WEBSTER, N.Y
raversant une large plaine en prairies, limitée seulement à l'horizon par de hautes montagnes et où dans la distance on aperçoit des troupes nombreuses d’antilope:, nous vencns coucher à Denver, dans le Colorado.
14 décembre, — Le Colorado est, depuis 1861, un territoire (1). Sa population est d'environ 100,000 habitants. On y rencontre peu de cultures encore, mais l'élevage des bestiaux et des bêtes à laine s’y fait sur une assez grande échelle. La richesse minière est considéræble, la production en cr, argent, cuivre, ete., s’est élevée l’année dernière à une valeur de 9,000,000 $, et elle croît tous les jours.
Le pays est traversé du nord au sud par les Montagnes Rocheuses. La portion est est, nue et unie, la partie occidentale, au contraire, très montagnevse. La ville principale, Denver, à une altitude de 5,103 pieds audessus du niveau de la mer, est située sur la Platte du Sud qui, à North Fork, station de la ligne du Union Pacific R., vient se joindre à la Platte du Nord pour se jeter dans le Missouri, nn peu au sud d'Omaha. La population de Denver est de 20,000 habitants.
La ville n'offre rien de remarquable en dehors de sa position pittoresque, et la curiosité du voyageur y est vite épuisée. Toutefois la collection d'échantillons minéralogiques de M, Jacob F, L. Schirmer, qui est à la tète de la Monnaie de Denver, mérite une mention. M. Schiriner, après nous avoir fait avec une bonne grâce charmante les honneurs de l'établissement de l'État qu'il a sous sa direction et de son cabinet, nous
(1) Le Colorado a été admis dans l'Union comme État au mois d'août 1876, — Note de l'Auteur,
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La soirée men2cçait de s'écouler longue et fastidieuse quand, nos yeux tombant sur une affiche qui annonçait un concert donné par des nègres du Tennessee faisant une tournée artistique pour la construction d’une école dans leur pays, nous décidons de nous y rendre. Nous pensions tomber sur une troupe de Minstrels comme celles que äéjà nous avions pu entendre à New-York et San-Francisco, iaais nous sommes heureusement vite détrompés.
Quatre femmes et cinq hommes composent la troupe, L’un de ceux-ci joue de l'orgue et accompagne les chanteurs. Ce qu'ils exécutent d’abord à un caractère étrange et d'un poignant tout particulier, Ce sont des espèces ‘de chants religieux interrompus par des récitatifs d'un grand effet. Dieu et le Démon, Jésus et Satan sont tour à tour en scène; puis interviennent les chœurs des anges ou des disciples. C'est la mise en action, comme dans les Mystères au moyen âge, des principaux événements de l'Ancien ou du Nouveau Testament, et, comme dans ies anciens Mystères, le uaif y coudoie le sublime d’une façon qui peut parfois faire sourire; témoin l'un de ces chants intitulé Ride on, King Jesus! Ces nègres appartiennent à la secte des Méthodistes. Le sentiment musical semble très développé chez eux; leur voix est d'une sonorité, d'un timbre et d’une justesse admirables. Il y a là surtout une jeune fille qui paraît être de sang mêlé, et
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