XVI VIE ET TRAVAUX
institutions scientifiques de Londres, il passe à l'examen des doctrines et de la pratique chirurgicales.
On se tromperait cependant si l'on croyait que dans cet ouvrage M. Roux ait donné trop d'éloges à la chirurgie anglaise. Critique de bon ton et toujours éclairé, il sut blâmer l'abus de la réunion immédiate avec autant de discernement qu'il avait mis de conviction à en soutenir les avantages dans les amputations. S'il rendit justice à la conduite des chirurgiens anglais dans les luxations compliquées du pied, il n'hésita pas à dire qu'à cette époque ils nous étaient inférieurs dans la thérapeubique des fractures, et, fidèle aux principes de Desault, nonseulement il s'éleva contre la méthode de Pott dans le traitement des fractures des membres inférieurs, mais il combattit les idées d'Astley Cooper sur l'impossibilité delà consolidation dans certaines fractures du col du fémur.
Convaincu de l'importance des plus petits détails en chirurgie, il examina tout avec le plus grand soin : depuis les appareils les plus ingénieux jusqu'aux moindres détails des pansements, rien ne lui échappa. Pour n'en citer qu'un exemple, je dirai que c'est peut-être à lui que nous devons l'introduction en France d'un usage tellement simple , qu'on devrait croire qu'il a toujours existé, celui de couper près du nœud l'un des chefs de la ligature. C'est également à lui que nous sommes redevables de l'emploi des bandelettes dans le pansement des ulcères.
Bien différent de quelques personnes, qui changent souvent de méthode sans motif réel, il n'adopta pas tout de suite tous les usages des chirurgiens anglais. Ainsi, bien qu'il les eût vus