PORTRAIT EN PIED DE Mme EUGÈNE CARRIÈRE
conquérir l'habileté dans la pratique de un art .--te,
à ses débuts, se fait des doigts, pont noire :»•>•*• ,
quand il interprétera un morceau, par aucune ’ mécanisme. Il en est de même du peintre.
Avant d interpréter . avant d’exprimer son c -.impersonnel sur la vie, il te ni de tout son effort, à la duire dans le détail avec ex. ..
plesse, avec force et avec de beaux Met* des morceaux bien enlevés. C’est à es. dm sa récompense en lui-même, que Carrier-, tant d’autres, ses années de jeunesse.
Les travaux par lesquels il s'est signalé au cette période de début l’avaient rnis en vedette < pente- eenc-. J: genre, dont les motifs était- t vk ta nu baie. des natures mortes, des études portraits Ce-. :>•••-•! •.•••aux sans prétention, non vu-. sas-ent par ie ragoût .!■: leurs tons, par i l Jd'énergie de lent sciure. par la distinct . . . née, de l'arrangenu-n L artiste, en s y 1> succès. Sa- pcintuH --ait des amateurs clic : e tous les jours davaniui't I) autres se >ci,iiem coutcucexploitant leur marque ' sut ; i , : i ne. -
négoce. Carrière ne vit i.i qu mi ivo! .
le dos, délibérément, à la foule
Mille raisons l’y poussaient, toutes déterminantes Scerveau avait des besoins impérieux. Son éducation premiér. ayant etc négligée, il en ooit comblé les trous, un a vides lectures réfléchie-., p.ir de- conversations sérieuses. • intimes, et ceîl. -;ai de se replier ainsi mr lui -nu de se concentrer pou; -i - e s s expliquer ie pourquoi comment des chuss*, IC .m conduit â méditer ion c . n sur la vie, à la dégager, cour en trouver ie sens u. c.. . .
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mensonge de ses manifestations extérieures. Il la vit telle quelle est : une lutte incessante, meurtrière, d’appétits dissimulés avec plus ou moins d’adresse chez les faibles, grossièrement ou cyniquement étalés chez les forts. Il la vit compliquée, par surcroît, de la souffrance physique, harcelée par la maladie, guettée par la mort, et il comprit que le seul refuge pour l’homme était dans la tendresse.
Tendresse d’abord pour les siens. Pitié infinie pour la femme qui enfante dans la douleur, qui nourrit de sa propre substance l’enfant, et dont l’amour passionné pour l’enfant garde, au milieu des caresses les plus douces, je ne sais quoi d’inquiet, de jaloux, d’alarmé. Pitié aussi pour les petits êtres issus de soi, et qu’on voudrait heureux! Mais leur destinée reste, hélas, un problème dont le souci, avec tout ce que nous savons de la vie, nous dévore.
De là ces groupes de famille si touchants dans leur simplicité, ces Maternités quasi douloureuses dont le Luxembourg a un échantillon si complet, mais qui devaient, par la suite, se succéder de plus en plus pathétiques, de plus en plus dépouillées des vivacités de ton de la couleur, de plus en plus ramassées et fortes dans l’expression d’un sentiment où l’angoisse, l’amour et la pitié se confondent.
Cette conception de la vie devait avoir pour aboutissement naturel la tendresse pour les autres. Ce qu’on souffre ou ce qu’on redoute de souffrir pour soi-même, on ne l’envisage pas avec indifférence chez autrui ; on prend sa part, peu à peu, de la souffrance et de la misère humaines — et c’est pourquoi Carrière a tenté son interprétation à lui du drame du Calvaire. A droite et à gauche, le disciple aimé, les saintes femmes, avec des enfants à leurs côtés. Au milieu le supplicié, dont les livides blancheurs transparaissent à travers les brumes du soir, et dont l’agonie est poignante.
C’est bien là, pour Carrière, le couronnement logique de son œuvre, — toute la misère humaine retracée en une épave sublime.
Extrait d’un article du Temps sur l’Exposition Carrière dans la Galerie Bernheim Jeune.
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