étouffe la discussion après Tavoii provoquée. Voyez ce qui m'est arrivé avec mon ami, M. (k Girardin, qui, J'en suis certain, est d'aussi bonne foi que moi-même.

c — Nous, ajoute H. Thiers, qui pensons sans cesse i « ces divers sujets, nous nous sommes fatigués peut-être. « ou habitués à la souffrance de nous-mêmes et des autres. K Venez, vous qui peut-être moins résignés aux nécessités c de ce monde, les appréciant moins, aurez trouvé quelque c remède, venez, et discutons de bonne foi. »

— Oui, Monsieur, discutons de bonne foi ; et, surtout, avec logique. Par exemple : il ne faudra jamais donnei comme résolu ce qui est en question; ce que vous faites, en donnant, comme nécessité de ce monde, ce qui, selon nous, n'est nécessaire que relativement à l'ignorance sociale; il m faut point dire : que, nous n'apprécions pas cette nécessité, quand l'apprécier justement est précisément la question qu'il s'agit de résoudre. Oui, Monsieur, discutons de bonne foi ; et, pour cela, ayons soin : de rejeter toute logomachie; de ne nous servir que d'expressions parfaitement déterminées; de ne jamais faire passer, comme prise au propre, une expression qui ne doit l'être qu'au figuré ; de ne jamais prendre le genre pour l'espèce, ou l'espèce pour le genre, etc., etc. : de cette manière, nous discuterons agréablement, utilement; et^ le plus heureux ne sera pas le vainqueur, mais le vaincu. Car, celui qui apprend est plus heureux encore que celui qui instruis

« — Hais, ajoute H. Thiers, voulez-vous changer les con- « ditions essentielles do cet univers ; voulez-vous, pour que

< l'homme ne soit ni pauvre ni riche, supprimer le stimulant « qui le fait travailler; pour qu'il ne souffre pas, supprimer € la liberté; pour qu'il n'ait pas les douleurs de la famille,

< supprimer la famille; nous vous dirons, si vous êtes de « bonne foi, que vous n'avez pas connu la nature humaine; « nous vous dirons, si vous éles des factieux, qui cherchez

i tefoidals dans ceux qui soufflrent impatiemment, que vous c te des criviMls. •

^ Non, Monsieur, nous ne voulons pas changer les conitions essentielles de cet univers; pas plus que vous n'avez isthlcs ebingeren faisant la révolution de Juillet; pas plus pe ks bourgeois, qui ont fait la révolution de 89. Nous

\ qu'il 7 ait toujours des riches, mais plus de pauvres : I qwiioos prouvons : que, c'est non-seulement possible, Mh Bénssaire. Nous ne voulons point supprimer la liberté mUe, Bils nous voulons l'établir, après avoir prouvé : ftêk ii*a Jamais encore existé, ni pu exister; après avoir pnivé : en quoi elle consisle ; comment elle peut être éta- Mk; et qu^elle doit être établie, sous feine de mort se-

Nous ne voulons point supprimer la famille ; mais i voulons l'organiser de manière qu'elle soit la base du

' de tous; après avoir prouvé : comment elle doit être •; et que. Jusqu'à présent, elle a été la source d'une

partie des malheurs de tous. El, si vous vous reftisez i des démonstrations incontestablement rationnelles, nous ISBS dirons, si vous êtes do bonne foi : que, vous êtes de ■urrais logiciens; et le sens commun sera notre juge. Et, d TOUS êtes des factieux, qui cherchez des soldais parmi les tgoisles qui veulent conserver une société qui fait le malheur poêral, nous vous dirons : que vous êtes des criminels.

