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la fixité^ toute la stabilité désirable, et à prévenir l'effusion du sang pendant le travail d'oblitération des vaisseaux? Il faut considérer aussi comme une circonstance favorable sous ce rapport l'extension donnée à la réunion immédiate ou primitive des plaies, surtout de celles qui succèdent aux opérations. Ce mode de traitement des plaies récentes est donc, par rapport aux hémorrbagies qui peuvent advenir consécutivement, à la fois, il faut en convenir, avantageux et nuisible ; avantageux, puisqu'il peut concourir à ce que l'accident ne se manifeste pas ; nuisible, parce qu'il peut faire naître des embarras, des difficultés si, malgrélui, l'hémorrhagie survient. Ne faut-il pas remarquer aussi qu'avec la réunion immédiate ou sans cette réunion le premier pansement de la plaie est fait aujourd'hui d'une manière qui n'est pas tout à fait celle des maîtres du temps passé, et qui prévient le refoulement du sang de la périphérie du moignon vers les vaisseaux du centre ? Peut-être devrais-je parler de ce qui peut résulter d'avantageux, par rapport aux hémorrhagies consécutives, de la torsion des artères substituée à la ligature. Mais je le dirai avec franchise, sans blâmer les vues, ni les intentions de ceux qui ont institué et préconisé cette méthode nouvelle, je ne l'ai pas soumise moi-même à l'expérimentation, et je ne pense pas que je la pratique jamais.
Très certainement donc, les amputations des membres sont de nos jours, moins souvent qu'autrefois, compliquées d'hémorrhagies consécutives ; il y a plusieurs années que je n'en ai vu d'un peu graves ; et c'est à huit ou dix ans que remonte le dernier cas où j'ai dû me décider à Her audessus du moignon le tronc artériel principal du membi'e
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amputé. 11 est bien entendu que je n'ai jamais usé de cette ressource extrême , sans avoir préalablement recours à quelqu'un des autres moyens dont l'art peut disposer, et surtout sans avoir tenté d'appliquer de nouvelles ligatures sur la surface même de la plaie. J'ai fait deux fois seulement, en pareille circonstance, la ligature de l'artère brachiale, dans un cas après l'amputation de l'avant-bras, et dans l'autre après celle du bras lui-même. Dans ce dernier cas, l'artère brachiale avait déjà été liée au pli du bras pour une varice anévrysmale , et j'avais dû, au huitième jour, amputer le bras à la partie inférieure, la gangrène ayant envahi la main et l'avant-bras. J'ai rapporté ce fait en détail à propos des anévrysmes artérioso-veineux (voyez page 29*2, XXXVII' observation). Sept fois, au contraire, Il m'a fallu prendre un parti analogue après des amputations d'une partie du membre inférieur. Dans tous les cas, c'est l'artère crurale que j'ai eu à lier à la manière de Scarpa, et dans presque tous c'a été après l'amputation de la jambe ; une seule fois, c'était une amputation de la cuisse qui avait précédé. Peut-être d'autres chirurgiens ont-ils, comme moi, usé de cette ressource plus souvent après l'amputation de la jambe qu'après celle de la cuisse : la disposition de la plaie dans la première de ces amputations, l'arrangement particulier des artères de la jambe dans le voisinage des os, leur rétraction plus facile ici qu'à la cuisse, toutes ces circonstances rendraient parfaitement raison du fait. Qui ne sait combien il est fréquent d'éprouver alors de grandes difficultés pour placer convenablement les ligatures à la surface de la plaie?
Cette Ugature de l'artère crurale faite consécutivement
à ramputation de la cuisse ou de la jambe pour arrêter une hémorrhagie secondaire, on peut d'autant moins hésiter à la pratiquer quand l'indication s'en présente, qu'on n'a point à craindre la gangrène du moignon : les vaisseaux collatéraux ont trop peu de parties à alimenter pour qu'elle puisse se déclarer ; du moins ne Tai-je jamais observée. Il y a aussi quelques raisons pour que l'action nouvelle exercée sur l'artère crurale soit plus efficace que dans toute autre circonstance, et pour qu'elle soit plus rarement l'occasion d'autres hémorrhagies, malheur dont je n'ai pas eu à être témoin. Il est vrai que quatre malades sur les sept que j'ai eu à opérer ainsi, ont succombé et même assez promptement, bien que l'accident primitif eût cessé, mais épuisés qu'ils étaient par la perte d'une très grande quantité de sang, et peut-être aussi, déjà frappés de cette perturbation si grande de l'économie qui résulte ordinairement de l'amputation d'un membre, surtout d'un membre volumineux, comme la jambe ou la cuisse. Les trois autres amputés ont été heureusement sauvés.
