‹ Quatorze mois dans l'Amérique du Nord (1875-1876) [microforme]Chapitre 3 sur 71 · PREMIER SÉJOUR AUX ÉTATS-UNIS · texte numérisé non relu

PREMIER SÉJOUR AUX ÉTATS-UNIS

Aer-13 OCTOBRE

Départ de Paris. — Un second compagnon de voyage sur lequel je ne comptais pas,—Queenstown.—La traversée. — Arrivée à New-York,

1°"-2 octobre. — Le baron Edmond de Rothschild s'étant décidé à faire avec moi une partie au moins du voyage que je projette, le jour de notre départ avait été fixé au 30 septembre ét notre passage arrêté sur le Bothnia, un des steamers de la compagnie « Cunard », qui fait le service entre Liverpool et New-York: mais pour demeurer à Paris ua jour de plus, nous avions décidé, au dernier moment, que nous irions prendre le pau'ebot en Irlande, à Queenstown.

Ces vingt-quatre heures de sursis que nous nous étions données sont écoulées ; il faut nous mettre en route et à huit heures du soir nous nous rendons À la gare du Nord, accompagnés de quelques parents et amis.

Bientôt nous échangeons les dernièrss poignées de main et le train se met en marche.

Nous sommes quatre dans le compartiment ; "n de nos amis, S..., nous conduit jusqu'à Creil, et le docteur Davesne, avec lequel Rothschild m'a fait faire connaissance

sir le quai de la gare, doit nous accompagner plus loin encore : il viendra jusqu'à Queenstown.

Mais le vieux proverbe « l'homme propose et Dieu dispose » ne tarde pas à trouver son application. A peine sorti du mur d'enceinte, s'adressant au docteur : « Pourquoi, lui dit Rothschild, ne pas vous joindre à nous jusqu'au bout? — Je ne demande pas mieux », répond celui-ci sans hésiter. Il est convenu que S... se chargera de régler quelques affaires que l'absence de Davesne laisserait en souffrance et qu'il transmettra les adieux de notre nouveau compagnon à sa famille. Je songe à part moi que voilà une facon pour le moins originaie, et qui me plaît, de s'en aller courir le nouveau monde. |

A Creil, S... nous quitte et les trois voyageurs à destination d'Amérique restent livrés à eux-mêines.

Arrivés à Londres à six heures et demie du matin, nous n’avons que le temps de nous rendre à la gare de Holyhead; — à sept heures un quart nous partons. De Conway à Holyhead, la voie ferrée côtoie les côtes de la mer d’irlande. Le pays est des plus pittoresques. Je ne connais pas le pays de Galles : décidément j'y reviendrai. — La traversée de Holyhcad à Kingstown se fait sans encombre; de loin nous voyons les débris du Vanguard, coulé quelques semaines avant par le Zron Duke, — Débarqués à Kingstown, quinze minutes de chemin de fer nous amènent à Dublin. Nous dînons à la hâte. C’est un samedi, les boutiques commencent à fermer, et il nous faut trouver les vêtements nécessaires à Davesne, du moins pour la traversée. La Belle-Jardinière de l’endroit est mise à contribution et le docteur en sort

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