La condition des hommes
rÉglise, qu'elle a toujours puni rhomicide qui les détruit comme un des plus grands attentats qu*on puisse commettre contre Dieu. Je vous en rapporterai quelques exemples, non pas dans la pensée que toutes ces sévérités doivent être gardées (je sais que TEglise peut disposer diversement de cette discipline extérieure), mais pour faire entendre quel est son esprit immuable sur ce sujet. Car les pénitences qu'elle ordonne pour le meurtre peuvent être différentes selon la diversité des temps ; mais Thorreur qu'elle a pour le meurtre ne peut jamais changer parle changement des temps *.
L'Eglise a été longtemps à ne réconcilier ^ qu'à la mort ceux qui étaient coupables d'un homicide volontaire, tels que sont ceux que vous permettez. Le célèbre concile d'Ancyre ^ les soumet à la pénitence durant toute leur vie; et TEglise a cru depuis être assez indulgente envers eux en réduisant ce temps à un très grand nombre d'années. Mais, pour détourner encore davantage les chrétiens des homicides volontaires, elle a puni très sévèrement ceux mêmes qui étaient arrivés par imprudence, comme on peut voir dans saint Basile, dans saint Grégoire de Nysse, dans les décrets du pape Zacharie et d'Alexandre IL Les canons rapportés par Isaac, évèque de Langres, t. 2, c. 13, ^, ordonnent
1. Sur cette thèse, que l'Église change de discipline sans changer d'esprit, il y a une distinction à faire. Il est toile soumission que l'Église n'exige plus parce qu'elle ne peut plus l'exiger^ mais qu'elle exigerait toujours si elle le pouvait. Là au contraire où elle est libre, on peut être sûr que si elle change de discipline, c'est qu'elle a réellement changé d'esprit.
3. C'est-à-dire, s'en est tenue longtemps à ne réconcilier. C'est plutôt ainsi qu'on parle aujourd'hui. '