XXX ME ET TRAVAUX
chait à sa fin ; il essaya cependant de lutter contre le mal , et un instant sa main défaillante reprit la plume ; mais bientôt , une seconde attaque, plus violente que la première, lui enlevant toutes ses facultés, il n'eut même pas la douce consolation de reconnaître à ses derniers moments sa famille et ses amis réunis pour lui prodiguer les soins les plus affectueux.
Bien que depuis cette rechute tout espoir de guérison fût perdu, la nouvelle de la mort de M. Roux fut un coup pour tous ceux qui le connaissaient, et elle retentit douloureusement au sein de la Société de chirurgie. C'est qu'il en est d'une société comme d'une famille: lorsqu'une nouvelle alliance vient augmenter sa considération, son bonheur, elle célèbre ce jour avec joie, et, lorsque la mort vient enlever celui qui était un juste sujet d'orgueil, l'aifliction est générale; on se rappelle le mérite, les qualités de celui qui n'est plus, et l'on regarde avec tristesse le vide qu'il a laissé.
A notre douleur, une autre inquiétude vint s'ajouter : qu'allait devenir l'ouvrage qu'il avait entrepris ? Cet ouvrage, destiné à sauver de l'oubh tant de précieux documents, allait-il rester inachevé? Heureusement non. S'il avait été dans la destinée de M. Roux de ne pas voir ses derniers vœux s'accomplir, il était réservé à la Société de chirurgie de rendre à sa mémoire le même témoignage de respect et d'attachement qu'il avait rendu à celle de Bichat en terminant son Anatomie des^ criptive.
Dans la séance du 26 avril, sur la proposition de notre honorable collègue M. Larrey, il fut décidé qu'une démarche serait faite près de la famille du défunt pour lui offrir de surveiller la fin