Je me dispense d'exposer en particulier cliacun des faits de cet ordre : en les rapprochant, et en faisant ressortir ce qu'ils ont de commun , j'ai suffisamment aussi mis en lumière l'intérêt qu'ils présentent. Je dirai toutefois que, dans tous les cas dont il vient d'être question d'une manière générale, j'ai procédé de la même manière sur l'artère principale dont j'avais à faire la ligature; qu'ayant à faire dans tous une application de la méthode de Hunter, j'ai appliqué aussi le procédé de Scarpa. Tous ensemble forment comme un groupe
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assez distinct dans la série nombreuse de cas si variés pour lesquels j'ai usé de cette méthode avec ce procédé. Il est une dernière sorte d'hémorrhagies consécutives; ce sont celles qu'on peut avoir à observer et qu'on redoute tant après toute ligature , je veux dire après la ligature appliquée d'une manière quelconque sur une grosse artère pour y intercepter le passage du sang, et en obtenir l'oblitération. Ces hémorrhagies n'ont pas une seule et même raison d'être. Elles peuvent tenir à des causes assez diverses ; par exemple , lorsqu'une artère volumineuse est ouverte accidentellement , et qu'on l'étreint au niveau même de la plaie , entre deux ligatures , le sang peut s'écouler de nouveau plus ou moins tardivement, soit à cause du simple relâchement des ligatures, soit sous l'intluence de la circulation anastomotique si quelque branche artérielle un peu considérable a son orifice placé entre les deux ligatures , ou s'il est arrivé qu'on n'ait point appliqué de ligature du côté du système capillaire, ^lais le plus ordinairement c'est de la section trop prompte des parois de l'artère liée que dépendent ces hémorrhagies ; et puisque heureusement elles n'adviennent qu'un certain nombre de fois sur un nombre donné de ligatures d'artères, il faut que quelque circonstance particuUère vienne s'adjoindre à l'action même de la ligature pour qu'elles se produisent. C'est quelquefois parce que les parois do vaisseau sont très minces et très ulcérables, ou bien qu'elles sont sèches, cassantes, friables, comme on le voit chez les vieillards : ou parce que l'artère a été soumise immédiatement à une constriction trop forte, ou qiïc plus tard elle a subi
quelque distension, quelque tiraillement : puis, s'il faut absolument qu'une inflammation d'une certaine sorte s'établisse pour qu'une artère s'oblitère, il peut arriver qu'à raison de la constitution particulière du sujet , cette inflammation ne se développe pas à un degré suffisant, et qu'elle ne parcoure pas régulièrement ses périodes. De même, si c'est la formation d\m caillot qui joue le principal rôle dans le travail d'oblitération d'une artère embrassée par une ligature, le sang peut ne pas être dans des conditions favorables de plasticité. C'est une chose à étudier sans doute que l'influence de ces causes éventuelles et de certaines autres sur la production des hémorrhagies consécutives de ce genre. Mais il importe surtout d'apprécier l'influence qu'exerce sur ces accidents la nature du procédé de constriction qui a été appliqué sur l'artère pour y intercepter le cours du sang. C'est ce que je vais m'efforcer de faire, mon cher Chélius, et c'est par là que je terminerai la série des lettres que votre amitié, si précieuse pour moi, m'a permis de vous adresser.
Influence qu'exercent les divers procédés de ligature sur la production des bémorrbagies consécutives.