M. Thiers nous dit : c que, le partage du bien des riches 18 saurait améliorer le sort des masses. » Serait-ce donc seriraseneni que M. Thiers accuserait les socialistes d'être des PÊTtageyx? Ce serait d'un ridicule qui ne pourrait retomber fie sur lui-même. • Le sort de l'espèce humaine, dit-il, i*rst amélioré depuis deux siècles. » Il fallait dire que la rlriiesae 8*est accrue, et que le paupérisme a marché sur une line parallèle. Mais, il faut ajouter : au physique seulement, far, au moral, il a marché sur dix lignes parallèles. En Hfel : les développements de riiitelligenec dos masses leur m Mt sentir tout ce qu'il y a de poi^iiuiit dans mille souf-

fraoce6 auxquelles elles faisaient peu d'aiteotion auparavant En outre, les nobles, le clergé, les bourgeois, avant 89, rivalisaient de zèle pour soulager les pauvres : parce que chacune de ces classes visait à ne point s*^iéner le peuple. Depuis que la bourgeoisie est seule dominatrice, « il y a, dit « M. Michel Chevalier : un abîme entre le bourgeois d'une « part, le paysan et l'ouvrier de Tautre. Le bourgeois ne « sent rien de commun entre lui et le prolétaire. » Puis ailleurs il ajoute : « Il suffit, en France, de regarder autour de « soi, pour reconnaître que, si la bourgeoisie oiûve rq[>ré- « sente, en totalité, Télément d'ordre, ce n'est qu'à l'aide et

< par l'intermédiaire de quatre cent mille baïonnettes, non

« compris les baïonnettes bourgeoises

< Ce qui démontre clairement que cette

< bourgeoisie ne conserve plus la prédominence qu'en opte posant aux masses la force des masses elles-mêmes : po-

• sition critique à faire firémir, et qu'il est impossible de faire

• durer, car toutes les baïonnettes commencent à être Intel- « Ugentes. »

Et, tout le monde, gouvernement et bourgeoisie, ont tellement reconnu : que, M. Michel Chevalier avait dit la vérité, que, pour l'en récompenser, il a été nommé successivement : à la première chaire d'économie politique du monde, conseiller d'État, représentant, etc., etc.

« — Depuis soixante ans, dit encore M. Thiers, l'aUrgent € vaut quatre pour cent au lieu de six. » A cet égard, écoutons encore M. Michel Chevalier. Son autorité vaut sans doute celle de M. Thiers, en fait d'économie politique.

« — Ou dit qu'en France, s'écrie-t-il avec une généreuse « indignation, on dit, qu'en France, l'intérêt de l'argentest

< à quatre pour cent ou même à trois ; oui, sans doute, pour € le trésor, lorsqu'il n'a pas besoin d'emprunter, ou pour « quelques négociants privilégiés dans les moments prospères. « Les propriétaires fonciers paient presque partout six pour « cent au moins, en donnant pronnrre hypothèque. Les pe-

— lit —

• lils propriétaires et les pclils industriels paient iiuit, neuf, € et douze pour cenL A mesure que l'on descend rêchelle

< sociale, le taux de TintértH s*aceroit. Pour Touvrier des f Tilles, dans ses achats en détail pour les besoins de son t ménage, il est de cinquante et même de cent pour cent par « an. Pour le paysan, dans ses relations avec le maréchal,

• ledbareiier, le marchand du village, il est quelquefois de

< cent pour cent par mois.

« Le taux moyen de l'argent, dans Tensemble des tranc saclions de toute nature cl de tout onlre qui s'opèrent en

< France, est au moins de quinze ou vingt pour cent, de « Tingt-cinq peut-être. »

— Laissons continuer M. Thiers.

c — Depuis soixante ans, dit-il, le vêlement vaut moitié

• Moins, ei la journée de Touvrier moitié plus. »

— Ici je pourrais fournir des chiffres à TinAni, pour proufer que M. Thiers se trompe. Je vais me contenter de citer ine proposition générale de M. Michel Chevalier, qui résout la question dans son entier, proposition devenue inconteslaMe au sein de l'économisme

< *• Que le pain, dit M. Michel Chevalier, baisse de cinq

• centimes le kilogramme ; avec la conslilulion actuelle de

• rmduslrie, il ne faudra pas six mois pour que les salaires « tient subi luie réduction ft peu près équivalente. »

— El le célèbre professeur a parfaitement raison. Sous la sociêlé nouvelle, il pourra dire : que le pain monte de cinq œutimes le kilogramme, il ne faudra pas six mois pour que les salaires aient monté d'autant. Actuellemeut, quand le

pain monte, le salaire baisse jusqu'à ce qu'un

■ombre sufUsant de prolétaires soient morts de besoin pour rétablir l'équilibre.

