DE PH.-J. ROUX. VII
rurgie qui l'avaient frappé, et comme si la vue de ces lieux, témoins de ses premières armes, l'eût rajeuni, jusque dans les derniers temps de sa vie il ne manqua jamais , pendant ses voyages en Allemagne, de se détourner pour les revoir.
A son retour de l'armée, son père se décida à l'envoyer à Paris pour y étudier la médecine. Ses ressources pécuniaires étaient fort exiguës, mais il sut bientôt, à force de travail, se créer une sorte d'indépendance. En très peu de temps il se fit remarquer parmi les meilleurs élèves, et dès l'an VI il remportait un prix à l'École pratique. Son père fut tellement surpris de ce premier succès , qu'il fit exprès le voyage de Paris pour en avoir la certitude.
A cette époque il n'était bruit que d'un jeune professeur dont renseignement attirait tout ce que l'école renfermait d'élèves avides de s'instruire : c'était Bichat. Lui aussi était fils d'un médecin honorable de la province, et tout jeune, il avait également suivi l'armée à la frontière ; puis, pressé du désir d'agrandir ses connaissances, il était venu à Paris, avait été remarqué par Desault, et bientôt d'élève il était devenu maître.
Au milieu de ses nombreux auditeurs, Bichat ne tarda pas à distinguer M. Roux ; il le prit en affection, l'associa à ses travaux avec Buisson, et, dès ce moment, malgré la différence de leur âge , il s'établit entre le maître et l'élève une étroite amitié que la mort devait bientôt briser, mais dont le temps ne put jamais effacer le souvenir. Loin de là, ce sentiment devint dans le cœur de M. Roux comme une sorte de culte. Il était fier d'avoir été l'ami et le collaborateur de cet homme prodigieux dont le nom sera une des gloires de notre siècle, et