AU LECTEUR
Ce livre est la reproduction exacte d'un journal écrit au jour le jour, à bord du steamer, ou dans les villes que j'ai visitées, ou encore sous ma tente dans les prairies du Far West, dans les forêts du Canada, sur les bords des grands fleuves et des grands lacs. Je n'ai retranché que ce qui pouvait avoir un caractère tout à fait personnel.
Je présente ces notes au public, cédant aux conseils de quelques amis, trop bienveillants peut-être, qui, après en avoir pris connaissance, ont cru qu'elles pourraient offrir un certain intérêt. Il ne s'y trouve pas un chiffre ni un fait que je n'aie vérifié par moimême ou puisé à des origines d’une authenticité incontestable, J'ai malheureusement négligé parfois de marquer dans mon journal à quelle source j'avais puisé tel ou tel renseignement et je ne pourrai, par suite, comme je l'aurais désiré, rendre un hommage public à tous ceux qui ont bien voulu m'éclairer de leurs lumières ou de leur. expérience durant mon voyage.
Il AU LECTEUR,
Que si quelques personnes dont les idées sur l’Amérique sont basées sur des lectures antérieures, se trouvent parfois un peu déroutées par ces pages, je me permettrai de leur dire qu’assurément tout voyageur peut sans peine se former une opinion exacte sur telle région ou telle ville qu'il visite, soit aux Etats-Unis, soit au Canada; mais si ces personnes veulent bien jeter un coup d'œil sur la vaste étendue qui constitue ces deux pays, elles comprendront combien il est difficile d'apprécier ce qui se passe dans ces profondeurs et combien d'erreurs ont pu commettre ceux qui se sont laissé aller à juger l’Amérique du Nord, ses habitants, ses institutions, sur des faits qui, le plus souvent, ne sont que des faits particuliers.
Un mot encore. — Un livre garde toujours plus ou moins l'empreinte de la façon dont il a été composé. Celui-ci, moins que toutautre, s'écarte de cette règle commune, et peut-être trouvera-t-on la marque de son origine trop apparente. Ce défaut était difficile à éviter; j'espère qu'il ne me sera pas trop vivement reproché par le lecteur qui aura eu la patience de me suivre jusqu’au bout dars le récit de ce que j'ai vu dans les cités du nouveau monde et dans mes pérégrinations per ardua montium, et roscida cespitum, et lubrica vallium.
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