M. Thiers dit ensuite, en s'adressant à U société actuelle qu'il veut conserver :

« — Donnons, dit-il, de meilleures lois à Tagricullure, au « commerce. »

— J*ai prouvé, dans Texposition des trois théories générales : que cela était absolument impossible à la société acluelle.

« *^ Réparlissons autrement, s'il est possible, ajoute4-il, « les charges sociales. »

— J'ai prouvé : que, sous la société actuelle, Timpôl nécessairement frappe sur le travail , et qu'il est absolument impossible qu'il en soit autrement.

< — Organisons la bienfaisance publique, continue « H. Thiers, excitons la bienfaisance particulière. »

— Les économistes sont unanimes pour convenir : que la bienfaisance publique ne fait qu'augmenter le développement du paupérisme. Quant à la bienfaisance particulière, elle èsi aussi incapable d'empêcher qu'il soit une source d'anarchie, qu'il le serait un matérialisme philosophique de M. Thiers, ou à son antropomorphisme de commande, de devenir actuellement bases d'un ordre non éphémère.

« — Contribuons tous, pour notre part, à faire ces choses, « continue M. Thiens, et nous obéirons aux lois de notre € être, qui sont de viser sans cesse au perfectionnement. »

— La théorie du perfectionnement indéfini, est la théorie de l'enfer importée pour le malheur de rhumanité. La boîte de Pandore conservait au moins l'espérance ; la théorie du progrès n'y laisse que le désespoir, la certitude de n'être jamais bien. C'est, pour anéantir cette infâme théorie du nmtérialisme, que les révélations ont été inventées. C'est l'excès du mal social qu'elle cause, depuis que l'examen a pulvérisé les révélations ; c'est pour Mre sentir le besoin de vérité sociale, anéantissant toute espèce de progrès moral; que cet excès de mal est le plus grand bien que la société puisse éprouver.

m 11 faut que doim fondions une »odété Kor- « flLLi (i'aprè« les principes de l'égilité rl- « Tile, dans laquelle toit li HO!inE trouve sa « plare, tfui ne présente ni les iigasUces de U « f«:o«ldité, ni le pélc-mAle de l'anarrhie. Il m est rt6C5T de fonder cette lodété, car uxi « n'uisn rAs. »

L'EjimErt, UiHoirê du Consulat 0t de VEmpirt par If. Thiers.

c Une soci/'ié^ pour ^Ire parfaitement constic tuée, devrait avoir toutes les lois nécessaires « 4 sa conservation et toutes KATUiiLLit (I). € Li, il n^ aurait plu» de loi» à porter, et il « suturait de les nuintenir par iVtion contl- « nnelle de radnûnistration contre Taetion « coutiouelle du temps et des hommes qui ten- « dent à les détraire. Ainsi, dans cette société, « le pcHivoàr lêgiaUtif devrait (Ire toflyoun en « repos, et les fonctions eiécotives toujours « en action. » Boxalo, LéfÎMlat, primii,

m La iK-rfectiony si l'on veut^ est une chim mire pour Tinilividu qui, dans le coart c espac* de sa vie, ne pMt apercevoir de pro- « grès seuMbles dans le mleui ; mais elle est « itiLLE et sositLt poor la société qol ea- « brasse une longw durée de si èc l es et nat « loumie snite d'événements. La tuiti ox-

« SlfTC DAHt LA OOIIIIAIMAJICI 01 CITTI PM-

c ncTMNi. m BoaudA, M.

m L'homme qni croit à la nécessité de « rotDU dans ta todété, doH, s'il est eoM«m quent, croire à U nécessité des aoTOS de « cet ordre ; donc k la nécessité du ministère « put>Ue et de sa unixiumi constitution ; car « d faut promlre icardc que rc moyen n'est « bon que Korsqn'U est rAAVAiT, et que tout ce « quM y reste d'urAiFAiT iT oe viaBi'i, loin c d*étre on moyen d'ordre, e^t «i prineipe de « DUTircnox. m Boxalo^ td,

m La société est |»artiite, lorsqu'elle est ba- « séesarlavéritérendue incontestable vit-4-vfi « de tous et de ch.trun. » Omjxs, Jfw,

« En fait de jcsnct, qn'ea-ee qm rmm- « ncnox, sinon l'i^irsTict mémeT a

M. OcnoT,

• — Maintenanl, même dans Tétat deschosea, ne reste-l41

(I) Hm l*aat«v, nmuni lisaifli ri X on mf .

