‹ Quatre années en OcéanieChapitre 30 sur 35 · MÉRIDIONAUX · texte numérisé non relu

MÉRIDIONAUX

Pour obtenir du feu, les Papous australiens font tourner, le plus vite qu'ils peuvent, l'extrémité conique d'une petite branche de

bois dur, dans le trou qu'ils pratiquent ad hoc au milieu d'un gros morceau de bois mou.

Il va sans dire que leur opération réussit d'autant plus vite et d'autant mieux qu'ils emploient du bois plus sec.

Voici comment ils s'y prennent pour déterminer la vitesse de rotation et l'intensité du frottement qui doivent leur procurer du feu.

Tout d'abord, ils s'assoient par terre ; puis ils posent devant eux> entre leurs jambes, le morceau de bois mou qui servira de pâtira ; et, de peur qu'il ne bouge, mettent dessus leurs deux pieds énormes. Cela fait ; ils plantent, bien verticalement, dans le trou pratiquéiidAoc, l'extrémité pointue de leur petite branche de bois dur ; appliquent (sur chacun de ses côtés, droit et gauche) leurs grosses mains, bien allongées ; et (par un mouvement de va-etvient, identique à celui qu'exécute un vitrier roulant son mastic, pour en faire un étroit boudin) font tourner et détourner leur susdit morceau de bois si rapidement et si fort, que bientôt la fumée annonce que la poussière du pâtira va prendre et même prend feu déjà.

Alors ils versent, dans une touflfe d'herbes ou de roseaux bien secs, cette poudre qui ne pourrait que brûler sourdement; soufflent

vigoureusement sur le tout; et, finalement, obtiennent une flamme éclatante.

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