‹ Quatre comédies. Edited with an introd. and notes by Raymond WeeksChapitre 2 sur 75 · Scène II Claudio, Tibia · texte numérisé non relu

Scène II Claudio, Tibia

CLAUDIO

Es-tu mon fidèle serviteur, mon valet de chambre dévoué? Apprends que j'ai à me venger d'un out-

TIBIA

Vous, monsieur?

Moi-même, puisque ces impudentes guitares ne cessent de murmurer sous les fenêtres de ma femme. Mais patience ! tout n'est pas fini. {Il aperçoit Célio et Pippo .) Écoute un peu de ce côté-ci; voilà du monde qui pourrait nous entendre. Tu m'iras chercher ce soir le spadassin que je t'ai dit.

TIBIA

Pourquoi faire?

CLAUDIO

Je crois que Marianne a des amants.

TIBIA

Vous croyez, monsieur?

CLAUDIO

Oui, il y a autour de ma maison une odeur d'amants. Personne ne passe naturellement devant ma porte; il y pleut des guitares et des entremetteuses.^

TIBIA

Est-ce que vous pouvez empêcher qu'on ne donne des sérénades à votre femme?

CLAUDIO

Non, mais je puis poster un homme derrière la grille, et me débarrasser du premier qui entrera.

TIBIA

Fi! Votre femme n'a pas d'amants. . . C'est comme si vous disiez que j'ai des maîtresses.

Pourquoi n'en aurais-tu pas, Tibia? Tu es fort laid, mais tu as beaucoup d'esprit.

TIBIA

J'en conviens, j'en conviens.

CLAUDIO

Regarde, Tibia, tu en conviens toi-même; il n'en faut plus douter et mon déshonneur est pubhc.

TIBIA

Pourquoi public?

CLAUDIO

Je te dis qu'il est public.

TIBIA

Mais, monsieur, votre femme passe pour un dragon de vertu dans toute la ville. Elle ne voit personne, elle ne sort de chez elle que pour aller à la messe.

CLAUDIO

Laissez-moi faire; je ne me sens pas de colère. Après tous les cadeaux qu'elle a reçus de moi!. . . Oui, Tibia, je machine en ce moment une épouvantable trame,^ et me sens près de mourir de douleur.

TIBIA

Oh, que non!

Quand je te dis quelque chose, tu me ferais plaisir de le croire. (Ils sortent. )

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