PLAGE BEAUVAU
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4 Ouand barras était roi
parce qu'elle la seataitplus solide sur les épaules. Les tortures inventées par la canaille jacobine s'évanouissaient au loin, les larmes qu'elle avait fait couler se séchaient peu à peu, on voulait fi/§5:C!ft osait s'amuser, la légèreté regagnait ses *(îuarT;iêrs oà. depuis six ans sommeillait l'âme fran-
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Le Luxembourg, palais des cinq roitelets chamarrés, remplaçait avantageusement la boutique à 93 où s'étaient agités des mufles sanguinaires. La galanterie ne semblait plus un crime, la propreté un forfait et l'esprit un afl'ront à l'égalité ; on aimait, on s'habillait, on causait. On mangeait aussi ; le brouet noir des austères républicains tournait en innommable pourriture digne de ses inventeurs; le public se pressait chez Corcelet devant les truffes au Champagne, il emplissait gaiment les restaurants de Naudet,de Robert et de Méot, docteurs es sauces, il envahissait le Palais-Royal qui, après avoir retenti de tant de coups de gueule, se consacrait désormais au commerce de la bouche. L'argent terré reparaissait avec fracas; à la misère éclose pendant la Révolution succédait une véritable folie du lucre, une épidémie d'agiotage secouant cette foire qu'était devenue la société. Les fortunes édifiées en vingt-quatre heures fondaient en douze, les an-
LA JOLIE m"* lange 5
ciens propriétaires végétaient à Thôpital tandis que les laquais s'installaient dans leurs hôtels du faubourg Saint-Germain, et ces nouveaux enrichis, ignorant Tart d'être riches, se lançaient au plaisir avec la même hâte qu'ils se jetaient jadis sur une place. Les salons, c'étaient mille endroits publics où s'écrasaient les assoiffés de distractions et où les femmes reprenaient leur empire. De cœur variable comme la mode, elles changeaient aussi facilement de mari que de perruque, vivant au milieu d'une indécence officielle, d'une débâcle de
mœurs tourbillonnante. Afin de rattraper le temps perdu, elles volaient à toutes les jouissances, toutes
les sensualités et se montraient — en quelles toilettes ! — dignes de leurs aïeules de la Régence. La liberté se transformait en licence, l'égalité en prurit de luxe, la fraternité obligatoire en accouplement libre. Barras était roi !
Paul Barras, premier du nom, roi de France, de Navarre et de Lombardie, duc de Brabant, comte de Nice, duc de Savoie, prince de Liège, électeur de Cologne, etc., comme l'appelle le général Danican*, Barras, TAlcibiade de caserne. Barras le pourri, Barras le vendu, ripaille dans son palais entouré