Arcb. nat, F7 4370, AF III
l'affaire poncelin 177
« Je donne ma voix à M. Poncelin pour la prochaine législation ! )> s'exclamait-il dans les Actes des Apôtres du 5 février. Tous ces défenseurs bruyants agaçaient les journaux républicains, qui se mirent à riposter. « Le guet-apens est formel, écrivait la Gazette nationale de France^ il est horrible d'outrager un citoyen, nous savons cela, nous sommes indignés... et nous rions ! Qui ne rirait en songeant au délit, au patient et à la dénonciation fastueuse du délit? Quelle fureur 1 Quelle emphase ! . . . Faire une conspiration d'un cas de cette nature, établir une complicité ridicule entre des étourdis et un directeur, c'est ce qui, provoquant le rire, altère la sensibilité et tue l'indignation. » VAmi de la Patrie imaginait le 4 février un entretien du journaliste Poncelin avec un de ses camarades, entretien capable de mettre le moral de l'abbé dans l'état de son physique. Le soi-disant camarade lui assurait que prêter son dos quand on n a pas su arrêter sa plume était le parti le plus sage, les éclats ne pouvant mener qu'au renouvellement de la même cérémonie. Il lui conseillait de ne plus s'occuper de Barras dans la crainte « de compromettre la sûreté de son derrière », mais ne s'étonnait pas que des gens de la trempe de l'abbé fussent accoutumés atout sacrifier, jusqu'aux places
les plus charnues de leur individu, pour accélérer le triomphe du parti.
Dans les boutiques où les caricatures étaient à l'ordre du jour, on apercevait à côté du fessier étique d'un cheval monté par un incroyable anglomane le postérieur rebondi et fleurdelisé du doux Poncelin. La foule, dont Tindignation commençait à fondre devant la gaieté, recourait aux muses ^ :
Déjà plus d'un peintre nouveau, Grand amateur de Tarabesque, Exerce à plaisir son pinceau Sur un objet aussi grotesque; La mode dans son goût burlesque S'en saisit, le monte en chapeau, Et du c... les formes heureuses Vont servir, au gré du ciseau.
D'éventail à nos merveilleuses.
Aux incroyables de drapeau.
Passons sur cette licence du poète qui, voulant utiliser une piquante figure — est-ce bien le mot? — employait le contenu pour le contenant, et voyons ce que faisait Barras au milieu de cette polémique.
Affectant du dédain pour les attaques dirigées contre lui, montrant même de l'empressement à