— ii^i —

€ pas beaucoup de mal, dit H. Thiers, et assez pour navrer « le cœur des honnêtes gens? Oui, sans doute. Eh bien ! € entre tous les systèmes nouvellement inventés, y en a-l-il

< un seul qui pourrait guérir ce mal, le convertir en bien? »

— Et quand même cela serait. Monsieur? Et, quand même ce que nous vous présentons, comme vérité rationnellement incontestable, ne serait qu'un rêve d'autant plus digne de Charenton, que nous le donnons comme incontestable; le mal en existerait-il moins? Et ce mal, le paupérisme, ne doitil pas être nécessairement guéri sous peine de mort sociale? Au lieu donc de maudire les malheureux qui seraient devenus fous pour vous Sauver, vous devriez les remercier à genoux, ou tout au moins avoir pitié d'eux. Hais vous. Monsieur, qui avez tout le talent nécessaire pour juger et du mal, et de la nécessité absolue du remède, que dira la postérité de vos assertions, affirmant : que la découverte du remède est absolument impossible? N'est-ce donc pas vous qui poussez à l'anarchie? N'est-ce pas vous qui forcez les masses de se dire : le remède est impossible , M. Thiers l'affirme. Nous sommes les plus forts, incontestablement les plus forts. Alors, nous allons faire subir à M. Thiers tous les maux qu'il nous a fait souffrir : dans les caveaux; dans les casemates; sur les pontons; dans les cellules; dans les cabanons; aux fers; avec les forçats, etc., etc. Hélas! Monsieur, pour Tamour de vous-même, ayez donc pitié de vous !

< — Au milieu de cet étalage d'inventions nouvelles, qui € donc, dit M. Thiers, a découvert le moyen de faire, que « le paysan mangeât du seigle au lieu de châtaignes, du fro-

< ment au lieu de seigle, de la viande au lieu de lard. »

— Qui? moi I Monsieur; car, il ne faut jamais rougir de se nommer^ quand on a fait une bonne action. Moi! qui ai eu le bonheur de trouver, ce que vous, Monsieur, avec plus de talent, auriez découvert plus facilement, si vous aviez voulu tous en donner la peine; si, comme moi, vous y aviez consacré un demi-siècle de dévouement.

— liTi —

« — Que roovrier des villes n'essuyât jamais de chd- « mage. »

— Qui ? moi ! Monsieur; non -seulement pour les ouvriers desTÎIlex; mais, pour tous, sans exception possible.

« — Que les fils de la bourgeoisie trouvassent tous des « emplois conformes à leurs talents? >

— Qui? moi! Monsieur; non -seulement pour les fils delà bourgeoisie, mais pour tous : sans qu'il y ait une seule ocepiion possible.

• — Qui a découvert le moyeu de doubler le prix de la « jovoée? »

— Qui? moi ! Monsieur; et de la tripler aussi; sans qu*il vous soit possible de me contredire par une seule raison valable.

• — Personne, dites-vous, car ce secret n*esl qu'aux « mains de Dieu. »

— Eb bien! moi! Monsieur Je l'en ai arraché. Car Dieu, dit Féuelou, n'est autre que la raison réelle; n'est autre que la Tôrité.

Après cela, Monsieur, après avoir bien crié contre les utopistes, vous vous faites utopiste vous-même; et cela, en vous contentant d'aspirations: non-seulement dépourvues de foule espèce de preuves, mais encore condamnées comme folies par la généralité des économistes. Est-ce donc pour rcj«-trr do nouveau les malheureux ouvriers dans les barricades, que vous voulez renouveler les ateliers nationaux? Je sais qu'à cH égani, vous pourriez vous appuyer sur Turgot. Mais, parre que Turgot a dit une folie, est-ce à vous d«* la préconiser.