La question que j'aborde ici est certainement l'une des plus importantes de la pratique chirurgicale. Peut-être ne l'a-t-on pas jusqu'ici examinée assez attentivement. Peutêtre l'a-t-on résolue d'après des considérations théoriques et des expériences faites sur les animaux , plutôt que
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d'après l'observation et la saine interprétation des faits recueillis sur l'homuie. Certes, ce ne sont pas ces derniers faits qui font défaut, car ils ne sont malheureusement pas rares; mais ils n'ont pas encore été rassemblés en assez grand nombre ni étudiés non plus chacun en particulier avec un soin assez scrupuleux et a\ ec un esprit assez dégagé de toute prévention pour qu'on puisse en tirer des conséquences rigoureuses. Longtemps encore, je le crains bien, on se demandera par quel mode de ligature on peut le mieux éviter le danger des hémorrhagies consécutives. Au temps où nous sommes, — et sans parler des tentatives auxquelles on se livre, surtout dans le traitement de l'aaévrysme spontané et de l'anévrysme faux consécutif, pour obtenir la guérison de la maladie, sans agir immédiatement sur l'artère, — au temps où nous sommes, dis-je, deux procédés principaux sont en présence, si l'on peut ainsi dire, et divisent les chirurgiens sur la question de savoir lequel des deux a le plus d'avantage et promet des succès en plus grand nombre. Dans l'un de ces procédés, l'artère est aplatie, comprimée immédiatement plutôt qu'étreinte, avec une ligature ou mieux encore avec deux ligatures un peu larges et rubanées; et pour assurer même l'aplatissement, ces ligatiu^es sont nouées sur un petit corps cylindrique tel qu'un petit rouleau de sparadrap appliqué immédiatement sur l'artère. Dans l'autre, l'artère est étreinte ou embrassée circulairement avec un lien unique, sinon très fin, du moins de très moyenne grosseur; ce qui permet, une fois lahgature appliquée, de réunir ou de clore la plaie qui a été faite pour mettre l'artère à découvert, tandis que dans
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raiiire procédé cette réunion de la plaie est contre-indiquée à cause du volume des ligatures et du corps étranger qu'elles embrassent. Dans le premier procédé, on espère que l'artère ne sera coupée que lentement par les ligatures, et l'on compte surtout sur l'arrêt du sang et la formation d'un caillot intérieur pour l'oblitération de l'artère; dans l'autre, au contraire, qui, depuis Jones, compte de nombreux partisans, les membranes interne et moyenne de l'artère sont broyées, la membrane externe ou celluleuse supporte seule l'action de la ligature; bientôt, sous l'influence d'une inflammation intérieure il y a production d'une matière plastique, et cette matière devient le moyen d'oblitération du vaisseau. Sur lequel des deux modes d'oblitération de l'artère peut-on le plus compter? Lequel de ces deux procédés opératoires offre le plus de garanties contre les hémorrhagies consécutives? Avant d'agiter cette question, et de dire quels ont été pour moi les résultats de rexpérience à cet égard, je dois faire remarquer que l'hémorrhagie consécutive, laquelle, ici, comme dans toute autre circonstance, peut se produire plusieurs fois, n'est pas le seul accident qu'on ait à redouter après la ligature d'un gros tronc artériel ; mais il est le seul sur la manifestation duquel le procédé qu'on a suivi puisse avoir quelque influence, le seul qui soit jusqu'à un certain point dépendant de la manière dont l'artère a été liée. Jetons un coup d'œil sur les autres accidents.
Le premier, et sans doute aussi le plus grave, c'est la gangrène, et j'entends une gangrène étendue, profonde, la gangrène à l'état de spbacèle. A peine peut-on dire ,
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en effet, que cet état existe, lorsqu'il se forme une simple eschare sur tel ou tel autre point de la surface du membre, comme il s'en était formé, ainsi que je l'ai dit, sur la malléole externe, là où la peau avait subi une pression prolongée, après chacune de mes deux premières opérations par la méthode de Hunter pour des anévrysmes poplités. Mais la nature se montre quelquetois tout à fait impuissante pour suppléer, par une circulation nouvelle, à la fonction que remplissait l'artère qui a été liée : alors la vie s'éteint là où cesse l'abord du sang; la gangrène se développe, et comme je le disais à l'instant, elle se présente à l'état de sphacèle; c'est dans les membres seulement que cela peut avoir lieu, car on n'a jamais vu la gangrène dans une partie de la tête après la ligature de l'une des artères carotides. Heureux les cas où le sphacèle se limite assez et assez tôt pour qu'on puisse tenter de sauver le malade en pratiquant l'amputation du membre !
Combien sont grandes cependant les ressources de la nature! Plus que qui que ce soit peut-être, je suis autorisé à m' exprimer ainsi. Dans le nombre si grand de ligatures d'artères principales que j'ai passées en revue, et de ligatures pratiquées dans les circonstances les plus diverses, je n'ai vu survenir un véritable sphacèle que cinq fois : une fois au membre supérieur après la hgature de l'artère brachiale au pli du bras pour une varice anévrysmale ; quatre fois au membre inférieur , dans un cas , après la ligature de l'artère crurale faite à l'occasion d'une blessure, et les trois autres fois après l'opération par la méthode de Hunter, pour des anévrysmes poplités. Chose digne d'être notée, dans l'un de ces trois derniers cas,
la gangrène ne s'est déclarée que vingt jours passés depuis le moment où l'artère crurale avait été liée; elle a fait des progrès lents, et le malade y a succombé sans que j'aie pu saisir un moment opportun pour tenter l'amputation. Chez les deux autres, comme vous ne l'avez peut-être pas oublié, l'invasion du sphacèle a été beaucoup plus prompte et sa marche plus rapide : il a paru se borner, et j'ai cru pouvoir pratiquer l'amputation de la cuisse, mais c'a été sans succès.
