DE PH.-.I. ROUX. XXXIÎI
pendance s'y refusait, il en avait conservé les plus précieuses traditions, et, de plus, il avait enrichi sa propre pratique de tout ce que sa grande expérience lui avait enseigné et de tout ce que sa vaste érudition lui avait permis d'emprunter aux écoles étrangères; mais un semblable examen m'entraînerait trop loin ; revenons à M. Roux.
Nous venons de le voir quitter la Charité et entrer à l'Hôtel- Dieu. Il lui fut donc donné, comme à Desault, d'occuper dans sa longue carrière, les deux plus grands hôpitaux de Paris, et lorsque la mort vint le surprendre, à soixante-quatorze ans, elle le trouva tout aussi actif, tout aussi zélé que dans les plus belles années de sa jeunesse.
Commençant toujours la visite de bonne heure, comme il était d'une grande exactitude, il avait le droit d'être exigeant envers tout le monde. Recherché dans ses manières et dans sa tenue, sensible aux devoirs de la politesse, il ne voulait pas qu'on en perdit l'habitude à l'hôpital, et il était tellement sévère sur ce point, qu'à moins d'indisposition, il ne tolérait pas qu'on fît son service la tête couverte. Du reste, bon et affable, il était en général gai et heureux de se trouver au milieu des jeunes gens, et se laissait aller assez facilement à une causerie familière. D'une grande exigence pour tout ce qui tenait aux pansements, jamais il ne passait le moindre oubli, le moindre défaut de soin, et comme il excellait dans l'art d'appliquer les appareils, il voulait que chacun l'imitât.
Les élèves affluaient à ses opérations, à sa clinique, et parmi les nombreux médecins étrangers qui visitent nos hôpitaux, il n'en était pas un qui ne voulût entendre sa parole si autorisée,