« — A CCS malheureux chôma;;;es qui sont la pinio do Tin- « dustrie, dites-vous, n'y a-l-il aucun romàle i\ apporter? « Oui, je crois qu'il y en a un. •

— Alors, Dieu soit loué! Monsieur. Car, l'absence du cb6-

muge, c'est ranéantissemeDl du paupérisme. Voyous ! dépé-

ChODS-DOUS !

« ~ Saus faire, dites-vous, du gouvememeut un byou- « lier ou uu marchand de dentelles , on peut, en sachant « réserver, pour les moments de détresses industrielles, les « grands travaux de l'État, créer de l'emploi aux bras inoc- « cupés. »

— Des ateliers nationaux ! puis de la bienfaisance publique I Allez donc, Monsieur, demander ; à votre Académie, en général; et, à H. Duchâtel, en particulier; ce qu'ils pensent de votre remède ! Cela vous va bien, de vous moquer de MM. Pierre Leroux, Ck)nsidérant, Proudbon, Louis Blanc, etc.

Puis, M. Tbiers, a un second moyen. Vous ne vous doutez pas lequel? C'est de diminuer l'impôt foncier; et, par conséquent, de remplacer le déficit en augmentant l'impôt indirect. C'est-à-dire : augmenter l'exploitation des masses, au profit du bourgeoisisme. Monsieur Tbiers, vous êtes un homme providentiel. Prenez donc le pouvoir; et, le mal social sera bien tôt arrivé au degré nécessaire, pour que le besoin de vérité se fasse généralement sentir.

« — Qu'on entre avec nous, continue-t-il, dans cette vcHe, « et nous serons tous d'accord. »

— Oui, tous les bourgeois aveugles; et nous aurons désespéré les prolétaires; et nous nous serons tous fait égorger par la force brutale. Puis, après. Monsieur?

« — Mais même, sjoutez-vous, quand nous aurons fait de « notre mieux , quand nous aurons réussi, il restera tou- « jours à faire, et, de même qu'après tous les biens de la pre- « mière Révolution française, actuellement réalisés, on vient « après quarante ans d'amélioration certaine, incontestable, « nous assaillir d'un cri de malédiction, nous dire que « l'humanité souffre, expire dans la douleur, et qu'elle va se « Miriever conlre nous, si nous ne la soulageons inmédia-

I eufltiODS-nous, dans cinquante ans, dou- « Uè les salaires par des moyens légitimes, diminué encore c des trois quarts le prix des choses nécessaires a la vie, « r^wndo le froment et la viande dans les campagnes, neu- < traliaè le chômage dans les villes, comme nous avons déjà

• presque neutralisé les disettes dans Tagriculture, qu*ou

• irmiTerait encore asset de maux pour fournir h des per-

• torbateurs, des prétextes suffisants de dire tout ce qu'ils

• diKot aniourd'hui. »

— Ainsi, Monsieur, votre société c'est, pour les masses, renfer du Dante. En y entrant elles doivent abandonner toute espérance. Vous avez raison, du reste: tant que rinfernal vplèm^ée perfection mdéHnit n'est point rentré dans les enfers d*où il est sorti; tant, que l'incontestable raison ne démontre point, ft tous et à chacun, que nous sommes arrivés Ma vérité sociale : faisant counailre, à tous et à chacun, qu'il cal impossible, pour tous et pour chacun, d'élre mieux que, rài est moralement; et, que la richesse seule peut s'accroître, en conservant , pour les aouveaux produits, l'ordre de lépartilion alors existant; il n'y a de possible : qu'anarcWe, aûaére et révolution*

c — C'est, lyoutez-vous (en votre qualité de philosophe € ttiani toute vérité réelle), qu'il j a toujours dans la con- « dilioB sociale un fond irréparable de mal , dont il faut « tenir compte, et qu'il ne hut pas exagérer, si on ne « veut pousser l'homme au désespoir , la société au sui* « cide. >

~ C'est vrai, Monsieur, tant que dure l'ignorance sociale; cl, qu'il reste possible de comprimer l'examen. Mais, quand eetta compression devient impossible! vouloir, alors, comprimer la nécessité sociale; c'est-à-dire ; le besoin d'asseoir la société sur la vérité expulsant tous les maux dérivant de rignorauce; et , faisant connaître, à tous et à chacun, que la iMiélé est au mieux possible pour toute la durée du

globe ; c'est : pousser le crime, ou la folie, au nec plu* ultra possible.