La ligature expose encore à toutes les autres compHcations ou locales ou générales, à tous les accidents qu'on voit naître si souvent avec ou sans états maladifs antécédents, avec ou sans causes physiques ou morales, chez les sujets qui ont subi quelque opération sanglante. Ne sait-on pas que les opérations les plus simples , les plus légères en apparence n'en sont pas toujours exemptes ? Et pourquoi ne les verrait -on pas après la ligature d'une artère considérable? Ici même, et à raison du caractère de la plaie, ou plutôt de la nature des parties sur lesquelles le chirurgien a agi, il semble y avoir une disposition spéciale à des inflammations d'un certain genre , comme à une artérite très étendue, à une phlébite, à une inflammation phlegmoneuse profonde; si quelque chose même peut étonner, c'est que des phlébites graves ne soient pas plus fréquentes, puisqu'il faut, pour lier les artères aussi immédiatement que possible, en séparer les veines qui les accompagnent, tourmenter, fatiguer, irriter ces veines, si même elles ne sont pas, comme cela arrive quelquefois, embrassées dans les ligatures, après avoir été transpercées. J'ai perdu quatre malades de l'une ou de l'autre de
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ces diverses manières, je veux dire à la suite de l'une ou de l'autre de ces complications.
De même que la gangrène que j'indiquais en premier lieu, ces complications peuvent se manifester quelque soit le procédé qui ait été mis en usage pour la ligature. Franchement, je ne crois pas que la présence de deux liens embrassant une artère, même avec un petit coussinet, comme moyen de pression, puisse plus que la présence d'un seul lien disposer à des inflammations graves, encore moins pourrait-il en résulter quelque influence fâcheuse sur le développement de la gangrène. Celle-ci dépend de la seule interruption du cours du sang : peu importe par quel moyen cette interruption ait été obtenue. C'est donc seulement par rapport aux hémorrhagies consécutives que le choix entre les divers procédés de ligature peut avoir de l'importance, c'est à ce point de vue seulement et surtout qu'il faut les comparer les uns aux autres pour déterminer quel est celui de tous qui offre le plus d'avantages , et auquel on peut accorder le plus de confiance. Pourquoi faut-il qu'il soit si difficile, on pourrait presque dire impossible de réunir tous les éléments propres à étabhr un tel parallèle! Que de faits existent qui n'ont pas été recueillis, et qui devraient faire partie d'un relevé général ! Combien se produisent chaque jour, et qui restent inconnus ! Je vais bien dire dans un moment ce que mes propres observations m'ont appris , et à quels résultats je suis parvenu ; mais quelque nombreuses que soient ces observations émanant d'une seule source , je me garde de vouloir en tirer des conséquences trop générales. D'ailleurs, comme je l'ai déjà fait entrevoir, et par
cela même qu'elles sont presque identiques, elles ne peuvent former toutes ensemble qu'un seul terme de comparaison, et non point un parallèle proprement dit. Peut-être, au reste, perdront-elles avec le temps une partie de rmtérêt que je puis y attacher maintenant .-je me complais dans la pensée qu'un jour viendra où les hêmorrhagies consécutives, après la ligature des grosses artères ne seront plus à redouter. Je ne le verrai pas, mais d'autres verront sans doute notre art arriver à ce point de perfection qu'on puisse agir sur les grosses artères avec plus de confiance encore et plus de sécurité que nous ne le faisons maintenant : avec le penchant inventif du siècle, et cet amour du progrès qui en fait un des caractères, on trouvera, j'en ai l'espérance du moins, quelque moyen d'obtenir ou soudainement ou d'une manière lente l'oblitération définitive d'une grosse artère sans avoir à craindre de voir le sang s'en échapper par le point même où l'on voulait qu'elle y devînt imperméable. Cette confiance dans l'avenir, cette foi au progrès, ne m'aveugle cependant pas au point de croire que toutes les hêmorrhagies consécutives puissent être prévenues par ceux qui nous succéderont dans la pratique de la chirurgie. Je ne parle ici que des hêmorrhagies qui se produisent à la chute des ligatures. Quant aux autres variétés d'hémorrhagies consécutives, comme celles qui se reproduisent après l'opération par la méthode de JJunter appliquée soit à l'anévrysme faux primitif, soit à des hêmorrhagies consécutives dans certaines plaies, je vous l'avoue, mon cher Chélius, je crois que malheureusement, quoi qu'on puisse faire, elles se présenteront toujours de temps en temps à l'observation des praticiens.
