LE PROJET DE CONFEDERATION
Sans m’arrêter aux questions qui ont précédé le projet de confédération, je veux expliquer sans retard ma conduite au sujet de ce grand changement constitutionnel. Elle était toute tracée, puisque le comté de Richelieu, en assemblée régulière convoquée à Sorel, avait résolu à l'unanimité que le gouvernement devait soumettre au pere les changements proposés avant qu'ils ne
fussent définitivement adoptés. Ce vœu parfaitement motivé ne fut pas entendu et le comté de Richelieu a pu assister à la spoliation de ses droits les plus chers par une majorité hostile.
Le 13 Mars 1865, l'Hon. J. H. Cameron proposait en Chambre, secondé par M. M. C. Cameron : “ Qu'il soit présenté une humble “ adresse à Son Excellence la priant de vouloir bien, en vue des “ grands intérêts dont il s’agit dans les Résolutions pour une union « des colonies de l'Amérique britannique du Nord, lesquelles chan- “ gent entièrement la constitution de cette province, ordonner qu'il « goit fait un appel au peuple avant que le parlement impérial ne “ confirme ou décrète la dite mesure.” Le vote se prenait le lendemain, et le gouvernement repoussait l'appel au peuple sur une division de 84 contre 35.
Le 14 mars 1865, l'Hon. L. H. Holton proposait, secondé par l'Hon. A. A. Dorion : ‘“ Qu’aucun acte (fondé sur les Résolutions &« de la Conférence des délégués tenue à Québec en octobre dernier) & qui pourra être passé par le parlement impérial n’entrera en opé- “ ration avant que le parlement du Canada n’ait eu l'occasion d’en & examiner les dispositions et n'ait, après la prochaine élection gé- & nérale, prié Sa Majesté de lancer sa proclamation royale pour « donner effet au dit acte.” —Perdu par 31 contre 79.
Le 11 juin, 1866, l'Hon. A. A. Dorion proposait, secondé par l'Hon. L. H. Holton, cette résolution : ‘“ Bien que nous accueillions & avec tout le respect possible la déclaration faite par Son Exoel- & Jence au sujet de la question de l’union des provinces de l'Amé- “ rique britannique du Nord, cependant nous croyons de notre de- « voir d'exprimer à Son Excellence notre ferme conviction qu'une “ mesure ayant pour but d'opérer un changement si radical dans & Jes institutions politiques et les relations de cette province, ne de- ( yrait pas être mise à effet avant que le peuple eût eu l'occasion « d'exprimer son approbation d’une telle mesure.” La majorité ministérielle, votait contre cette proposition. La proposition fut perdue par 79 contre 19.