L'Ami de la Patrie, 4 février
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faciliter l'enquête du juge de paix, il avait fait répandre dans le public deux brochures écrites par des folliculaires à gages. La première disait : « ... Qui croirait que tout Paris s'occupe plus d'un derrière flagellé que du grand coup de filet qui vient de prendre en Italie toute une armée d'Autrichiens ?... La puérilité de la vengeance prouve qu'elle n'est pas partie de Barras. Ou il a été assez philosophe pour ne pas se venger ou, s'il s'était vengé, il Teût fait d'une manière plus éclatante ; il se serait souvenu que toute la France était outragée dans la personne de son magistrat*. » La seconde racontait : « ... Plus M. Poncelin et ses amis se sont efforcés d'enlaidir cette action, plus ils l'ont rendue invraisemblable. On voulait lui faire subir un sort rigoureux, l'assassiner, et on choisit pour l'exécution de ce forfait une chambre très éclairée qui domine sur une cour très fréquentée, et c'est en présence de plusieurs sentinelles qui sont à toutes lés portes que le forfait est consommé sans que les cris de Poncelin lui aient amené du secours! Et c'est Barras qui a présidé à cette scène ; il n'y a aucune preuve de sa participation, aucun indice, mais il faut absolument que
1. Véritable Histoire de la flagellation de Poncelin (b. 1. n. d.).
ce soit lui... Ne pourrait-on croire que cette grande affaire n'a été imaginée que pour distraire les vrais patriotes des grandes victoires qui les occupaient * ?» En dehors de cette dernière conjecture un peu exagérée, les assertions contenues dans les deux plaidoyers en faveur de Barras ne manquaient pas de poids. La foule sentit faiblir son animosité, elle s'amusait, elle doutait.
Le 3 février, un journal donnait un nouveau coup de pioche dans Tédifice. Voici la version un peu crue et moins honorable que propageait le Rédacteur :
« L'abbé Poncelin a été surpris dans un mauvais lieu rue des Boucheries, faubourg Saint-Germain, par un soldat, amant favorisé de sa maîtresse ; le grenadier furieux arracha des mains de son infidèle amante la poignée de verges avec laquelle elle caressait son moderne Turcaret et fit pleuvoir sur le derrière nu de notre amoureux transi une grêle de traits qui bientôt ensanglantèrent une partie du corps que quelques minutes auparavant caressait la main des Grâces. »
Cette explication était aussi outrée que les facturas prenant le parti de l'exécuté . Le Rédacteur