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Évidemment il faut distin2;uer ces deux groupes d'hémorrliagies consécutives à la ligature méthodique appliquée sur le trajet des artères, si Ton veut agiter avec fruit tantde questions qui s'y rattachent. Evidemment aussic'est pour l'application de la méthode de Hunter , et cela dans quelque circonstance que ce soit, qu'on est le plus libre de choisir entre tant de procédés pour la ligature elle-même : c'est pour de tels cas qu'on peut le mieux se demander sur lequel de ces procédés il y a le plus de fond à faire pour éviter des hémorrhagies consécutives, ou pour qu'elles n'adviennent que le plus rarement possible. C'est en vue de ces cas principalement, que tant d'expériences sur les animaux ont été entreprises sans qu'on ait pu encore en tirer des données bien concluantes. C'est surtout aussi pour ces cas, qui forment au reste maintenant la catégorie la plus nombreuse de ceux où l'on fait la hgature des artères dans leur continuité , que la question est le plus controversée, et que les chirurgiens sont le plus opposés les uns aux autres dans leur pratique. C'est enfin en vue de ces cas qu'il serait tant à souhaiter qu'on pût réunir et comparer entre eux un très grand nombre de faits cUniques. En ce genre comme en beaucoup d'autres, les observations recueillies sur l'homme, les faits observés par des praticiens qui méritent toute confiance, ont plus de valeur que les expériences faites sur les animaux vivants. Si l'on pouvait former un seul faisceau de toutes les opérations qui ont été pratiquées dans les circonstances et de la manière que je suppose, avec tous leurs accidents, et les comparer entre elles en prenant pour objet de comparaison les différents procédés mis en
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usage, et lés résultats auxquels on est parvenu, on saurait sans doute quel est celui de ces procédés qui a procuré le plus de succès, et qu'on peut employer avec le plus de confiance, sinon avec une entière sécurité.
Je ne puis produire que des faits ayant tous le même caractère. Depuis ma première opération par la méthode de Hunter, en 18l/i, je n'ai pas dévié de la voie que je m'étais tracée : je suis resté fidèle au procédé qui me procura d'abord plusieurs succès sans interruption. Toutes ou presque toutes mes opérations du même genre, je les ai pratiquées de la même manière, en suivant, comme je l'ai dit, le procédé déjà indiqué par Ambroise Paré, et remis en faveur par Scarpa. Je le sais, on a quelquefois blâmé le port auquel je me suis arrêté ; on aurait voulu que je créasse moi-même différents termes de comparaison, et que, puisque j'avais appliqué la méthode de Hunter tant de fois et dans des circonstances si diverses, j'eusse fait l'essai de plusieurs procédés pour connaître leur valeur respective. Il eut suffi peut-être que j'usasse ainsi des deux ou trois modes opératoires qui sont le plus en faveur, et qui se disputent la prééminence. Vous trouverez peut-être au contraire, mon cher Chélius, que j'ai eu raison de procéder comme je l'ai fait depuis quarante ans. Quant à moi je crois avoir agi dans l'intérêt de l'art. Supposez les faits que je possède dissemblables au heu d'être en quelque sorte homogènes ; partagez-en le nombre total, fort considérable, sans doute, eu égard à la nature des choses, seulement en deux, et à plus forte raison en trois ou ciuatre séries différentes par la nature ou le caractère des faits, et ces fractions deviendront nécessaire-
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ment petites. Aurais-je pu tirer du parallèle de ces faits des conséquences rigoureuses contre tel procédé pour la ligature des artères, ou en faveur de tel autre? Non, la base du calcul n'aurait pas été assez étendue : il aurait fallu encore en appeler à de nouvelles expériences comparatives. Ce que j'ai fait, ce que j'ai vu, pourra fournir à d'autres, plus tard, un grand terme de comparaison.
