VI VIE ET TRAVAUX
à des corrections paternelles un peu trop vives, non pas qu'il eût commis des fautes bien graves, mais parce que ses plus simples espiègleries étaient sévèrement punies.
Ces preuves d'affection vraiment maternelle restèrent toujours gravées dans son cœur ; à son tour , il eut pour sa mère adoptive tout l'attachement d'un fils, et jusqu'à sa mort, arrivée il y a peu d'années, il l'entoura de soins les plus tendres.
Ce fut au collège d'Auxerre , dirigé par les Bénédictins , qu'il fit ses premières études ; Joseph Fourier, l'auteur de la célèbre introduction au grand ouvrage sur l'Egypte , et dont plus tard il devait faire l'éloge, y professait alors la rhétorique.
Ses études terminées, il était à peine rentré dans sa famille, lorsque, malgré son extrême jeunesse (il avait alors à peine quinze ans), son père l'envoya rejoindre l'armée à la frontière. Il reçut une commission de sous-aide, et fut dirigé sur les ambulances de l'armée de Sambre-et-Meuse sachant à peine saigner et faire un pansement.
Il partit pour Andernach le sac sur le dos, ne fit qu'un court séjour dans cette ville, et se rendit ensuite à l'hôpital militaire d'Aix-la-Chapelle, où il resta dix-huit mois attaché au service des ambulances. Au bout de ce temps, il revint dans sa famille, après la dissolution du corps d'armée auquel il était attaché.
Quelque courte qu'eût été cette campagne, il en garda toujours le souvenir ; il aimait à revenir sur cette époque de sa première jeunesse ; il parlait souvent des premiers cas de chi-