LA DÉBÂCLE DES SOVIETS S
ment inquiété. 11 arriva à Vienne, où le gouvernement à demi bolchéviste, qui se trouvait au pouvoir, l'interna pour la forme. Quelques mois plus tard, il s'évadait et gagnait T Allemagne sous un faux nom. Au moment où il allait s'embarquer dans un port de la Baltique, la police l'arrêta. Le gouvernement de Budapest réclama son extradition : elle ne lui fut pas accordée. Bêla Kun alla rejoindre Lénine et Trotzki à Moscou. A l'he ire où j'écris ces lignes, il préside à Odessa, avec ane dureté féroce, la commission chargée de maintenir la Russie du Sud sous la tyrannie bolchéviste,
Coi'vin- Klein, Arpf7.d Kohn-Kerekes, et autres Juifs de moins grande envergure, qui n'avaient pas été admis dans le train spécial de Bêla Kun, payèrent pour les princes d'Israël qui s'étaient enfuis à Vienne On les jugea. Ils furent pendus*
Avec une inconscience animale, le chef des troupes terroristes, l'ouvrier en cuir Cserny, se promena paisiblement, quelquesjours encore, à Budapest. Puis soudain, pris de peur, il gagna la campagne. Pendant une semaine, il erra comme une béte traquée dan* la forêt de Ba«
kony, où les gendarmes le saisirent. On le pendit, lui aussi.
Quant à Tibor Szamuely, la nouvelle de la débâcle soviétique vint le surprendre dans la ville de Gyôr, en pleine séance de nuit du tribunal révolutionnaire. Il venait de condamner à mort trois pauvres diables d'ouvriers. Levant aussitôt la séance et laissant là ses condamnés (que personne après son départ n'osa exécuter), il regagna la capitale. Pourquoi, le lendemain, ne prit-il pas sa place dans le train spécial de Bêla Kun? Il crut sans doute plus prudent de s'enfuir en auto. Mais à la frontière autricbienne des douaniers T arrêtèrent. Tirant alors un mouchoir de sa pocbe, il fit semblant de s'éponger le front, et se brûla la cervelle avec un petit revolver dissimulé sous la batiste. La communauté Israélite du lieu refusa de recevoir son cadavre dans le cimetière. On l'enfouit à l'écart ; et sur la pierre, comme épitaphe, on écrivit au crayon bleu : « Ici a crevé un chien. »