Qu'on ne croie pas, toutefois, que ce soit tout d'abord et de dessein prémédité que j'aie adopté chaudement le procédé de Scarpa, et que soudain j'aie formé le projet d€ l'appliquer seul à tous les cas qui pourraient se présenter à moi, cas à l'égard desquels je ne pouvais pas lire dans l'avenir, dont je ne pouvais prévoir ni le nombre , ni le mode de succession. Non, c'est à mesure que les faits se multipliaient que ma prévention s'est établie, et que j'ai persisté dans une voie qui m'avait conduit à de bons résultats, toujours au point de vue des hémorrbagies consécutives. Je souhaite que d'une autre manière on en obtienne de plus satisfaisants encore. Quand j'ai fait mes premières opérations d'anévrysme par la méthode de Hunter, nous entrions en France comme dans une ère nouvelle; à peine cette méthode avait-elle été essayée parmi nous, et peut-être m'accordera-t-on d'avoir quelque peu contribué à faire naître la si grande faveur dont elle jouit maintenant. Encore sans expérience sur ce point, je pris Scarpa pour guide; je suivis les errements tracés par lui dans l'important ouvrage dont il venait de doter la science. Ces premières opérations, faites en 1814 et 1815, réussirent merveilleusement; d'autres succès après d'autres opérations pratiquées de la même
manière par M. Boyer et par moi, à l'hôpital de la Charité, suivirent ceux-là; puis d'autres encore. Pourquoi donc ne serais-je pas resté fidèle à la méthode et au procédé? Pourquoi dans une opération aussi compromettante pour la vie des malades, pourquoi aurais-je tenté des procédés nouveaux dont l'application ne me semblait pas un progrès réel? La ligature d'une grosse artère est un de ces actes chirurgicaux dans lesquels on ne saurait apporter trop de sagesse et de circonspection, à l'égard desquels on ne doit pas abandonner une manière de faire qui a procuré de bons résultats. Vous le savez, je ne suis point ennemi des innovations, encore moins des perfectionnements réels dans la pratique chirurgicale, voire même des entreprises un peu hardies; mais j'ai peine à abandonner ce que je crois être bon; je n'aime que les changements qui me font espérer des avantages réels. En toutes choses, et surtout dans notre art, auquel est attachée une si grande responsabilité, changer, moditler, pour le seul plaisir de changer, de modifier, pour se procurer ce bonheur, qui n'est que vanité, de n'être plus semblable à soi-même, ou de ne pas ressembler aux autres, c'est manie, c'est fausse inspiration.
Cependant, toujours au point de vue des hémorrhagies ayant leur source au niveau des ligatures, j'ai eu des événements fâcheux à déplorer après l'opération par la méthode de Hunter, et par le procédé de Scarpa, Je l'ai faite soixante-six fois (1); mais pour être exact et po-
(1) Nous n'avons pas voulu changer les cliiffres de ce relevé, mais nous rappellerons au lecteur que ces chiffres doivent être rectifiés , ainsi que nous l'avons dit dans l'avertissement placé en tête de la sixième lettre. (Note de la Commission.)
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sitif , je dois défalquer de ce nombre total beaucoup de cas où, soit à cause de certaines circonstances graves qui avaient précédé, soit à cause de certains accidents précoces, comme le sphacèle du membre, les malades n'ont pas survécu assez longtemps pour être des sujets d'observation quant aux effets de l'action des ligatures sur l'artère elle-même. Cette déduction faite, il reste cinquante-sept cas où le séjour des ligatures a été assez prolongé pour produire tous ses résultats, favorables ou fâcheux, parce que les malades, s'ils n'ont pas eu tous la vie sauve, ont du moins survécu longtemps à l'opération. Six seulement ont eu des héaiorrhagies consécutives; c'est un sur un peu moins de dix. J'ai donné précédemment l'histoire particulière de chacun d'eux : il serait superflu que j'y revinsse. C'est un relevé général que je fais en ce moment. Dans un seul des six cas, c'est l'artère brachiale qui a été le siège de l'accident; dans tous les autres, c'était l'artère crurale. Cinq fois sur les six cas, c'est l'hémorrhagie qui par elle-même a compromis la vie des malades ou causé leur mort; dans l'autre, elle a seulement coïncidé avec d'autres accidents qu'elle a compliqués, ou qui l'ont compliquée, et qui ont pu influer sur sa manifestation. Un seul malade y a survécu : c'est l'un des deux chez lesquels le sang a brisé sa digue assez longtemps après la séparation des ligatures. Chez ce malade (voyez page 109, XI' observation), cette séparation avait eu lieu le vingt -deuxième jour après l'opération, et l'hémorrhagie se manifesta le trentedeuxième jour. Chez le second, elle avait été plus tardive encore, et ne se déclara que le cinquantième jour (voyez