« — Le principal malheur du temps, veut*on savoir quel

< il est, dit H. Thiers. C'est qu'on a trompé le peuple,

< sur la nature du mal qu'il éprouve. »

— Voyons cda. Monsieur; et, certes, si vous avez raison, nous le reconnaîtrons.

, Tout ce qu'il ressent, dites-vous, tout ce que le riche « ressent comme lui, et plus que lui souvent, la maladie, la « fatigue, la privation, le désir contrarié, la déception après « le désir satisfait, la veillesse, la mort »

— Comment, Monsieur , le riche éprouve les maladies, la fatigue, les privations, souvent plus que le pauvre? Savez-vous. Monsieur, que cette ironie est déplacée?

« — On lui persuade, continuez- vous, qu'il pourrait ne « pas les endurer, qu'elles pourraient lui être épargnées, « que l'état social en est la cause, cet élat social fait pour « les riches et par les riches, que tout le bonheur dont il est « privé, dont il croit qu'il pourrait jouir, on le lui refuse « méchamment, afin d'en garder pour soi une plus grande « part. »

— Vous conviendrez , Monsieur , que ceux qui chercheraient à faire croire au peuple qu'on peut l'empêcher de mourir seraient plus dignes de pitié que de blâme; c'est à Charenton qu'il faudrait les envoyer. Et , je ne sache pas qu'un socialiste ait encore mérité d'y aller pour celte cause. Quant à empêcher le peuple de vieillir, vous m'avouerez que les vingt mille sept cents enfants morts sur vingt et un mille avant leur cinquième année ne sont point arrivés à leur vieillesse; et, ceux qui doivent avoir Qlé leur suaire avant leur quarantième année, ne meurent pas non plus de vieillesse. A cet égard les économistes sont donc infiniment supérieurs aux socialistes. Quant à la fatigue et aux privations, j'ai prouvé : qu'il est aussi facile de les épargner

ta iHiipk* qa*il vous est facile , Monsieur, de parler deux

iciirvs sans vous reposer. Il est éë:alenient vrai : que , le

kouhcur doot le peuple est privé et qu*ou lui refuse rcolle-

■eoif ne lui est DianmoiDS pas refusé méchamment , mais

kiin pir ignoraoce : car ce refus est au moins aussi préju-

liciablo am riclies qu'aux pauvres. J'ajoulorai : que, la so-

àélé icinelle a été, en effet, faite par les riches et pour les

ridies. Je vous donnerais à cet égard mille autorités, si vous

•via la bonté de me les demander. Je dis, enfin : que, cela

t dû être aiusi pour que Tordre ail pu exister ; et, qu'à pK'sent

b société doit être constituée, non plus par la force, mais

CMfomément à ce qui est ordonné par la rajson, et cela

poir le plus grand bien possible de tous et de chacun. Vous

faya. Monsieur, qu*it n'entre ici ni haine ni colère; mais,

mlcDcnl amour et raisonnement. Après cela, vous donnez

Il guerre civile comme résultant des croyances populaires,

f$» vous ajoutez :

« — Horrible confusion, semblable a celle où les soldais « d*Dfie même armée s'égorgent entre eux , trompés par la « Mil et ptr un ennemi perfide, qui, poussant dans les té- « Bébred le cri d'alarme, les a portés à se précipiter les uns « sar les autres. La nuit, ce sont vos sophismes, IVnnemi « perfide, c'est vous, vous qui attaquez Tordre social sans « le comprendre. »

