Souvenirs de Benyer, P. 1839, t. L
à se voir nommé directeur d'une fonderie de canons établie à Moulins. La République lui fit de fortes avances et, Ton s'en doute, jamais les arsenaux ne reçurent un seul de ses canons. Après de grosses sommes glanées^ ses opérations varièrent : exploitation dans le Bourbonnais de mines dont il vendait le charbon.... sans Textraire, fournitures au gouvernement de fers qu'on ne livrait pas, achats de bois revendus sans être payés, opérations qui se traduisaient par un Pactole coulant à flots.
 ce flibustier de haut vol, il fallait un cadre digne de lui. Il acheta Thôtel de Salm, il acheta Bagatelle, il acheta une maison de campagne près de la forêt de Sénart, il acheta le superbe attelage de douze chevaux ayant appartenu au prince de Poix, il acheta enfin M"* Lange dont il régissait les charmes à raison de 10.000 livres par jour payées d'avance. Pour consacrer cette union qu'on peut difficilement dire d'amour^ il commanda deux portraits en miniature, le sien et celui de sa déesse, et les fit sertir sur deux boites magnifiques ornées chacune de 15.000 livres de diamants^. Un tel homme était un trésor, non pas dans le sens mignon, mais dans le sens pécuniaire. Sans aucun