‹ Quatre ans de campagnes à l'Armée du PotomacChapitre 19 sur 34 · îî · texte numérisé non relu

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A part sa valeur militaire, le général Mac Clellan n'avait point d'ailleurs le feu sacré qu'il fallait pour en finir avec la rébellion. Il manquait d'ardeur et de conviction dans la lutte. Ses opinions ultra-conservatrices étaient pleines de sentimentalités à 1 égard des frères égarés. L'ennemi n'était pour lui l'ennemi que dans l'acception militaire du terme. Hors de là, il semblait, en combattant la rébellion, craindre toujours de faire trop de mal aux rebelles qui, eux, croyaient ne jamais nous en faire assez. Aussi se montrait-il prodigue de ménagements envers eux, jusqu'à professer un respect mal avisé pour l'esclavage qui avait à ses yeux le caractère d'une institution inviolable. Il faut croire qu'il s'illusionnait au point d'espérer les ramener dans le giron fédéral par ces procédés attendrissants; mais avec un pareil système, la guerre durerait encore, ou la Confédération du Sud serait définitivement établie à cette heure.

En dehors de son rôle militaire et politique, Tex-commandant de l'armée du Potomac est un homme de bon ton, poli dans ses façons, digne dans ses manières, réservé dans ses paroles. Pour ceux qui, plus tard, appuyèrent sa candidature à la présidence, afin d'avoir à la Maison- Blanche un gentleman accompli, il remplissait sans doute cette condition du programme. Mais pour le peuple qui voulait avant tout le salut de la République, et le triomphe de son gouvernement, il fallait d'abord, à la tête de l'armée, un général qui réunît en soi de plus hauts mérites que les qualités d'un gentleman et les talents d'un ingénieur.

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