— Voyons? Monsieur, soyons polis; et, surtout soyons justes. De quel côté, du vôtre ou du mien, sont les sophismes; ecqui de vous ou de moi connaît le mieux* Tordre social? Vous voulez que Tordre puisse exister sans sanction religieuse, socialement incontestable ou socialement incontestée. Vous, vous ne reconnaissez point la sanction religieuse ra- Monnellement incontestable comme nécessaire; et vous savez wssî bien que moi :que, toute sanction religieuse basée sur la Mnepeut plusétresocialementincontestée. Moi,j'a(nrme: que la sanction religieuse incontestable ou incontestée est nécesMire à Texistence de Tordre; et , après avoir prouvé que m. 9

la sanction religieuse par la foi ne pexki plus être socialement incontestée, J'afBmie, comme conséquence, que la sanction religieuse rationnellement incontestable est devenue nécessaire, clj'offred'endèmontrerla réalité. Vous, vous voulez que Tordre reste possible, en présence du paupérisme et de Tincompressibilité de l*examen^ moi, je le nie. Vous, vousaf* Armez que le paupérisme ne peut être anéanti; moi Je prouve qu*il peut être anéanti très-facilomen t. Où fait-il nuit. Monsieur? Est-ce chez vous ou chez moi? Je n'ajouterai point: que, vous êtes un ennemi perfide; je n'aime point à donner des injures pour des raisons.

Après cela , vous faites une longue amplification sur les malheurs du riche. Ehl Monsieur, laissez le riche à ses mal« heurs et pensez un peu plus à la misère du pauvre, il y va de votre intérêt à tous les deux. Quant à ce mot de Louis XIV, disant à Villeroy, Monsieur le maréchal, à noire Age, on n'est plus heureux, il est d*un sot ou d'un méchant. C'est au sooh met de la vieillesse qu'on est le plus heureux : en jouissant du bon emploi d'une longue vie. J'ai soixante-sept ans(l), je sors d'un cabanon, où j'ai longtemps souffert pour la justice, je suis prolétaire; et je mets le bourgeoisisme au défi de trouver dans son sein, un homme plus heureux que moi.

Du reste. Monsieur, j'aime à vous voir, à la fin de votre ouvrage, aussi confit on dévotion qu'un saint anachorète. Permettez-moi seulement de vous dire que vous êtes en voie de perdition : la phrase suivante est la base scientifique du matérialisme actuel.

« •— Dites-moi qu'il vaudrait mieux ne pas élrc , ou être « moins, et descendre de l'homme qui sent beaucoup, à Ta- « beille, qui ne sent qu'en proportion du mobile nécessaire « à sa vie, de l'abeille au polype, au végétal, à la pierre, a» c néant. Je l'admets, mais c'est du suicide. Ou bien, me di- « rez-vous qu'il faut, au lieu de descendre, monter plus

(I) J'éerlfiin tMl en «SSO.

« kiil, $*èiever où Ton ne stMi plus le mal, où Ton se repose • dam le sein <le Dieu. Je Tadmets encor', etc. »

— ie vois. Monsieur, que vous é(es docteur en pantëmt. Mais, si vous croyez pouvoir baser Tordre social sur le panliiéîsme, je trouverai fort étonnant : que, vous accu- Mlle soctalisme , de ne pas conipnMidre l'ordre social aussi biea que vous.

Jf laisse au Saint-Père le soin de vous récompenser de fvire homélie sur le christianisme. Vous ajoutez qu'il dure, 9ftt$ que Descartes eut pos«'ï le fondement de la certitude. Cfsl vrai, il dure comme le fondement donné à la certitude par Descartes. Allons! Monsieur; est-ce au public actuel qu'il fcit dire de pareilles choses? Pensez donc : qu'il y a déjà ■îUe années qu'un philosophe a osé dire : « Vauioriii nléve • de la raison, et non la raison de l'autorité (I). >

Je viens, Monsieur, de metlre votre livre sur la propriété, a rapport avec la société acturlle et avec la société future. Le pUdoyer en faveur tie la société actuelle est votre ouvra^'e. Celu,en faveur de la société futun\ t^t le mien. Je laisse au pablic le soin de décider : lei|uel, de uous, est l'homme d'ordre; lequel, de nous, est l'anarcliiste.

tl) JeaoSttHl.

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