DE 1870 A
Le programme de la politique radicale en 1868. — Les républicains arrivés au pouvoir en 1870 maintiennent le concordat. — Les catholiques et les libéraux à l'Assemblée nationale. — Le projet de séparation de M. Pierre Pradié. — M. Thiers partisan énergique du concordat. — A partir de 1876, une fraction du parti républicain réclame chaque année l'abolition du concordat. — Projet Charles Boysset, 1881. — Projet Jules Roche, 1882. — Tous les ministres centre gauche, opportunistes ou radicaux repoussent les projets de séparation jusqu'au ministère Combes. — Gambetta et Jules Ferry s'y opposent par patriotisme. — La Chambre des députés rejette également tous ces projets. — De
1876 à 1900, la minorité s'élève seulement de 68 à 194 voix. — Le ministère Waldeck-Rousseau bien que concordataire prépare les voies à la séparation.
— M. Combes, d'abord hostile, s'y laisse amener. 294
De l'interprétation stincte du concordat par le parti républicain devenu maître ; le concordat transformé en arme de guerre contre l'Eglise. — Courte période de libéralisme. — Jules Simon, Crémieux, et la Défense nationale. — M. Thiers; petite difficulté facilement tranchée au sujet du prsesentare et du nohis nominavit dans les bulles d'institution canonique. — Les ministres conservateurs. — Après l'échec de la tentative du 16 mai, provoquée parla déclaration de guerre de Gambetta et de son parti au cléricalisme, la lutte recommence contre l'Eglise. — Paul Bert dans son rapport de mai i883 expose le programme jacobin de cette lutte et indique d'avance toutes les mesures qui ont été prises depuis contre l'Eglise catholique. — L'application stricte du concordat a pour but de la désarmer et de la ruiner avant que l'État ne prononce la séparation. — Tous les ministères jusqu'en 1892 exécutent quelque article de ce programmme. — Courte période d'accalmie. — Discours de Challemel-Lacour, de Charles Dupuy, deConstansen 1898. — Spuller et V esprit noin'eau en 1894. — Le ministère Méline. — Les partis avancés cherchent un moyen de recommencer la lutte et prennent pour prétexte l'affaire Dreyfus. — Les ministères Waldeck-Rousseau et Combes reprennent la politique de l'application stricte du concordat. — Le procédé consiste à interpréter le concordat, à l'aide des articles organiques, jusqu'à le violer toujours dans son esprit et parfois dans sa lettre. — Trois exemples. — Les appels comme d'abus contre des actes doctrinaux. — La condamnation de l'évêque d Annecy en i883.
— Le gouvernement théologien . — Suspension arbitraire des traitements ecclésiastiques poussée
I jusqu'à la confiscation partielle. — Paul Bert
entrevoit le jour où, par ce moyen, le budf^et des cultes n'existera plus qu'en droit. — Ceci est une violation formelle de la lettre du concordat. — Troisième exemple : exigences et prétentions injustifiées du gouvernement dans le choix des évêqucs.
— Un certain nombre de choix médiocres ou suspects. — Aveux sur ce point du journal Le Temps en 1900. — L'entente préalable, de tout temps pratiquée, et faite directement avec le nonce depuis la fin du second Empire, était la principale garantie des catholiques. — Tous les ministères jusqu'à celui de M. Combes l'ont acceptée ; intéressante note diplomatique du marquis de Gabriac en 1880 sur ce point. — M. Combes ne veut plus d'entente préalable et prétend réduire le pape à la situation de collateur forcé. — Plus d évoques nommés. — Juste protestation de Pie X 3o:
Est-il vrai que l'Église ait provoqué l'Etat et qu'elle soit responsable de la situation actuelle ? — Rome a toujours voulu la paix. — Ce que Léon XIII a fait pour la France et pour la République. — Pie X n'a pas modifié la ligne de conduite suivie par Léon XIII. — L'incident malheureux du voyage de M. Loubet à Rome. — Sur le terrain de la politique intérieure et de l'exécution du concordat, toutes les provocations sont venues du ministère Combes.
— L'attitude du clergé français et surtout des évêques. — Ils n'étaient pas partisans de la République quand elle s'est établie, mais alors la question constitutionnelle n'était pas définitivement tranchée. — Depuis, l'épiscopat a toujours eu une attitude constitutionnelle. — Déclaration catégorique du cardinal Pie. — Si le gouvernement avait été simplement juste à l'égard de l'Église, la masse du clergé se serait ralliée avec ardeur à la République et ne se serait pas bornée à l'accepter. — Les protestations des évoques n'ont jamais porté que sur des questions religieuses : celles de la guerre déclarée au cléricalisme en 1877, de l'enseignement libre catholique en 1879, des congre-
gâtions religieuses en 1880, de la prétendue neutralité de l'enseignement primaire en 1882, et ainsi de suite jusqu'à la pétition des' 74 évêques aux Chambres en 1902. — Le gouvernement essaie de donner le change sur les intentions des évêques.
— Note diplomatique par laquelle il les dénonce au pape, 16 novembre 1891. — Encyclique inter sollicitudines, du 16 février 1892. — La responsabilité de la rupture n'incombe pas plus au clergé français qu'au Saint-Siège 829
Etant donné cet état de choses, les catholiques doivent-ils désirer la séparation ? Quelques-uns des meilleurs et des plus éclairés parmi les catholiques le pensent. — Lettres de Ms^' d Hulst sur ce sujet en 1891 et 1895. — Cependant la plupart des chefs du parti catholique y sont opposés : i\L de Mun, M. Etienne Lamy. — Les évêques y sont opposés : deux écrits de Mei' Perraud en 1891 et 1892. — Discours de Ms"^" Touchet à Lille, le 20 novembre 1904. Les conclusions de la pétition des évêques en 1902.
— La lettre des cardinaux français au président de la République, du 28 mars igoS. — Ceux qui s'opposent à la séparation ont raison parce que la séparation telle qu'elle sera faite laissera subsister presque tous les maux actuels et en amènera de nouveaux encore plus graves. — Bienfaits du concordat de 1801 à 1880. — Ce que le Saint-Siège y a gagné. — Ce que les évêques y ont gagné — L'Eglise, jusqu'à ces dernières années, a toujours pu accomplir sa mission et, malgré des entraves, développer ses œuvres. — Ce que l'État a gagné au concordat. — Pourquoi le concordat a-t-il produit ces heureux résultats ? — Parce qu'il est en accord avec nos traditions nationales et avec l'esprit français. — Ce qu'a toujours été en France le rôle de l'Etat et comment il n'est pas à croire qu'il y renonce. — La question de la nomination des évêques après la séparation. — Possibilité et danger d'un conflit entre l'idée religieuse et l'idée nationale. — Les entraves du régixne séparatiste
pires que celles du régime concordataire. — Luttes et divisions certaines. — La France affaiblie. — La victoire de l'Église probable dans les classes supérieures, très incertaine dans les classes populaires. — Déchristianisation par l'école primaire. — Les catholiques ne doivent pas aller au-devant de cet état de guerre funeste à la France et à l'Église. — Comme il leur sera probablement imposé, ils doivent prendre leurs mesures en conséquence et sans faiblesse. — Paroles encourageantes de Pie X 338
Bibliographie 355
IMPRIMERIE DE CHARLi:S HEKISSEY
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