‹ Quand et comment doit-on prescrire la digitaleChapitre 4 sur 18 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

a Les indications de la digitale dans les maladies du cxur ne sont pas encore nettement posées, ec dans Tctat où en est cette question de thérapeutique, il faut procéder en tâtonnant, n'avancer que pas à pas, observer les effets produits, et prendre pour guide le résultat obtenu en se guidant sur l’aphorisme : a juvantibus et lædentibus fit indicatio. »

C’est ainsi que s’exprimait Fonssagrives en 1884, et il n'avait pas absolument tort, témoin l’exclamation suivante d’un de mes distingués confrères, au sujet d’une communication que j’avais faite sur le traitement des affections cardiaques: 1 La digitale, c’est la bouteille à l’encre! » Et j’ajoutais : Oui, c'est une arme à double tranchant. Avec elle, on calme et on peut favoriser les palpitations, on guérit et on provoque l'asystolie ; par elle encore, on peut produire des hémorrhagies ou des embolies cérébrales, et provoquer des accès angineux ou leur donner une intensité plus grande; ici, la digitale est un diurétique parfait, là elle est sans action sur l’e.xcrétion urinaire, etc...

Tout ceci est vrai; mais des faits plus nombreux encore viendraient-ils démontrer les dangers ou l’inefficacité de la digitale, qu’ils n’enlèveraient rien à la puissance de cet admirable médicament, le premier des médicaments cardiaques, et sans* lequel la thérapeutique des cardiopathies serait tout entière à faire. L’important est d’en bien connaître les indications et les contre-indications, de savoir quand elle peut être nuisible, inutile, ou utile, et de connaître aussi son mode d’administration,

La solution de ces questions pratiques n'est cependant pas l’œuvre du hasard ou du « tâtonnement », comme le pense Fonssagrives. J’espère prouver le con • traire à l’aide des faits et avec le seul appui de la clinique.

"Mais il faut tout d’abord jeter un coup d’œil sur l'aciion physiologique et thérapeutique du médicament.

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